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Sacrosaint et autres récits

ISBN : 978-178030593-6
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Thorpe Gavin
Auteur/Autrice : Reynolds Josh
Auteur/Autrice : Werner C.L.
Auteur/Autrice : Horth Nick
Auteur/Autrice : Annandale David

Un esprit tourmenté menace la ville de Wyrmditt. Relevé d’entre les morts par une magie infante, Sabrodt, le Roi-au-Suaire, à la tête de ses légions Nighthaunts, spectres enragés, cherche à dominer le royaume qu’il a échoué à réclamer de son vivant. La terreur qui s’abat sur ces terres est d’une telle ampleur que Sigmar, Dieu-Roi d’Azyr, y envoie un bataillon de ses guerriers les plus doués dans les arts magiques Azylite. Les Fils de l’Orage de la Chambre Sacrosainte sont des Stormcasts Eternals imprégnés du pouvoir de l’orage, et peuvent le modeler selon leurs besoin à la bataille. A la tête de ces forces sidérantes, le Chevalier-Incantor Arnhault, un mage puissant, -qui a étudié l’histoire du royaume de Sabrodt. Mais ce combat contre le Roi-au-Suaire va mettre sa trempe à l’épreuve comme jamais auparavant ― en particulier lorsqu’il découvre que les esprits en savent plus que lui-même sur son propre passé… 

Critique

Par Gilthanas, le 12/12/2020

Dans sa volonté de développement et d ’élargir son public, Games Workshop a depuis quelques années développé son pôle littérature à travers la Black Library. La production de romans et de nouvelles augmente de fonction exponentielle, et il est maintenant rare qu’une sortie figurine ne soit pas accompagnée d’un écrit le mettant en avant. En toute honnêteté, le plus souvent, ces récits sont dispensables, voir oubliables. Mais il arrive parfois que l’on tombe sur de bonnes surprises, comme certains textes de ce recueil. Celui-ci fait partie de ces publications promotionnelles à 7€, censées faire rentrer en douceur le novice dans l’univers (dans le cas présent, celui d’Age of Sigmar). C’est pourquoi on y retrouve mis en avant les « poster-boys » de Games Workshop pour son univers de high-fantasy : les Stormcast Eternals.

Ceux-ci sont au cœur de deux nouvelles : la nouvelle éponyme « Sacrosaint » de CL Werner et « Un hymne funèbre de poussière et d’acier » de Josh Reynolds. La première se veut une mise en situation classique, où les Stormcasts se retrouvent opposés à leur ennemi du moment, les Nighthaunts (des esprits revenants aux ordres du dieu de la mort Nagash). Un récit solide mais sans grande originalité, si ce n’est la manière dont les Stormcasts perdent leurs souvenirs (et donc leur personnalité) au fur et à mesure de leurs réincarnations successives. « Un hymne funèbre de poussière et d’acier » met lui l’accent sur la partie Vanguard des Stormcasts, spécialisée dans les attaques rapides. Une troupe de ces guerriers doit, au nom d’une alliance passée avec un peuple de duardins (des nains sous copyright Games Workshop), tendre une embuscade à une armée du dieu des plaisirs Slaanesh. Une certaine originalité dans les protagonistes (ces « nains » qui vénèrent Nagash sont une excellente idée et un beau clin d’oeil aux nains du Vieux Monde), un rythme soutenu, mais certaines facilités scénaristiques en font finalement un récit qui sera apprécié à la lecture mais oublié par la suite.

« Callis et Toll, les vieux us », de Nick Horth, met en scène les deux comparses déjà aperçus dans le roman « L’éclat d ‘argent ». Membre de l’Ordre d’Azyr, ils sont à la recherche d’un héritier disparu, au cœur d’un conflit de pouvoir entre deux familles régnantes. Plus que les deux répurgateurs, le texte met en avant les différents peuples humains des Royaumes Mortels et leur traitement par les Azyrites (originaires du royaume de Sigmar). Une bonne histoire, prenante, avec un rebondissement final digne des récits de Sapkowski.

« La danse des crânes », de David Annandale, est certainement le texte le plus oubliable de ce recueil. Si il met un personnage important du lore en lumière (Néférata, Mortarque du sang), le récit est insipide , rempli d’incohérences et de facilités scénaristiques. A oublier.

« Rats de cale », de CL Werner, n’est pas bien meilleure, tant on peine à rentrer dans le récit. Si l’idée de base à le mérite d’intriguer (se rendre dans une lamaserie pour combattre une infestation de rats), un traitement trop rapide des personnages et une fin précipitée font de cette nouvelle un texte dispensable sans grande saveur.

« Enchères de sang » est un des meilleurs récits du recueil. On y découvre Merveille d’Eaugrise, cité cosmopolite du royaume de Ghyran. Là où le royaume de la Vie se veut un hymne à la nature, cette enclave humaine cosmopolite, oscillant entre une fantasy classique et un steampunk débridé, brille par son originalité. Le récit s ‘articule autour d’une des Huit Lamentations, artefacts du Chaos convoités par de nombreux cultistes et aventuriers. Déjà développé dans le roman « La lance des Ombres », cet arc scénaristique s’étoffe un peu plus ici, donnant plus de corps à cet aspect des Royaumes Mortels qu’est la trace de l’Age du Chaos. Les différents protagonistes sont originaux, et si la fin de l’histoire est un peu précipitée, elle n’en reste pas moins cohérente.

« Les sables du chagrin », toujours de Josh Reynolds, divisera certainement les lecteurs. A titre personnel, j’ai apprécié l’histoire de ce prince elfique et de son familier féerique qui partent à la recherche des fragments de l’âme de la bien-aimée du prince. Mais pour les novices, il sera difficile de comprendre pourquoi nos héros rencontrent des files de squelettes transportant chacun un grain de sable. La fin est un cliffhanger qui appelle une suite que l’on espère voir arriver un jour.

« Tueurs de sorcières », de CL Werner, reprend lui aussi des héros déjà existants de l’univers d’Age of Sigmar, à savoir ceux du roman du même auteur « Le cœur corrompu » : Talorcan et Esselt. Rien d’original ici, une banale quête à la recherche d’un objet corrompu par le pouvoir du dieu chaotique Khorne. Passable sans être désagréable à lire.

« La source courroucée » de Gavin Thorpe est un texte plus original, aussi bien dans ses protagonistes que dans son traitement. Il met en scène Alarielle, personnage bien connu des amateurs du Vieux Monde de Warhammer, et qui a atteint dans Age of Sigmar le statut de déesse de la Vie. La reine éternelle revient ici pour sauver son peuple, les Sylvaneth, après l’avoir abandonné durant l’Age du Chaos, en proie à la peur et au doute. Elle s’oppose ici aux forces du dieu Nurgle, qui cherche à s’emparer de Ghyran, le royaume de la Vie. Gavin Thorpe met en avant l’aspect guerrier, courroucé, d’Alarielle, qui tout en ressentant la corruption chaotique dont est victime son peuple au plus profond d’elle-même, se lance au combat sur son scarabée géant (allez jeter un œil à la figurine, elle vaut le détour), armée de toute la fureur de la nature. On a aussi un aperçu de la « société » Sylvaneth, sa hiérarchie et les rapports qu’entretiennent entre eux les différents clans (notamment les parias). Tout cela contribue à construire une histoire intéressante, qui, sans être extraordinaire, parvient à capter l’attention du lecteur du début à la fin.

« La route de Voldurung », dernière nouvelle de l’ouvrage, est aussi sûrement la meilleure. Elle nous offre de suivre un clan de Fyreslayers (les héritiers des tueurs nains du Vieux Monde), assiégé par les forces du dieu du Chaos Slaanesh, et qui, guidé par une ancienne prophétie, doit abandonner sa forteresse condamnée. Ils devront traverser un portail pour se tailler un nouveau territoire dans des montagnes infestées de Skavens. Cette nouvelle est une mine d’or pour tout ce qui concerne la société fyreslayer, ses rites et coutumes, son rapport à l’écrit (quelle bonne idée les livres basés sur des perles!), les relations entre les clans ou encore entre hommes et femmes de ce peuple particulier. Le tout est mis en scène de manière très efficace, avec des personnages secondaires originaux (le maître des runes au bras atrophié ou le berserker à moitié fou qui n’est pas sans rappeler Gotrek, le personnage iconique de Warhammer). Un excellent texte, qu’on ne peut que conseiller et qui justifie à lui seul l’achat du recueil.

Au final, faut-il conseiller ce recueil ? Son prix de 7€ le rend attractif, même pour qui souhaite découvrir l’univers d’Age of Sigmar. Cependant, l’inégalité de qualité des récits pourra rebuter les nouveaux venus. Les habitués y trouveront leur compte, ne serait-ce que pour le dernier récit. On peut donc situer ce recueil dans la moyenne actuelle des productions de la Black Library, avec du bon et du moins bon. Mais la variété des histoires proposées ici devrait faire que chaque lecteur, novice ou confirmé, trouvera certainement de quoi passer quelques bons moments de lecture.

6.5/10

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