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Alastor de Sombregarde : L'infâme gentilhomme

Pas de couverture

Résumé

Alastor n'est pas un héros. Chevalier de la Mort cynique et amoureux désabusé, il traverse un monde où le Bien et le Mal se confondent en absurdités sanglantes. Tout cela pour rejoindre sa bien-aimée : une sorcière insaisissable, aussi fatale que fascinante. À ses côtés chemine un maître-gobelin philosophe et roublard, expert en poisons et en sarcasmes, membre comme lui de la tristement célèbre Sombre Garde. Son seul horizon : la Forteresse Noire.
Son unique alliée : la malchance. Dans ce voyage ponctué de fanatisme, de trahisons et d'épreuves tragi-comiques, Alastor devra embrasser une destinée qu'il aurait préféré fuir.

Caractéristiques

Type: BD
ISBN: 9782385611385

Chronique

Avec ce premier volume d'une aventure prévue en deux albums, Olivier Dobremel, alias Dobbs, nous convie à rejoindre un monde sombre et violent mais tout sauf manichéen. On pourrait qualifier l'univers de dark fantasy mais j'y verrais presque plus un récit en mode "heroïc", où l'on suit un anti-héros et ses acolytes dans tout un tas de péripéties. A la manière des récits de Conan ou du Cycle des épées, c'est l'accumulation de courtes aventures plus ou moins importantes ou anecdotiques qui vont développer et dévoiler les personnages et leur univers.
La 4e de couverture compare l'ambiance à un Don Quichotte satirique et gothique : il y a de ça avec un Anti-paladin accompagné de son fidèle gobelin mage et qui cherche à retrouver sa promise sorcière. Mais il s'agit avant tout de cette construction de tout un contexte, d'un passé, à même de donner une épaisseur aux différents personnages. Le groupe de "baddies" se constitue ainsi petit à petit au gré des aventures d'Alastor. Leur monde est présenté de leur point de vue, supposément du mauvais côté du Bien et du Mal : le ton et le sous-texte tragi-ironiques rajoutent un peu de piquant irrévérencieux à un cadre qui lui n'a rien de bien riant. Un monde où les "bons" ne sont, évidemment, pas forcément meilleurs que les "mauvais"...
Côté dessins, c'est Aurélien Morinière qui s'y colle et qui assure. Quittant ses précédents albums empreints de surnaturel contemporain (les excellents L'Homme-Bouc et l'Enfant-Démon), on est ici plongé dans une sombre aventure de fantasy. Bien que n'ayant rien à voir niveau contexte, son trait graphique s'y exprime parfaitement et le résultat y est tout aussi pointu et juste, dans un genre fantastique et dépravé.
Un Chevalier de la Mort, un gobelin roublard, un gobelin archer et une forgeronne orque : on a ici une belle évocation d'un groupe de personnages de jeu de rôles. Et en tant que rôliste moi-même, j'y vois et j'y fantasme ce qu'on a tous et toutes imaginé pouvoir incarner un jour : jouer (dans une inversion exutoire des valeurs) une bande de "pourris" qui vivraient de grandes aventures face à des Personnages Non Joueurs parangons de vertu.
Voilà en tout cas une première moitié de récit épatante, entre aventures gothiques de fantasy et grande réussite graphique !

Myrgrim

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