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Ces récits ne sont pas nouveaux : il y eu tout d’abord le conte de Turambar et du
Foalókë (couvrant 92 pages dans le LCP2), le chapitre 21 du Silmarillion
intitulé Túrin Turambar (28 pages) et le Narn I Hîn Húrin dans les Contes et légendes
inachevés du Premier Age (115 pages).
La version présentée ici s’arrête brusquement au bout de 2275 vers, avant la chute
de Nargothrond ; une deuxième version ne dépasse pas le vers 815. Toutes deux sont
abondamment commentés, tant pour expliquer la manière dont les poèmes ont été reconstitués
à partir d’écrits épars, brouillons repris et raturés, corrections et ajouts, modifications
des noms en de nombreux points, et surtout, pour donner un éclairage du lai par rapport aux
autres textes cités plus haut.
Censé être la version poétique du Narn (dont la version romancée en prose est déjà connue),
ce lai comprend 160 pages (incluant les commentaires, notes et la révision) et se démarque
par sa structure en vers allitératif (rendu du mieux possible par le traducteur, qu’il
en soit ici félicité) dont je donne maintenant un exemple (ainsi que la version originale
à toutes fins de comparaisons utiles).
Lo ! The golden dragon the gloom of the woods
the woes of Men, fading paintly is now to tell,
of Níniel the sorrowful, of Thalion’s son Túrin
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of the God of Hellof the world now gone,
and weeping of Elves down forest pathways,
and the name most tearful and the name most sad o’erthrown by fate.
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Lors ! du dragon d’or des bois obscurs
des chagrins hommes, qui disparaissent peu à peu
il va être dit de la pauvre Níniel,
de Túrin, fils de Thalion
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du Dieu d’Enfer du monde enfui,
des pleurs elfes des sentes forestières
et du nom très lamentable et du très triste nom
au sort fatal.
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Le second poème est beaucoup plus conséquent : inaugurée par le Conte de Tinúviel
(LCP2, 82 pages), insérée au chapitre 19 du Silmarillion (26 pages),
l’histoire de Beren et Lúthien (partiellement racontée par Aragorn au pied du Mont Venteux)
trouve ici une exposition en distiques octosyllabiques en 4224 vers (231 pages, comprenant
le texte original et les commentaires) suivie d’un long commentaire de C.S. Lewis, jouant
le jeu de l’écrit historique (fictif) analysé par des exégètes (fictifs eux aussi). S’ensuit
alors une révision portant essentiellement sur les quatre premiers chants (60 pages).
Là aussi, un exemple du poème issu de plusieurs textes, composés à partir de 5 synopsis.
A king there was in days of old: ere Men yet walked upon the mould
his power was reared in cavern’s shade his hand was over glen and glade. |
Au temps jadis un roi vivait : les Hommes allaient être faits
si elle sortait des lieux profonds sa main tenait prés et vallons. |
Dans les deux lais, outre le développement de l’histoire principale, on notera un éclairage
sur certains personnages secondaires, dont l’histoire tragique ajoute du pathos à un ensemble
déjà pathétique : je pense ici à Flinding et Dairon.
Enfin, le livre contient des poèmes inachevés et un glossaire des mots anglais archaïques et
rares (ainsi que l’index des noms, très pratique pour retrouver les évolutions terminologiques.)
Pour la forme, une petite correction à apporter page 182 : le père de Turon n’est pas Turgon mais
Fingolfin ; et page 429, lire Orodreth au lieu d’Orodroth.

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