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J.r.r Tolkien
Extrait
du Chapitre XXI, " Túrin
Turambar "
Le Silmarillion ,1977
" Rian,
fille de Bellegun, épousa Huor, fils
de Galdor, deux mois avant qu'il partit
pour Nirnerth Arnoediad avec son frère
Hùrin. Sans nouvelles de son seigneur,
elle s'enfuit dans la campagne où
elle reçut raide des Elfes Verts de
Mithrim, qui élevèrent son fils Tuor
quand il fut né. Puis Rian quitta
Hithlum, se rendit sur Haudh-en-Ndengin,
se coucha sur la terre et mourut.
Morwen,
fîlle de Baragund, était la femme
de Hùrin, le seigneur de Dor-lémin,
et leur fils Tùrin était né l'année
où Beren Erchamion avait rencontré
Lùthien dans la forêt de Neldoreth.
Ils eurent une fille, nommée Lalaith,
le Rire, que son frère Tùrin adorait
mais, quand elle eut trois ans, une
peste s'abattit. sur Hithlum, apportée
par un vent funeste venu dangband,
et elle mourut.
Après
Nirneath Arnoediad Morwen vivait toujours
à Dor-Lomin, Tùrin n'avait que huit
ans, et elle était de nouveau enceinte.
C'était une époque malheureuse: les
gens de l'est réfugiés à Hithlum méprisaient
ce qui restait du peuple d'Hador,
les opprimaient, leur prenaient leurs
terres et leurs biens et réduisaient
leurs enfants en esclavage. Pourtant
la Dame de Dor-lémin était si belle
et majestueuse qu' elle faisait
peur aux Orientaux qui n'osaient pas
porter les mains sur elle ni sur les
siens. Ils murmuraient entre eux cii'elle
était dangereuse, que c'était une
sorcière habile et alliée aux Ms.
Malgré tout elle était pauvre et isolée,
si ce n'était qu'une parente de Hùrin
nommée Aerin lui venait secrètement
en aide. Un Oriental, Brodda, avait
épousé Aerin et Moewen avait grand-peur
qu'on ne lui enlève Tùrin pour en
faire un escalve. Il lui vint donc
à l'idée de le faire partir en secret
et de supplier le Roi Thingol de lui
accorder asile, puisque Beren, le
fils de Barahir, était de la fanùlle
de son père, et de plus, qu'avant
le temps du malheur, il était un ami
de Hùrin. Alors, à l'automne de l'Année
des Lamentations, Morwen envoya Tùrin
passer les montagnes accompagné de
deux vieux serviteurs, leur disant
d'entrer s'ils le pouvaient au royaume
de Doriath. Ainsi fut décidé le destin
de Tùrin, que raconte en détail le
chant qu'on appelle Narn i Hin
Hùrin, le Lai des Enfants de Hùrin,
le plus long des chants qui nous parlent
de cette époque. Ici le récit sera
bref, car il est mêlé au sort des
àilmarils et des Elfes, et il s'appelle
le Chant de la Peine, tant il est
triste. C'est là que sont racontés
la plupart des forfaits de Morgoth
Bauglir.
Morwen
donna naissance à la fille de Hùrin
tout au début de l'année, et elle,
la nomma Nienor, le Deuil. Pendant
ce temps, Tùrin et ses compagnons,
après avoir traversé de grands dangers,
arrivèrent aux frontières de Doriath
où ils furent découverts par Beleg
à l'Arc de Fer, le Capitaine des Gardes
de Thingol, qui les mena à Menegroth.
Thingol fit un bon accueil à Tùrin
et décida même de s'occuper de son
éducation, en l'honneur de Hùrin le
Vaillant, car il avait changé d'attitude
envers les maisons amies des Elfes.
Des messagers se rendirent à Hithlum
pour inviter Morwen à quitter Dor-lomin
et les accompagner à Doriath, mais
elle ne voulut pas abandonner la maison
où elle avait vécu avec Hùrin. Et
quand les Elfes s'en retournèrent,
elle leur confia le Heaume du Dragon
de Dor-lomin, le bien le plus précieux
de la Maison de Hador.
A
Doriath, Tùrin devint beau et fort
mais il restait marqué par le chagrin.
Il resta neuf ans dans le palais de
Thingol, et sa peine devint moins
lourde, car des messagers allaient
parfois à Hithlum et en rapportaient
des nouvelles de Morwen et de Nienor.
Mais un jour les messagers du Nord
ne revinrent pas et Thingol ne voulut
plus en envoyer. Tùrin eut très peur
pour sa mère et sa soeur et il se
présenta tristement devant le Roi
pour lui demander une armure et un
glaive. Il se coiffa du heaume du
Dragon et s'en alla faire la guerre
aux frontières de Doriath, où il devint
le compagnon d'armes de Beleg Cuthalion.
Trois
ans passèrent et Tùrin revint à Menegroth.
Il sortait du désert, il était sale,
ses vêtements usés et son armure endommagée.
Et il y avait alors à Doriath un Elfe
du peuple de Nandor très placé dans
l'estime du Roi. Il s'appelait Saeros
et il y avait longtemps qu'il en voulait
à Tùrin des honneurs qu'il avait reçus
de Thingol, comme s'il eût été son
fils adoptif. Assis en face de lui
à la table du conseil, il le provoqua:
-
Si les Humains de Hithlum sont aussi
sauvages, comment donc sont leurs
femmes? Courent-elles comme des biches,
vêtues de leur seule chevelure?
Tùrin,
blanc de colère, prit un calice et
le lança sur Saeros, qui fut gravement
blessé.
Le
lendemain, Saeros tendit un piège
à Tùrin qui qui!tait Menegroth pour
retourner aux frontières mais le jeune
homme eut le dessus et chassa Saeros
comme un animal, nu à travers les
bois, jusqu'à ce que la terreur le
fasse tomber dans un torrent et son
corps vint s'écraser sur un rocher.
D'autres qui passaient par là virent
ce qui était arrivé. Mablung était
parmi eux, il ordonna à Tùrin de le
suivre à Menegroth pour être jugé
par le Roi et demander son pardon.
Mais Tùrin, se croyant désormais proscrit
et craignant d'être fait prisonnier,
refusa de le suivre et s'enfuit. Il
traversa l'Anneau de Mehan, passa
dans la forêt qui se trouvait à l'ouest
du m Sirion et se joignit à une bande
d'hommes sans Il foyer et sans espoir
comme on pouvait en trouver à cette
époque funeste dans les terres sauvages.
Ils s'attaquaient à tout ce qu'ils
trouvaient sur leur chemin, aux Elfes
et aux Humains comme aux Orcs. [...]
"
Turin
vit une vie de proscrit chez les Hors-la-loi,
puis chez Mîm le Nain. Beleg vient
à la rencontre de Turin dans cette
demeure; Mîm, jaloux, les trahit et
fait venir les Orcs. Turambar tue
par mégarde son ami Beleg, et fuit.
Il rencontre le Dragon Glaurung.
Nienor
est partie à la recherche de Turin
avec sa mère( escortées par Mablung
), mais a fuit, terrorisée par Glaurung
qui l'a ensorcellée. Elle rencontre
Turin, mais ils ne se reconnaissent
pas...
"
Quand il lui demanda son nom, sa famille
et ses mésaventures, elle se troubla
comme un enfant qui comprend qu'on
lui demande quelque chose sans savoir
quoi au juste et elle se mit à pleurer.
Turambar lui dit alors :
- Ne
t'inquiète pas. Ton histoire peut
attendre. Mais je vais te donner un
nom. Je t'appellerai Niniel, la Jeune
Fille en Pleurs.
A cela
elle secoua la tête mais répondit
" Niniel ", le premier mot
qu'elle prononça après être sortie
de la nuit, et ce nom resta toujours
le sien pour les hommes de la forêt.
Ils
la menèrent le lendemain vers Elphel
Brandir, mais quand ils furent à Dimrost,
les Marches de la Pluie, là où le
torrent sauvage du Celebros plongeait
dans le Teiglin, elle fut prise d'un
grand tremblement et depuis, cet endroit
fut nommé Nen Girith, l'Eau du Frisson.
Avant d'atteindre la demeure des Humains
d'Amon Obel, elle fut prise d'une
fièvre et resta longtemps malade,
soignée par une femme de Brethil qui
lui apprenait à parler comme si c'était
une enfant. Les talents de Brandir
la guérirent avant l'automne et elle
put parler, sans rien se rappeler
pourtant de sa vie avant que Turambar
l'eût découverte sur la colline de
Haudhen-Elleth. Brandir l'aimait,
mais le coeur de Niniel était tout
entier tourné vers Turambar.
A cette
époque, les hommes de Brethil n'étaient
pas inquiétés par les Orcs, Turambar
n'allait pas guerroyer et le pays
connaissais la paix. Le coeur de Turambar
se tourna vers Niniel et il la demanda
en mariage mais, malgré son amour,
elle retarda sa réponse. Car Brandir
craignait il ne savait quoi et tentait
de la retenir, par égard pour elle
plutôt que pour Turambar ou par rivalité
avec lui. Il lui apprit que Turambar
était Tùrin, le fils de Hùrin, et
bien qu'elle ignorât ce nom, une ombre
vint sur son esprit.
Quand
trois ans eurent passé depuis le sac
de Nargothrond, Turambar demanda de
nouveau la main de Niniel et jura
qu'il l'épouserait ou qu'il retournerait
faire la guerre au loin. Niniel accepta
avec joie et les noces eurent lieu
au milieu de l'été. Les habitants
de Brethil en firent une grande fête.
Mais, à la fin de l'année, Glaurung
envoya les Orcs qu'il commandait attaquer
Brethil, et Turambar ne bougea pas
de chez lui, ayant promis à Niniel
qu'il n'irait se battre que si leurs
maisons étaient attaquées. Les hommes
des bois eurent le dessous, Dorlas
lui reprocha de ne pas aider ceux
qu'il avait choisis pour siens et
Turambar sortit à nouveau son épée
noire. Il rassembla une grande armée
et vainquit les'Orcs sans retour.
Mais Glaurung apprit que l'Epée Noire
était à Brethil et réfléchit aux perfidies
qu'il allait inventer.
Niniel
conçut au printemps suivant, ce qui
la rendit pâle et triste, et en même
temps arrivèrent à Elphel Brandir
des rumeurs comme quoi Glaurung aurait
'quitté Nargothrond. Turambar envoya
au loin des éclaireurs, puisqu'il
commandait maintenant à son gré et
que Brandir n'était plus guère écouté.
A l'approche de l'été, Glaurung arriva
aux de Brethil, près des rives ouest
du Teiglin, et- le peuple de la forêt
eut très peur, certain désormais que
le Grand Ver allait les attaquer et
dévaster leur pays au lieu de les
laisser de côté, comme ils l'avaient
espéré, pour remonter vers Angband.
Il demandèrent conseil à Turambar,
qui sleur dit qu'il serait vain d'envoyer
le gros de leurs forces contre Glaurung
et que seules la ruse et la chance
pourraient leur donner la victoire.
Il offrit d'aller chercher lui-même
le dragon aux frontières pendant qu'ils
resteraient à Elphel Brandir en prént
leur retraite. "
Turin
tue Glaurung...
"
Turambar rassembla ses forces et son
courage pour escalader la pente et
arriva seul en dessous du dragon.
il tira son épée Gurthang et l'enfonça
dans le ventre mou du Ver avec toute
la force de son bras et de sa haine
jusqu'à la garde. Glaurung hurla,
sentant la mort venir, il jeta son
énorme masse en avant et traversa
le gouffre. Là, il roula et déroula
ses anneaux dans les sursauts de son
agonie, écrasant tout autour de lui,
lançant feu et flamme jusqu'à ce qu'enfin
il reste sans bouger et que ses feux
s'éteignent. Gurthang avait été arrachée
de la main de Turambar par les sursauts
de Glaurung, et elle était restée
profondément enfoncée dans le ventre
du dragon.
Alors
Tùrambar traversa de nouveau le fleuve
pour reprendre son épée et contempler
son ennemi qu il trouva étendu de
tout son long et tourné sur le côté,
l'Epée Noire dépassant de son ventre.
Turambar prit la poignée de Gurthang,
posa le pied sur la bête et se moqua
du dragon et de ce qu il lui avait
dit à Nargothrond
- Salut,
Ver de Morgoth! A nous encore! Meurs
maintenant, retourne à la nuit' Ceci
est la vengeance du fils d'Hùrin.
Il
arracha l'épée mais un flot de sang
jaillit sur sa main, et le poison
se mit à le brûler. Glaurung ouvrit
les yeux et regarda Turambar avec
une telle haine qu'il en reçut comme
un coup et ce coup ajouté au poison
le plongea dans une nuit profonde:
il tomba sur son épée comme 's'il
était mort.
Les
hurlements de Glaurung retentissaient
dans les bois, ils atteignirent les
homme qui attendaient à Nen Girith,
et quand ils virent au loin les ruines
et les brasiers laissés par le dragon,
ils crurent qu'il avait triomphé et
s'employait à exterminer ses assaillants.
Niniel s'assit en tremblant auprès
de la cataracte, les ténèbres dont
elle était sortie s'abattirent à nouveau
sur elle, et elle fut incapable de
bouger de sa propre volonté.
Brandir,
revenant enfin à Nen Girith en boitant
avec lassitude, la trouva ainsi. Quand
il sut que le dragon avait traversé
la rivière pour écraser ses en,nemis,
il fut pris de pitié pour Niniel,
mais il pensa aussi:
"
Turambar est mort, mais Niniel est
vivante. Il se peut qu'elle vienne
vers moi et je l'emmènerai au loin
pour fuir ensemble la menace du dragon.
" Il s'arrêta un moment près
d'elle puis lui dit:
- Viens!
Il est temps de partir. Si tu le veux,
je te conduirai.
Il
lui prit la main et elle se leva sans
un mot pour le suivre. Nul ne les
vit s'enfoncer dans la nuit.
Mais
la lune se leva alors quels allaient
vers le Carrefour, une lueur grise
éclaira la campagne et Niniel demanda:
- Est-ce le bon chemin?
Brandir
répondit qu'il n'en connaissait pas
de bon, sinon de fuir Glaurung comme
ils le pourraient et de se sauver
dans le désert, mais elle répondit:
- L'Epée
Noire était mon bien-aimé, il était
mon 1 mari. Je vais le retrouver.
Que croyais-tu d'au Et elle le dépassa.
Quand elle arriva au Carr de Teiglin
et qu'elle aperçut Haudh-en-Elleth
le blanc clair de lune, elle fut prise
d'une grande peur, poussa un cri et
s'en retourna en courant jeta son
manteau et suivit la rivière vers
le sud, robe blanche faisait une tache
sous la lune.
Brandir
la vit courir du haut de la colline,
tourna pour lui barrer le passage,
mais il éta encore loin derrière elle
quand elle arriva au ruines laissées
par Glaurung près du bord d cabed-en-Aras.
Elle vit le corps du dragon mais n
s'en soucia point, car un homme était
à côté. Ell courut vers Turambar,
cria en vain son nom, vit qu sa main
était brûlée et la banda d un morceau
de s robe en la baignant de ses larmes.
Puis elle pieu et l'embrassa encore
et encore pour le réveille Glaurung
alors eut un dernier sursaut avant
d mourir, et parla dans un dernier
souffle:
- Salut,
Nienor, fille de Hùrin. Nous nous
rencon trons une fois encore avant
la fin. Je te donne la joi d'avoir
enfin retrouvé ton frère, et de le
connaît pour ce qu'il est: un lâche
meurtrier, fourbe enve ses ennemis
et trahissant ses amis, et maudit
comme tous les siens: Tùrin, fils
de Hùrin! Mais tu peux sentir toi-même
. Ce qu'il peut faire de pire.
Glaurung
mourut enfin et Nienor fut délivrée
du voile tissé par sa magie, elle
se souvint de chaque jour de sa vie
et regarda Tùrin en s'écriant:
Adieu,
ô toi, deux fois aimé! A Tùrin
Turambar turun ambartanen:
maître du destin vaincu par le
destin! Quel bonheur de mourir!
Brandir,
qui avait tout entendu, frappé de
.. debout au bord des ruines,
s'avança vers elle, mais elle l'évita
en courant, saisie d'horreur et de
peur, arriva au bord de Cabed-en-Aras
et se jeta dans le gouffre, où les
eaux grondantes l'engloutirent.
Brandir
vint regarder vers le fond, puis se
urna avec horreur. S'il ne voulait
plus de la vie ne pouvait non plus
chercher la mort dans les du torrent.
Plus un homme depuis n'a regardé en-Aras,
nulle bête n'est venue boire, nul
ne l'a survolé et aucun arbre n'y
a poussé. [...] "
Turin
découvre la vérité de la bouche de
Brandir, il ne veut pas le croire
et le tue. Turin, dans sa fuite, rencontre
les Mablung et les Elfes partis à
sa recherche. Ces derniers le félicitent
pour son exploit, mais Turin comprends
enfin la vérité: sa mère et sa soeur
ne sont pas au Royaume caché, mais
bien partits à sa recherche comme
l'avait dit Brandir.
"
Morwen avait disparu, que Nienor avait
été plongée par magie dans un oubli
profond et muet, qu'aux frontières
de Doriath elle s'était échappée vers
le nord. Tùrin comprit enfin que sa
malédiction'l'avait retrouvé et qu'il
avait tué Brandir injustement, accomplissant
ainsi la prédiction de Glaurung. Il
eut un rire de fou et dit:
- Quelle mauvaise farce,
en vérité!
Puis il chassa Mablung,
lui dit de rentrer à Doriath et d'être
maudit.
- Et que maudite soit
ta quête, aussi! Ce n'était rien encore.
Maintenant vient la nuit!
Alors, devant les Elfes
stupéfaits, il s'enfuit dansla nuit
comme le vent. Ils se demandèrent
quelle folie le prenait et partirent
à sa recherche, mais il allait trop
vite pour eux. Tùrin arriva à Cabeden-Aras,
entendit le grondement du torrent,
vit que toutes les feuilles étaient
tombées des arbres comme si l'hiver
était venu. Il tira son épée, le seul
bien qui lui restait, et s'écria:
- Salut,
Gurthang. Tu ne connais ni maître
ni loyauté, sauf la main qui te tient.
Aucun sang ne te fait peur. Veux-tu
prendre alors celui de Tùrin Turambar,
veux-tu me tuer sans attendre?
Et une voix froide
lui répondit, venue de l'épée:
- Oui, je boirai ton
sang avec joie pour oublier le sang
de Beleg, mon maître, et le sang de
Brandir, tué injustement. Je te tuerai
promptement.
Tùrin
posa la poignée sur le sol et se jeta
sur la pointe. L'Epée Noire prit sa
vie. Mablung et les Elfes arrivèrent,
virent d'abord le corps de Glaurung,
puis le cadavre de Tùrin, et ils se
lamentèrent. Quand les hommes de Brethil
vinrent et qu'ils apprirent la raison
de sa folie et de sa mort, ils restèrent
consternés. Mablung dit amèrement:
- J'ai aussi été pris
dans la malédiction des Enfants de
Hùrin, et mes paroles ont causé la
mort de celui que j'aimais.
Quand
ils relevèrent Tùrin, ils virent que
Gurthang s'était brisée en deux. Les
Elfes et les Humains ramassèrent un
grand tas de bois et dressèrent un
bûcher immense où le dragon fut réduit
en cendres. Ils élevèrent une tombe
à Tùrin, là où il était tombé, posèrent
à ses côtés les tronçons de Gurthang
et, quand tout fut terminé, les Elfes
'chantèrent une complainte pour les
Enfants de Hùrin. Une grande pierre
grise fut posée sur la tombe, et ces
mots y furent gravés dans les ruines
de Doriath:
- TURIN
TURAMBAR DAGNIR GLAURUNGA -
et dessous ils
écrivirent aussi: - NIENOR
NINIEL -
Mais elle n'y était
pas, et on ne sut jamais où l'avaient
emportée les eaux froides du Teiglin.
"
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