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La Brigade Chimérique

(Ce Cycle est Terminé)

Auteur : Fabrice Colin
Auteur : Serge Lehman (Proposer une Biographie)
Dessinateur : Gess (Proposer une Biographie)
Coloriste : Céline Bessoneau (Proposer une Biographie)

Les éditions L’Atalante ont publié en octobre 2012 une intégrale du cycle, l’occasion de découvrir ce qui reste l’une des meilleures surprises de la bande dessinée française de ces dernières années, tous genres confondus.

La Brigade Chimérique

Mécanoïde Curie / La Dernière Mission du Passe-Muraille

Lors de la grande guerre, en raison de certains de ses effets néfastes, des femmes et des hommes se sont retrouvés dotés de pouvoirs surpuissants, faisant d’eux des super héros. Les années passent et leur présence est toujours d’actualité. C’est ainsi qu’en septembre 1938, le docteur Mabuse, un maître hypnotiseur dirigeant l’armée des Crânes, invite les surhommes à Métropolis, une ville dont la position était jusqu’ici gardée secrète…

La Brigade Chimérique

Cagliostro / La Chambre Ardente

Depuis quelques temps, l’ancien médecin militaire Jean Séverac fait toujours le même cauchemar, au sein duquel lui reviennent des souvenirs pour le moins désagréables… Celui qui est surnommé « le nouveau protecteur de Paris », Saint Clair, alias le Nyctalope, réussit à capturer un homme victime d’obscures expériences au radium. Le sujet de ces tests s’est vu doté d’une taille titanesque, et menace de causer de sacrés dégâts partout où il passe…

La Brigade Chimérique

L' Homme Cassé / Bon Anniversaire docteur Séverac !

En découvrant que la brigade chimérique est contenue dans son corps, Jean Séverac accepte la proposition d’Irène de subir quelques tests afin d’en apprendre plus sur les pouvoirs, voire les origines de ces entités. Pour cela, elle utilise une machine créée par sa mère, Marie Curie. Dès l’instant où celle-ci est mise en marche, Séverac disparaît dans un lieu appelé la « chambre ardente » et apparaissent alors les chimériques. Surprise, Irène entame une conversation avec eux qui lui révèlent parler au nom de Jean. Ils veulent protéger le monde et sont prêts à obéir à ses requêtes…

La Brigade Chimérique

Politique Internationale / H-A-V-russe

Après les nombreux tests et expériences, Irène Joliot-Curie a enfin réussi à synthétiser ses recherches. Elle propose à Jean Séverac de pouvoir contrôler la brigade chimérique par le biais d’une bague. Alors qu’il est sur le point de recevoir la visite de son amie George, pour qui il éprouve de plus en plus de sentiments, l’ancien médecin militaire n’en peut plus d’attendre et se rend à son appartement. Là-bas, il la retrouve effondrée au sol suite à une attaque…

La Brigade Chimérique

Le Club de l'Hypermonde / Tola

A l’institut du radium, George, Jean, Irène et Michel essaient de comprendre ce que Samsa a pu vouloir dire dans ses derniers instants, au travers de : « H-A-V-russe »… mais rien ne semble venir…

La Brigade Chimérique

La Tête arrive / Le Grand Nocturne

A Varsovie, George assiste au spectacle terrifiant d’une menace inédite. L’énorme nuage vivant qui les attaque est en fait Lebon, l’homme élastique, qui a été réduit à l’état de particules lors de sa confrontation avec les Curie. Venant à leur renfort, un des véhicules du Nyctalope ne fait pas long feu : son pilote est écrasé dans la main du géant. George assiste à cet acte sans pouvoir rien faire…


Critique

Par Gillossen, le 13/09/2009

La France tient enfin sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires ! Un parallèle simple, voire simpliste sans doute, mais qui n’en est pas moins vrai, quand bien même ne faudrait-il pas limiter à cela cette tentative de « comics » à la française audacieusement publiée par les éditions L’Atalante .
Serge Lehman et Fabrice Colin avaient envie depuis un certain temps de mettre à profit ce patrimoine oublié de nos – nombreux ! - héros des débuts du XXème siècle et l’on comprend mieux après lecture pourquoi Fabrice Colin s’était exprimé à plusieurs reprises sur son blog en espérant que la série trouve son public.
Car elle le mérite assurément et quoi de plus logique que de nourrir de telles attentes : casting de choix – il vous suffit de feuilleter la première double page présentant les forces en présence pour n’en avoir qu’une mince idée -, clins d’œil bien choisis – ah, cette apparition de Superman dans le premier tome… -, Histoire, la grande, joliment et habilement revisitée – qui n’aurait pas envie de vivre à cette époque où s’entremêlent science et surréalisme avec un tel naturel ? - scénario évidemment feuilletonnesque qui sait ménager ses rebondissements et ses mystères au fil des pages, après une mise en action néanmoins un peu lente dans le premier volume (c’est bien là la seule misérable réserve que l’on pourrait relever pour l’instant, car il faut bien trouver quelque chose à redire, n’est-ce pas !), mais qui réussit à installer une ambiance à part en quelques planches à peine, le tout baigné dans une atmosphère à la fois uchronique et féérique sachant séduire sans complexe.
Notre duo de scénaristes réussit même le tour de force de proposer un sous-texte et un cadre aussi riche en apparence que les œuvres de Moore ou Gaiman, tout en demeurant, pour l’instant, tournés avant tout vers le récit à retranscrire, sans s’appesantir sur les à-côtés, mais sans écarter au passage une véritable réflexion sur le concept de super-héros et le comment du pourquoi de cette situation européenne fantasmée, qui ne manque pas de parallèles toujours astucieux quand bien même sont-ils parfois évidents. Avoir pu enchaîner la lecture de ces deux premiers albums constitue sans doute un plus indéniable pour s’en rendre pleinement compte.
Il ne faudrait pas oublier, puisque l’on parle des albums, la forme, au-delà du fond. Saluons le choix du format comics, bien entendu parfaitement adapté à cette histoire, mais pas toujours bien accepté par un lectorat parfois dérouté par chez nous. Gess, bien connu pour les aventures de Carmen Mc Callum, réalise ici un travail soigné de qualité, souvent inspiré, qui évoque indéniablement Hellboy et certaines productions Dark Horse du même ordre, impression accentuée par la colorisation de Céline Bessoneau, à l’avenant et à la hauteur du reste de l’ensemble et de toute production US, qu’elle tutoie pour le coup aisément.
Élégance et érudition semblent donc être les deux ingrédients phares de cet événement BD de la rentrée, sans oublier un souci du détail prégnant, qu’il soit question des grandes lignes de l’intrigue ou du plus petit coup de crayon de la plus petite des cases.
On espère en tout cas voir cette initiative menée tambour battant et sans complexe, qui doit se boucler en 6 volumes, rencontrer le succès et générer l’effervescence qu’elle mérite dans un cas comme dans l’autre, en croisant les doigts pour que le sans faute se poursuive.
Avec le troisième volume, les auteurs confirment que leur essai est transformé , nous laissant penser à chaque page un peu plus que nous avons affaire là à un véritable coup de maître. Et tout cela en laissant de côté l’intrigue principale que l’on avait cru voir se dessiner initialement, pour mieux nous faire découvrir la fameuse Brigade donnant son nom à cette BD. Et le pari est réussi. On ne s’ennuie pas une seule seconde pour autant en se concentrant sur la personnalité de Jean Séverac, en explorant sa psyché, son univers.
Finalement, l’épisode suivant nous projette à nouveau dans le feu de l’action, et quel bonheur de (re)découvrir un tel Paris ! On se souviendra longtemps de certaines visions dantesques, mais gratuites pour autant, mais quel plaisir jubilatoire, aussi bien pour nos yeux que pour nos méninges. Jung ne dirait pas autre chose.
Assurément, les épisodes 6 et 7, dans le tome 4, bien que moins spectaculaires (encore que…), font grandement avancer l’intrigue, qui prend d’ailleurs une autre tournure, plus grave, et davantage portée sur les parallèles historiques.
Mais les rebondissements n’en sont que plus prometteurs, à l’image des dernières planches !
Après un temps mort (c’est le cas de le dire), arrive donc le sixième album et la conclusion, la révélation du pourquoi du comment de la disparition des super-héros européens, qui sous-tendait l’ensemble de la BD.
Que dire au final ? Implacable, cette conclusion est tout aussi tétanisante qu’effroyablement logique, en poussant dans ses derniers retranchements les mécanismes internes de cet univers. Oubliés les clins d’œil (Francis Drake), l’épilogue de la Brigade Chimérique n’est qu’un lent chemin de croix de renoncement, dont il ne reste qu’une promesse à respecter coûte que coûte, alors que la superscience, ou la magie, peu importe son nom, disparaît du Vieux Continent : gagner la guerre.
Dans les flammes, la fumée et la cendre.

8.5/10

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