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The Book of Love

Pas de couverture

Résumé

Lovesend, Massachusetts.
Laura Hand, Daniel Knowe et Mo Gorch ont disparu pendant des mois. Ils étaient morts et quelqu’un - ou quelque chose - les a ramenés à la vie.
Bowie est revenu avec eux : pas le chanteur, mais une entité énigmatique qui a adopté son nom de famille et une vague ressemblance.
Laura, Daniel et Mo n’ont aucune idée des épreuves qui les attendent. Mais leur ancien professeur de musique peut les aider à faire face au conflit magique très ancien dans lequel ils sont désormais impliqués…

Caractéristiques

Auteur(s): Kelly Link
Traducteur(s): Michelle Charrier
Type: Roman
ISBN: 9782226497604
Titre original: The Book of Love

Chronique

J'avais envie d’aimer The Book of Love avant même d'en avoir véritablement saisi, voire senti, les limites pour le moins mouvantes.
Il y a dans ce roman quelque chose qui attire d'emblée : une atmosphère, une douceur mélancolique et surtout une façon très singulière de faire entrer l’étrange dans le quotidien sans jamais souligner ses effets. Il faut ainsi admettre que l'autrice ne va pas nous prendre par la main et si vous n'êtes pas capable de lui confier votre chemin lors de la première centaine de pages (sur 700 !), alors, ce premier (!) roman risque de vous déstabiliser sans doute un peu trop à votre goût.
Pour ma part, j'avais beaucoup aimé La Jeune détective et autres histoires étranges, un recueil de nouvelles où Kelly Link montrait déjà à quel point elle savait faire naître un trouble discret, presque insaisissable, sans perdre de vue ses personnages. On retrouve bien ici cette qualité rare : chez elle, le bizarre n'écrase jamais l'humain et aurait plutôt tendance à le révéler, parfois à lui ou elle-même.
C'est sans doute pour cela que The Book of Love reste attachant même lorsqu’il se/nous perd au détour de ses méandres. Car le roman a beau multiplier les pistes, ouvrir largement son jeu, prendre son temps là où on l’attendrait parfois plus direct, il conserve jusqu’au bout une vraie présence. Si certains développements paraissent moins aboutis que d’autres et si les personnages, bien que l'on compatisse forcément avec eux, font parfois des choix qui ont de quoi agacer, ce léger déséquilibre fait aussi partie de son identité. D'autant que l'écriture de Kelly Link très soignée - et parfaitement retranscrite ici en VF - est toujours là, elle, pour nous accompagner.
Si le roman n'est pas sans défaut, il s'avère avant toute chose loin d'être anodin. Il possède trop d'imaginaire, trop de sensibilité, trop de personnalité pour cela. Eh oui, quitte parfois à ce que cela déborde, c'est vrai. The Book of Love déborde parfois, oui, mais car le roman essaie d'exister pleinement, de battre au rythme de ses personnages qui essaient de trouver une place dans un univers pas tout à fait là où on l'attend. 
Et, en ce qui me concerne, je trouverai toujours plus de valeur ou d'intérêt à un livre qui trébuche en cherchant à toucher du doigt quelque chose qu'à un roman "calibré" sous tous les angles et qui ne prend jamais le moindre risque.

Gillossen

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