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L'Ombre du conquérant

Titre VO: The Conqueror's Shadow

Tome 1 du cycle : Corvis Rebaine
ISBN : 978-235294528-4
Catégorie : Aucune
Auteur : Ari Marmell

Ils l’appelaient la Terreur de l’Est.
Dans son armure noire ensorcelée, Corvis Rebaine s’était taillé un passage sanglant à travers le royaume. Mais, alors que la victoire était proche, il s’était volatilisé, emmenant avec lui une jeune noble du nom de Tyannon.
 Dix-sept ans plus tard, Rebaine et Tyannon sont mariés et élèvent leurs enfants. Rien ne pourrait inciter Rebaine à sortir de sa retraite… Jusqu’au jour où sa fille est agressée par les sbires d’un nouveau chef de guerre, Audriss, dont les rêves de conquête ressemblent étrangement à ceux que lui-même nourrissait auparavant.

Pour sauver le royaume qu’il avait autrefois tenté de conquérir, Rebaine doit endosser sa vieille armure. Mais osera-t-il réveiller la part de lui qui se délectait jadis de la destruction ?

Critique

Par Zedd, le 17/11/2011

Je ne sais pas pourquoi, mais je voulais aimer ce livre.
Peut-être était-ce la recommandation signée Scott Lynch  : « Marmell has a remarkable flair for the sinister » (on passera celle de Robin Hobb qui semble avoir adoré tous les romans du genre…). Peut-être était-ce le trou béant laissé par la mort de David Gemmell dans le domaine de l’heroïc fantasy, et qu’Ari Marmell pouvait combler : un vieux guerrier, un dernier baroud d’honneur, etc… Mais rien n’y a fait ; au bout de quelques pages seulement, la déception était déjà de mise…


« La Terreur de l’Est » : ça en impose, pas vrai ! Avec un nom pareil, on se dit qu’il en a tué, de la veuve et de l’orphelin. Que c’est un boucher, un bourreau, un Robespierre. J’en fais peut-être un peu trop, mais cette critique me donne l’occasion de pousser un coup de gueule depuis trop longtemps réfréné. Y en a marre de ces héros au Nom Horrible et Pompeux dont la réputation laisse croire qu’ils ont massacré à tout va. De ces méchants qui se révèlent en fait gentils, de ces agneaux coincés dans un corps de brute épaisse et sans âme. Trop de romans se construisent sur la personnalité sanguinaire de leur personnage, pour finalement démonter tout au long de l’histoire cette caractéristique. Il est possible de le faire, mais de mémoire, seule Lois McMaster Bujold a réussi à exploiter intelligemment son «  Boucher de Komarr  ». Chez tous les autres, si elle peut être nuancée, la réputation n’est pas usurpée (par exemple, le sanguinaire dans La Première loi). Ce qui est vrai pour Marmell l’est aussi pour d’autres ; on se rappelle encore Jon Sprunk et son « assassin sans scrupule ». Et ils ne sont pas les seuls…


Passé ce premier constat, on comprend aussi que Marmell ne s’embarrassera pas d’intrigues secondaires ; seuls comptent la ligne droite et l’affrontement final. Pour ce faire, il y a la magie. Utilisée comme un téléphone portable ou internet, elle permet de connaître en permanence ce que vient de faire votre ennemi et de vous téléporter en causer avec lui. Pratique.
On passera outre les très nombreuses incohérences, les raccourcis scénaristiques, l’absence ou presque de psychologie des personnages, la linéarité de l’intrigue ou l’impression de lire une novellisation d’une partie de jeu de rôle, pour se concentrer sur les points positifs  : l’humour, irrégulier, qui amène son lot de situations ou de répliques rigolotes et l’univers dark fantasy réussi.


Il faut bien plus qu’une syllabe en commun avec lui pour devenir le nouveau David Gemmell. De fait, on conseillera aux fans du genre d’aller voir du côté d’Abercrombie. Et surtout, on conseillera à Scott Lynch de retourner écrire, et de ne pas encenser à tort les bouquins des copains.
Il y a déjà Robin Hobb pour ça.

5.0/10

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