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Auteurs, E-mail : Elbakin.net
Dernière Mise à jour : 13/02/2002

Retour à l'index Jeux/Emulation

Les Japonais aiment bien garder quelques secrets. Eternel cachottier, nous étions persuadés que Square nous réservait quelques joyaux encore inconnus en Occident. Scénarios multiples, succéssion de générations, affrontements complexes mais prenants, une épopée à huit épisodes, voilà qui devrait contenter notre appétit de découverte. Longtemps restée dans l'ombre du géant Final Fantasy, la série des SaGa comportait suffisamment de mystère à dévoiler. Avant la beauté lissée des versions Playstation, découvrez comment quelques amas de pixels et d' excellentes idées avaient transporté près de cinq millions de joueurs... nippons.

Playstation Magazine

Historique :

SaGa 1 SaGa 2
SaGa 3 Romancing SaGa 1
Romancing SaGa 2 Romancing SaGa 3
SaGa Frontier 1 SaGa Frontier 2

Introduction :

Depuis sa création, Square a donné naissance à de nombreuses séries, certaines mondialement connues. Moins réputées que des Final Fantasy, Chrono Trigger ou encore Seiken Densetsu (Secret of Mana), l' épopée des SaGa reste pourtant la série la plus développée et profitable de Square, juste après celle des FF. Ainsi, vous risquez d' être assez étonné en apprenant qu' il existe à ce jour 8 titres arborant fièrement le logo SaGa. Ces derniers se répartissent de la manière suivante : 3 épisodes sur Game Boy, 3 sur Super Nintendo et 2 sur Playstation. Pourquoi un tel suivi ? Tout simplement parce qu' au Japon, la série remporte succès sur succès. Elle se cantonnera néanmoins à l' archipel nippon tant, à l' époque, Square pensait que le style de jeu développé, peu conventionnel il est vrai, ne nous passionnerait pas, nous les Occidentaux. Si vous cherchiez une saga s' illustrant par la complexité de son gameplay, mais aussi et surtout la liberté laissée au joueur, alors vous devriez bientôt être comblé. Tout débute en décembre 1989, sur la portable de Nintendo. Square veut alors tester de nouveaux concepts pour les appliquer éventuellement à sa série Final Fantasy, encore toute jeune à l' époque puisqu' elle n' en est alors qu' à son second opus. Les game designers planchent sur le sujet et s'orientent rapidement vers un système d' évolution des personnages qui prend en compte différentes générations de héros. Pour shématiser, vous débutez l' aventure avec un personnage, puis incarnez au fur et à mesure ses différents descendants. Contrairement à la plupart des jeux de rôle (ou RPG pour Role Playing Game), il ne s' agit pas ici de gagner de l' expérience par paliers successifs, mais plutôt d'amasser lentement des compétences, d'augmenter chacune des capacités tout au long de la vie du héros en fonction de ses rencontres, de ses actions. A chaque saut de génération, ces habiletés sont alors transmises tel un précieux héritage. Pour la première fois dans un jeu, la mort possède un caractère irréversible. Le coup des potions revitalisantes, des plumes de phénix, non, tout ça n'a pas lieu d' être ici. Dans la tradition de Square, chaque épisode propose aussi une aventure et des héros radicalement différents. Grâce à son concept assez novateur, le premier épisode sur Game Boy parviendra à convaincre plus d' un million de joueurs. La série est lancée et deux épisodes se succèderont sur Game Boy avant de passer à la Super Nintendo en janvier 1992, quelque 6 mois après la sortie de Final Fantasy 4. Romancing SaGa 2 voyait le jour, précédant cette fois-ci la sortie de Final Fantasy 6. L'engouement des joueurs devenait impressionnant puisque le jeu se vendit à plus de 1.18 million d' exemplaires. Bien évidemment, le troisième volet suivra cette tendance et atteindra le chiffre de 1.3 million de ventes. Il s' agit là de la période faste de la série, de son apogée, puisque sur Playstation, outre le changement de nom, SaGa désormais devenu Frontier n' intéressera "plus" que quelque 1.1 millions de fans, tandis que sa suite, mise en vente le premier avril 1999, ne dépassera pas les 800 000 ventes, toujours au Japon. Si nous évoquerons, rapidement les côté Game Boy de cette série, nous nous attacherons plus particulièrement aux épisodes parus sur Super Nintendo et Playstation. Sachez que les dates indiquées entre parenthèses sont celles des sorties japonaises. La SaGa peut débuter...

Romancing SaGa (Janvier 1992) :

L'Histoire :
Jadis, déchirés par une guerre divine, les cieux s'étaient embrasés. Milza, un jeune chevalier, fut alors appelé par les voix célestes pour faire triompher l' honneur contre les assauts répétés de 3 démons du Carnage. Abattue à l' issue d' une féroce bataile, la Mort, le plus vieux des démns céda, tandis que l' infâme Sheraha fut rendue impuissante puis bannie du monde des humains. Erol, dieu de la lumière, remit alors les 10 pierres de sagesse à Milza qui put enfermer Sharuyin dans un tombeau scéllé par la force de l' Espoir. Le Mal avait été éradiqué mais Milza, grièvement blessé, voyait sa vie s' évanouir. L' humanité retrouvait un semblant de sécurité. Les siècles s' écoulèrent. Mais, aveuglé par la haine, Sharuyin n' attendait que l' occasion d' assouvir sa vengeance. Les pouvoirs du sceau de l' Espoir faiblissaient... l' horreur allait à nouveau s' abattre sur le monde.

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L'Aventure :
Affinant les bases introduites par les versions Game Boy, Romancing SaGa proposait néanmoins une aventure inédite et bien plus complexe. D'un point de vue technique, en revanche, les évolutions n'étaient pas flagrantes puisque outre l'apparition de la couleur ( c' est déjà çà, me direz-vous ), les graphismes restaient on ne peut plus sommaire et ne tiraient que peu parti des 16 bits de la console de Nintendo. Contrairement à de nombreux RPGs, l'aventure débutait instantanément, puisque la sélection du héros n' intervenait en fait qu' à la suite de la scène d' ouverture. Il s'agissait alors de choisir un personnage parmi un panel de 4 hommes et 4 femmes aux occupations diverses : prince, voleur, sauvage, pirate, elfe, etc. Bien évidemment, porter son dévolu sur tel ou tel individu influençait le scénario. Mais le plus intéressant restait probablement l'obligation de choisir le rang de vos parents (une séparation étant opérée entre le père te la mère), afin de définir dès sa naissance les capacités et les talents propres de votre héros. Souvenez-vous que la série des saGa est axée autour des successions de générations de héros et que, pour la première fois, vous deviez réellement forger le caractère de votre personnage afin de le transmettre à ses descendants. Et ainsi de suite. Mais penchons-nous un peu sur le "free scenario system" qui, s'il permettait une grande liberté d' action, limitait d' autant le suivi scénaristique qui avait parfois tendance à partir dans tous les sens Ainsi, l'avalanche de situations variées voyait une multiplication excessive des rebondissements souvent amenés de manière assez maladroite. Mais Romancing SaGa s'illustrait aussi par sa difficulté générale. Il fallait effectivement sauvegarder très frequemment (vous pouviez le faire n' importe où) tant il n'était pas rare qu' un simple monstre extermine d' un seul coup toute votre équipée (vous pouviez combattre par groupe de six simultanément à l' écran). Frustrant, surtout qu'une fois mort, vous perdiez à jamais vos personnages et deviez-vous contenter de ce que vous aviez en "réserve". En effet, au fil des rencontres, votre équipe de base pouvait s'étoffer d' une trentaine de personnages. Les magies utilisées étaient de type élémentaire : Eau, Feu, Vent, Terre, Lumière, Illusion, Esprit, Démoniaque. Chacune était ensuite déclinée en une quantité particulièrement imposante de sorts, ce qui permettait, lors des combats, d' utiliser le système baptisé Junction Battle, en couplant ses attaques avec un autre personnage pour en décupler les effets. S' il était un peu trop complexe à prendre en main et à suivre, Romancing SaGa a au moins permis de tester quelques systèmes de jeu uniques qui restent depuis des éléments clefs de la saga.

Romancing SaGa 2 (Décembre 1993) :

L'Histoire :
Il ya quelques millénaires de cela, Avalon, royaume paisible régenté par 7 notables, allait bientôt être foudroyé par le désespoir. En effet, soucieux d' éradiquer toutes formes de cruauté, ces 7 sages prirent le risque de combattre un démon en franchissant le portail de la haine. Cette décision leur fut fatale et leur esprit à jamais souillé. Devenus des objets du Malin , ces hommes répandirent la désolation et le chaos dans tout avalon. Abandonnés par les dieux, les hommes ne purent trouver soutien que chez la famille impériale car, selon la légende, seul un enfant issu de sang royal pouvait un jour mettre un terme à ce maléfice. Cette triste époque débute sous le règne de Léon, puis se poursuit sous celui de son fils Gellard qui reprendra le flambeau pour plusieurs decennies. En vain...

L'Aventure :
Si ce second volet reprend l' esprit de son aîné, le système du "free scénario" était ici quelque peu remanié. Ainsi, désormais, en dépit de tout ce que vous accomplissiez au cours de votre quête, le début et la fin du jeu restaient identiques. Dans le même temps, la palette de possibiltés s' était largement étendue. Vous disposiez de 32 classes de personnages sans compter les générations d' empereurs que vous incarniez. Le concept deneurait dans le fond inchangé puisqu' à nouveau, lorsque votre héros décédait, il était alors temps de lui choisir un successeur parmi tous les personnages que vous aviez enrôlés dans votre groupe. De même, le rang de cet individu influait sur ses capacités et selon l' adage qui veut que toutes les génératoins ne connaissent pas la même réussite (le fameux "saut de génération"), les choix ne devaient pas s'effectuer à la légère sous peine d' amenuiser sérieusement vos chances dans la guerre contre les démons. En revanche, méfiance tout de même, car si certains empereurs clefs de l' aventure venaient à mourir (Léon, Gellard and Le Dernier Empereur), l' histoire se concluait alors instantanément sur une fin des plus dramatiques. De son côté, le système de combat n'avait pas subi de réelles améliorations et on ne retiendra que le nombre de combattants présents à l' écran fut ramené de 6 à 5.

Romancing SaGa 3 (Novembre 1995) :

L'Histoire :
Depuis les temps immémoriaux, tous les 300 ans, l'Eclipse de la Mort (Shishoku) se produit, emportant avec elle tous les nouveau-nés, excepté l' Enfant du Destin. D' après la légende, lors de la première Shishoku, cet unique enfant devint le prince de la pègre. Tritement, son règne ne donna lieu qu' à une longue succession de malheurs plongeant le monde dans la confusion la plus totale. 300 ans plus tard, une nouvelle Shishoku se produisit et, cette fois-ci, seul un enfant touché par la sainteté survécu. Pendant trois siècles, le monde retrouva son éclat, les hommes leur gaieté. Romancing SaGa 3 débute quinze années après l' apparition de la troisième Eclipse de la Mort...

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L'Aventure :
Servi par de superbes graphismes et une bande son envoûtante, Romancing SaGa 3 allait clore la période Nintendo en apothéose. Tenant sur une cartouche de 32 meg. (soit 4 fois plus que pour RS et le double de RS2), le jeu brillait par la richesse de son contenu. Ainsi, outre les 8 héros, 31 personnages annexes pouvaient vous rejoindre. Pourtant ces derniers n' étaient jamais disponibles ensemble lors de chaque aventure ( ils apparaissaient par groupe de 6) et il était donc nécessaire de se relaner plusieurs fois dans la quête pour en découvrir tous les secrets. Pour la première fois, aussi, vous ne pouviez plus vous contenter de recevoir de nouvelles capacités, puisqu' il fallait apprendre les techniques spéciales durant les combats. Ce principe baptisé "leveling system" et inspiré de Final Fantasy 2, obligeait alors le joueur à utiliser souvent les mêmes armes. Une technique qui demandait certes du temps mais qui apparaissait bien plus logique dans le fond. Seule petite nuance, cet apprentissage étant généré de manière aléatoire, il persistait un aspect assez laborieux qui en découragea vite plus d' un. A ce chapitre, RS3 innovait aussi en introduisant le Single-Tech Battle System similaire à celui utilisé dans les combats d'un Final Fantasy par exemple, et le Multi-Tech Battle System. Ce mode vous imposait de donner des ordres très précis à vos héros avant que ceux-ci ne s'unissent pour concenter leur puissance dans une seule et même attaque, souvent décisive. Le plus intéressant était qu' il existait 14 différentes formations, elles aussi à apprendre et qui conféraient aux combats une dimansion stratégique unique. A noter également l' existence, lors de certains passages de l' aventure, de véritables guerres opposant des armées entières (un principe repris depuis dans Suikoden de Konami, entre autres). Graphiquement superbe pour l'époque, possèdant un scénario principal plus consistant et moins confus que ses prédecesseurs, Romancing SaGa 3 reste considéré à ce jour par les fans comme l'épisode me plus intéressant et captivant de la série.

SaGa Frontier (Juillet 1997) :

L' histoire :
Contrairement à ses prédecesseurs SaGa Frontier ne possède pas de trame scénaristique propre. Alors si le destin des 6 héros semble toujours s'orienter vers une mystérieuse organisation nommée Trinity, cette dernière ne joue qu' un rôle assez obscur. A mi-chemin entre Heroic Fantasy et univers futuriste, les quêtes proposées auront au moins l'avantage de nous changer des traditionnels jeunes sauveurs de l' humanité. Pour prendre de brefs exemples, vous accompagnerez Emelia qui devra prouver son innocence dans le meurtre de son mari, vous suivrez Red dans son combat face à Black Cross un redoutable syndicat du crime, ou vous devez assister le robot T260G à la recherche de son créateur.

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L' aventure :
Le passage du côté de Sony et de la Playstation n' a pas amené qu' un changement de nom à la série. Premier élément incontestable, les graphistes peuvent désormais bien mieux exprimer leurs talents et les environnements en 3D précalculée de SaGa Frontier rivelisent aisément avec les plus belles créations de l' univers de Final Fantasy. Le style n' est pourtant pas le même que sur Super Nintendo puisqu' il s' agit d' une approche un peu plus manga avec un mélange des thèmes futuristes et médiévaux parfois un peu déconcertant. Rompant quelque peu avec l'esprit développé par la trilogie Super Nintendo, SaGa Frontier se rattache déjà plus aux épisodes Game Boy. En effet, l' aventure se focalise très vite sur les combats (les ennemis sont présents à l' écran et peuvent ainsi être évités) avec un système toujours perfectionné. 6 héros sont ici regroupés et répartis en 4 types de personnages : les humains, les robots, les mystiques et les monstres. L' avantage provenait de la possibilité pour ces races d' obtenir des équipes très hétéroclites peut-être mais qui savaient très bien se compléter. De plus, chacun possédait un principe d' évolution propre. Ainsi, les humains maîtrtisaient les armes, les mystiques ne pouvaient invoquer que des sortilèges, les monstres devaient dévorer leurs adverssaires et se transformer, tandis que les robots bien que puissants au départ ne pouvaient par la suite augmenter leur puissance que grâce à l' achat de nouveaux équipements. Malgré ces bons points, force est de constater que la complexité des menus, le dosage assez approximatif de la difficulté et quelques scénarios un peu insipides ont un peu terni l' image de cet épisode. Certains joueurs iront même jusqu' à regretter un relatif manque de linéarité (c'est limite un comble, mais les joueurs restent d' éternels insatisfaits), tant l' histoire semble souvent placée en arrière plan, laissant place à une simple succession de combats. Pour l'anecdote, sachez que pour la première fois dans un jeu vidéo, le scénario d' Asellus proposait de suivre l' idylle d' un couple homosexuel. Second RPG Playstation de Square après Final Fantasy 7, SaGa Frontier n'aura pour beaucoup pas tenu ses promesses. Un rendez-vous manqué en quelque sorte.

SaGa Frontier 2 (Avril 1999) : (Test de Playstation Magazine)

L'Histoire :
La Honte succède à la déception. Le désespoir, au déshonneur. Tout débuta en 1220, époque où la dynastie des Gustave allait se trouver foudroyée par la fatalité. Ainsi, lors de la cérémonie d' intronisation, alors âgé de sept ans, le jeune Gustave 13 fut incapable de réveiller son Anima, cette force permettant de capter les énergies de la nature et de maîtriser les sortilèges. La disgrâce l' obligea à fuir le royaume et à renoncer à son trône. Au même moment, Will Knights, un courageux mineur en quête de trésors et soucieux de faire la lumière sur ses origines, s' apprêtait à se lancer dans l'aventure de sa vie. Ce sont ces deux destinées que SaGa Frontier 2 vous invite à suivre.

Le Test :
(Article paru dans Playstation Magazine) Jeu ou Oeuvre d' art ? Si vous pensiez la comparaison impossible, c' est que vous n' avez pas encore posé les yeux sur SaGa Frontier 2 ! Jeu de rôle très linéaire et bien moins complexe qu' un Final Fantasy, ce titre de Square a cependant d' autres charmes à vous dévoiler. La première percée européenne de la série des SaGa devrait mériter votre attention.

Contrairement au précédent épisode (paru uniquement au Japon et aux Etats-Unis), les environnements à tendance futuriste en 3D pré-calculée disparaissent pour laisser place à des décors d'Heroic fantasy réalisés à la main et colorisés grâce à un procédé à l' aquarelle. Plus qu' enchanteur, le résultat, certes un peu naïf, brille néanmoins par son esthétisme soigné, la douceur de ses teintes et la chaleur qui émane de chaque écran. Jamais l'attention au détail n'avait atteint un tel niveau et pour peu on se croirait en train de tourner les pages d' un grand livre d' images. De l'art tout simplement.

Une nouvelle approche du RPG

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D'allure classique, le système de combat, apporte cependant de nombreuses subtilités le rendant vite très intéressant. Vous aurez par exemple la possibilité d' effectuer des attaques combinées avec un autre personnage, ou celle parfois de choisir avant l'affrontement votre type d' assaut (attaque groupée, duel, guerre avec armée à l' appui). Un peu de variété dans les styles de combat, cela fait indéniablement du bien et permet aussi de briser la relative monotonie du genre. En outre, pour ceux qui trouvaient laborieux le coup des combats aléatoires, rassuez-vous, ici, chaque ennemi est présent à l' écran ce qui vous permettra de pouvoir ruser et gagner de ce fait un temps fou. Il faudra aussi partir du principe que si vous n'acquerrez pas de points d' expérience à intervalles réguliers, en revanche, ce sont les conditions de combat et vos performances lors des joutes qui établiront l' évolution de vos capacités. Ce seront donc des bonus ou des malus qui viendront sanctionner vos prestations. Et il en ira de même en ce qui concerne l'apprentissage de nouvelles invocations ou de nouvelles techniques d' attaque. A noter aussi que la plupart des armes disposent d' un nombre limité d' utilisation, avant de se briser ou de devoir être réparées Un système un peu stressant dans le fond surtout si ce genre d' inconvénient vous arrive à la toute fin d' un donjon et vous laisse alors désarmé. Vu que vos armes sont déjà nécessairement bridées par les WP (Weapon Points), vous serez finalement poussés à faire évoluer votre équipement qu' en de rares occasions.

Une bouffée d'air frais

Vous découvrirez le coeur de l'aventure une fois catapultée sur la carte du royaume, théâtre de toutes les décisions à venir. Les développeurs ont opté pour un système baptisé History Choice mettant en scène une succession de mini-scénarios et vous offrant parallèlement la possibilité de suivre les destinées de Will et/ou Gustave 13, fils du roi frappé par la disgrâce Mais méfiance, car contrairement à ce que cette abondance de choix scénaristiques laisse présager, SaGa Frontier 2 brille particulièrement par la linéarité de ses quêtes. Vous constaterez, en effet, que de nombreuses séquences se contentent de prolonger l' histoire, de servir de liens entre les phases narratives et les passages orientés plutôt action. Toutefois ne vous méprenez pas car si l' histoire reste assez dirigiste, elle n' en est pas moins passionnante. N' oubliez pas non plus que l' ambition de Square n' est pas ici de proposer une aventure aussi riche en rebondissements ou complexe en termes de gestion du matériel qu' un Final Fantasy. Loin de là. Bien évidemment, les puristes du genre crieront à l' hérésie, mais en y regardant de plus près, SaGa Frontier 2 ne semble pas vraiment fait pour eux. Ici, c' est l'accessibilité, le dépaysement et le plaisi aussi bien ludique que visuel qui priment. Dans ce contexte, SaGa Frontier 2 doit être considéré comme un RPG vraiment à part mêlant sans complexe, moment de sérénité et divertissement. Alors si l' ambiance bon enfant et la grande linéarité du scénario en rebuteront quelques uns, vous y reviendrez souvent pour redécouvrir un passage, vous délecter de la splendeur de quelques paysages. Et croyez-nous, cette aventure un peu naïve et très facile à prendre en main ravit en tout cas la gent féminine. Un titre particulièrement rafraichissant.

SaGa Frontier 2 constitue une initiation poétique aux RPGs