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Les Jardins statuaires

Tome 1 du cycle : Le Cycle des contrées
ISBN : 978-291708419-9
Catégorie : Aucune
Auteur : Jacques Abeille

A une époque indéterminée, un voyageur découvre le pays des “Jardins Statuaires”, un ensemble de domaines, protégés par de vastes enceintes, où la principale activité des hommes consiste à cultiver des statues. Dans ces propriétés où la pierre pousse sans cesse, la vie est réglée d’après une organisation rigoureuse, apparemment ludique et rationnelle, mais aux fondements étranges. Au fil des pérégrinations du voyageur, l’utopie se lézarde : la place des femmes, le pouvoir occulte d’une mystérieuse guide des hôteliers, les statues qui maigrissent ou croissent indéfiniment posent des questions angoissantes. Enfin, la menace de Barbares qui se rassemblent aux frontières et préparent l’invasion des jardins statuaires va achever de déséquilibrer cette société.

Critique

Par Gillossen, le 15/12/2010

Le destin du roman de Jacques Abeille aurait lui-même pu être l’objet d’un ouvrage à part entière, tant celui-ci semble avoir été semé d’embûches : pertes de manuscrit, faillite d’éditeur, incendie d’entrepôts… Le roman quant à lui se révèle tout aussi insaisissable. Car comme l’indique là encore son éditeur, le texte “déroge aux habituelles catégories littéraires”.
Difficile en effet de le classer avec précision ou pertinence. On cite Tolkien, Peake, mais aussi Gracq ou Hardellet… De sacrées références dans leur genre, quoi qu’il en soit !
Au bout de quelques pages, un autre nom émerge : celui de Robert Holdstock. On retrouve un peu du parfum de La Forêt des Mythagos dans le témoignage de ce voyageur comme hors du temps, plongé dans une brume de mystères qui semble s’épaissir à mesure qu’il croit explorer plus avant cet étonnant univers. Il n’en demeure pas moins que le lecteur se retrouve rapidement absorbé par cet univers vivant en totale autarcie, avec ses propres codes, sa géographie, sa société, ses us et coutumes… et ses fameuses statues que l’on cultive de domaine en domaine.
Au fur et à mesure des rencontres du narrateur, on pénètre dans un univers de plus en plus singulier, au point que l’on se demande parfois ce qui peut nous attendre au-delà des steppes. Les hypothèses les plus folles nous viennent à l’esprit, quand bien même certaines choses se révèlent plus terre à terre qu’on ne l’aurait cru.
On suit donc notre héros jusqu’au bout de son parcours initiatique (jusqu’au bout de l’ennui, diront les mauvaises langues !), qui prendrait pour un peu des accents presque épiques sur la fin. Un ouvrage à part, qui nous hante sitôt le volume refermé, à l’image de la toute dernière phrase qui clôt ce tome.
L’œuvre d’un fou, comme le dit lui-même Jacques Abeille ? Une œuvre belle par sa nature même, et dont les défauts contribuent d’ailleurs à nourrir celle-ci. Car le roman n’est pas parfait : si la plume de Jacques Abeille fait partie intégrante des atouts de ce récit, elle n’en demeure pas moins maladroite par moments, lourde. Il faut également savoir passer outre une pluie de dialogues n’ayant d’autre utilité que de faire avancer l’intrigue et donc souvent platement explicatifs. Et si ladite intrigue se suit avec plaisir, sa dimension de fable sur les travers de la société, notre société, ne manquant pas de charme, c’est bien avant tout cette atmosphère sans véritable équivalent qui emporte notre adhésion.
Et qui plus est, l’ouvrage, publié cette fois par les éditions Attila, se révèle un très bel objet, très agréable en main, rehaussé par les illustrations de François Schuiten.
On gardera un œil plus qu’attentif sur les tomes suivants à paraître, en espérant pour l’auteur à tout le moins, que, cette fois, le succès soit au rendez-vous !

8.0/10

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