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Toll the Hounds

Tome 8 du cycle : Le Livre malazéen des glorieux défunts
ISBN : 978-055381319-7
Catégorie : Aucune
Auteur : Steven Erikson

Il est dit que Hood attend à la fin de tout complot, de toute intrigue, de toute ambition démesurée. Mais cette fois-ci, les choses sont différentes. Cette fois-ci, le Seigneur de la Mort est là au commencement.
Darujhistan est en ébullition. Des étrangers sont arrivés, un meurtrier se promène dans les rues et des assassins s’en prennent aux propriétaires du K’rul’s Bar. Mais de tels évènements ne sont rien par rapport à ce qui se profile, car on peut entendre au loin les aboiements de molosses.
A Black Coral, les Tiste Andii menés par Anomander Rake n’ont pas l’air conscient de la menace posée par le culte du Rédempteur, un homme honorable et un ancien mortel qui semble impuissant face à la vision déformée de ses adeptes.
Ainsi, Hood se tient au commencement d’une conspiration qui va faire trembler l’univers, mais à la fin de celle-ci se tient un autre homme : Anomander Rake, le Fils des Ténèbres, qui est bien décidé à rectifier un ancien et terrible tort.

Critique

Par Merwin Tonnel, le 30/12/2011

Quand un auteur comme Steven Erikson s’attaque aux thèmes de la mort, du deuil et de la rédemption, il ne faut pas être surpris en lisant Toll the Hounds de se retrouver devant un livre pesant, tragique et moins drôle que les autres tomes du Livre malazéen des glorieux défunts, même si les habituelles pointes d’humour et d’optimisme sont toujours présentes par petites touches.
Mais Toll the Hounds est surtout l’œuvre la plus personnelle de l’auteur, la dédicace à son père décédé lors de l’écriture du roman apportant un éclairage particulier à la lecture. Laissant le plus gros de l’action pour les 200 dernières pages (le livre en fait plus de 1200), le récit se fait ainsi plus introspectif et plus posé. Mais, loin d’ennuyer le lecteur, ce ralentissement de l’intrigue permet surtout à Erikson de nous offrir sa plus belle plume depuis le début de la série ; une plume poétique, lyrique, parfois décalée mais toujours fluide. La narration prise en charge par Kruppe, personnage bavard et haut en couleur que les lecteurs ont découvert dans Les Jardins de la Lune, qui change de l’habituel narrateur omniscient des autres tomes, n’est pas étrangère à ce fait.
Cette écriture travaillée est d’autant plus appréciable car elle sert un fond tout aussi recherché. La construction thématique des tomes du Livre malazéen n’est pas nouvelle – j’en avais d’ailleurs déjà parlé dans ma critique de Reaper’s Gale – mais elle atteint là son paroxysme puisque, plus que jamais, Erikson profite d’une montée progressive de la tension dramatique pour mettre sur le devant de la scène les sujets philosophiques et socio-culturels en rapport avec le deuil et la rédemption. Cette structure est d’autant plus intéressante qu’elle est en totale adéquation avec les évènements et les intrigues développés dans Toll the Hounds et ne semble donc jamais sortie de nulle part. Par exemple, les Tiste Andii, peuple central de ce tome, ont une histoire marquée par l’abandon de leur créatrice, Mère Ténèbres, et n’ont de cesse d’essayer de se faire pardonner auprès de leur déesse, se voyant forcés de pleurer depuis des centaines de milliers d’années leur vie antérieure et notamment Kharkanas, la Première Cité. De manière analogique, ces thèmes trouvent leur résonnance à tous les niveaux du récit, que ce soit dans l’Histoire de l’univers malazéen tel qu’il est à ce stade de la série (le destin d’Anomander Rake, le culte du Dieu Mourant et celui du Rédempteur,…) ou dans la vie plus intime de chaque personnage de cette gigantesque mosaïque (l’histoire de Murillio, celle de Seerdomin,…). L’écriture, le propos et les différentes intrigues du scénario se répondent alors pour former un tout d’une cohérence impressionnante.
Bien entendu, Steven Erikson n’oublie pas qu’il écrit une des sagas les plus épiques de la fantasy et ne se contente donc pas de ces réflexions. Après une montée en puissance tout au long du roman, l’auteur propose un final explosif, parmi les plus mouvementés de la saga aux côtés de Memories of Ice ou Reaper’s Gale. Les évènements décisifs (et ce n’est pas peu dire) pour la suite de la série se bousculent, le nombre de personnages ultra-charismatiques au mètre carré n’a jamais été aussi élevé et la dimension dramatique est toujours aussi forte et poignante.
Tout est maintenant en place pour lancer le diptyque final, composé de Dust of Dreams et de The Crippled God, qui conclura cette superbe épopée.

8.5/10

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