Elbakin.net logo
Skip

Dungeon Crawler Carl - Tome 1

Pas de couverture

Résumé

Bienvenue, chers crawlers. Bienvenue dans le donjon.
Survivre est une option ; offrir un show d'enfer aux spectateurs, une nécessité.
Un homme. Le chat de son ex. Un jeu télévisé sadique où leur survie dépend de leur capacité à tuer avec style.
En un éclair, chaque construction humaine érigée sur Terre s'effondre, créant un gigantesque donjon : un labyrinthe infernal de 18 niveaux remplis de pièges, de monstres et de butins. Seulement quelques survivants osent s'aventurer à l'intérieur, mais une fois que vous y pénétrez, impossible d'en ressortir. Vous n'avez que quelques jours pour trouver l'escalier vers le niveau suivant ou c'est game over. Dans ce jeu, ce n'est ni votre force ni votre dextérité qui vous aidera à survivre, mais votre popularité et votre nombre de vues.
Ils l'appellent Dungeon Crawler World. Mais pour Carl, c'est tout sauf un jeu.

Caractéristiques

Auteur(s): Matt Dinniman
Traducteur(s): Chloé Atangana
Tome: 1
Type: Roman
ISBN: 9782487700031

Chronique

Oh le bel OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) que voilà !
Dungeon Crawler Carl (que l’on abrégera DCC par la suite, à ne pas confondre avec Dungeon Crawl Classic, célèbre jeu de rôle de la mouvance OSR) est vraiment un ouvrage à part, appartenant à la mouvance littéraire du LitRPG, à laquelle appartiennent par exemple Jumanji, ou Ready Player One (popularisé par le film de Steven Spielberg). Un genre dans lequel, en gros, on suit lit les aventures d’un ou plusieurs personnages comme on regarderait une partie de jeu vidéo.
Ici, pas de mise en contexte longue et travaillée, de présentation des personnages ou autre techniques littéraires classiques que l’on retrouve dans les genres de l’imaginaire. On va directement à l’essentiel : notre monde est détruit par une race extraterrestre, et les survivants sont plongés dans un donjon. Un donjon à la Donjons & Dragons s’entend. Le but est d’arriver au niveau 18, et d’être le dernier survivant. Voilà. Simple. Basique.
Le roman mélange allègrement jeu de rôle, let’s play Twitch, références de geeks à la pelle et humour potache. Ça ne parlera clairement pas à tout le monde. Si vous êtes étranger au monde du JDR et/ou du streaming de jeu vidéo, passez votre chemin car vous raterez la plupart des références et des clins d’oeil. Et même si c’est un univers qui vous est familier, le risque de ne pas accrocher reste présent, tant le genre s’avère particulier.
En revanche, si comme moi vous tombez dedans, la magie opère de manière surprenante. On se prend rapidement au jeu, à attendre le loot qu’obtiendront Carl et Donut, son chat doué de parole. Le bestiaire détourne joyeusement les créatures classiques peuplant les donjons, avec des mélanges hétéroclites et intelligents. Le rythme est très soutenu, et retranscrit très bien les mécanismes du let’s play (avec ses défauts et ses qualités). Le héros, Carl, est vraiment un monsieur tout le monde (bon, il a un passé militaire parce que ça reste un Américain…), et doit apprendre à se débrouiller dans un univers qui lui est à la fois familier et absurde. Les PNJ/personnages secondaires sont bien campés, originaux sans trop l’être. L’aspect collaboratif de l’écriture (l’auteur demande à ses lecteurs en ligne leur avis sur certains développements du texte) assure de l’inattendu, indispensable dans ce genre d’intrigue.
DCC n’est pas qu’une succession de rencontres visant à donner du butin aux héros, comme un mauvais scénario de JDR. Il met en lumière les dérives de nos loisirs, que ce soit le jeu de rôle sur table, le jeu vidéo en ligne, Youtube, Twitch, le besoin constant d’être récompensé aussi bien comme joueur que comme spectateur. Sans être une étude sociologique, le roman arrive à mettre le doigt là où ça fait mal. 
Pour finir, on se retrouve avec un roman atypique, comme un gros paquet de bonbons inconnus. On peut aussi bien s’arrêter après une poignée, ou tout dévorer sans vergogne ni modération. DCC se lit d’une traite si vous arrivez à rentrer dedans.  Bien sûr, nous sommes face à un roman très ancré dans son époque, qui aura sûrement du mal à s’intégrer dans le temps long tant les références sont actuelles (bon, on y parle quand même de Paris Hilton…). On a envie d’y retourner rapidement une fois le livre refermé, mais on ne peut s’empêcher de se demander si le rythme ne va pas finir par s’étouffer (un cinquième roman est annoncé cette année en VF, sept existent en VO). 
Réponse dans les futures chroniques ! 

gilthanas

En discuter sur le forum