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Imaginales 2018 : Anne Besson présente le colloque Fantasy et Histoire(s)

Par Izareyael, le vendredi 18 mai 2018 à 19:31:28

Anne Besson - © Sarah Ripart / KlincksieckGrande nouveauté de cette année autour du festival des Imaginales : juste avant celui-ci, les 22 et 23 mai prochains, un colloque universitaire se tiendra à Épinal avec pour thématique "Fantasy & Histoire(s)". Le projet a réuni de nombreux partenaires, intervenants de la région Grand Est et de la ville d'Épinal, universitaires de toute la France... Au sein du comité scientifique, on retrouve ainsi des noms bien connus sur ces pages, comme ceux de Vincent Ferré et de Myriam White-Le Goff - parmi de nombreux autres qui ont sélectionné les interventions riches et diverses qui seront proposées au public durant ces deux jours.
Anne Besson, l'une des directrices scientifiques du colloque, nous présente cet événement ci-dessous. Merci à elle pour ses réponses que vous pouvez découvrir ci-dessous !
Comme elle le rappelle, l'entrée est libre et gratuite : n'hésitez donc pas à vous y rendre pour compléter votre visite aux Imaginales. Si vous ne pouvez vous déplacer, sachez que nos camarades d'ActuSF ont prévu d'enregistrer les interventions pour les diffuser sur leur propre site Internet. Pour notre part, nous serons présents au festival dont nous sommes partenaires du jeudi au dimanche.

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Quatre questions à Anne Besson

Comment est née l'idée de tenir ce colloque dans le cadre des Imaginales ? Comment s'est passée la collaboration entre les différentes universités engagées et les Imaginales ?
L’idée de ce colloque a germé dans l’esprit de sa directrice artistique, Stéphanie Nicot, depuis plusieurs années déjà. C’est quelque chose qui existe de façon habituelle dans les pays anglo-saxons que d’associer la recherche universitaire, sous la forme d’une rencontre ouverte entre les chercheurs et le public, et les festivals et conventions.
Lier ainsi recherche et vie de notre domaine, les genres de l’imaginaire, auteurs et lecteurs de SF et fantasy, est une démarche qui m’a séduite dès que Stéphanie Nicot m’en a parlé. Ensuite, pour faire aboutir le projet, il a fallu réunir les bons partenaires autour de la ville d’Épinal et de la région Grand Est – et en l’occurrence pour la partie scientifique qui me concerne, on a pu compter sur le soutien de Natacha Vas-Deyres (Université de Bordeaux-Montaigne), qui m’a « succédé » au jury du Prix Imaginales et participe à l’équipe d’animation du festival, et de Christian Chelebourg, qui représente la grande université voisine, l'université de Lorraine (Nancy). On a eu la chance de réunir un très beau comité scientifique dont le rôle est de sélectionner les meilleures propositions de communications – de choisir donc les chercheurs qui présenteront leur travail lors du colloque. Cet aspect s’est vraiment fait en collaboration, avec Stéphanie Nicot bien entendu ou encore Vianney Muller, du Comité d'Histoire régionale de la région Grand Est, pour la partie historique. Et on a pu compter sur l’équipe du festival dirigée par Stéphane Wieser pour la partie d’organisation proprement dite.
Je précise que l’assistance au colloque est entièrement libre et gratuite – nul besoin d’inscription, toute personne intéressée peut y assister ; c’est le cas de tous les événements académiques : l’université est plus « ouverte » qu’on ne le croit souvent !
S'agit-il d'une expérience isolée ou peut-on espérer qu'elle sera renouvelée ?
Il faut bien entendu attendre d’évaluer la réussite de cette première édition pour pouvoir répondre, mais on est plutôt partis sur l’idée d’un événement régulier, un colloque tous les deux ans sans doute, dont on souhaite éditer les actes ; et en alternance avec le nôtre, un colloque organisé par les IME (les Imaginales Maçonniques et ésotériques). À suivre donc…
Le thème retenu pour cette première année est « Fantasy et Histoire(s) ». Est-ce délibéré pour une première édition de proposer ce thème, si cher à la fantasy et qui lui est si étroitement associé, plutôt que d'avoir suivi le thème des Imaginales 2018 (« Créatures ») ?
Il faut savoir que les chronologies respectives d’un colloque et d’un festival ne sont pas tout à fait les mêmes – on est parvenu à les harmoniser, mais on partait de loin, car un colloque universitaire se prépare très longtemps à l’avance : il faut notamment lancer un « appel à contribution », un texte de présentation du projet qui invite les chercheurs intéressés à proposer leurs idées, qui sont ensuite sélectionnées… Un long processus donc, démarré avant l’annonce du thème du festival cette année. Cela nous a permis une complète liberté dans notre choix de thématique, et on a donc choisi celle de l’Histoire parce qu’elle est au cœur des problématiques du genre « fantasy » et qu’elle semblait à la fois suffisamment large et suffisamment riche pour être fédératrice et permettre des débats passionnants !
Pouvez-vous nous présenter rapidement le programme et les intervenants de cette année ?
Le programme va justement nous permettre d’explorer quelques-uns des aspects de ce rapport entre Fantasy et Histoire qui concerne une grande partie des œuvres de fantasy quel que soit leur média : soit on réécrit une période historique en y insufflant une part de surnaturel, soit on invente sa propre histoire dans un autre monde, sur une base qui ressemble au passé du nôtre…
On va à la fois entendre parler d’histoire de la fantasy (des interventions sur Tolkien ou sur Eddison, ou l’évolution d’un personnage comme Mélusine), du rapport de la fantasy au temps historique (via le mythe, le temps cyclique, ou bien les effets d’analogie comme ceux de Harry Potter avec la période du nazisme), des « histoires parallèles », uchronies victoriennes ou syncrétisme de Game of Thrones… On parlera des jeux, du cinéma, de fantasy polonaise ! Des chercheurs confirmés et très reconnus dans le domaine (comme Isabelle Pantin ou Olivier Caïra) vont côtoyer de jeunes chercheuses qui y sont très actives, comme Viviane Bergue, Justine Breton ou Caroline Duvezin ; les historiens seront bien représentés, avec par exemple Florian Besson (aucun lien de parenté !) ou William Blanc.
Et puis les auteurs, bien entendu, viendront nous parler de leur travail sur la matière historique : Stéphanie Nicot a réuni une très belle table ronde de créateurs directement concernés par le mélange de documentation et de réinvention que cela implique, avec Fabien Cerutti, Jean-Laurent Del Socorro, Estelle Faye, Jean-Philippe Jaworski et Johan Heliot. Nous aurons aussi la visite de la grande Robin Hobb, dont l’œuvre entière dessine progressivement l’histoire d’un autre monde.
Enfin, nous sommes honorés que Vincent Monadé, président du Centre National du Livre, assure la clôture du colloque – c’est un beau signe de la reconnaissance institutionnelle et intellectuelle toujours plus grande dont peuvent se targuer nos littératures autrefois taxées de « mauvais genres » !
Merci beaucoup pour cette alléchante présentation !

Propos recueillis par Izareyael.
Vous pouvez consulter la liste des participants et le programme complet de ce colloque sur le site Internet des Imaginales.


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