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Vegas Mytho

ISBN : 978-226508865-8
Catégorie : Aucune
Auteur : Christophe Lambert

Ouvrage nominé au prix Elbakin.net 2010

1957. Dans le Greenwich Village branché de la beat generation, Thomas Hanlon, écrivain et poète alcoolique, rencontre la belle Sofia Stamatis, héritière d’une riche famille de la diaspora grecque. La jeune femme l’entraîne à Las Vegas pour l’inauguration de l’Olympic Winner, casino dirigé par son père, chef incontesté du clan Stamatis, personnage fascinant qui intrigue autant la Mafia que le FBI.
Thomas comprend très vite que les Stamatis sont en guerre avec le casino concurrent tenu par une ancienne famille égyptienne. Une guerre qui se poursuit depuis des millénaires…

Critique

Par Vermithrax, le 03/05/2010

Avec Vegas Mytho, Christophe Lambert signe son quatrième roman d’affilée au Fleuve noir, et sans doute le plus abouti.
Partant d’une idée forte, l’auteur se lance dans une histoire au rythme soutenu qui va se dérouler sous nos yeux tambour battant jusqu’à une conclusion aussi imprévisible qu’inévitable après coup.
Le premier bon point de ce Vegas Mytho, c’est indéniablement l’époque choisie, la fin des années 50 essentiellement aux États-Unis : Greenwich Village, Las Vegas bien sûr… L’auteur réussit le pari de nous plonger dans ces ambiances très particulières, par petites touches, par quelques détails bien sentis, sans pour autant s’appesantir au point d’enliser son intrigue sous une double couche de vernis superflue.
L’autre point fort, au-delà du concept même du roman, c’est son narrateur, auteur désabusé et souvent auto-destructeur, notamment inspiré par le Henry Chinaski de Charles Bukowski. Si l’on évite pas certains clichés (telle l’anecdote du père du “héros” collectionneur en secret de coupures de journal parlant de son fils…) et évidemment une certaine tendance (logique) à mettre en avant sexe et alcool, sa détresse et ses déchirements sous-jacents sont vraiment palpables, et il se dégage d’ailleurs du roman un parfum doux-amer qui nous poursuit jusqu’à la dernière ligne.
Qui plus est, ledit roman se suffit à lui-même : Christophe Lambert, dont la passion pour son sujet est évidente, développe ici un récit entrecoupé de flashbacks révélateurs, qui semble ouvrir pour le lecteur une parenthèse de quelques secondes à peine d’existence à l’échelle des immortels, mais représentant tellement plus pour Thomas Hanlon…
Des immortels évidemment au centre de l’intrigue, habilement mis en scène (Thor signe une apparition aussi courte que mémorable…), même si certaines figures sont fatalement en retrait par rapport à d’autres.
Longtemps, le roman dépasse la simple lecture plaisir pour aller au-delà de son schéma de base. En postface, on apprend que l’auteur avait mis de côté cette idée un temps, en partie suite à la sortie de l’American Gods de Neil Gaiman, dont il ne partage pourtant qu’un vague point de départ. Et Christophe Lambert de se dire frustré que l’on ait pas droit chez Gaiman à une confrontation finale. C’est le cas dans Vegas Mytho, mais c’est aussi pour cela que le lecteur sent poindre au final quelques réserves.
Si le final du présent roman ne manque ni de piquant ni même de tragique, il n’en demeure pas moins que l’on en espérait plus malgré tout, sans vouloir dévoiler plus avant son cadre ou son déroulement. Comme s’il avait fallu en fin de compte bousculer l’intrigue et en revenir à de bonnes vieilles ficelles pour se précipiter vers la conclusion. Ou bien est-ce là un sentiment né de notre frustration de voir ce roman se terminer si tôt ? Un peu des deux sans doute. Tout comme l’on aurait apprécié de voir la famille Stamatis encore plus au premier plan, quitte à ce qu’un personnage comme le shérif cliché en diable reste lui davantage en retrait.
Mais ne boudons pas notre plaisir : une fois lancé, le roman nous accompagne jusqu’au bout.

7.5/10

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