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Assail

Tome 6 du cycle : A Novel of the Malazan Empire
ISBN : 978-055382474-2
Catégorie : Aucune
Auteur : Ian Cameron Esslemont

Les glaciers âgés de dizaines de milliers d’années fondent et le continent d’Assail, longtemps synonyme de menaces et d’inaccessibilité, dévoile enfin ses secrets. Des rumeurs de la découverte de filons d’or dans les régions du nord excitent pirates et aventuriers de tout poil, malgré les légendes et les récits de dangers du voyage : côtes hostiles, icebergs, créatures terrifiantes… Et les peuples du nord semblent vouloir accueillir les voyageurs à la pointe de l’épée.
Dans cette tourmente s’engage la Garde Cramoisie. Elle n’est pas là pour remplir un contrat, mais pour avoir des réponses. Des réponses que Shimmer, commandante en second, pense qu’il ne faudrait pas chercher à connaître.

Critique

Par Merwin Tonnel, le 30/09/2015

Après Steven Erikson, c’est au tour de Ian C. Esslemont de mettre un point final à sa première saga malazéenne, qui n’a d’ailleurs jamais eu de réel nom officiel. On peut même se poser la question de la pertinence du terme « saga » si on exclut le coup de tampon de l’éditeur. Certes, la Crimson Guard est un peu le fil conducteur de l’histoire mais elle est par exemple absente de Night of Knives et ses péripéties ne sont pas le cœur de la série, même si elles peuvent l’être au niveau des romans pris indépendamment. Oui, les romans doivent bien être lus dans l’ordre mais on regrettera au final un manque de cohérence dans la structure qui aurait permis que les petites histoires de chaque tome s’effacent derrière la grande histoire de la saga, comme cela a pu être le cas pour Le Livre malazéen des Glorieux Défunts.

Mais je prends les choses à l’envers : je vous livre ma critique des Novels of the Malazan Empire sans avoir même abordé son dernier tome, Assail. Le nom parlera certainement aux fans malazéens puisque le continent d’Assail a été parcimonieusement évoqué par Erikson dans ses romans, laissant entrevoir de grands et épiques événements. Autant dire qu’Esslemont était attendu au tournant avec ce livre. Et, on l’a vu avec les tomes précédents, l’auteur s’en sort mieux quand il n’a pas à composer avec l’attente générée par Erikson (voir Stonewielder et Blood and Bone) que lorsqu’il marche dans les traces de son camarade (Night of Knives et Orb, Sceptre, Throne). Une impression confirmée par Assail, puisqu’il faut bien avouer que les enjeux et le déroulement de l’histoire sont un peu décevants par rapport au teasing qu’avait pu faire Erikson sur ce continent maudit. On s’attendait à tomber en pleine guerre, avec des dangers et des mystères dans tous les coins ; force est de constater que ce n’est pas ce que propose Esslemont, qui déroule un récit assez linéaire et pas forcément très épique.
Il utilise une technique narrative que tout fan malazéen connaît : la convergence, c’est-à-dire la lente montée en puissance vers un final explosif où tous les fils de l’intrigue développés au cours du roman se retrouvent. Steven Erikson en raffolait et le maîtrisait parfaitement, s’appuyant par exemple sur des réflexions philosophiques pour donner du contenu à des voyages ou des moments de pause. Ian C. Esslemont, moins profond, a plus de mal avec le procédé. La convergence d’Assail rappelle beaucoup trop celle de Blood and Bone, avec des voyages dans des contrées inconnues occupant presque les trois quarts du roman et le livre ne retient finalement le lecteur que grâce à l’attente du final.
Certes, il y a un bon équilibre entre les différents récits de voyage, aucun arc n’est vraiment en dessous des autres, mais le problème, et on l’a vu avec ses autres romans, est que l’auteur n’est pas le meilleur pour les fins. Pas simple, dans ce cas-là, d’utiliser un procédé narratif qui tient en grande partie à la qualité des derniers chapitres. Heureusement, pour Assail, Esslemont s’en sort bien mieux que précédemment. Si ce n’est pas l’explosion que l’on attend, l’écrivain apporte néanmoins de nombreuses réponses et ne cède pas trop à l’opacité et aux scènes cryptiques des tomes précédents. On notera quand même que si on a le droit à une vraie fin, il s’agit plus d’une bonne fin de livre qu’une bonne fin de saga. Mais encore une fois, y a-t-il réellement une construction en saga ?
Dans les bons points, notons également l’ambiance qui se dégage du roman, un des points fort d’Esslemont. Il nous emmène cette fois-ci sur des terres glacées et dangereuses, au doux parfum scandinave. Les fans de Skyrim, par exemple, apprécieront.

Quoiqu’il en soit, Assail confirme une impression tenace concernant la série : l’univers malazéen n’a pas la même envergure sous la plume d’Esslemont que sous celle d’Erikson. Cela tient en partie à une qualité d’écriture très différente mais également au fait qu’Esslemont, par choix ou involontairement, a trop centré son histoire sur les Humains et sur le présent. Les autres races sont peu mises en valeur et les renvois à des événements lointains du passé sont rares ; autant dire que l’auteur se coupe d’un des gros points forts de cet univers de fantasy pas comme les autres.

Au bout du compte, malgré quelques coups d’éclats et quelques éléments prometteurs, Ian C. Esslemont ne sera pas parvenu à proposer plus que des annexes à l’œuvre de Steven Erikson. Peut-être y parviendra-t-il avec Path to Ascendancy, sa prochaine trilogie, préquelle au Livre Malazéen ? Réponse en 2016 avec Dancer’s Lament, le premier tome.

7.0/10

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