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#101 02/06/2019 11:41:21

Nephtys
Elbakinien d'Argent
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Je sors d'un petit salon du livre régional, beaucoup d'oeuvres y relevaient du fantastique et de la fantasy mais à part un auteur d'une trentaine d'années, tous en rejetaient l'étiquette. Cela donne des présentations de livres par leurs auteurs assez particulières...
Idem avec la science-fiction, les auteurs préférant se censurer presque avec le terme d'anticipation, plus sérieux, plus vendeur.

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#102 02/06/2019 14:48:42

Tybalt
Elbakinien d'Or
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Joxer007 a écrit:

Si je peux botter en touche en élargissant la notion de fantasy à la BD et au secteur jeunesse, la France a Astérix dont on ne compte plus les traductions ni les adaptations, et qui marche très bien dans le monde entier. Dans le domaine francophone, les Schtroumpfs sont une des BD les plus connues au monde par l'intermédiaire de leurs produits dérivés et des dessins animés qui en ont été adaptés par Hanna & Barbera (avec Peyo pour tout vérifier : il s'est littéralement tué à la tâche, le malheureux).
Et si on veut bien classer Le Petit Prince en fantasy plutôt qu'en science-fiction, on tient le deuxième livre le plus lu au monde après la Bible, ainsi qu'une franchise commerciale qui fonctionne toujours très bien (y compris son adaptation animée en images de synthèse en 2005, grand succès international).

A ce rythme la on peut classer tout et n'importe quoi en fantasy...

Non. Je me cale sur la définition du merveilleux par la critique littéraire française, critiques spécialisés dans la fantasy inclus (André-François Ruaud et Anne Besson, par exemple).
Comme la discussion ici s'est rapidement élargie à la question des adaptations, ça ne fait pas de mal de rompre avec l'ambiance de sinistrose absurde installée par le mauvais article du Point en rappelant qu'en France aussi on sait publier des trucs qui se vendent.
Cela dit, on peut aussi définir la fantasy de façon à ne parler que ce qui ne se vend pas, pour ensuite essayer de comprendre pourquoi ça ne se vend pas, mais la discussion courra alors le risque de tourner un brin à vide.

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#103 03/06/2019 09:28:12

Goldberry
En déplacement
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Je pense bien que tout le monde sera d'accord pour dire qu'il n'y a pas de Seigneur des Anneaux français mais on dirait parfois que le rayon parutions traduites (et je lis aussi un peu de VO, merci wink ) ne compte que des Ken Liu, des Le Guin ou des Erikson. Moi je constate quand même un sacré paquet de romans américains ou anglais notamment en fantasy épique très très moyens et très très survendus par leurs éditeurs. Donc le niveau médian…
Et on en revient aussi au fait que par définition, il ne peut pas y avoir 50 auteurs "exceptionnels" en même temps. Ou alors on parle de un ou deux exceptionnels et 49 ou 48 "juste" très bons, ce qui est déjà très bien.

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#104 03/06/2019 12:52:15

Fabien Lyraud
Elbakinien d'Or
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

En France la fantasy est apparue en BD avant de se faire un nom en littérature. Des séries comme Aleph Tau, La quête de l'oiseau du temps, Orn Cœur de chien, les épées de cristal ou les BD de Jean Claude Gal ont permis à la fantasy de cartonner assez fort. En même temps il n'y avait rien de comparable en littérature même au Fleuve (il faudra attendre la deuxième moitié des années 80 pour avoir les Flammes de la Nuit de Michel Pagel, ou les Antarcides d'Alain Paris par exemple). Mais c'est aussi vrai en space opera où l'on a eu l'Incal et pas de choses vraiment comparables en litérature ( il faudra attendre les Guerriers du silence de Pierre Bordage en 1993 pour avoir un cycle univers de space op).
Il y avait des histoires de formatage, qui faisait qu'on ne voulait pas dépasser un certains nombre de pages pour les auteurs français (on acceptait de le faire pour les anglo-saxons les plus connus).

Toujours est il que la fantasy en BD dès ses débuts ne lorgne pas trop vers Tolkien. Pas d'Elfes ou de Nains. Des univers originaux. Et même si il y a une quête dans Alef Tau ou dans la Quête de l'Oiseau du Temps on est plus proche de Vance avec des morceaux de Leiber dedans ( même si c'est très marqué par le voyage du héros également). En même temps dans le milieu rôliste de années 80 Vance et Moorcock avait plus la côte que Tolkien. La BD a d'ailleurs gardé ce ton vancien avec de l'exotisme, du picaresque, de la légèreté ( et même de l'humour pour certaines séries). C'est le cas de la plupart des BD de fantasy d'Arleston ( qui a reconnu l'influence vancienne) ou de Dominique Latil ( et de bon nombres de créateurs chez Soleil mais aussi chez Delcourt). Curieusement la fantasy vancienne en fantasy littéraire française il s'en publie peu. Il doit y avoir quelques romans chez des petits éditeurs sans doute mais pas beaucoup ( au plus 3 ou 4)


Venez chez Pulp Factory, l'éditeur de la fantasy et de la SF pulp moderne francophone.
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#105 04/06/2019 18:18:39

Qwarrock
Maïa
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Messages: 283

Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Fabien Lyraud a écrit:

(...) En même temps dans le milieu rôliste de années 80 Vance et Moorcock avait plus la côte que Tolkien. La BD a d'ailleurs gardé ce ton vancien avec de l'exotisme, du picaresque, de la légèreté ( et même de l'humour pour certaines séries). C'est le cas de la plupart des BD de fantasy d'Arleston ( qui a reconnu l'influence vancienne) ou de Dominique Latil ( et de bon nombres de créateurs chez Soleil mais aussi chez Delcourt). Curieusement la fantasy vancienne en fantasy littéraire française il s'en publie peu. Il doit y avoir quelques romans chez des petits éditeurs sans doute mais pas beaucoup ( au plus 3 ou 4)

>> Tout d'abord, j'ai tiqué sur
"C'est le cas de la plupart des BD de fantasy d'Arleston ( qui a reconnu l'influence vancienne)"
quand on sait que Vance trouvais que toutes les BD c’étaient de la merde wink (je ne partage pas cet avis, même si j'ai adoré l'ensemble de ses livres)


>> Ensuite, étant vieux, et aussi vieux rôliste,  qui a commencé dès le début des années 80, je peux te garantir, qu'à l'époque c'était bien l'univers Tolkien qui avait la côte.

Je parle de l'univers pas du jeu de rôle basé sur l'histoire.
Après tout D&D et AD&D n'aurait jamais été ce qu'il sont sans les créations de Tolkien.
Alors certes, le monde n'est pas le même, l'histoire est la version noob de ce que produit JRR Tolkien, mais ça n'empêche pas...

Oui, en France, dans les années 80 D&D et AD&D étaient de loin les JDR les plus joué.

Vance, même si perso j'ai été fan très tôt ce n’était pas le cas des autres joueurs (je faisais parti d'un club de jdr de plus de 50 membres + des camarades d'écoles) Peu connaissaient cet auteur, et même si Casus Belli et Graal (2 mag de jdr) ont chacun fait des HS sur Vance (bien plus tard que ceux de JRR Tolkien), ce n'était pas pour parler de ce que chaque rôliste connaissait mais au contraire pour faire connaître cet auteur, créateur d'univers rapide et vivant.

Pour Michael Moorcock, oui là par contre tout le monde en parlait à l'époque, les adolescents (ce que j'étais) appréciaient cet univers plus mature, plus sombre...
Mais encore une fois, la ref. restait encore Tolkien, dans les années 80.

Dernière modification par Qwarrock (05/06/2019 09:38:55)

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#106 05/06/2019 12:24:45

Gillossen
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Je n'en reviens pas de remettre moi-même une pièce dans la machine, mais je voulais juste dire un mot d'un article de RTL.fr sur 12 cycles pour remplacer Game of Thrones (je vous laisse chercher le lien).
Déjà, ce genre d'articles, je considère ça comme sacrément paresseux et faits pour le clic avant tout, mais alors, conseiller la Belgariade, le Silmarillion ou le Disque-Monde pour enchaîner après le Trône de Fer... Entre les cycles qui ne sont pas terminés, pas dans la cible, les œuvres citées qui ne sont pas des cycles (un moindre mal)... La Belgariade, même il y a dix/quinze ans j'aurais trouvé ça dommage de la mentionner, et pourtant j'aime bien. 

On m'a déjà répondu sur Twitter que c'est déjà bien que RTL.fr parle de fantasy, certes, mais sans même parler de citer des français pour le coup, si on part du principe que le lectorat de ce site (RTL) ne connaît de toute façon pas Pratchett ou Eddings, pourquoi ne pas citer des références soit plus en phase avec le sujet (GoT), soit moins convenues ? C'est désespérant.


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#107 05/06/2019 12:50:17

Apophis
Lige
Lieu: Dans sa pyramide.
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Gillossen a écrit:

Je n'en reviens pas de remettre moi-même une pièce dans la machine, mais je voulais juste dire un mot d'un article de RTL.fr sur 12 cycles pour remplacer Game of Thrones (je vous laisse chercher le lien).
Déjà, ce genre d'articles, je considère ça comme sacrément paresseux et faits pour le clic avant tout, mais alors, conseiller la Belgariade, le Silmarillion ou le Disque-Monde pour enchaîner après le Trône de Fer...

Totalement d'accord avec toi.

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#108 05/06/2019 13:26:48

Merwin Tonnel
POYO!!!
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Totalement d'accord, par contre je suis pas sûr de comprendre ce que ça a à voir avec le schmilblick tongue

Mais pour rebondir sur Game of Thrones, pour moi, ce qui a toujours beaucoup distingué auteurs francophones et auteurs anglo-saxons et qui peut en partie expliquer la différence de succès c'est que j'ai souvent l'impression que les auteurs francophones créent un univers qui sert de contexte à leur histoire alors que les auteurs anglo-saxons racontent des histoires qui se déroulent dans leur univers. A quelques exceptions près (notamment le Vieux Royaume de Jaworski), j'ai rarement l'impression que l'univers des auteurs francophones s'étend au-delà des pages et de l'histoire. Je n'ai pas l'impression, comme avec Westeros, Malaz, la Terre du Milieu ou Randland pour ne citer que les plus gros, que l'univers continue à vivre une fois que j'ai refermé le livre. J'ai cité des grands cycles, mais cette approche très orientée background, se retrouve même dans des cycles plus courts ou même des one-shots.

Je trouve qu'il y a une volonté très anglo-saxonne de vouloir créer un univers très vivant là où les auteurs français se contentent souvent de planter un décor (pour se concentrer sur d'autres aspects).

Je ne dis pas que c'est bien ou pas bien mais le succès de séries comme Game of Thrones doit beaucoup aux fandoms qui se créent autour de ces univers forts, avec des théories, des études du lore, des discussions sans fin sur des détails (j'allais ajouter "de l'histoire", mais ça m'a laissé un mauvais goût dans la bouche). Ça fédère, ça rassemble et ça fait vivre et rayonner les œuvres longtemps après la lecture. Ça essaime.

Et je pense que cette plongée dans un univers complet est encore ce que recherchent beaucoup de lecteurs occasionnels de fantasy qui ont dévoré le Seigneur des Anneaux.


"Faith is a personal accord between a lone soul and that in which it chooses to believe. In any other guise it is nothing more than a thin coat of sacred paint slapped over politics and the secular lust for power."

Steven Erikson - Forge of Darkness

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#109 05/06/2019 13:44:20

Fabien Lyraud
Elbakinien d'Or
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

A quelques exceptions près (notamment le Vieux Royaume de Jaworski), j'ai rarement l'impression que l'univers des auteurs francophones s'étend au-delà des pages et de l'histoire.

C'est aussi le cas chez Gaborit et chez Cluzeau aussi par exemple.Deux auteurs qui comme Jaworski sont aussi rôlistes. Le côté worldbuilding est assez poussé chez eux.
Mais il y deux sortes de textes : les textes orientés univers et les textes orientés personnages. Il faut remonter dans le passé pour se rendre compte que les premiers auteurs de fantasy publiés venaient de la SF. Ils avaient l'habitude d'écrire de la littérature d'idée (avant les années 90 la SF française était assez peu orientée univers) en mettant en scène des personnages forts (d'où le choix de la sword and sorcery plutôt que la high fantasy). Le monde comme tu le dis était un décor au service du récit. Ils ont fait la même chose en fantasy.
Ce n'est pas un hasard si c'est dans les années 90 avec les écrivains rôlistes que ça a commencé à changer.Mais on a continué a publier des auteurs qui écrivent encore des romans plutôt orientés personnages tellement c'était une tradition.

Dernière modification par Fabien Lyraud (05/06/2019 14:00:24)


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#110 05/06/2019 13:48:05

Gillossen
Spécialiste en résurrection
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Merwin Tonnel a écrit:

Totalement d'accord, par contre je suis pas sûr de comprendre ce que ça a à voir avec le schmilblick tongue

Je ne sais pas, la qualité des articles ? tongue
Ou le fait qu'il y aurait pu y avoir deux ou trois auteurs français dans cette liste, pourquoi pas, même si c'est vrai que ce n'était pas le but premier de mon intervention.

Il me semble qu'on avait déjà discuté de ça pour les univers. smile Je ne sais pas si c'est parce que de toute façon, je ne lis plus beaucoup de français moi-même (question de temps pour le coup, à choisir, je préfère écrire) ces derniers temps, mais ça m'a nettement moins marqué que toi. Des univers cartons-pâtes chez les anglo-saxons, tu en as un paquet. smile

Mais il y deux sortes de textes : les textes orientés univers et les textes orientés personnages.

Pas vraiment d'accord, mais bon, là, on n'est plus dans le sujet.


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#111 05/06/2019 14:13:12

Merwin Tonnel
POYO!!!
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Gillossen a écrit:

Il me semble qu'on avait déjà discuté de ça pour les univers. smile Je ne sais pas si c'est parce que de toute façon, je ne lis plus beaucoup de français moi-même (question de temps pour le coup, à choisir, je préfère écrire) ces derniers temps, mais ça m'a nettement moins marqué que toi. Des univers cartons-pâtes chez les anglo-saxons, tu en as un paquet. smile

Peut-être suite au podcast fantasy francophone à l'époque ?

Je suis bien d'accord qu'il y a des univers carton-pâte aussi chez les anglo-saxons, mais si on revient à la problématique du succès et qu'on prend le haut du panier de la fantasy américaine et le haut du panier de la fantasy française, bref des œuvres qui ont une qualité suffisante pour provoquer un engouement au delà du cercle restreint des amateurs éclairés (via une adaptation quelconque ou un bouche à oreille très important), je trouve que c'est une tendance qui ressort.


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#112 05/06/2019 15:02:51

Gilles Dumay
Istar
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Merwin Tonnel a écrit:

Je trouve qu'il y a une volonté très anglo-saxonne de vouloir créer un univers très vivant là où les auteurs français se contentent souvent de planter un décor (pour se concentrer sur d'autres aspects).

Je trouve ça assez bien vu (même si je me méfie des généralités).
D'un côté il y a les enfants de Tolkien (dont Jaworski fait indubitablement partie) et de l'autre les enfants d'Alexandre Dumas (Pierre Pevel  !)
Pour moi c'est plus une volonté de créateur (ou un profil) qu'un marqueur "national" ou "géographique". On n'a certes très peu de créateurs d'univers en France, mais on en a comme Laurent Genefort avec Omale - oui c'est de la SF.

GD

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#113 05/06/2019 15:55:48

Apophis
Lige
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Gilles Dumay a écrit:

D'un côté il y a les enfants de Tolkien (dont Jaworski fait indubitablement partie) et de l'autre les enfants d'Alexandre Dumas (Pierre Pevel  !)GD

Et il y a même un enfant des deux à la fois : il s'appelle Brian McClellan.

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#114 05/06/2019 16:48:50

Merwin Tonnel
POYO!!!
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Apophis a écrit:

Gilles Dumay a écrit:

D'un côté il y a les enfants de Tolkien (dont Jaworski fait indubitablement partie) et de l'autre les enfants d'Alexandre Dumas (Pierre Pevel  !)GD

Et il y a même un enfant des deux à la fois : il s'appelle Brian McClellan.

Tu t'es trompé, tu voulais dire "l'enfant raté de Brandon Sanderson". 😋


"Faith is a personal accord between a lone soul and that in which it chooses to believe. In any other guise it is nothing more than a thin coat of sacred paint slapped over politics and the secular lust for power."

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#115 05/06/2019 17:27:32

Tybalt
Elbakinien d'Or
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Gilles Dumay a écrit:

Merwin Tonnel a écrit:

Je trouve qu'il y a une volonté très anglo-saxonne de vouloir créer un univers très vivant là où les auteurs français se contentent souvent de planter un décor (pour se concentrer sur d'autres aspects).

Je trouve ça assez bien vu (même si je me méfie des généralités).
D'un côté il y a les enfants de Tolkien (dont Jaworski fait indubitablement partie) et de l'autre les enfants d'Alexandre Dumas (Pierre Pevel  !)
Pour moi c'est plus une volonté de créateur (ou un profil) qu'un marqueur "national" ou "géographique". On n'a certes très peu de créateurs d'univers en France, mais on en a comme Laurent Genefort avec Omale - oui c'est de la SF.

En a-t-on si peu que ça en fantasy française ? J'ai l'impression qu'il y a tout de même beaucoup de cycles romanesques français qui développent des univers, beaucoup aussi qui sont explorés à la fois par le biais de romans et de nouvelles. Tu parles de Gaborit (6 romans et 1 nouvelle dans l'Harmonde, sans compter les 3 jeux de rôle, le livre-univers et le recueil de nouvelles qui en ont été tirés) et de Pevel (rien que l'univers des Lames du Cardinal, lequel d'ailleurs a donné lieu à une suite par un autre auteur, si je ne me trompe), Cluzeau a été cité plus haut (pas moins de 17 livres, romans et recueils de nouvelles, dans le Multivers Gaïen). Je pourrais ajouter :
Pierre Grimbert (13 romans dans l'univers de Ji)
Lionel Davoust (9 livres dans l'univers d'Evanégyre, dont un recueil de nouvelles)
Fabien Cerutti (4 romans et 3 nouvelles dans l'univers du Bâtard de Kosigan)
Henri Lœvenbruck (2 trilogies de fantasy médiévale avec La Moïra et Gallica)
Claire Panier-Alix (qui avait consacré au moins deux tétralogies à son univers d'Eïnar).
Charlotte Bousquet (il me semble que plusieurs de ses cycles se déroulent dans le même univers, non ?)
Laurent Kloetzer avait consacré plusieurs romans à un même univers de fantasy.
Michel Robert en est  9 tomes de sa série L'Agent des ombres, même si j'avoue que je ne sais pas dans quelle mesure la série développe un univers ou se concentre sur les personnages.
En jeunesse, on a Pierre Bottéro (15 livres - dont 4 trilogies - dans l'univers de Gwendalavir), Erik L'Homme qui a créé plusieurs univers fouillés au cours de trilogies, etc.

On pourrait aussi parler des déclinaisons romanesques d'univers de jeux de rôle (les romans autour de Guildes par Stéphane Marsan et plus récemment autour de Nephilim par Fabien Clavel) et de jeux de figurines (Gaborit avait signé deux romans dans l'univers d'Aarklash exploré par plusieurs jeux Rackham).

Bien entendu, c'est plus petit qu'aux Etats-Unis, mais, proportionnellement à la taille du pays et du lectorat, je trouve que c'est un paysage assez fertile. Ou alors tu donnais un sens plus spécifique à l'expression "créateurs d'univers" ?

Dernière modification par Tybalt (05/06/2019 17:28:19)

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#116 06/06/2019 07:29:53

Gilles Dumay
Istar
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Tybalt a écrit:

Pierre Grimbert (13 romans dans l'univers de Ji)
Lionel Davoust (9 livres dans l'univers d'Evanégyre, dont un recueil de nouvelles)
Fabien Cerutti (4 romans et 3 nouvelles dans l'univers du Bâtard de Kosigan)
Henri Lœvenbruck (2 trilogies de fantasy médiévale avec La Moïra et Gallica)
Claire Panier-Alix (qui avait consacré au moins deux tétralogies à son univers d'Eïnar).
Charlotte Bousquet (il me semble que plusieurs de ses cycles se déroulent dans le même univers, non ?)
Laurent Kloetzer avait consacré plusieurs romans à un même univers de fantasy.
Michel Robert en est  9 tomes de sa série L'Agent des ombres, même si j'avoue que je ne sais pas dans quelle mesure la série développe un univers ou se concentre sur les personnages.
En jeunesse, on a Pierre Bottéro (15 livres - dont 4 trilogies - dans l'univers de Gwendalavir), Erik L'Homme qui a créé plusieurs univers fouillés au cours de trilogies, etc.

J'ai lu certains des auteurs que tu cites, comme Kloetzer par exemple, pour n'en citer qu'un et je n'ai pas du tout été fasciné par l'univers qu'ils décrivaient... comme j'ai pu être fasciné par l'univers de Dune ou d'Omale. Ou celui du Bourreau chez Gene Wolfe, ou le bois des Ryhope chez Holdstock.
Mais après je n'ai souvent lu qu'un livre et suis passé à autre chose, donc je n'ai pas vu ces univers se développer.

GD

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#117 06/06/2019 08:08:12

Fabien Lyraud
Elbakinien d'Or
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Pas vraiment d'accord, mais bon, là, on n'est plus dans le sujet.

Quelque part avec cette distinction on aborde les attentes du public. Si la fantasy française à un moment a proposé plus de romans orientés personnages que de romans orientés univers alors que le public aurait préféré ces dernier, ce serait un peu le péché originel.
Avec la déclaration de Fabrice Colin que j'évoquais précedement (où il disait privilégié les romans avec un univers classique mais avec une intrigue originale aux romans avec un univers original mais une intrigue classique) on est pourtant en droit de penser que l'on a privilégié à un moment les romans orientés personnages. Est ce que cela n'a pas été une erreur ?

D'un côté il y a les enfants de Tolkien (dont Jaworski fait indubitablement partie) et de l'autre les enfants d'Alexandre Dumas (Pierre Pevel  !)

Le côté Dumas normal qu'on le trouve. Mais je trouve par exemple que Mathieu Gaborit serait quasiment l'enfant des deux. Avec des univers travaillé et une écriture "feuilletonesque".

Dernière modification par Fabien Lyraud (06/06/2019 08:10:13)


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#118 06/06/2019 10:32:02

Merwin Tonnel
POYO!!!
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Tybalt, je ne parlais pas tant du nombre de tomes se déroulant dans un univers ou de la façon d'écrire plusieurs séries se déroulant dans un même univers (où souvent l'univers évolue au fur et à mesure des tomes), mais plutôt de la façon de construire son univers à la base, dès le départ, et à dérouler ensuite des histoires dans ce cadre. Une construction qui permet souvent de rendre cet univers vivant ou tout du moins assez vaste pour imaginer toutes les histories qui peuvent se dérouler dans ce monde mais qui ne nous sont pas racontées.

Le Royaume Blessé m'avait donné un peu ce sentiment, pour reprendre les auteurs que tu cites, mais c'est pas du tout le cas de Pevel. Pourtant j'adore Les Lames du Cardinal, mais ce qu'on découvre de ce Paris imaginaire n'est conditionné que par ce dont l'histoire a besoin et on n'en sait très peu du reste du monde. Je ne sais pas comment l'univers s'est développé avec le jeu de rôle, mais ça reste un produit dérivé et pas une volonté de l'écrivain dès le départ.

Encore une fois, je parle vraiment en terme de grands mouvements et on trouvera toujours des contre-exemples, mais j'ai plus souvent cette impression de voir des univers tangibles chez des auteurs anglo-saxons que chez les francophones. Par exemple, est-ce qu'on a un équivalent français en terme de profondeur de lore pour chacun des univers suivants : Westeros, Randland, le Royaume des Anciens, Wu (monde malazéen), la Terre du Milieu, le Disque-Monde, Terremer, Dune, le Cosmere, etc. (sans compter les autres médias genre Star Wars, Warcraft, Warhammer ou Donjons et Dragons) ?

Encore une fois, je ne fais pas de jugement de valeurs. Décrire des univers comme ça, ça implique souvent un boursouflement du nombre de pages, des cartes, des annexes et plein d'autres artifices qui peuvent parfois détourner du principal (l'histoire, les personnages, etc.).
Mais je pense que c'est un aspect que beaucoup de lecteurs recherchent en lisant de la fantasy et qui n'est pas forcément la force principale de la fantasy francophone. Tant pis et tant mieux, autant proposer autre chose, tant que la qualité est là.


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#119 06/06/2019 11:44:21

Apophis
Lige
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Merwin Tonnel a écrit:

Encore une fois, je parle vraiment en terme de grands mouvements et on trouvera toujours des contre-exemples, mais j'ai plus souvent cette impression de voir des univers tangibles chez des auteurs anglo-saxons que chez les francophones. Par exemple, est-ce qu'on a un équivalent français en terme de profondeur de lore pour chacun des univers suivants : Westeros, Randland, le Royaume des Anciens, Wu (monde malazéen), la Terre du Milieu, le Disque-Monde, Terremer, Dune, le Cosmere, etc. (sans compter les autres médias genre Star Wars, Warcraft, Warhammer ou Donjons et Dragons) ?

Encore une fois, je ne fais pas de jugement de valeurs. Décrire des univers comme ça, ça implique souvent un boursouflement du nombre de pages, des cartes, des annexes et plein d'autres artifices qui peuvent parfois détourner du principal (l'histoire, les personnages, etc.).
Mais je pense que c'est un aspect que beaucoup de lecteurs recherchent en lisant de la fantasy et qui n'est pas forcément la force principale de la fantasy francophone. Tant pis et tant mieux, autant proposer autre chose, tant que la qualité est là.

Je suis totalement d'accord. Dans la liste citée par Tybalt, il y a quelques exemples de worldbuilding fouillé (il y a aussi une autrice qui est citée et dont le monde est un des plus faiblards que j'ai jamais croisé), mais rien qui se compare à la création de langues entières par Tolkien, à la généalogie s'étendant sur des siècles de Martin, à l'historique qui couvre des centaines de milliers d'années d'Erikson, etc.

Sinon, pour l'anecdote, ce n'est pas de la Fantasy mais de la SF, mais AMI vient de sortir le premier tome d'une trilogie française où il y a un glossaire de 45 pages consacré aux termes et concepts / créatures / plantes spécifiques à l'univers. Bref, un worldbuilding de compétition.

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#120 07/06/2019 10:16:26

Lisbei
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Re: "Pourquoi la fantasy française se vend mal"

Je suis globalement plutôt d'accord avec Merwin Tonnel et Apophis. Toutefois, je dirai que Pevel me semble avoir construit un monde intéressant avec son Paris des Merveilles. D'ailleurs, Feldrik Rivat me paraît l'avoir fait aussi, récemment, avec sa trilogie (La 25ème heure, Le chrysanthème noir, Paris-Capitale), même si, pour le coup, ce sont les personnages auxquels je n'ai pas cru.

Par ailleurs, si on considère les auteurs francophones, sans se limiter aux français de France, je rappellerai que Vonarburg a construit une uchronie de fantasy assez riche pour que s'y déroulent une pentalogie et une trilogie, à des époques différentes. Sans parler de sa pentalogie de SF, Tyranaël, qui se déroule sur des milliers d'années et prend en compte une géographie, des Histoires différentes (humaines et autres), et des langues variées.


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