|
L’introduction tente de resituer le contexte du Premier Age en Beleriand et
d’apporter un lien entre celui-ci et les allusions
disséminées dans le Seigneur des Anneaux et ainsi d’amener le lecteur a découvrir
ce qui était un fait historique autant qu’une légende pour Frodo et ses amis.
L’histoire est celle de la branche aînée des enfants de Galdor le Grand, de
Húrin Thalion et sa famille. C’est sans doute le récit le plus tragique que
Tolkien ait écrit, horreurs et malheurs s’enchaînent et s’accumulent sur
des épaules robustes et vaillantes, mais surtout fières et entêtées.
L’histoire étant largement connue, je m’attarde un moment sur les raisons
d’être de cet ouvrage pour tous ceux qui ont déjà lu les ouvrages précités.
Premièrement, aucune des versions précédentes ne couvre intégralement cette
histoire d’une traite : les contes et lais des HOMe sont incomplets et dans
leur version non révisées ; le Narn renvoie au Silmarillion pour la vie de
Túrin sur Amon Rûdh : il faut donc passer d’un ouvrage à l’autre pour
avoir l’histoire dans l’ordre chronologique.
Nous avons donc ici l’avantage d’avoir le récit de bout en bout, avec une
seule note en bas de page, ce qui est censé mettre le lecteur, novice ou
expérimenté, plus à l’aise.
Ensuite, ce livre apporte des éléments nouveaux, d’importance diverse, comme
Amon Darthir, Echad y Sedryn, Methed-en-glad ou Bar-erib :; une nouvelle
présentation de Mîm le Nain (objet de la seule note du livre) et surtout d’un
ajout important d’information sur la chute de Dor-Cúarthol et la captivité de
Túrin, ainsi que d’une superbe carte noire avec l’encre rouge (comme celles que
Bilbo faisait jadis).
D’autres éléments contenus dans les autres versions ne se retrouvent pas ici,
dans l’objectif d’alléger le récit (l’introduction et les appendices apportent
les éclairages principaux), et d’autres ne se remarquent qu’en comparant les
textes ligne à ligne : ainsi, le Heaume du Dragon représentait « la tête
dorée de Glaurung », maintenant, il s’agit de « l’image de Glaurung » (ce qui
avait pu surprendre au vu de l’illustration de couverture, selon la description
antérieure).
Pour ceux qui hésiteraient encore, The Children of Húrin est très bien pensé pour
entrer de plein pied dans le Premier Age et les légendes de Beleriand, on suit
les héros de si près que leur tragédie nous touche peut-être encore plus fortement
qu’auparavant. Ce n’est pas un livre drôle, c’est une très grande histoire, très
bien écrite, très bien illustrée, qui vous fera voyager de Hithlum en Doriath, puis
Nargothrond et même un rapide aperçu de Gondolin, vous fera rencontrer des personnages
historiques, hauts en couleurs, faibles ou puissants, aimables ou plein de morgue et
de haine, grandeur et décadence d’une famille soumise à l’oppression d’un tyran absolument
abominable et qui fait front malgré les coups de massue que le Destin leur assène par
vile malice.
Vous ne vous plaindrez plus jamais de vos malheurs quand vous aurez lu cette histoire.

|