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Auteurs, E-mail : Sylvadoc
Numéro ICQ : 81217094
Dernière Mise à jour : 29/01/2001

9 Histoires

Suite

La Guilde des Hobbits de la Comté comportait donc cinq membres. Bagend était celui qui avait le plus d' influence. Il prit comme conseiller Aldalorn qui décidément réservait beaucoup de surprises. En effet, il se trouvait que le père de Bagend, Pimperle, était le frère d' Aldorn, le père d' Aldalorn. Aldalorn et Bagend sont donc cousins ! De plus, on ne sait de Bagend que peu de choses et le peu de choses que l' on sait de lui n' est pas en son avantage. En effet, Bagend n' est pas son vrai nom, ce n' est en fait qu' un voile pour cacher, nous le supposons, une partie de son passé.

Un jour que tous les membres de la Guilde se promenaient, Cieflink posa cette question :
"- Que diriez-vous d' explorer la forêt ? Je n' en puis plus d' attendre. L' Ombre tombe, certes, mais au lieu de l' attendre sagement au fond de notre Comté natale, pourquoi ne pas l' affronter ? Je considère toujours que la meilleure défense, c' est l' attaque ! N' êtes-vous pas d' accord avec moi ?"
"-Si !" répondirent en coeur Tristelune et Tilde. "La peur nous voile l' esprit et nous empêche de penser clairement. Nous ne devons pas nous laisser impressionner par l' Ombre. Après tout, nos ancêtres ont su la combattre et ont du braver milles difficultés, accomplir milles prouesses pour enfin répandre la lumière. Nous nous devons de les honorer. Agissons ! Et que la Lumière soit !" Sur ce, Tristelune et Cieflink acquiescèrent avidement.
"- La peur nous voile l' esprit. C' est un fait accompli. Mais vouloir combattre la peur, ce n' est pas vouloir à tout pris effectuer ce qu' elle proscrit. Aller dans la forêt serait une véritable folie ! Nous ne sommes que cinq Hobbits ! Et même avec nos formidables qualités et notre volonté sans failles, nous ne pouvons raisonnablement pénétrer dans ce qui sera sans aucun doutes notre tombeau ! L' honneur veut que nous combattions mais la Raison, elle, nous en empêche et braver la raison, c' est devenir fou ! Non, nous n' irons pas dans la forêt !" répondit violemment Bagend et se retournant vers Aldalorn pour recevoir quelque soutien de sa part.
"- S' il est vrai qu' entrer dans la forêt serait déraisonnable, nous ne pouvons décemment rester à Creux de Crique indéfiniment. Dans la vie, il faut savoir prendre des risques. Ne pas en prendre, ce serait accepter de vivre dans l' inconnue. la connaissance, nous la devons parce que nous l' avons cherché. L' action même de chercher implique une prise de risque, même si elle est calculée. Aller dans la forêt, c' est peut être aller à l' encontre de beaucoup d' ennuis mais c' est aussi, et surtout, un moyen d' en connaître plus sur l' ennemi. Je suis donc du même avis que Cieflink. Mais considérant mon amitié pour toi et ma Raison, nous ne partirons pas seul et sans plan. Qu' en penses-tu, Bagend ?"
"- Tu me déçois beaucoup Aldalorn. Je n' aurais jamais cru çà de toi... Enfin, puisque tout le monde est bien décidé à y aller. Je me dois de m' y astreindre. Mais, je vous préviens, je ne serai en aucun cas responsable de ce qui va se passer. A ce sujet, je dois vous dire que j' ai pris contact avec Sylvadoc, une bonne connaissance et réputé pour ses conseils avisés. Il vit au côté de Tom dans la forêt et pourrai nous apporter son aide. Il doit nous rejoindre mais est pour l' instant assez occupé et ne pourra donc nous aider dans notre quête. Je pense que lui, en tous cas, aurait été de mon avis..."

Sur ce, Ils se dirigèrent donc vers leurs maisons respectives pour préparer leur visite aux arbres de la forêt. C' est alors que quelques jours plus tard, avec toujours aucune nouvelle de Sylvadoc, qu' ils entreprirent leur traversée de la Forêt. Les premiers jours se passèrent relativement bien. Ils ne décelèrent aucun problèmes et Aldalorn avait assez bien préparé l' expédition. Deux poneys étaient affectés à la nourriture, chaque Hobbit portait de quoi se camoufler, se battre et dormir. Ils marchaient l' un après l' autre, Bagend, de par sa qualité de rôdeur, en tête, en éclaireur et Aldalorn en queue ayant bien en main son fidèle arc.

La nuit pointait le bout de son nez et la fatigue se faisait sentir. Bagend ordonna donc la halte, ce que personne ne mettait en doute ! Aldalorn se posta au sommet d' une colline ayant bien en ligne de mire le groupe d' Hobbit, Bagend inspecta les environs tandis que Tristelune, Tilde et Cieflink préparaient le repas. Les Hobbits entendirent bon nombre de bruits, de craquements de branches ou des mouvements dans les fourrées mais cela n' entretenait pas leur peur, au contraire car le Silence dans une forêt n' est jamais synonyme de bonnes choses.

Vers le milieu de la nuit, là où les étoiles sont les plus brillantes et la température la plus basse, le Silence se fut pour le plus grand malheur des Hobbits sentir. Silence total, plus aucun bruit, aucun bruissement dans les fourrées, pas une branche ne craquelait, non juste le silence qui, paradoxalement, retenait l' écoute absolue des Hobbits. Et d' un coup d' un seul, un ouargue énorme trompa le silence et traversa le camp, embarquant avec lui un poney. Puis un deuxième, un troisième et finalement un quatrième qui reçut, lui, une flèche des plus acérées de la part d' Aldalorn. S' en suivit, un cri affreux, des bruits stridents de flèches, des aboiements monstrueux et enfin de nouveau le silence bercé par le bruit des mâchoires des ouargues... Aldalorn n' est plus.

Bagend, alors pris de furie, se rua vers les ouargues et armé de sa dague et d' une bonne dose de courage, pourfendit deux d' entre eux pour malheureusement finir sous le joug du plus gros qui s' avéra être le chef de cette meute. Bagend se défendait du mieux qu' il pouvait et failli perdre plus d' une fois la vie mais il y tenait à sa vie et elle serait difficile à prendre. C' est alors que les trois compères, Tristelune, Cieflink et Tilde se ruèrent à leur tour affronter le ouargue et dans toute leur splendeur réussirent à délivrer Bagend des griffes de ce monstre. Se retournant de nouveau pour finir d' achever le ouargue qu' ils chancelèrent à la vue de l' absence de celui ci. Le ouargue avait disparu comme une ombre au milieu de la nuit.

Bagend était grièvement blessé, sa vue se faisait trouble et pouvait à peine marcher. L' unique son qu' il pouvait escompter entendre était le son de sa respiration. Mais dans un regain d' activité, il put se cacher sous un amas de branches et attendre une fin de plus en plus pesante.

Ne restait que Tristelune, Tilde et Cieflink. Aux aguets, ils sursautaient à chaque menue bruit. Scrutant les alentours, ils étaient à la recherche du ouargue disparu. Soudain, les trois Hobbits furent comme frappés de mutisme. Ils étaient incapable d' effectuer le moindre geste. Haletant, ils regardaient la cime de l' arbre qui leur faisait face. Eux en bas, lui en haut. Loin au dessus d' eux, se trouvait le ouargue ou plutôt ses yeux, deux yeux injectés de sang brillant dans la nuit comme deux lames fraîchement affûtées. D' un seul coup, le ouargue bondit en direction des Hobbits, toutes griffes dehors, et la gueule grande ouverte. Les crocs ressemblaient à deux crochets étincelant et à leur base de la bave dégoulinait. Mais les trois Hobbits firent volte face et esquivèrent le ouargue. Mais loin de l' affronter, ils s' enfuirent dans les bois tentant d' échapper à la bête. Celle ci, se remettant de sa chute, commença à les poursuivre mais décela dans l' air comme une odeur de chaire fraîche, c' était Bagend. Le ouargue, se laissant guider par son odorat, approchait vivement de l' amas de branches quand soudain il tombât par terre, raide mort, sa tête détaché du reste de son corps. Et dans la nuit, se tenait Sylvadoc, une dague à la main, tachée de sang.

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