Nous voici donc quatre ans plus tard: Boldeckh
vient de fêter son quarantième anniversaire,
tant de choses se sont passées depuis qu'il
a quitté Lofoten, laissez-moi donc vous conter
ses aventures.
Un grand désarroi s'empara de Boldeckh, il
se sentait si seul si petit si… Hobbit. En effet
même si son expérience l'avait conforté
dans son idée qu'il était réellement un nain
il ne se sentait pas capable d'affronter le
monde si tôt, un grand doute s'installa alors
et Boldeckh décida de retourner chez ceux qui
l'avait élevé, pour vérifier pensait il. Le
voici donc parti avec son équipement nain et
sa fausse barbe, ah ça on peut dire qu'il ne
passait pas inaperçu, tellement même qu'on commenca
à le connaître et à parler de lui parmis
les peuples Nains et Hobbits.
Malgré tout, son voyage de retour vers l'est
se passa plutôt paisiblement, sa tristesse était
telle qu'il ne remarquait pas les chuchotements
que provoquait son passage en ville. En effet
les gens se demandaient quel malheur avait pu
arriver à ce Hobbit pour qu'il soit affublé
de pareil sorte, mais Boldeckh continuer a marcher
sans prêter attention à qui que ce soit. Il
n'était pas pressé et son voyage s'éternisa;
il passait de plus en plus de temps dans des
auberges sordides à noyer son chagrin dans la
mauvaise bière que l'on servait dans ces bouges.
Finalement un beau matin d'automne Boldeckh
arriva en lisière du pays qui l'avait vu naître
et celui dont le coeur avait si ardemment désiré
quitter ces lieux, ressenti une certaine joie
à revoir les paysages où il avait grandi...
et ce malgré le fait qu'il ne l'admit jamais.
Il eut quand même une certaine hésitation avant
de franchir la frontière mais se dit que le
revoir ferait plaisir à ceux qui l'avait élevé,
cela faisait presque trois ans qu'il était parti
! Son arrivée fut plus que remarquée et provoqua
rires et moqueries car son départ avait fait
jaser dans le village. Il alla directement chez
lui ne prêtant guère attentions aux petits Hobbits
qui couraient autour de lui en essayant de lui
arracher sa fausse barbe ou de lui voler sa
hache. Mais son retour au foyer ne provoqua
pas l'effet escompté ; Sa mère lui sauta dans
les bras en larmes car même s'il disait être
un nain une mère ne peux en vouloir a son enfant
et continu à l'aimer en toutes circonstances,
mais il n'en fut pas de même avec son père.
Celui-ci considérait le départ de son fils comme
une trahison, son aîné avait dédaigné reprendre
la très lucrative affaire d'herbe à pipe qui
faisait sa fierté pour courir l'aventure en
compagnie d'un personnage plus que douteux et
revenait au bercail encore plus étrange qu'avant.
Quand il vit Boldeckh il détourna le regard
continuant à fumer sa pipe dans son fauteuil
comme si de rien était. Boldeckh s'approcha
du fauteuil, sa mère étant tout affairée à
préparer le plus grand festin de la décennie
pour le retour de son fils, celui-ci adressa
a son père son plus beau sourire:
- Bonjour mon père, dit-il. Tu as l'air en
forme!
Mais il parlait toujours avec l'accent nain
qu'il avait mis tant de temps à maîtriser.
Le père se mit alors dans une colère
noire :
- Tu as si honte de ta famille que tu change
même ta façon de parler, mais qu'avons nous
fait pour mériter un fils qui déshonore ainsi
les siens et fait de sa famille la risée de
tout le village ?
Boldeckh eu juste le temps d'émettre un "Mais
!" de protestation que l'on entendait déjà la
porte de la chambre parentale claquer. Sans
qu'il eut le temps de réagir son père réapparut
comme un dément son sac sur l'épaule alla a
la cuisine et dit a sa femme qu'il rentrerait
quand cet étranger aurait quitté les lieux.
Boldeckh ne savait plus quoi faire: Lofoten
l'avait abandonné et maintenant son père
lui tournait le dos. Sa mère s'approcha doucement
de lui pour le tirer de sa stupeur:
- Ne t'inquiète pas lui dit-elle ça lui passera
c'est un vieux bourru mais tu es son fils et
rien ne pourra changer cela, tu verra après
une nuit passer à l'auberge, dans un lit bien
moins confortable que le sien, il accourra à
la maison et il sera bien obligé de te parler.
Bien que cela ne le réconforta que peu Boldeckh
décida de profiter de son séjour du mieux qu'il
pourrait.
Au dîner il retrouva ses cinq frères et soeurs
qui, une fois la stupéfaction de le voir ainsi
accoutré, (il ne quittait plus ses vêtements
nains sauf pour dormir, sans parler se la barbe)
lui réservèrent un accueil des plus chaleureux
le pressèrent de leur raconter son périple.
- Pour le moment faisons honneur au dîner ce
n'est pas le moment des histoires, je meurs
de faim! s'exclama Boldeckh.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu
une pareille table, chez les nains les repas
étaient beaucoup plus rudimentaires et moins
nombreux, et sa mère s'était particulièrement
surpassée ce jour-là ; tellement même qu'ils
eurent du mal à finir leur cinquième assiette
de rôtis aux pomme de terre chose particulièrement
rare pour des Hobbits.
Après le souper, tous s'installèrent près de
la cheminée où flambait une grosse bûche pour
écouter la fabuleuse histoire de leur grand
frère. Boldeckh s'assit confortablement dans
le grand fauteuil bourra sa pipe et commençât
son récit.Il leur conta son errance a travers
les contrées sauvages à la recherche de lutins,
comment il retrouva Lofoten, son séjour dans
les mines ainsi que la séparation et enfin son
voyage de retour. Les jeunes hobits étaient
captivés et on n'entendait que le crépitement
du feu parfois couvert par des "ô" et des "ah"
d'exclamation, leurs grands yeux brillants regardait
leur grand frère comme s'il avait été un grand
aventurier qui avait accompli des exploits formidables.
Néanmoins Timel, le plus âgé des cinq restait
en retrait d'un air boudeur. Il était à la fois
incrédule et jaloux, c'est lui qui était destiné
à reprendre l'affaire familiale et d'une certaine
façon il enviait son frère d'avoir eut le courage
de défier l'autorité paternelle et de partir
comme il l'avait fait. Au bout de quelques heures
Boldeckh se leva et dit :
- C'est finit pour aujourd'hui! Allez tous
le monde au lit si vous voulez pouvoir vous
lever demain!
Il alla border les trois plus jeunes, les laissant
à leurs rêves de voyages et de montagnes, et
revint dans la grande salle pour fumer une dernière
pipe au calme, mais quelqu'un l'attendait, son
frère Timel.
- Tu ne vas pas dormir ? demanda Boldeckh.
- Non, pas encore, répondit celui-ci. Il faut
que j'ai une petite conversation avec toi si
je veux pouvoir trouver le sommeil ce soir.
Il faut que tu saches ce que ton esprit dérangé
nous a coûté, car pendant que monsieur battait
la campagne à la recherche de je ne sait quelle
bêtise, ici la vie à continué! Au début tous
le monde s'est dit que c'était encore une de
tes lubies et que tu reviendrait vite, les gens
se moquaient de nous, mais c'était supportable.
Seulement les mois passèrent et on a commencé
à entendre parler d'un hobbit qui se prenait
pour un nain et qui vivait parmi eux. Très vite
tous le monde a fait le rapprochement avec toi
et il a commencé à se dire que nous avions
du contrarier quelques mages et qu'il valait
mieux se tenir à l'écart. Pendant presque un
an nous étions seuls et hormis quelques amis
qui nous adressaient la parole, nous avions
de moins en moins de clients et il devenait
difficile de vivre comme avant. Heureusement
que notre herbe à pipe est très réputée et les
gens ont finit par préférer oublier cette histoire.
La vie a alors reprit son court normal.
Boldeckh n'en croyait pas ses oreilles mais
il commençait à mieux comprendre la réaction
de son père. Il essaya de s'expliquer mais Tim
lui coupa la parole.
- Laisse moi finir ! Hurla-t-il. Ce que je
cherche à te dire c'est que tu ne peux pas rester
ici et risquer de raviver cette vieille histoire,
pars avant que les gens ne sachent que tu es
la, si…
- Chuuuut ! Boldeckh tendait la main vers
lui pour lui fait signe de se taire, il fixait
droit la grande armoire et semblait chercher
quelque chose des yeux.
- Mais que se passe-t-il ? demanda Tim, qui
ne comprenait pas ce qui pouvait se passer.
- Tu vas le faire fuir ! lui rétorqua son frère
toujours aussi concentré, il était là, il nous
regardait avec ses petits yeux de fouine. Mais
en voilà un qui ne s'en tirera pas comme ça,
je l'aurais parole de nain !
- Mais enfin explique toi ! se risqua le jeune
Hobbit. Je ne comprends rien, de quoi parle
tu ? Il n'y a personne ici a part nous deux,
un rat ou un écureuil peut être mais ce n'est
pas bien grave! Parle Herb !
Boldeckh était a présent à moitié couché sous
le meuble et semblait fouiller dessous.
- Non, non c'est tout autre que cela, c'est
un de ces horribles petits monstres chapardeurs
et farceurs. Tu ne l'as vraiment pas vu ? Il
était la j'en suis sur, je sais encore reconnaître
un écureuil et ce que j'ai vu la c'était autre
chose, je te l'assure.
- Ne me dis pas que tu crois encore à ces histoires
de lutins ! Tu ne vas pas remettre ça ? Enfin,
Herb reprends-toi, tu n'es plus un enfant, tu
sais bien que ce sont des histoires!
- Arrête de m'appeler ainsi! Je vous l'ai
déjà dis, je m'appelle Boldeckh !
Tim avait rarement vu son frère dans un pareil
état, il pensa que la discussion n'était plus
possible et décida d'aller se coucher.
- Je vais finir par croire que les gens ont
raison, tu es complètement fou mon pauvre vieux;
dit-il en partant se coucher, désolé du spectacle
qu'il venait de voir.
Notre pauvre Boldeckh n'écoutait déjà plus
les critiques de son frère, et ne se préoccupait
plus de la conversation qu'il venait d'avoir.
Complètement obnubilé par la capture
du fameux lutin, il décida de passer la nuit
dans la grande salle, bien décidé à mettre la
main sur ce petit monstre sournois.
- De toute façon, il est prit au piège, se
dit-il.
Il prit donc une couverture et s'installa dans
le fauteuil, avec du thé et une bonne pipe.
- Je tiendrais un siège, se dit-il.
Les heures passèrent et pas le moindre mouvement
sous l'armoire. Peu à peu le sommeil gagna Boldeckh,
le long voyage qu'il venait d'effectuer et le
repas titanesque qu'il avait ingurgité eurent
raison de son endurance et il finit par sombrer
dans un profond sommeil, peuplé de petites créatures
diaboliques qui le martyrisaientt, lui pinçaientt
les oreilles, lui tiraillaient ses vêtements,
lui chatouillaient le nez…
Cette sensation de chatouillement était d'ailleurs
si réelle qu'elle le fit se réveiller en sursaut,
et il se retrouva nez à nez avec un petit visage
joufflu aux grands yeux interrogateurs. C'était
sa plus jeune soeur Dori qui lui agitait frénétiquement
une touffe de poils sous le nez en le tirant
par la manche.
- Ma… ma barbe ! s'exclama-t-il.
- Ze l'ai trouvée par terre !
Boldeckh se retint de livrer tout haut ses
soupçons au sujet des lutins: autant limiter
les dégâts avec Tim et ne pas en rajouter. Il
mènera son enquête en secret. Il remit sa barbe,
pris donc Dori sur ses genoux et l'embrassa.
- Tu m'satouille ! Dit-elle en descendant,
puis elle partit en trottinant vers la cuisine.
La fillette n'avait jamais reçu de baiser d'un
barbu et cela amusa Boldeckh qui en riait encore
en allant faire sa toilette avant le premier
petit déjeuner.
Après, celui-ci il décida d'aller faire un
tour dans le village, mais les événements de
la veille l'avait un peu dissuadé d'arborer
fièrement sa tenue de tous les jours. Il se
rendit donc dans sa chambre qui était toujours
inoccupée ( madame Pissambong s'était toujours
opposé à la transformer ou la
céder à un autre enfant, espérant que son fils
reviendrait, et elle avait eu raison!). Il ouvrit
la commode et retrouva ses vieux habits de hobbits,
et en fait rien n'avait bougé, il n'y avait
même pas de poussière, sa mère avait continué
à entretenir sa chambre comme s'il n'était
jamais parti. Celà émut énormément Boldeckh.
Il réfléchit un moment et se dit qu'il valait
mieux ne pas réveiller les vieilles croyances
et décida donc de se "déguiser" en Hobbit...
Il n'allait pas en mourir, et tout le monde
serait tellement content...
Quand il réapparut tout les gens restèrent
ébahis et ne dirent rien pendant quelques instants,
puis sa mère lui sauta au cou.