|
1l2
La Terre
du Milieu ( suite et fin )
Sauron,
Seigneur Ténébreux, l' avait forgé
bien des années auparavant, au feu de Orodruin
dans le pays de Mordor. Cet anneau était destiné
à en contrôler d' autres, donnés
aux peuples de la Terre du Milieu, mais il s' était
longtemps trouvé dissimulé au regard fixe
de l' Oeil de Sauron. A présent, ce dernier savait
que l' Anneau Unique n' était plus perdu, et
il le cherchait ardemment afin de l' utiliser une fois
encore.
Sans
savoir ce qui l' attendait, Frodon accepta d' emporter
l' anneau au delà des frontières de la
Comté. Il se fit accompagné de ses cousins
Merry et pippin, de son jardinier Sam Sagace, et s'
en alla par la même route que son oncle avait
prise en engageant son aventure...
Le
danger se manifesta bien vite à leur encontre,
sur cette route à ciel ouvert; il prit la forme
des Esprits Servants de l' Anneau, neuf esclaves noirs
du Seigneur Ténébreux chevauchant des
destriers puis de grands animaux volants aux ailes qu'
ont eut dit de cuir.
Ils
se heurtèrent à d' autres dangers inattendus.
Dans la forêt antique, sur la berge d' une froide
rivière, une étrange torpeur s' empara
des voyageurs, qui se retrouvèrent pris au piège
dans l' écorce craquelée et le fouillis
de racines d' un arbre vénérable, le Vieil-Homme-Saule.
Plus tard, dans les Hauts des Galgals à l' allure
de spectre, tapi dans un vieux tertre funéraire
au milieu de collines où des menhirs se dressaient
indistincts, telles des dents ébréchées
jaillies d' une mer de brume.
Chaque
progression en Terre du Milieu s' accompagnait des rigueurs
des éléments : brouillards et brumes,
pluie et vent, blizzards et tempêtes orageuses,
chaleur extrême suivie d' un froid glacial. Il
s' y ajoutait les accidents d' un terrain qui imposait
ses propres obstacles et dangers : marais, fondrières
et fanges; rivière, lacs et rapides; pour finir,
chaînes de montagnes infranchissables dont l'
une, Monts Brumeux, avait constitué pour Bilbon
et les nains une barrière insurmontable.
Cette épine
dorsale rocheuse de la Terre du Milieu se révéla
non moins pleine de dangers pour Frodon et ses acolytes.
La neige en altitude les contraignit à rebrousser
chemin, puis à emprunter sous terre un passage
ténébreux qui se tortillait au long des
tunnels de Moria, la vielle mines des nains profondément
enfouie sous la montagne.
Ces
chemins souterrains exigeaient, de ceux qui les suivaient,
un courage pas ordinaire, tant pour traverser le dédale
des mines que pour atteindre le Pont fatidique de Khazad-dûm.
Ensuite, on abordait le passage de l' Antre d' Arachné,
monstrueuse araignée qui partout avait tissé
ses toiles; et enfin le chemin des Morts, habité
par des fantômes et sinuant sous la Montagne Hantée.
Chaque route de la Terre du Milieu était frappée
de l' ombre terrifiante de Orodruin, dressé à
l' horizon.
Leur
itinéraire escaladait la colline puis se glissait
sous terre, traversait des prairies à ciel ouvert,
se poursuivait en longs sentiers ombragés traversant
bois et forêts, tous appelés à jouer
un rôle de grande importance dans les aventures
de Frodon et de ses compagnons aussi bien que dans celle
de Bilbon. Ils trouvèrent dans le superbe royaume
boisé de Lothlorien un lieu hors du temps, où
les Elfes vivaient sur des plates-formes ou flets,
dans des branches de mallorns, arbres de haute futaie
chargés de fleurs d' or.
Au
coeur du Pays de Lothlorien ils visitèrent Caras
Galadhon, la Cité des Arbres; et là, à
l' ombre d' un nuage de feuilles, bien haut, environnés
par les branches gigantesques de l' un des arbres les
plus imposants de la Terre du Milieu, ils furent présentés
à Seigneur Celeborn et Dame Galadriel.
Merry
et Pippin - mais non Frodon - firent eux aussi connaissance
avec une terre boisée, d' un genre toutefois
bien different. Les arbres y possédaient une
couleur verte produisant de très douces lueurs,
des nuances de brun riches et des gris-noir unis. Il
s' agissait de fangorn, immense forêt aux arbres
revêtus de Lichen. Les jeunes Hobbits y firent
la connaissance de Sylvebarbe, un Ent, silhouette hors
du commun - quatorze pieds de haut - à l' allure
de Trolls; sa peau semblait une écorce gris-vert
et sa barbe touffue était faite de brindilles
et de mousse.
Lothlorien
et Fangorn était l' une et l' autre des havres;
on s' y trouvait à l' abri des terreurs suscitées
par la ténébreuse puissance de Sauron,
comme à Fondcombe et aussi dans la demeure de
Tom Bombadil, située à l' orée
de la Vieille Forêt et dans laquelle les Hobbits
épuisés furent invités à
festoyer : beurre et pain blanc, crème et miel,
fromage et baies mûres, le tout dégusté
dans une vaste pièce basse de plafond, remplie
de chandelles, de lampes suspendues et de larges coupes
pleines de Lys. Dans ce décor trônait Baie
d' Or la Belle, épouse de Tom Bombadil et fille
du Roi du Fleuve.
Tom
Bombadil était maître des bois, des eaux
et des collines; aucun démon ne pouvait approcher
de sa demeure. D' autres lieux ne jouissaient pas d'
une telle protection et devaient assurer autrement leur
défense. En grand nombre ils se fiaient, tel
Edoras, à la topographie de la région.
Le Château d' Or de Theoden, Roi de la Marche
de Rohan, se dressait sur une colline isolée
des Montagnes Blanches; une douve profonde et une muraille
puissante surmontée d' une grille garnie d' épieux
l' entouraient.
Au
nord-ouest d' Edoras, on découvrait la colline-fortin
du Gouffre de Helm. Ses murailles de pierre, hautes
de vingt pieds, et sa tour altière le Fort de
Cor, avaient été érigées
sur un éperon rocheux, un saillant des falaises
environnantes. Bien qu' assaillie par l' armée
grouillante des Orques de Sauron, elle résista,
et cette bataille reste marquée par d' innombrables
faits d' armes héroïques.
Au
sud s' élevait Minas Tirith, citadelle de Gondor
aux murailles blanches, aux tours multiples. Érigée
sur une colline jouxtant Mont Mindolluin, Minas Tirith
était ceinte de sept murailles épaisses,
dont la plus élevée courait sur un large
affleurement pierreux, sa crête acérée
se dressant, dans une courbe aussi élevée
qu' étendue, à sept cents pieds au dessus
des portails de la cité.
Assiégés
par les forces de Sauron munies de catapultes, de tours
et de béliers, ses grands portails furent enfoncés,
et pourtant Minas Tirith ne tomba pas. Alors les armées
de l' Ouistrenesse, bien que lourdement inférieures
en nombre, engagèrent et gagnèrent la
bataille des champs du Pelennor.
En
contraste frappant avec ce palais, avec ses cités
des peuples libres, se dressaient les grands bastions
de ténèbres. Orthanc, place forte de Saroumane
à Isengard, dent rocheuse aux lueurs noires entourée
de pierre et bâtie face à l' ultime somment
des Monts Brumeux, Barad-dûr, forteresse à
l' incommensurable puissance du Seigneur Ténébreux,
où s' amoncelaient les créneaux de pierre
noire et dont le portail d' acier ne laissait jamais
ressortir celui qui était entré.
Tels
sont quelques-uns des lieux les plus extraordinaires
où passèrent Bilbon et Frodon au cours
de leur voyage à travers la Terre du Milieu.
En quittant la Comté avec ses compagnons, au
point de départ de leur grande aventure, il cita
une chanson composée par Bilbon bien des années
auparavant :
La
route se poursuit sans fin
Descendant de la porte où elle commença.
Maintenant, loin en avant, la route s' étire
Et je la dois suivre, si je le puis,
La parcourant d' un pied avide,
Jusqu' à ce qu' elle rejoigne quelque voie plus
grande
Où se joignent maints chemins et maintes courses.
Et vers quel lieu, alors ? Je ne saurais le dire.
1l2
| Autres
essais disponibles: |
La
Terre du Milieu
Chansons
et poèmes dans le Seigneur des Anneaux, Tome
1
Chansons
et poèmes dans le Seigneur des Anneaux, Tome
2
Chansons
et poèmes dans le Seigneur des Anneaux, Tome
3
Une
réflexion sur le monde de Tolkien
Trois
Couples à la Lumière du Légendaire
La
parenté des Elfes et des Hommes et leur séparation
Quelle
confession pour Eru?
Tom
Bombadil
|