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La Moitié d'un roi

Titre VO: Half A King

Tome 1 du cycle : La Mer éclatée
ISBN : 978-235294797-4
Catégorie : Jeunesse
Auteur : Joe Abercrombie

« J’ai Fait le serment de venger la mort de mon père. Je suis peut-être la moitié d’un homme, mais ce serment était entier. »

Né faible aux yeux de son père, le prince Yarvi a juré de récupérer un trône dont il n’a pourtant jamais voulu. Mais il doit d’abord affronter la cruauté de sa propre famille, les humiliations de l’esclavage, ainsi que les eaux amères de la Mer Éclatée. Tout cela avec une seule main valide.
C’est au côté d’une étrange assemblée d’exclus et de marginaux, et non parmi les nobles de son rang, que Yarvi apprendra à être un homme – s’il survit aux épreuves de toutes sortes qui l’attendent…

Critique

Par Gillossen, le 22/07/2014

Que dire si ce n’est que les débuts d’une nouvelle trilogie signée Joe Abercrombie présentée initialement comme appartenant au registre Young Adult étaient forcément scrutés avec attention ? Bien sûr, au-delà de certaines réalités éditoriales (aujourd’hui, L’Épée de Shannara pourrait très bien sortir sous la bannière YA et souvenons-nous de l’édition “ado” de L’Assassin royal voilà quelques années…), Abercrombie fait avant tout du Abercrombie.
C’est ainsi que si globalement, La Moitié d’un roi, premier tome d’une trilogie plus que planifiée en détails par son auteur, s’avère plus « simple » à appréhender que La Première loi, eh bien au bout du compte, les étiquettes sont faites pour être décollées et en France Bragelonne le publie d’ailleurs sans le classer en Young Adult.
Mais avec un seul narrateur, un peu moins de noirceur, un univers aux bases rapidement posées, et surtout nouveau… le destin du roman repose quoi qu’il en soit en grande partie sur celui de son personnage principal, le « prince » Yarvi.
Par chance, le personnage est plutôt bien troussé et sa malice nous pousse rapidement à l’adopter. On évitera toutefois de se prêter au petit jeu des comparaisons, car il ne peut rivaliser avec les créations les plus marquantes d’Abercrombie et sa tendance à l’auto-apitoiement peut agacer. Cela dit, son parcours, notamment de prince malmené tombant devenant – un temps – esclave, s’avère des plus palpitants. Certains seconds rôles emportent cela dit notre adhésion plus facilement, tel que Nothing, qui sort clairement du lot, notamment avec une conception du monde, ou même de la mort, bien à lui.
Si la structure de base de l’intrigue se montre assez classique puisqu’il s’agit avant tout de suivre le parcours d’un jeune homme qui va devoir s’endurcir pour se révéler à lui-même, un parcours initiatique que l’on a vu et revu mille fois, on peut compter sur l’auteur pour rester fidèle à l’une de ses marottes : tout peut arriver ! Si ce n’est que les moments les plus durs ou les passages les plus violents ont tout de même une dimension plus… douce que précédemment chez Abercrombie. Conséquence, le lecteur n’est pas forcément pris aux tripes avec la même intensité que dans un Servir froid. Cela dit, tout n’est souvent qu’une histoire de créneau et si vous n’avez encore jamais lu de roman de l’auteur, vous ne devriez guère le remarquer.
Mais La Moitié d’un roi représente aussi pour le lecteur l’occasion de découvrir un nouvel univers, avec sa propre mythologie. Si le cadre moyenâgeux lorgne du côté des Vikings, on espère que l’auteur développera par exemple tout ce qui touche aux Elfes ou aux Dieux par la suite. Encore que, on espère… Disons qu’il y a encore bien des choses à exploiter ou étoffer ! Il faut dire que le roman lui-même est finalement assez court. Preuve aussi qu’on le lit très vite et qu’on ne voit pas les chapitres défiler. Mais on se dit également que certains passages auraient mérité de se voir plus étoffés.
Concernant la question du ton, on l’a dit, l’auteur lui-même nous avait prévenus et le tout début du roman aurait presque des relents de… Dragons ! Mais une fois franchi le premier tiers de l’intrigue, tout s’accélère et les points forts d’Abercrombie achèvent de nous convaincre.
Bien écrit, bien construit, La Moitié d’un roi constitue un premier tome solide et qui possède un charme indéniable, quand il veut bien s’en donner la peine.     

22/10/2014 : remise en avant de cette chronique à l’occasion de sa parution française !

7.0/10

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