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L'année fantasy 2026 des maisons d'édition - Le Livre de Poche Imaginaire et Paul-Etienne Garde

Comme chaque année, Elbakin.net donne la parole aux éditeurs afin de dresser un état des lieux et anticiper les tendances à venir. Pour poursuivre cette série d'entretiens aujourd'hui, nous échangeons avec Paul-Étienne Garde, pour la collection Imaginaire du Livre de Poche.
Bilan de l'année écoulée, évolutions du marché et perspectives éditoriales pour 2026 sont donc au cœur de cet entretien !


Alors que 2025 s'est achevée, quel serait votre premier bilan, à chaud, concernant votre maison ou même la situation globale en Imaginaire ?
2025 a été une bonne année pour la collection Imaginaire du Livre de Poche, qui est en croissance par rapport à l’année dernière. En dehors des nouveautés de Bernard Werber et Stephen King, nous retrouvons dans les meilleures ventes Les Terres closes, dernier tome des Maitres enlumineurs de Robert Jackson Bennett, le volume 1 de Vent et Vérité de Brandon Sanderson, Eriophora de Peter Watts ou encore L’armée fantoche, dernier tome de Capitale du Nord de Claire Duvivier. Nettle & Bone de T. Kingfisher et La Galaxie vue du sol de Becky Chambers, sortis en novembre, réalisent quant à eux un bon démarrage en librairie.

Sur l’année écoulée, y a-t-il un événement, une évolution structurelle ou une décision éditoriale qui vous a particulièrement marqué ?
Bien que la fantasy ait été davantage plébiscitée ces dernières années, on constate un regain d’intérêt, aussi bien en France qu’à l’étranger, pour d’autres littératures de l’imaginaire, notamment l’horreur. En tant qu’amateur de récits horrifiques, je ne peux que me réjouir de ce retour et espère que le public sera au rendez-vous. C’est un genre souvent mésestimé alors qu’il focalise pourtant de nombreuses thématiques en lien direct avec notre Humanité, et ce, tant au niveau personnel, avec par exemple l’exploration de nos peurs intimes et de nos angoisses existentielles, que collectif, avec souvent une critique virulente de nos sociétés et de leurs dérives – comme chez Stephen King.

Quelle place pour la fantasy dans votre programme 2026 ?
La fantasy constitue cette année encore près de la moitié de nos publications Imaginaire, toujours dans un souci de pluralité des voix et des atmosphères.
Nous démarrerons l’année en fanfare avec un titre que vous appréciez particulièrement à la rédaction d’Elbakin.net : La Maison aux pattes de poulet de GennaRose Nethercott. Nous publierons le même jour un recueil de nouvelles sombres et vénéneuses, Sirène, debout de Nina MacLaughlin, qui signe ici une sublime réécriture des Métamorphoses d’Ovide du point de vue des victimes. 
En ce début d’année, nous aurons aussi une belle actualité Brandon Sanderson avec deux inédits en grand format : en janvier avec le second volume de Vent et Vérité, final en apothéose du premier arc des Archives de Roshar ; et en février avec L’Île de Noirebraise, un roman indépendant situé dans le futur du Cosmère, dans lequel un vieux trappeur s’aventure dans un royaume inconnu à la recherche d’alliés contre des envahisseurs venus des étoiles. Nous sommes ici dans une space-fantasy débridée qui ravira aussi bien les fans de l’auteur – par la présence de nombreux easter eggs – que les férus de roman d’aventures haletant. Ce dernier sera disponible en deux versions : une édition courante broché et une superbe édition collector reliée !
En mars, nous accueillerons La Cité des marches de Robert Jackson Bennett, premier tome la trilogie des Cités divines, et nous retrouverons Lor et le prince Faë Nadir dans La Loi du Roi Aurore : révélations fracassantes et enemies-to-lovers seront au programme de ce deuxième tome de la tétralogie de romantasy Les Artefacts d’Ouranos de Nisha J. Tuli ! La suite de leurs aventures sortira fin 2026 en poche.
Vous pourrez ensuite dévorer mes deux coups de cœurs francophones fantasy de l’année : en avril tout d’abord, avec Miska d’Eva Martin, un standalone de dark fantasy à rapprocher de La Compagnie Noire, où un groupe de soldats tente d’organiser la résistance suite à la colonisation de leur continent par une civilisation technologiquement et magiquement supérieure ; puis, en mai, direction un « Japon » médiéval-fantastique avec Le Sabre de Neige de Salomé Han, premier tome de la trilogie des Sabres Sacrés, qui raconte la découverte du monde – et de sa cruauté – par un jeune disciple naïf et innocent à la recherche de son maître disparu.
En mai, nous retournerons aussi aux côtés de Priya et Malini dans L’Epée de Laurier-rose de Tasha Suri, la suite de la saga inspirée de la mythologie indienne Les Royaumes ardents, qui n’a rien à envier à Game of Thrones !
Au mois de juin, nous publierons La Rançon des molosses de Steven Erikson, antépénultième tome du Livre des martyrs, ainsi que Retour aux sources, dernier tome de la saga de dark romantasy Le Porteur de mort d’Angel Arekin.
Pour ce qui est du second semestre, nous vous préparons quelques belles surprises… pour le moment, je peux juste vous dévoiler que nous sortirons l’intégrale des Gardiens de Ji de Pierre Grimbert ainsi que notre somptueux coffret Fils-des-Brumes de Brandon Sanderson. Un parfait cadeau à mettre sous le sapin !

Enfin, quel sera votre plus grand défi pour cette nouvelle année ?
Mon plus grand défi pour cette année sera de célébrer comme il se doit les quarante ans de la collection Imaginaire du Livre de Poche. J’espère que le public appréciera les surprises que nous lui réservons tout au long de l’année.


Propos recueillis et mis en forme par Emmanuel Chastellière





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