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#1 25/03/2008 18:33:00

Pumila
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Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Et on commence par la traduction d'une interview de l'auteur de cette trilogie :

arrow Sur la vague de la fantasy : entretien avec Robert V.S. Redick

Mise à jour : Les critiques de Gillossen et Vermithrax

Dernière modification par Pumila (26/03/2008 14:13:20)


L'éclat des épées que les Noldor tiraient des fourreaux était semblable à l'embrasement d'un champ de roseaux ; et si féroce et vive fut leur attaque que les plans de Morgoth faillirent être déjoués.

Les enfants de Hùrin

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#2 26/03/2008 14:03:15

Gillossen
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

La critique du roman arrive bientôt - Je crois avoir déjà précisé que la VF était déjà prévue quand on a abordé le sujet dans "Actualités des éditeurs étrangers ! - et une idée du premier chapitre peut-être... smile


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#3 26/03/2008 14:20:14

Pumila
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Gillossen a écrit:

Je crois avoir déjà précisé que la VF était déjà prévue quand on a abordé le sujet dans "Actualités des éditeurs étrangers ! - et une idée du premier chapitre peut-être... smile

Pour la VF, je ne sais pas, mais l'annonce de la future critique était ici :

http://www.elbakin.net/fantasy/news/638 … ut-Des-Usa


L'éclat des épées que les Noldor tiraient des fourreaux était semblable à l'embrasement d'un champ de roseaux ; et si féroce et vive fut leur attaque que les plans de Morgoth faillirent être déjoués.

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#4 27/03/2008 09:08:04

Gillossen
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Ben, on retrouve les deux infos en question dans cette même brève. wink

Que de réactions... sad


Can I Interest You In A Comfy London Apartment At 221B Baker St.?

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#5 27/03/2008 09:10:23

Pumila
Montagne russe
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Gillossen a écrit:

Ben, on retrouve les deux infos en question dans cette même brève. wink

Exact, j'avais vraiment pas les yeux en face des trous rougi.


L'éclat des épées que les Noldor tiraient des fourreaux était semblable à l'embrasement d'un champ de roseaux ; et si féroce et vive fut leur attaque que les plans de Morgoth faillirent être déjoués.

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#6 29/03/2008 14:22:59

Valashu
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Merci pour cette interview, très sympa.  smile

Suite à la brève sur cette série, je me suis acheté le livre et l'ai lu dernièrement.
L'impression globale est bonne. La première partie du livre est même vraiment excellente, avec la découverte du Chathrand et sa vie à bord, l'atmosphère est revigorante, les personnages intéressants ainsi que l'intrigue tortueuse.
Par contre j'ai trouvé la seconde partie un cran en-dessous, ce qui correspond au départ du héros du Chathrand. A partir de là, j'ai beaucoup moins aimé l'ambiance et les évènements. Pour finir, je trouve les réactions des protagonistes à la fin du roman assez étranges, peu réalistes.

Malgré tout je suivrai avec attention la suite, car globalement le livre est bon.  smile
Enfin, j'ai trouvé le niveau d'anglais assez élevé, beaucoup de termes nautiques et un vocabulaire assez riche.


And Bilbo wished again and again for his nice bright hobbit-hole. Not for the last time.

Bilbo The Hobbit

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#7 30/03/2008 13:22:44

Gillossen
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Valashu a écrit:

Enfin, j'ai trouvé le niveau d'anglais assez élevé, beaucoup de termes nautiques et un vocabulaire assez riche.

Ah, ne m'en parle pas. mrgreen

A croire que même pour lire, un dictionnaire nautique ne suffit plus. wink


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#8 19/04/2008 19:57:47

Aslan
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

En attendant la critique qui arrive :

http://www.youtube.com/watch?v=nn0b-je18dg

Et une traduction vite fait du 1er chapitre pour donner une idée. smile

1

Le mousse.


1er Vaqrin (premier jour de l’été) 941
Minuit



Comme tous les désastres de sa vie, celui-ci commença par un moment de calme. Le port et le village dormaient. Le vent qui avait rugi toute la nuit avait été étouffé par le promontoire ; le maître d’équipage somnolait trop maintenant pour crier. Mais perché à près de quinze mètres dans les enfléchures, Pazel Pathkendle n’avait jamais été plus éveillé.
Pour commencer, il était en train de geler – une vague scélérate avait frappé la proue au crépuscule, emportant huit garçons et balayant le chien du navire jusque dans la cale, où celui-ci jappait toujours à l’aide – mais ce n’était pas le froid qui l’inquiétait. C’étaient les nuages noirs. Ils avaient sauté d’un seul bond sur la crête côtière, portés par des hauts vents que Pazel ne pouvait pas sentir. Le navire n’avait aucune raison de les craindre, mais Pazel, lui, si. Des gens essayaient de le tuer, et la lune était la seule chose qui les en empêchait, cette lune, feu de joie béni, dont l’ombre était gravée sur le pont de l’Eniel comme un trait de charbon.   
Encore un kilomètre et demi, pensa-t-il, et il pourra aussi bien pleuvoir à verse, pour ce que j’en aurai à faire.
Pendant que le calme régnait, l’Eniel avançait en silence, comme dans un rêve : son capitaine détestait les braillements inutiles, considérant qu’il s’agissait de la béquille des mauvais pilotes. Lui se contentait d’un simple geste à l’égard des membres d’équipage près des voiles arrière, quand il était temps de prendre la direction de la côte en louvoyant. Levant un œil vers la grand-voile, son regard tomba sur Pazel, et ils se dévisagèrent un instant en silence : un vieil homme raide et fripé comme un cyprès ; un garçon à la chemise et au pantalon dépenaillés, des cheveux châtains dans les yeux, se cramponnant, pieds nus, aux cordes goudronnées et raidies par le sel, un garçon se rendant compte subitement qu’il n’avait pas la permission de monter dans la mâture.
Pazel fit un véritable spectacle de sa vérification des boulons du bout de vergue et des nœuds sur les haubans les plus proches. Le capitaine, indifférent, observa ses pitreries. Puis, de façon presque imperceptible, il hocha la tête. 
Pazel glissa jusqu’au pont en un instant, furieux contre lui-même. Pathkendle, espèce de crétin ! Perds l’affection de Nestef et il n’y aura plus d’espoir pour toi !
Le capitaine Nestef était le plus gentil des cinq marins sous lesquels il avait servi : le seul à ne l’avoir jamais battu ou affamé, ou bien encore à n’avoir jamais forcé un garçon de quinze ans à avaler cette liqueur noire de cauchemar, le grebel, pour amuser l’équipage. Si Nestef lui avait ordonné de plonger dans la mer, Pazel lui aurait obéi tout de suite. Il était un serviteur lié à son maître et pouvait être échangé comme esclave.
Sur le pont, les autres garçons dans son cas  – les mousses, comme on les appelait, à cause du coaltar qui tachait leurs mains et leurs pieds – lui adressèrent des regards méprisants. Ils étaient plus âgés et plus grands, avec des nez fièrement défigurés au cours de querelles pour l’honneur dans de lointains ports. L’aîné, Jervik, arborait dans l’oreille droite un trou assez large pour y passer un doigt. La rumeur disait qu’un capitaine violent l’avait surpris en train de voler un pudding, et lui avait tiré l’oreille avec des pinces chauffées au rouge sur le poêle de la cuisine.
L’autre rumeur qui courait sur Jervik affirmait qu’il avait donné un coup de couteau dans le cou d’un autre garçon après avoir perdu aux fléchettes. Pazel ne savait pas s’il devait croire à cette histoire. Mais il savait que les yeux de Jervik s’illuminaient au premier signe d’une faiblesse chez autrui et que le garçon portait un couteau.
L’un des parasites de Jervik désigna Pazel d’un mouvement du menton.
— En voilà un qui pense que sa place se trouve au sommet, dit-il, souriant largement. J’ parie que tu peux lui raconter autre chose, hein, Jervik ?
— Nat, tais-toi, t’es pas malin, dit Jervik, le regard rivé sur Pazel.
— Eh bien, Pazel Pathkendle, il te défend, rit un autre. Tu ne vas pas le remercier ? Tu ferais mieux de le faire !
Jervik adressa un coup d’œil froid à celui qui venait de parler. Le rire se tut.
— Je n’ai défendu personne, dit le plus grand.
— Évidemment que tu n’as défendu personne, Jervik, je disais juste…
— Quelqu'un ennuie mes potes, je les soutiens. Je défends aussi ma bonne réputation. Mais il n’y a pas de protection pour une mauviette braillarde d’Ormali.
L’hilarité était maintenant générale ; Jervik avait donné sa permission.
Alors, Pazel répliqua :
— Tes potes et ta bonne réputation. Et que dis-tu de ton honneur, Jervik, et de ta parole ?
— Je les défends aussi, fit hargneusement Jervik.
— Et l’allume-feu ?
— Hein ?
— Coqs des profondeurs ? Canards à quatre pattes ?
Jervik dévisagea Pazel durant un moment. Puis il glissa vers lui et le frappa en plein sur la joue.
— Une réponse brillante, Jervik, dit Pazel, tenant bon malgré la gifle qui lui brûlait un côté du visage.
Jervik souleva un coin de sa chemise. Un couteau de marin au grip de cuir fin et élimé était passé à sa ceinture.
— Tu veux un autre genre de réponse, n’est-ce pas ?
Son visage n’était qu’à quelques pouces de celui de Pazel. Ses lèvres étaient tachées de rouge à cause d’œnanthe bon marché ; ses yeux avaient une nuance de jaune.
— Je veux que tu me rendes mon couteau, dit Pazel.
— Menteur ! cracha Jervik. Le couteau est à moi !
— Ce couteau appartenait à mon père. T’es un voleur, et ne t’avise pas de l’utiliser.
Jervik le frappa à nouveau, plus fort. Mets-toi en garde, Muketch, dit-il.
Pazel ne serra pas les poings. Ricanant, Jervik et les autres s’en retournèrent à leurs tâches, laissant Pazel cligner des yeux de douleur et de rage.
Par le Code de la Marine qui régissait tous les navires, le capitaine Nestef n’aurait pas d’autre choix que de renvoyer un mousse pris en pleine bagarre. Jervik pouvait courir le risque : il était citoyen d’Arqual, le grand empire qui s’étendait sur plus d’un tiers du monde connu, et pourrait toujours s’engager sur un autre bateau. Qui plus est, il portait un anneau de cuivre jaune gravé de son Matricule de Citoyenneté, ainsi qu’il était enregistré dans l’Immatriculation des Garçons Impériaux. Un tel anneau coûtait un mois de salaire, mais il le valait bien. Sans celui-ci, tout garçon pris en train de vagabonder dans une ville maritime pouvait être pris pour un casseur de liens ou un étranger. Rares étaient les mousses qui pouvaient se permettre de disposer de l’anneau de cuivre ;  la plupart portaient des certificats en papier, facilement perdus ou volés.
Cependant, Pazel était un serviteur lié et un étranger – encore pire, il appartenait à une race vaincue. Si ses papiers indiquaient « Renvoyé pour bagarres », aucun autre navire ne voudrait de lui. Il serait abandonné à la dérive, attendant d’être ramassé en vitesse comme une pièce dans la rue, revendiqué par celui ou celle qui l’avait trouvé comme sa propriété, pour le restant de ses jours.
Jervik le savait bien, et semblait déterminé à pousser Pazel au combat. Il avait qualifié son cadet de Muketch, selon les crabes de boue d’Ormael, le pays que Pazel n’avait pas vu depuis cinq ans. Autrefois, Ormael était une grande cité-forteresse, bâtie sur de hautes falaises, surplombant un port aux eaux d’un bleu parfait. C’était un lieu de musique et de balcons, au parfum de prunes mûres, dont le nom signifiait « Ventre du Matin » - mais cette cité n’existait plus désormais. Et Pazel avait l’impression que tout le monde, ou presque, aurait préféré le voir disparaître en même temps. Sa seule présence sur un bateau arquali constituait une ombre honteuse, comme une tache de soupe sur la queue-de-pie du capitaine. Après l’accès d’inspiration de Jervik, les autres garçons et même certains marins l’avaient appelé Muketch. Mais ce mot traduisait également une sorte de respect méfiant : les marins pensaient que ces crabes verts qui grouillaient dans les marécages d’Ormael étaient enchantés, et ils se donnaient beaucoup de mal pour ne pas leur marcher dessus, de peur d’attirer le mauvais œil.
La superstition n’avait cependant pas empêché Jervik et sa bande de frapper ou faire trébucher Pazel dans le dos du capitaine. Durant la semaine écoulée, les choses étaient devenues encore pires : ils venaient le trouver à deux ou trois, dans des coins sombres des ponts sous le pont principal, avec une brutalité qu’il n’avait encore jamais expérimentée. Ils peuvent vraiment me tuer – comment peux-tu penser cela et continuer à travailler, à manger, à respirer ? – Peut-être vont-ils essayer ce soir. Jervik peut les y pousser.
Pazel avait remporté la dernière reprise : Jervik avait en effet peur de lui donner un coup de couteau devant témoins. Mais dans le noir, c’était autre chose : dans l’obscurité, on agissait sur un coup de tête, et l’on trouvait des justifications plus tard. 
Heureusement, Jervik était un idiot. Il faisait preuve d’une fourberie particulièrement retorse, mais le plaisir qu’il prenait à maltraiter les autres le rendait imprudent. C’était certainement une simple question de temps avant que Nestef ne le renvoie. Jusqu’à ce que cela se produise, l’astuce était d’éviter de se retrouver acculé. C’était une raison pour laquelle Pazel avait pris le risque de monter dans la mâture. Voir le Chathrand en était une autre.
Car ce soir, il le verrait enfin – le Chathrand, le plus puissant bâtiment du monde, avec un grand mât si gigantesque que trois marins pouvaient à peine en faire le tour en se donnant la main, des fanaux de poupe aussi grands que des hommes, et des voiles carrées plus grandes que le Parc de la Reine à Etherhorde. On le préparait pour la haute mer, pour quelque importante traversée commerciale hors de portée de l’Empire. Peut-être naviguerait-il jusqu’à Noonfirth, où les hommes étaient noirs ; ou vers les Iles Extérieures situées face à la Mer Dominante ; ou vers les Terres sans Couronne, blessées par la guerre. Étrangement, personne ne pouvait le lui dire. Mais il était presque prêt.
Pazel le savait, car il avait lui aussi modestement contribué à le préparer.
Ils avaient manœuvré jusqu’au flanc du Chathrand deux fois au cours des deux dernières nuits, ici, dans la sombre baie du Sorrophran. L’une comme l’autre avaient été des nuits nuageuses et sans lune, et de toute façon, Pazel avait été maintenu occupé dans la cale jusqu’à l’arrivée. Émergeant enfin, il n’avait vu qu’un mur noir et courbé, recouvert d’algues, d’escargots et de palourdes, pareilles à des écailles brisées et senti seulement l’odeur du coaltar, du duramen, et de la haute mer. Des voix d’hommes lui parvenaient du dessus, et avec elles, le grand grondement d’une plate-forme que l’on abaissait sur le pont de l’Eniel. Des sacs de riz et d’orge, ainsi que du blé en prévision des frimas de l’hiver étaient déposés sur ce monte-charge. Puis des planches, suivies de caisses de mandarines, de baies d’épine-vinette, de figues, de cabillaud salé, de venaison, de charbon de bois, de houille ; et au bout du compte, des ballots de légumes, de pommes de terre, d’ignames, de rouleaux d’ail, de roues de fromage dur comme la pierre. De la nourriture dans des quantités stupéfiantes : de quoi manger pour six mois sans escale. Quelle que soit la destination du Grand Navire, il n’avait manifestement aucune intention de dépendre de l’hospitalité locale.
Quand il n’avait plus été possible de remplir le monte-charge, celui-ci était remonté comme par magie. Certains des garçons les plus âgés se précipitaient sur les cordes, emportés précipitamment dans les airs en riant, à quinze, à vingt mètres, se balançant au-dessus du distant bastingage. Revenant sur le monte-charge vide, ils tenaient des sous brillants ou des sucreries, cadeaux de l’équipage invisible. Pazel n’avait rien à faire de tout cela, mais l’idée de voir le pont du Chathrand le rendait fou. 
Les navires étaient sa vie maintenant : depuis qu’Arqual avait englouti son pays, cinq ans auparavant, Pazel avait passé moins de deux semaines à terre. La nuit précédente, quand on avait actionné le monte-charge pour la dernière fois, Pazel avait abandonné toute prudence : il avait saisi une corde d’angle. Jervik avait desserré les doigts, l’envoyant s’écraser de retour sur le pont de l’Eniel.
Mais ce soir, le petit bateau ne transportait pas de cargaison, seulement des passagers : trois silhouettes silencieuses vêtues de cabans, pour cette traversée d’une seule nuit de Besq  à Sorrophran. Ils restaient à l’écart de l’équipage, et même les uns des autres. À présent, alors que les lampes à gaz bleues des chantiers navals de Sorrophran étaient en vue, ces trois-là se pressèrent de l’avant, apparemment tout aussi désireux que Pazel lui-même d’entrevoir le navire légendaire. Au grand enthousiasme de Pazel, l’un des trois passagers était le docteur Ignus Chadfallow. C’était un homme mince aux yeux inquiets et aux grandes mains raffinées. Chirurgien impérial et éminent érudit, Chadfallow avait autrefois sauvé l’Empereur et son régiment de la Garde à cheval d’une Logorrhée fiévreuse mortelle, en soumettant les hommes comme les chevaux à un régime de millet et de pruneaux, pour six semaines. Il avait également, à lui seul, sauvé Pazel de l’esclavage.
Les trois passagers étaient montés à bord au coucher du soleil. Pazel et les autres mousses s’étaient bousculés en se frayant un chemin à coup d’épaules jusqu’au bastingage, rivalisant les uns les autres pour avoir la chance de traîner à bord ces malles pour un sou ou deux. Reconnaissant Chadfallow, Pazel avait bondi, saluant de la main, criant presque Ignus ! Mais Chadfallow lui avait lancé un regard noir, et son cri s’était éteint dans sa gorge.
Comme Nestef accueillait ses passagers, Pazel essaya en vain d’attirer l’attention du docteur. Quand le coq cria « Mousse ! », il bondit au pied du panneau de circulation avant les autres garçons, car c’était l’habitude de Nestef d’accueillir les nouveaux passagers avec une grande tasse de thé épicé et bouillant. Mais ce soir, il y avait des présents supplémentaires : le cuisinier avait chargé le plateau à thé de biscuits aux baies sauvages, de bonbons au gingembre rouge et de graines de lukka à mâcher pour se réchauffer. Tenant en équilibre ces friandises avec grand soin, Pazel s’en retourna au pont supérieur et marcha droit sur Chadfallow, son cœur battant violemment dans sa poitrine.
— S’il vous plaît, monsieur, dit-il.
Chadfallow, les yeux rivés sur les îlots et les rochers baignés par l’éclat de la lune, parut ne pas l’entendre. Pazel se répéta, plus fort, et cette fois le docteur se tourna vers lui en sursautant. D’un air hésitant, Pazel sourit à son vieux bienfaiteur. Mais la voix de Chadfallow était tranchante.
— Où sont tes bonnes manières ? Tu vas servir la duchesse la première. Vas-y !
Les joues brûlantes, Pazel se détourna. La froideur du docteur le blessait plus que ne l’aurait fait n’importe quel coup de Jervik. Non pas que ce soit une totale surprise : Chadfallow avait souvent l’air effrayé d’être vu avec Pazel, et ne lui parlait jamais longuement. Mais il était le seul semblant de famille lui restant dans le monde, et il n’avait pas posé les yeux sur lui depuis deux ans.
Deux ans ! Zut, ses mains tremblaient. Il devait avaler sa salive avec difficulté avant d’adresser la parole à la duchesse. Du moins espérait-il qu’il s’agissait de la duchesse, une très vieille femme courbée, de trois pouces plus petite que Pazel lui-même, qui se tenait près du mât de misaine en marmonnant et secouant les anneaux d’or à ses doigts. Elle leva la tête quand Pazel parla et le regarda fixement. Elle avait de grands yeux d’un bleu laiteux et le dévisageait en souriant de ses lèvres sèches et tordues.
— Ehiji !
Sa main crochue jaillit ; un ongle lui érafla la joue. Pazel avait pleuré. La vieille bique porta son doigt humide à ses lèvres et son sourire s’élargit d’autant plus. Puis elle se jeta sur le service à thé. Elle mit tout d’abord les trois plus gros bonbons au gingembre dans sa bouche et en glissa un quatrième dans sa poche. Ensuite, elle extirpa des replis de son manteau une vieille pipe calcinée. Horrifié, Pazel la regarda tapoter une chique de tabac à moitié brûlée dans le bol de graines de lukka, mélanger le tout avec le pouce, puis écraser à nouveau cette mixture dans sa pipe, murmurant et glapissant pour elle-même tout du long. Ses yeux trouvèrent à nouveau ceux de Pazel.
— T’as une pierre à briquet ?
— Non, madame, dit Pazel.
— C’est Dame Oggosk pour toi ! Va chercher une lampe alors.
Il était difficile d’aller chercher quoi que ce soit tout en tenant le plateau à thé. Pazel songea que ses bras allaient se fracturer s’il devait hisser un fanal de cuivre lourd d’huile de morse  pendant que Dame Oggosk se démenait avec sa pipe. Des bouffées d’huile en train de brûler, de tabac et de graines de lukka inondèrent ses narines. L’haleine de la Dame, qui lançait des bouffées de fumée et hoquetait, était pareille à des émanations sépulcrales aux relents de gingembre. Finalement, la pipe s’alluma et elle ricana.
— Ne pleure pas, mon petit galopin. Il ne t’a pas oublié – oh, non, pas un instant, non !
Pazel la regarda, bouche bée. Elle ne pouvait faire allusion qu’à Chadfallow, mais que savait-elle de leur relation ? Avant qu’il ne puisse trouver un moyen de l’interroger, elle se détourna de lui, riant toujours sous cape.
Le troisième passager était un marchand, très soigné de sa personne et très bien nourri. Au premier coup d’œil, Pazel le crut malade : il avait un foulard blanc enroulé serré autour du cou et une main posée comme s’il avait mal à la gorge. Il s’éclaircit la voix douloureusement – CHHRCK ! – Pazel manquant alors de renverser le thé. L’homme avait de l’appétit lui aussi : quatre biscuits disparurent dans sa bouche, suivis du plus gros bonbon au gingembre restant.
— Tu n’es pas très propre, dit-il tout à coup, examinant Pazel des pieds à la tête. Quel savon utilises-tu ?
— Savon, Monsieur ?
— Est-ce là une question difficile ? Qui fait le savon dont tu te nettoies le visage ?
— On nous donne de la potasse, Monsieur.
— Tu es un serviteur.
— Plus pour très longtemps, Monsieur, dit Pazel. Le capitaine Nestef m’a tendu la main de l’amitié, et pour cela je l’ai béni trois fois de suite. Il a dit que j’avais de véritables perspectives, avec mon don pour les langues, et…
— Mes propres perspectives sont excellentes, l’informa l’homme. Mon nom est Ket – un nom qui mérite qu’on s’en souvienne et qu’on le note. Je suis sur le point d’effectuer des transactions estimées à soixante mille coques d’or. Et c’est seulement pour une traversée commerciale.
— Comme c’est formidable pour vous, Monsieur. Dites, Monsieur ! Est-ce que vous voyageriez sur le Chathrand ?
— Tu ne verras pas soixante mille coques de toute ta vie – pas même six. File maintenant.
Il mit quelque chose sur le plateau à thé et, de la main, salua Pazel, qui s’inclina et se retira, puis regarda l’objet en question. C’était un disque vert pâle, avec, apposée au tampon, l’inscription : « Savon de Ket ».
L’une des soixante mille pièces lui aurait mieux convenu, mais il cacha malgré tout le savon dans sa poche. Puis il regarda le plateau et son cœur se serra. Il ne restait plus pour Chadfallow qu’une petite pelure de gingembre et un biscuit en morceaux.
Le docteur ne leur prêta pas attention, mais montra du doigt la théière. Pazel remplit une tasse avec précaution. Le docteur l’enveloppa de ses longs doigts, la porta à ses lèvres et inspira la vapeur, ainsi qu’il l’avait appris à Pazel en cas de temps froid, pour « vivifier les narines ». Il ne regardait pas le garçon, et Pazel ne savait pas s’il devait rester ou partir. Finalement, très doucement, le docteur prit la parole.
— Tu n’es pas malade ?
— Non, dit Pazel.
— Tes migraines ?
— Elles sont guéries, dit vivement Pazel, très content qu’ils soient seuls. Personne sur l’Eniel n’était au courant de ses migraines.
— Guéries ? Comment as-tu réussi cela ?
Pazel haussa les épaules.
— J’ai acheté des médicaments à Sorhn. Tout le monde va à Sorhn pour ce genre de choses.
— Tout le monde ne vit pas sous l’influence de sorts magiques, dit Chadfallow. Et combien t’ont-ils fait payer pour ces… médicaments ?
— Ils ont pris… ce que j’avais, admit Pazel, fronçant les sourcils. Mais ça valait chaque sou. Je recommencerai sans hésiter.
Chadfallow soupira.
— Je n’en doute pas. Et tes dents ?
Pazel leva les yeux, surpris par le brusque changement de sujet : ses migraines étaient la discussion favorite du docteur.
— Mes dents sont tout à fait excellentes, dit-il prudemment.
— C’est bien. Mais ce thé ne l’est pas. Goûte-le.
Chadfallow lui passa la tasse, et le regarda boire.
Pazel fit la grimace.
— C’est amer, dit-il.
— Plus amer pour toi que pour moi. Ou bien tu ferais mieux de le supposer.
— Que voulez-vous dire à ce propos ? La confusion lui fit élever la voix. Pourquoi êtes-vous tellement bizarre ?
Mais comme la duchesse et le gars au savon, Chadfallow se contenta de se retourner pour faire face à la mer. Et durant toute cette traversée nocturne, il ne manifesta pas plus d’intérêt pour Pazel que pour les marins ordinaires qui s’affairaient autour de lui.


À présent, six heures plus tard, épuisé, trempé, et frissonnant jusqu’aux os, Pazel regardait le chantier naval s’approcher, menaçant. Ils étaient à quelques minutes du port, et le clair de lune se maintenait toujours.
Pazel savait qu’il serait fou d’espérer un meilleur traitement de la part de Chadfallow. Le docteur était un autre homme depuis l’invasion d’Ormael, dont il avait été le témoin de première main en tant qu’Émissaire Spécial de l’Empereur. La violence l’avait rendu morose, et quelle que soit la source de son enthousiasme d’autrefois, elle semblait s’être tarie. Lors de leur dernière rencontre, deux ans auparavant, il avait fait semblant de ne pas connaître du tout Pazel.
Mais pourquoi était-il là, à la veille du lancement du Chathrand ? Car le docteur n’apparaissait jamais sans qu’un grand changement ne soit sur le point d’intervenir dans la vie de Pazel. Il n’en irait pas autrement ce soir, pensa-t-il, aussi s’attarda-t-il près du mât de misaine pour voir ce que ferait Chadfallow.
À terre, une voix les héla :
— Mettez-vous en panne, l’Eniel ! Mettez-vous en panne, là ! Le port est plein à craquer !
Le capitaine Nestef brailla : « à vos ordres, Sorrophran ! » et tira fortement sur la roue du gouvernail. Le maître d’équipage cria, les hommes bondirent pour se saisir des cordes, afin de ferler les voiles blanches de l’Eniel. En cabotant, il passa dans les cales sèches du Sorrophran, entre les longues files de navires de guerre à la proue et aux plats-bords blindés hérissés de pointes, la flotte de la pêche à la crevette, et les péniches aux dômes de porcelaine de Nunekkam. Alors, poussé aussi bien par les officiers que par les marins et les mousses, un soupir d’émerveillement se propagea sur le pont : le Chathrand était désormais en vue.
Pas la peine de se demander pourquoi le port était plein ! Le Chathrand le remplissait quasiment à lui seul. À présent que Pazel le voyait distinctement sous le clair de lune, le navire ne semblait pas une affaire d’hommes, mais de géants. Le sommet du grand mât de l’Eniel atteignait à peine son gaillard d’arrière, et un marin haut perché sur ses barres de flèches ne semblait pas plus gros qu’une mouette. Ses propres mâts évoquaient chez Pazel les Tours des Rois de l’Estuaire de midi, montant en flèche au-dessus des falaises noires de Pol.
À côté de lui, les navires de guerre de l’Empereur eux-mêmes avaient l’air de jouets.
— C’est le dernier de son espèce, fit une voix derrière lui. Ne te retourne pas, Pazel.
Pazel se figea, une main sur le mât. C’était la voix de Chadfallow.
— Un vestige vivant, poursuivit le docteur. Un Palais des Vents de Segral à cinq mâts, le plus grand navire jamais construit depuis les Rois d’Ambre, avant la Tempête du Monde. Même les arbres dont il était fait étaient passés dans la légende : m’xingu pour la quille, pin de tritne pour le mât et la vergue, érable nain pour le pont et les plats-bords. Des mages aussi bien que des charpentiers de marine avaient joué leur rôle dans sa création, ou du moins c’était ce que prétendaient les anciens contes. De tels arts nous sont désormais perdus – avec tellement d’autres choses.
— C’est vrai qu’elle a traversé la Mer Dominante ?
— Les Segral ont bravé ces eaux, oui : c’est la raison pour laquelle ils ont été en fait construits. Mais mon garçon, le Chathrand a six cents ans. Sa jeunesse est un mystère. Seuls les anciens de sa famille marchande ont vu les registres de ses premiers voyages.
— Le capitaine Nestef dit que ça ne tient pas debout d’équiper le Chathrand ici alors qu’Etherhorde est à seulement six jours, dit Pazel. Il dit qu’il y a des constructeurs navals à Etherhorde qui s’entraînent depuis des années uniquement pour œuvrer sur le Chathrand.
— On les a amenés ici depuis la capitale.
— Mais pourquoi ? Le capitaine Nestef dit qu’Etherhorde sera leur première escale de toute manière. 
— Ta curiosité est en parfaite santé, dit Chadfallow d’un ton pince-sans-rire.
— Merci ! dit Pazel. Et après Etherhorde, où l’enverront-ils ?
Le docteur hésita.
— Pazel, dit-il enfin, que te reste-il de nos leçons d’autrefois, en Ormael ?
— Tout. Je sais nommer tous les os du corps, les six genres de bile, les onze organes, et les tubes dans vos entrailles…
— Je ne parle pas d’anatomie, dit Chadfallow. Souviens-toi de ce que je t’ai dit sur la politique. Ce que tu connais au sujet des Mzithrins, nos grands ennemis de l’ouest.
— Vos ennemis, ne put s’empêcher de répondre Pazel.
La voix du docteur se fit sévère.
— Tu n’es peut-être pas encore un citoyen d’Arqual, mais ton sort dépend de nous. Et les tribus mzithrinies attaquaient Ormael depuis des siècles avant notre arrivée.
— D’accord, dit Pazel. Ils ont essayé de nous détruire pendant des centaines d’années mais ils n’ont pas pu y parvenir. Vous avez réussi en deux jours.
— Ne parle pas sans savoir, mon garçon ! Si les Mzithrins avaient voulu s’emparer de ton petit pays, ils auraient pu y parvenir plus vite que nous. Au lieu de cela, ils ont choisi de le saigner discrètement et de le nier à la face du monde. Maintenant, prouve-moi que tu prêtais attention à mon enseignement. Qui sont les Mzithrins ?
— Un empire de fous, dit Pazel. Franchement, c’est de quoi ils avaient l’air en vous écoutant. Fous de sorcellerie, de démons et de rites anciens et vénérant les morceaux d’un Coffret Noir. Dangereux aussi, avec leurs flèches sifflantes et leurs tirs d’œufs de dragon, et cette guilde de pirates saints, quel est son nom déjà ?
— Sfvarntskor, dit Chadfallow. Mais ce n’est pas le sujet. Les Mzithrins sont une pentarchie : un pays gouverné par cinq rois. Pendant la dernière guerre, quatre de ces rois ont condamné Arqual en tant que fléau, demeure des hérétiques, serviteur des abîmes. Mais le cinquième n’a pas affirmé de telles choses. Et la mer l’a englouti.
Un cor sonna de l’autre côté de la baie.
— Nous sommes presque arrivés, dit Pazel.
— Est-ce que tu m’écoutes ? dit Chadfallow. Le cinquième roi s’est noyé parce que les canons arqualis ont coulé son navire. Il ne nous a jamais condamnés – et pourtant ce fut le seul à être tué. Est-ce que cela ne te paraît pas étrange ?
— Non, dit Pazel. Vous tuez qui vous voulez.
— Et tu persistes dans cette coquinerie têtue, alors qu’en fait tu n’es pas des plus pertinents.
Pazel lança un coup d’œil furieux par-dessus son épaule. Il pouvait supporter quasiment tous les affronts excepté ceux faits à son intelligence : parfois, il lui semblait que c’était la dernière des choses dont il pouvait être fier.
— Je demande où va le Chathrand, dit-il et vous me parlez des Mzithrins. Est-ce que vous m’écoutez ? Il devenait sarcastique, mais il n’en avait cure. Ou peut-être est-ce votre réponse. Le navire rend une petite visite à vos « grands ennemis », les Rois de Mzithrin.
— Pourquoi pas ? demanda Chadfallow.
— Parce que c’est impossible, annonça Pazel.
— Ça l’est ?
Le docteur devait être en train de le taquiner. Arqual et les Mzithrins luttaient depuis des siècles, et la dernière guerre avait été la plus sanglante de toutes. Elle s’était terminée quarante ans plus tôt, mais les Arqualis détestaient et craignaient toujours les Mzithrinis. Certains terminaient leur prière du matin en se tournant vers l’ouest pour cracher.
— Impossible, commenta Chadfallow, l’air songeur, secouant la tête. Voilà un mot que nous devons tenter d’oublier.
À cet instant, la voix du maître d’équipage retentit : « Gare maritime ! »
Le bavardage cessa ; hommes et garçons se précipitèrent à leur poste. Pazel devait, lui aussi, y aller – les ordres étaient les ordres – mais Chadfallow l’agrippa fermement par le bras.
— Ta sœur est en vie, dit-il.
— Ma sœur ! s’écria Pazel. Vous avez vu Neda ? Où est-elle ? Est-elle saine et sauve ?
— Doucement ! Non, je ne l’ai pas vue, mais j’en ai l’intention. Et Suthinia est, elle aussi, en vie.
C’était tout ce que Pazel pouvait faire pour ne pas crier à nouveau. Suthinia était sa mère. Il avait craint que toutes deux ne soient mortes dans l’invasion d’Ormael.
— Depuis combien de temps les savez-vous vivantes ?
—  Tu ne dois plus poser de questions. Pour le moment, elles sont en sécurité – si tant est que quelqu’un puisse l’être et il n’y a pas de certitude. Si tu désires les aider, écoute bien. Ne te rends pas à ton poste. Ne va, sous aucun prétexte, dans les ponts inférieurs de l’Eniel ce soir.
— Mais je suis préposé aux pompes !
— Tu n’iras pas.
— Mais, Ignus – ah !
La main de Chadfallow s’était convulsivement resserrée sur le bras de Pazel.
— N’utilise jamais mon nom, mousse ! siffla-t-il, toujours sans regarder Pazel, mais indubitablement furieux. Ai-je été un fou, alors ? Un fou depuis cinq ans maintenant ? Ne réponds pas à ça ! Dis-moi seulement : as-tu fait escale à Sorrophran ?
— O… Oui.
— Alors, tu sais que si tu mets un pied en dehors du quartier du port, tu deviens une proie rêvée pour les Scintillants, payés trois pièces d’or pour chaque garçon ou fille qu’ils envoient dans les Colonies Oubliées, à vingt jours de marche à travers la steppe ?
— Je suis au courant pour les Scintillants, et cet endroit horrible ! Mais ça n’a rien à voir avec moi ! Ils me gardent à bord ce soir et nous prenons la mer au lever du soleil !
Chadfallow secoua la tête.
— Souviens-toi seulement que les Scintillants ne peuvent rien te faire dans le port. Reste loin de moi maintenant, Pazel Pathkendle, et surtout, reste sur le pont ! Nous ne nous reparlerons plus.
Le docteur se drapa dans son caban et se dirigea vers l’arrière. Pazel pouvait déjà sentir la catastrophe arriver. La première règle de survie pour un mousse était « sois rapide » et Chadfallow l’obligeait à la briser. Le capitaine Nestef ne l’avait pas encore remarqué, mais les marins ordinaires, se dépêchant d’exécuter leurs propres tâches, le regardaient fixement comme s’il était fou. À quoi pensait ce garçon ? Il n’avait pas l’air malade, il n’était pas tombé des bouts de vergue, il se tenait seulement là.
Pazel savait ce qui allait se passer ensuite, et ça ne manqua pas. Le second, passant en revue ses hommes du pont supérieur, arriva jusqu’à Pazel et le fixa avec un regard scandalisé. 
— Muketch ! rugit-il. Est-ce que tu es souffrant ? Descends de là ou j’écorche ta peau d’Ormali !
— Compagnon de bord, Monsieur !
Pazel courut à toute allure vers l’écoutille principale, mais il s’arrêta en haut de l’échelle. Il n’avait jamais désobéi à Chadfallow. Il regarda autour de lui, à la recherche d’un autre mousse – peut-être pourraient-ils échanger leur tâche ? – mais ils se trouvaient tous sur les ponts inférieurs, où il aurait dû être également. Bientôt, ils remarqueraient sa disparition, enverraient quelqu’un le chercher, et il serait sévèrement puni pour avoir désobéi aux ordres. Et comment pourrait-il s’expliquer ? Lui-même ne comprenait pas.
Prêt à tout pour se dissimuler, Pazel repéra une aussière soigneusement roulée à bâbord, près du bastingage. Il déroula furtivement l’épaisse corde, puis commença méticuleusement à l’enrouler à nouveau. Maintenant, il aurait au moins l’air occupé. Les nouvelles de Chadfallow le mettaient dans tous ses états : sa mère et sa sœur, vivantes ! Mais où pouvaient-elles bien être ? Cachées dans l’Ormael en ruines ? Vendues comme esclaves ? Ou bien s’étaient-elles dirigées vers les Terres sans Couronne, se glissant hors de portée de l’Empire ?
Soudainement, Pazel se sentit malade. La tête lui tourna et sa vision se brouilla. Le goût du mauvais thé lui remonta dans la bouche. Il trébucha et renversa à nouveau l’aussière.
Ignus, que m’avez-vous fait ?
L’instant suivant, la sensation avait disparu. Il allait bien – mais quelqu’un ricanait derrière lui. Pazel se retourna pour voir Jervik le désignant du doigt, d’un air triomphant.
— Je l’ai trouvé, Monsieur ! Il a quitté son poste ! Et il a renversé cette glène exprès, pour prolonger ses vacances ! Obligez-le à le faire, M. Nicklen, ça oui !
Le bosco, Nicklen, s’avança d’un pas traînant dans le dos de Jervik, renfrogné. C’était un homme lourd, au visage rougeaud, aux yeux fuyants, soulignés de poches flasques pareilles à des traces de doigts dans de la pâte à pain. Normalement, il traitait Pazel passablement bien, agissant comme Nestef – mais le cordage était déployé un en amas accusateur, et quand Nicklen demanda si Jervik disait la vérité, Pazel serra les dents et hocha la tête. Derrière l’officier, Jervik fit une tête semblable à celle d’une grenouille souriante.
— Bien, dit le maître d’équipage. Va-t-en, Jervik. Et en ce qui vous concerne, Mr. Pathkendle, vous avez de la chance. Vous devriez être fouetté pour avoir voulu couper court à votre corvée. Au lieu de cela, vous allez seulement m’accompagner.


Quarante minutes plus tard, Pazel ne se sentait pas particulièrement chanceux. Il avait commencé à pleuvoir, et il se tenait dans une rue de Sorrophran à demi-inondée sans chapeau (Il était resté dans sa boîte sur l’Eniel), en écoutant les bruits sourds des violons, des accordéons, et des éclats de rire à travers le mur de pierre de la taverne voisine. C’était la punition absurde de Nicklen : l’attendre là comme un écolier puni pendant que le maître d’équipage buvait son salaire.
Pazel maudit Jervik, et ce n’était pas la première fois. Il se trouvait toujours dans le quartier portuaire, et donc à l’abri des Scintillants en maraude. Mais si Pazel connaissait le mousse plus âgé, il raconterait au second ce qui s’était passé sur le pont et Pazel aurait tout de même droit au fouet.
Pazel avait fait mention de ses soupçons à Nicklen, comme ils traversaient la ville en marchant. La réponse du maître d’équipage avait été étrange : il avait dit à Pazel d’oublier qu’il ait jamais connu un idiot nommé Jervik.
— Monsieur Nicklen, avait continué Pazel (le maître d’équipage supportait ses bavardages ce soir), est-ce que le Chathrand est rapide ?
— Rapide ! avait-il dit. Il pousse de sacrés hurlements par grands vents ! La difficulté, c’est de les trouver en quantité. Les petits bateaux peuvent faire mieux avec une brise légère, tu ne le sais pas ? C’est pourquoi sa Suprématie aime ses petites canonnières. Il aime aussi ses grosses, remarque. Et celles de taille moyenne. En ce qui concerne le Chathrand, il rêve d’un vent qui coulerait un navire normal. Je suppose que la Nelu Peren lui maintient les ailes rognées. 
La Nelu Peren, ou Mer de la Tranquillité, était l’unique océan sur lequel Pazel ait jamais navigué. Il était loin de se montrer docile parfois, mais il était bien plus facile à dompter que la Nelu Rekere (ou Mer Étroite) qui l’entourait. Au-delà des archipels du sud, s’étendait la Nelluroq, ou Mer Dominante, la plus éloignée de toutes.
Les légendes parlaient de grandes îles, peut-être de continents entiers, dissimulés dans son immensité, remplis d’animaux bizarres, et de gens qui avaient jadis commercé et parlementé avec le Nord. Mais les siècles s’étaient écoulés, et les grands navires avaient disparu un par un, laissant seulement le Chathrand. Quelles que soient les terres qui se trouvaient là-bas, elles avaient également été submergées par les tempêtes de l’oubli.
— De toute façon, dit Nicklen, à notre époque, il n’a pas besoin de voler sur les flots. Ce n’est plus un navire de guerre.
À la mention de la guerre, les pensées de Pazel avaient rebondi à nouveau.
— Est-ce que vous avez fait la dernière guerre, Monsieur Nicklen ? demanda-t-il. Je veux dire, la grande guerre.
— La Seconde Maritime ? Oui, mais seulement en tant que jeune gargoussier. J’étais plus jeune que toi quand elle s’est terminée.
— Est-ce que nous avons réellement éliminé l’un des Rois Mzithrinis ?
— Oui ! Le Shaggat ! Le Shaggat Ness et ses fils bâtards, et aussi son sorcier. Une grande bataille nocturne, pour sûr. Leur navire a coulé, corps et biens, pas très loin d’Ormael, comme tu dois le savoir. Mais on n’a jamais retrouvé une seule trace de ce navire. Shaggat, mon gars – ça veut dire le Dieu-Roi chez ces chiens.
— Mais était-il… amical envers Arqual ?
À ces mots, Nicklen s’était retourné pour considérer Pazel avec stupéfaction.
— Est-ce que c’est une blague, Monsieur Pathkendle ?
— Non, Monsieur ! dit Pazel. J’ai juste pensé… Je veux dire, on m’a dit…
— Le Shaggat Ness était un monstre, l’interrompit Nicklen. Un démon malfaisant et fou de tueries. Il n’était l’ami d’aucun vivant en ce monde.
Pazel n’avait jamais entendu le maître d’équipage parler plus fermement. Cet effort semblait l’épuiser : il sourit d’un air gêné, tapota l’épaule de Pazel, et lorsqu’ils eurent atteint l’obstacle, il acheta au mousse un beignet au poireau et une grande tasse de bière de citrouille – deux friandises de Sorrophran. Mais il agita le doigt avant de s’en aller faire la fête.
— Sèche cette tâche, et je te noierai dans le Hansprit, dit-il. Garde les yeux ouverts, hein ? Le capitaine ne cautionne pas les noceurs.
Pazel hocha la tête, mais il savait que le maître d’équipage cachait quelque chose. Les mousses avaient rarement l’occasion de goûter à de la bière de citrouille. Qu’est-ce que Nicklen fabriquait ? Pas de la mutinerie ou de la contrebande, il était trop vieux et trop lent pour de tels crimes. Les clients, plaisantant au sujet de « la petite sentinelle » et empoignant ses cheveux mouillés de façon agaçante, ne ressemblaient pas davantage à des criminels.
Une heure plus tard, le maître d’équipage apparut avec un deuxième beignet et une vieille peau de mouton pour se protéger de la pluie. Il avait les yeux bouffis et l’air renfrogné ; tous ses vêtements eux-mêmes empestaient la bière.
— Toujours éveillé, dit-il. Tu es un bon gars, Pathkendle. Qui dit qu’on ne peut pas faire confiance aux Ormalis ?
— Pas moi, Monsieur, marmonna Pazel, cachant le beignet pour son petit déjeuner.
— Je ne les ai jamais détestés, dit Nicklen, avec une expression affligée. Je ne serais pas partie prenante d’une telle chose – j’espère que tu le sais, si j’avais le choix…
Il roula des yeux et repartit à l’intérieur du bar en titubant.
Pazel s’assit sur les marches, déconcerté. Nicklen ne pouvait pas sincèrement être soucieux au sujet du capitaine. Nestef n’aimait pas ceux qui faisaient la bringue, c’était plutôt vrai. Mais il avait mieux à faire de son temps que courir dans tous les sens sous la pluie à la recherche de son vieux maître d’équipage.
Les heures s’écoulèrent, les ivrognes allaient et venaient. Pazel était à moitié assoupi sous la peau de mouton quand il sentit quelque chose de chaud et de soyeux toucher son pied nu. Aussitôt réveillé, il se retrouva face au plus gros chat qu’il ait jamais vu ; une créature au poil roux, lisse et brillant, ses yeux jaunes regardant droit dans les siens. Il avait une patte sur les orteils de Pazel, le tapotant comme pour vérifier s’il était vivant.
— Bonjour, Monsieur, dit Pazel.
L’animal gronda.
— Oh, c’est Madame, c’est ça ? Qui que tu sois, dégage d’ici.
Il secoua la peau de mouton – et le chat bondit. Pas sur lui, mais sur son deuxième beignet. Avant que Pazel n’ait pu faire autre chose que de jurer, l’animal était hors de portée et avait pris la direction de la ruelle. Pazel se leva et se lança à sa poursuite (il avait à nouveau faim et voulait vraiment ce beignet) mais les lampes étaient éteintes maintenant, et le chat disparut de sa vue.
— Sale voleur miteux !
Alors même qu’il criait après le chat, la nausée lui revint. C’était pire qu’avant : il trébucha contre une poubelle, qui se renversa avec fracas. La saveur amère lui enduisit à nouveau la langue, et quand une voix lança des insultes depuis une fenêtre au-dessus de lui, les mots lui parurent totalement incompréhensibles. Puis, tout aussi subitement, la nausée disparut et les paroles redevinrent intelligibles :
— … dégage de ma poubelle ! Ces gamins bruyants, toujours debout aux aurores !
Furibond, Pazel retourna sur ses pas jusqu’à la taverne. Mais il s’arrêta là. C’était vrai : les oiseaux commençaient en fait à chanter. L’aube s’était levée.
Il poussa la porte de la taverne. Le serveur était vautré juste derrière le seuil, affichant une mine plutôt éméchée.
— Ouch ! Barre-toi, graine de mendiant ! La fête est finie depuis un bon bout de temps.
— Je ne fais pas la manche, dit Pazel. Monsieur Nicklen est ici, Monsieur, et je ferais mieux de le réveiller.
— Es-tu sourd ? On a vidé l’établissement ! Il n’y a plus personne ici.
— Il y a Monsieur Nicklen.
— Nicklen ? Ce rustaud de l’Eniel ?
— Heu… Ouais, c’est ça, Monsieur, c’est lui.
— Il est parti il y a des heures.
— Quoi ?
— Oui, et bon débarras ! Il s’est plaint toute la nuit. « Le docteur ! Le docteur m’a payé pour accomplir sa vile besogne ! » Personne n’a pu le faire taire.
— Quel docteur ? Chadfallow ? De quoi parlait-il ? Où a-t-il filé ?
— Doucement ! grogna le serveur. Comment le saurais-je, de quel docteur ? Mais où il allait, je le sais, à Etherhorde ! Il a dit qu’il prenait la mer avant l’aube. Il n’a pas payé non plus pour son dernier verre, ce clodo – il est sorti discrètement par la porte de derrière. Ouch !
Pazel lui sauta par-dessus. L’endroit était complètement vide. Trompé, trompé par Nicklen ! Et qu’avait entendu par hasard le serveur ? Prendre la mer avant l’aube ?
Il se dépêcha de retourner dans la rue. La pluie tombait toujours à verse sur Sorrophran, mais à l’est, le ciel noir prenait une teinte grise. Pazel reprit le chemin que Nicklen et lui avaient emprunté en courant, tourna au coin de la rue, dévala une volée de marches brisées, passa devant le chat roux en train de dévorer son beignet, se cogna contre d’autres poubelles, tourna à nouveau, et courut jusqu’au quai, comme si sa vie en dépendait.
Les pêcheurs étaient de retour de leur nuit en mer. Ils sifflèrent et rirent : « On a vu un fantôme, le mousse ? ». Il se précipita au milieu de leurs tonneaux, leurs dégorgeoirs, et leurs filets empilés. La masse gigantesque du Chathrand surgit juste devant lui, les hommes rampant dessus dans la grisaille comme des fourmis sur une bûche. Mais dans l’angle du quai derrière lui, il n’y avait pas de navire baptisé Eniel pour l’accueillir.
Il courut jusqu’à l’extrémité de la jetée des pêcheurs. Il l’aperçut dans le port, les voiles gonflées, prenant de la vitesse. Il arracha sa chemise et l’agita en braillant le nom du capitaine. Mais c’était une brise de terre et la pluie étouffait sa voix. L’Eniel ne l’entendit pas ou ne s’en soucia pas. Pazel était désormais livré à lui-même.


Ô Homme, dit Aslan, voici Cair Paravel aux quatre trônes, et sur l'un d'eux tu dois siéger en tant que roi.

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#9 21/04/2008 12:18:46

Valashu
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Bravo pour la traduction, quand je vois le niveau ça a pas dû être de la tarte.  wink
Il faut remercier qui pour ça ?

J'avais trouvé que le premier chapitre mettait tout de suite dans le bain, j'étais aussi impatient que Pazel de voir le Chathrand.  smile


And Bilbo wished again and again for his nice bright hobbit-hole. Not for the last time.

Bilbo The Hobbit

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#10 21/04/2008 13:13:23

zedd
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Excellente initiative!
Merci beaucoup!
Il me tarde de voir ce roman en France!

Zedd

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#11 22/04/2008 08:55:30

Pumila
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Merci beaucoup pour la trad. C'est appétissant, celui-ci est noté pour la parution.


L'éclat des épées que les Noldor tiraient des fourreaux était semblable à l'embrasement d'un champ de roseaux ; et si féroce et vive fut leur attaque que les plans de Morgoth faillirent être déjoués.

Les enfants de Hùrin

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#12 01/05/2008 14:01:05

Gillossen
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Alors là, j'ai comme un vieux doute, parce que j'ai envoyé le texte de la critique, et du résumé, avant mon départ en vacances...  huh

Sinon, la trad "vite faite", je confirme, est de ma pomme. smile


Can I Interest You In A Comfy London Apartment At 221B Baker St.?

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#13 04/05/2008 19:06:25

Valashu
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Et voici la critique de Gillossen :  smile

arrow The Red Wolf Conspiracy

Dernière modification par Valashu (04/05/2008 19:11:12)


And Bilbo wished again and again for his nice bright hobbit-hole. Not for the last time.

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#14 04/05/2008 19:10:59

Publivore
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Gillossen a écrit:

Alors là, j'ai comme un vieux doute, parce que j'ai envoyé le texte de la critique, et du résumé, avant mon départ en vacances...  huh

Sinon, la trad "vite faite", je confirme, est de ma pomme. smile

La voilà avec un peu de retard !

arrow http://www.elbakin.net/fantasy/cycle/le … thrand-243

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#15 04/05/2008 21:17:30

belgarion
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Merci donc pour la traduction  ET la critique qui arrive à point nommé pour confirmer ma bonne impression initiale. La note est élevée mais en même temps la critique réaliste pointe du doigt les différents défauts tout en exaltant les points positifs comme le Chathrand ou encore l'enthousiasme de l'auteur. La comparaison avec Pullman et Lynch, riend e moins, est des plus alléchante et place la barre très haut dans mes espérances pour cette trilogie.
La question qui se pose est: VO oui j'attends la VF? wink


"Les enfants croient que tout est possible,
Les jeunes pensent qu'il leur est possible de tout faire,
Les adultes s'efforcent de faire leur possible,
Les vieux ont l'impression d'avoir couru après l'impossible toute leur vie."  PIerre Bordage, Terra Mater

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#16 05/05/2008 08:53:24

Pumila
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Merci pour la critique. Malgré quelques réserves, il semble que ce premier tome révèle un potentiel intéressant. J'avoue ne pas avoir plus envie que ça de rajouter un ouvrage dans lequel les aspects maritimes seraient très importants dans ma pile actuelle (qui contient déjà les Aventuriers de la mer 7-8 et Des horizons rouge sang), mais d'ici la VF, j'ai le temps de changer d'avis.


L'éclat des épées que les Noldor tiraient des fourreaux était semblable à l'embrasement d'un champ de roseaux ; et si féroce et vive fut leur attaque que les plans de Morgoth faillirent être déjoués.

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#17 05/05/2008 09:29:51

zedd
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Merci pour la critique et la traduction de l'extrait!
Dès que la VF sort, je tenterais l'expérience. L'allusion à un "Bâteau-Cité" me plaît beaucoup... smile

Zedd

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#18 05/05/2008 13:14:11

Gillossen
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Merci pour vos réactions ! smile


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#19 07/05/2008 16:50:55

Drizzt Do Urden
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Je dois dire que le côté "ado" qui ressort malgré tout dans la critique me rebute un peu, mais puisque la VF est visiblement censée arriver dès l'année prochaine... smile

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#20 19/10/2008 13:45:41

Gillossen
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Re: Critique ! [Le Voyage du Chathrand]

Des nouvelles du 2  ! smile

Betsy Mitchell, éditrice a écrit:

Currently British editor Simon Spanton, agent (and former editor) John Jarrold, Del Rey editorial assistant Kaitlin Heller and myself have all just finished commenting on the first draft of Robert V. S. Redick’s fine The Rats and the Ruling Sea, sequel to the upcoming Del Rey title The Red Wolf Conspiracy (already out in the U.K. from Orion). The author was therefore gang-edited; nevertheless he was grateful for the comments and eager to incorporate them into his next draft. Wise move, Mr. Redick—may success be yours!


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