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The Extraordinary Adventures of the Athena Club

Titre VO: The Extraordinary Adventures of the Athena Club (Ce Cycle est En Cours)

Auteur : Goss, Theodora
The Extraordinary Adventures of the Athena Club

The Strange Case of the Alchemist’s Daughter

Mary Jekyll, seule et sans le sou depuis la mort de ses parents, s’interroge sur les secrets qui entourent le mystérieux passé de son père. Un indice semble indiquer qu’Edward Hyde, un ancien ami du Dr. Jekyll doublé d’un assassin, se terre dans les environs. La récompense offerte pour sa capture résoudrait bien des soucis financiers.
Son enquête la mène auprès de la fille de Hyde, Diana, une enfant incontrôlable élevée par des religieuses. Assistée de Sherlock Holmes et du Dr. Watson, Mary poursuit sa recherche de l’insaisissable Hyde et fait bientôt la connaissance de jeunes femmes qui doivent la vie à des expériences terrifiantes : Beatrice Rappaccini, Catherine Moreau et Justine Frankenstein.
Lorsque leurs investigations les mènent sur la piste d’une société secrète de scientifiques immoraux et assoiffés de pouvoir, les horreurs de leurs passés respectifs refont surface. Il appartient désormais aux monstres de triompher du monstrueux.

The Extraordinary Adventures of the Athena Club

European Travel for the Monstrous Gentlewoman

La vie de Mary Jekyll est revenue à la normale depuis la résolution des meurtres de Whitechapel. Beatrice Rappaccini, Catherine Moreau, Justine Frankenstein et Diana Hyde, la sœur de Mary, sont désormais installées au domicile des Jekyll, à Londres. Bien que le petit groupe connaisse son lot de querelles, les membres du Club Athéna s’entendent aussi bien que possible pour cinq jeunes femmes aux tempéraments très différents.
Mais lorsqu’un télégramme leur annonce le kidnapping de Lucinda Van Helsing, le Club Athéna doit rejoindre d’urgence l’Empire austro-hongrois pour secourir une autre innocente soumise à des expériences atroces. Où Lucinda est-elle séquestrée, et qu’a bien pu lui faire subir son père, le professeur Van Helsing ? Mary, Diana, Beatrice, Catherine et Justine pourront-elles la sauver à temps ?
La course contre la montre a commencé, et le Club Athéna s’embarque pour un voyage sur les chapeaux de roues à travers l’Europe. De Paris à Vienne puis à Budapest, Mary et ses amies devront trouver de nouveaux alliés et affronter de vieux ennemis, pour finalement faire face à la redoutable Société des Alchimistes. L’heure est venue pour ces jeunes femmes aussi convenables que monstrueuses de s’affranchir du passé et de forger leur propre destin.


Critique

Par Saffron, le 28/11/2018

Bien que la fantasy n’ait pas été à proprement parler installée dans le paysage littéraire victorien, nombre de romans gothiques de l’époque sont aujourd’hui considérés comme les fers de lance de notre genre de prédilection. Au dramatis personae de ces classiques, écrits et publiés en pleine révolution scientifique et industrielle, deux types de personnages tirent leur épingle du jeu : le savant fou et sa créature. Mais que se passerait-il si tous ces monstres issus d’expériences scientifiques plus ou moins réussies se trouvaient réunis dans une même série ? C’est précisément à cette question que répond Theodora Goss dans ses Extraordinaires Aventures du Club Athéna.
L’auteure s’approprie ainsi les docteurs Moreau, Frankenstein, Jekyll et Rappaccini (peut-être le moins connu du lot), justifie son cross-over en inventant une Société des Alchimistes qui n’aurait pas dépareillé dans l’une des œuvres originales, et propulse les « filles » de ces scientifiques dévoyés au cœur d’une enquête menée par le duo Holmes/Watson. Le résultat aurait pu être indigeste, mais contre toute attente, le melting-pot victorien à la sauce gothique fonctionne.
Tout le mérite en revient à Theodora Goss, qui connaît ses classiques de la littérature fantastique sur le bout des doigts et en a même fait le sujet de sa thèse (« The Monster in the Mirror: Late Victorian Gothic and Anthropology », ou l’acte de naissance du Club Athéna). Les transformations opérées sur les œuvres et les personnages d’origine respirent le respect et l’admiration, à l’image de Victor Fleury avec son Empire électrique pour la langue de Molière. Telle un Frankenstein au féminin, l’auteure dissèque, découpe et recolle les morceaux des romans qu’elle a étudiés à la loupe, pour en faire un tout cohérent aux cicatrices parfaitement invisibles, qu’elle qualifie elle-même de « métafiction pulp ».
Plus que tout, c’est la galerie de personnages qui impressionne : les membres du Club Athéna croisent ainsi la route de la plupart des intervenants des œuvres originales de façon parfaitement naturelle, sans que l’auteure donne l’impression de faire étalage de ses connaissances. Si certains personnages donnent l’impression de sortir tout droit de leurs romans d’origine (comme le Giovanni de Beatrice ou le Prendick de Catherine), d’autres, à l’instar des héros de Dracula, sont aux antipodes de ceux avec lesquels le lecteur est familier, ce qui rend l’exercice de style encore plus réjouissant.
Il n’est évidemment pas nécessaire d’être un expert de la littérature gothique pour apprécier les aventures du Club Athéna, mais comme avec toute réécriture, il est bénéfique d’avoir au moins une connaissance de base des œuvres d’origine pour apprécier au mieux les références, les clins d’œil et les augures.
Histoire de renforcer l’aspect « méta » de la série, Goss se met dans la peau de Catherine Moreau pour écrire un roman à la troisième personne. La narration est en outre régulièrement interrompue par les autres membres du Club Athéna, penchées par-dessus l’épaule de Catherine au fur et à mesure où celle-ci rédige le compte-rendu de leurs aventures. Le procédé est plaisant et sort de l’ordinaire, mais à sa décharge, il supprime aussi une bonne dose de suspense quant au sort des personnages.
L’écriture en elle-même n’est pas nécessairement un modèle de style, mais là encore, le procédé est voulu et justifié : Catherine subvient aux besoins du Club en écrivant des romans à sensation, et les penny dreadfuls victoriens n’ont jamais été réputés pour la qualité de leur prose. Goss ayant été nominée au Locus, au Nebula et au World Fantasy Award pour plusieurs de ses nouvelles, on peut penser qu’il s’agit là d’un véritable choix stylistique, et non d’une pirouette de mauvais écrivain.
La littérature gothique est une source d’inspiration presque intarissable, et les monstrueuses demoiselles qui composent le Club Athéna n’ont pas fini de faire parler d’elles. Si la qualité de l’hommage se maintient, la suite de leurs aventures promet de plaisantes heures de lecture en compagnie de personnages à la fois familiers et métamorphosés.

7.5/10


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