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Les Petites fées de New-York

Titre VO: The Good Fairies of New York

ISBN : 978-291635536-8
Catégorie : Aucune
Auteur : Martin Millar

Le récit des Petites fées de New York démarre avec Morag et Heather, deux petites fées hautes de cinquante centimètres, portant épée, kilt vert et cheveux mal teints, qui volettent par la fenêtre du pire violoniste de New York, un type antisocial et obèse nommé Dinnie, et vomissent sur sa moquette. Qui sont-elles et comment sont-elles arrivées à New York, et en quoi tout cela concerne-t-il l’adorable Kerry, qui vit dans l’immeuble d’en face, est atteinte de la maladie de Crohn et confectionne un alphabet des fleurs, et en quoi tout cela concerne-t-il les autres fées (de toutes nationalités) de New York, sans oublier les pauvres fées opprimées de Grande-Bretagne ?

Critique

Par Zedd, le 07/07/2009

Le papa de Thraxas est de retour… sans Thraxas et sous son vrai patronyme, Martin Scott étant le pseudonyme que l’auteur réserve pour écrire les aventures du détective privé le plus “beauf” de la fantasy.
Quand la Cornouaille débarque à New-York, cela donne sous la plume de Martin Millar un roman de fantasy urbaine salué par Neil Gaiman lui-même qui en signe ici la préface. Plus rock’n roll que La Compagnie des fées, plus gouailleur qu’un Pratchett, plus débridé qu’un Gaima
n, Les Petites fées de New-York comprend, dans le désordre, des fées alcooliques, des chaînes pornographiques, des clochards morts, des champignons hallucinogènes et une seule fleur de pavot gallois à trois têtes. Les Petites Fées de New-York ne ressemble à rien d’autre, et si les références abondent, si les comparaisons prolifèrent, c’est pour mieux tomber devant l’originalité, l’humour et l’ambiance décalée qui règnent dans le roman.
L’humour, parlons-en justement ! Volontier vulgaire et grossier, pas toujours très fin, loin de là, il fait paradoxalement preuve d’une certaine finesse, qui lui évite d’être lourd pour être seulement jouissif et jubilatoire. Les tirades ordurières de Heather MacKintosh à propos de Morag MacPherson valent à elles-seules la lecture du roman. Et, bien sûr, celles de Morag sur Heather n’ont rien à leur envier. Quel plaisir que de suivre un sourire aux lèvres, ces dialogues où l’une ne cesse de se mettre en avant, rarement avare en superlatifs, aux dépens de l’autre qu’elle rabaisse à grands coups d’insultes depuis qu’une guerre ancestrale oppose le clan des MacKintosh à celui des MacPherson. Fous rires et gloussements honteux assurés !
Imbues d’elles-mêmes, alcooliques, fichues d’un sale caractère, les petites fées aux cheveux colorés de Martin Millar sont certes collantes mais aussi et surtout, attachantes et irrésistibles. On ne peut s’empêcher d’aimer ces fées qui pétillent de malice, débordent de vie, à toujours et à jamais excessives quelque soit leur entreprise, quelque soit leur humeur.
L’intrusion des fées britanniques sur le territoire américain (l’Ecosse n’est pas le seul pays de Grande-Bretagne à envahir New-York féériquement parlant !) n’est pas sans remous sur le quotidien new-yorkais. Ainsi, Dinnie dont le ventre est au moins aussi développé que celui de Thraxas et la jolie Kerrie, atteinte de la maladie de Crohn, vont tous deux voir leur vie bouleversée par les deux êtres qu’ils hébergent, parfois bien malgré eux.
Mais les humains ne seront pas les seuls victimes puisque des fées chinoises et des fées noires vivent depuis longtemps à New-York. Les deux clans ne vont guère apprécier que deux petites boules d’énergie écossaises et saturées de whisky pillent leurs banques ou libèrent leurs homards. A des milles et des cents de là, la Cornouaille n’est pas épargnée : la révolte gronde…
Pour peu que vous ne soyez pas trop allergique à l’humour parfois un peu gras de l’auteur de Thrax
as, Les Petites fées de New-York est un superbe roman à l’image des êtres féériques qu’il décrit : original, excessif, brillant, drôle, touchant et surtout, surtout, totalement jubilatoire. Faites confiance à Neil Gaiman et laissez Heather MacKintosh et Monag MacPherson, deux petites fées écossaises blindées au whisky entrer dans votre vie. Que vous les laissiez repartir, rien n’est moins sûr…

8.0/10

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