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Des perles pour les truies

Pas de couverture

Résumé

Pervenche, Théodebert et Baudouin, sont trois petits voyous des quartiers populaires d'une ville anonyme. Vivotant en truandant et rackettant les établissements de plaisirs, ils rêvent d'une vie meilleure, et pourquoi pas de devenir riches.
Pervenche plus encore que ses deux compères. Pour elle qui est une femme à la stature imposante, il n'y a pas beaucoup de perspectives d'avenir.
Elle sait qu'elle peut compter sur Baudouin qui a toujours une bonne idée. Justement, ce dernier est sur un gros coup. Un de ceux qui pourraient leur permettre de s'extraire de la pauvreté, un coup qui leur permettrait de passer les grilles de la haute ville pour devenir des gens importants.
Mais est-ce un si bon plan ?

Caractéristiques

Auteur(s): Maeve Spiral
Type: Roman
ISBN: 9782376867210

Chronique

Ce texte fait partie des premières parutions de la collection Nagori, chez ActuSF, consacrée aux novellas. Il s’agit également, à ma connaissance, de la première parution de l’autrice.
La novella est à mon sens un exercice assez périlleux. Son format, à mi-chemin entre la nouvelle et le roman, demande une certaine maîtrise, notamment du rythme, mais aussi de la densité de l’histoire, de l’univers proposé. Il est finalement assez facile de se retrouver avec un texte qui donne l’impression d’une nouvelle trop longue ou d’un roman trop court. 
Ici, le démarrage se fait plutôt tranquillement, après un prologue qui prendra tout son sens à la fin. Le décor est très classique : une ville découpée au couteau entre les riches et les pauvres, un univers où les femmes ont une marge de manœuvre notablement plus réduite que les hommes. Nous suivrons Pervenche, qui non seulement est une femme, mais qui a en plus le mauvais goût d’être « surdimensionnée » : grande et forte. Même pas jolie, en plus, c’est dire si ses options sont limitées. Elle ne sait d’ailleurs pas trop quoi faire d’elle-même.
En l’occurrence, elle s’est acoquinée avec deux complices, Baudouin le meneur, doté d’un ego d’un fort beau gabarit, et Théo, qui donne surtout l’impression de faire ce qu’il peut. Car, sans surprise, il ne fait pas bon être pauvre (sans blague…), et il faut bien tâcher de s’en sortir pas trop mal. Ce qui n’empêche pas le trio de rêver de s’embourgeoiser.
Fatalement, donc, le gros coup censé les rendre riche finit par être déniché par Baudouin. Tout est louche dans cette histoire, mais tant pis, les perspectives sont trop alléchantes. Bien sûr, rien ne va se passer comme prévu, et bien sûr, les rapports entre nos trois petits truands en seront irrémédiablement changés. Rien de follement original, mais dans ce genre de configuration, c’est la forme qui importe. Et pour moi, la mayonnaise n’a pas pris. La mise en place m’a paru trop longue et l’écriture ne m’a pas embarquée. Les scènes présentées m’ont semblé manquer de quelque chose pour être prenantes – de l’assaisonnement, je dirais. Les descriptions, par moments, manquent clairement de maîtrise, et elles sont parfois répétitives, notamment concernant l’expression de certaines émotions. Oui, on a le droit d’aimer certaines formules, mais il est toujours mieux de varier, et plus encore sur un format court, où l’on n’a pas le temps d’oublier la précédente occurrence. 
Sans surprise compte tenu du format du texte, l’univers est peu développé. Tout juste sait-on qu’il y a plusieurs mondes connectés par des portails magiques. Qu’est-ce que ça apporte à l’intrigue ? Rien, pour être honnête. Est-ce que le récit aurait été franchement différent dans un autre contexte, une autre ville, même sans le port dont elle est dotée ? Je ne pense pas. Le seul point qui pèse véritablement dans le récit, c’est la circulation cadenassée entre les deux quartiers de la ville. Le reste m’a semblé n’être que des éléments de décor.
Il reste aussi pas mal de coquilles, du genre tout à fait évitables, et il y a également des soucis d’alternance dans plusieurs dialogues, qui rajoutent de la confusion à un texte qui n’est pas toujours très clair dans ses formulations.
Au final, la novella m’a donné l’impression d’un manque d’affinage. Elle m’a paru trop longue en l’état, et pas assez prenante pour que j’en oublie les défauts, malgré une héroïne vraiment intéressante. Toutefois, je reste curieuse de ce que pourrait proposer l’autrice par la suite.

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