#421 05/10/2013 22:23:51

Shyng
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Re: Autres lectures !

NB MODOS ON : Jaimerais partager ceci. Je mets le post dans Adaptation fantasy . Si les modos estiment quil ny a pas sa place ; libre eux de le dplacer.
Ce nest pas une BD fantasy: cest un one-shot fantastique !
Cest un forum de fantasy, de fantastique, de SFmais mon humble avis, cette perle y a sa place.
NB MODOS OFF.


@ Speedi Crafty:  C'est ta tourne! mrgreen

Je nai pas la prtention de maffirmer BDphile. Mais cette perle mrite dtre partage.

a t La dcouverte de lt : Lorenzaccio de Rgis Penet aux ditions 12Bis.
http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_140114.jpg

lien Amazone : Amazone Lorenzaccio Penet

Les couvertures spectaculaires sont foison, les contenus parfoisdoivent. Ici, Penet offre 90 pages magnifiques. Un drame en peinture.
Lhistoire ? Ladaptation de Lorenzaccio, la pice crite par Alfred de Musset. En bonus ? Des extraits du pome La Nuit de Dcembre du mme auteur. Et pour couronner le tout Penet partage ses recherches graphiques sur le perso dans les planches finales.

Cest un rgal : Sombre, potique, fin, dramatique.
Adapter un chef duvre est un exercice prilleux. Mais Penet a capt lessence de lhistoire et livre son interprtation. Il change le cadre,  des personnages et nous restitue leur intensit avec grande finesse.

Vous aimez les beaux dessins, ceux qui ont su chapper au formatage de masse?
Vous aimez les scnarios denses, les personnages intenses ?
Vous aimez les allers retours entre le texte et limage ?
Foncez !
big_smile

Cest le genre de bouquin quon achte pour garder. Pour relire tantt.

Le boulot du scnariste dessinateur est dune virtuosit jubilatoire: Lorenzaccio est un personnage complexe, peu ais rendre, encore moins raconter. Un anti-hro en demi-teinte assoiff de la puret quil a lui-mme sacrifi ses idaux nafs. Lorenzaccio jongle avec les masques de la nature humaine : les siens et ceux des autres. Lorenzaccio veut faire chuter le tyran, et quimporte qui ou quoi sombrera aussi dans labme. Cest devenu le refuge de ce hros de lombre.

Pour ceux qui ne connaissent, inutile de lire la pice pour savourer pleinement.
Pour les aficionados de Musset, cest bluffant.

Penet fait mieux que matriser les ressorts de la pice, il lpure.
Oui, ce nest pas du mot mot. Oui, il y des variations par rapport loriginal. Oui, Penet propose sa version. Il dploie lintrigue en plein Carnaval, dans une Florence baroque de costumes et de masques. Les rapports de force entre les Mdicis, lEmpire et la nouvelle Florence restent un cadre, une sourdine. Ici, place aux humains

Une pice de thtre en BD, cest os
Et fichtrement russi.

Graphisme et texte sont beaux : cadrage, trait, colorisation, dialogues. On se croirait au cin. Les passages de La Nuit de Dcembre viennent comme en contrepoint. Note haute et isole. Comme le chant dun cur fl.

Quelques minutes de recherches Google pour vous donner une ide :

De la qualit des planches (les 12 premire lire, a vaut mieux que 1000 mots wink ): Lorenzaccio_12 planches du dbut dcouvrir

D'autres critiques : Critique de bdgest.com et  Critique Plante BD et d'un blog d'un lecteur qui en parle mieux que moi Blog versatile

Deux choses bien noter :
-le visuel du personnage de Lorenzaccio peut surprendre : Penet fait le choix dun androgyne ple (au visage de rock star diront certains).
-Cette BD se lit. Mme dans les ellipses, cest dense. Il y a de subtils chos entre texte et dessin. Prvoir la lecture comme un moment o sy consacrera fond. Prendre le temps pour y plonger et savourer. Une attention superficielle ne lui rendra pas justice. Ce nest pas une BD tourne page.


a vous parait dithyrambique ?
Lisez-la et jose esprer  que vous partagerez mon enthousiasme.
Cest brillant.

@ Rgis Penet ( si tu rdes ici bas rolleyes), That work is a masterpiece. Thank you!

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#422 05/10/2013 22:49:24

Foradan
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Re: Autres lectures !

Dans le choix du sujet, ici nous considrerons que c'est sans doute une adaptation, mais pour la fantasy...

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#423 05/10/2013 22:58:53

Shyng
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Re: Autres lectures !

@ Foradan: "pour la fantasy" : Je sais bien, c'est juste que ce bidule est formidable!

Sinon, je me doutais  que le post serais dplac. Et vu que j'avais pas la moindre ide . Faire un nouveau post  semblait + simple pour qu'un modo puisse le mettre direct au bon endroit... d'o l'en-tte.
Donc merci! smile

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#424 06/10/2013 00:25:06

John Doe
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Re: Autres lectures !

J'avais lu les Nuits corches de cet auteur, dont le 1er diptyque tait trs bon, le tome 3 un peu moins, mais pas mal quand mme.

Merci pour cet clairage.wink


Better a life like a falling star, brief and bright across the dark, than the long, long waiting of the immortals, loveless and cheerlessly wise   - The Broken Sword - Poul Anderson               
Que sommes nous, tous autant que nous sommes, sinon des spectres disparaissant dans la nuit ? - Le Crpuscule du Dieu Gris - R.E. Howard

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#425 06/10/2013 12:41:34

Speedi Crafty
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Re: Autres lectures !

Whaou, c'est vraiment beau!
En cours on regarde la pice joue, et le personnage de Lorenzaccio est interprt par un type qui le joue trs effmin, a ne m'tonne pas tellement de le voir aussi androgyne dans la BD, en plus il a t jou par Sarah Bernardt happy


"But I'm not broken, in my dream I win.
In here I'm nothing, a cosmic castaway." Cosmic Castaway-Electrasy.

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#426 06/10/2013 23:27:22

Shyng
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Re: Autres lectures !

@ Speedi Crafty:

Le personnage de Lorenzaccio est interprt par un type qui le joue trs effmin, a ne m'tonne pas tellement de le voir aussi androgyne dans la BD

Dans la pice elle-mme, Lorenzo n'est pas un perso 'matcho man'. Maintenant, si tu rflchis son but rel (assassiner le Duc Alexandre) cela devient logique. Alexandre a tout d'une brute mais n'est pas tyran qui veut. Le Duc est d'un soudard, mais pas un imbcile. Et il se ballade en permanence armur. Politiquement et pragmatiquement, il est intouchable. Comment l'approcher? Comment endormir sa mfiance? Jouer au mignon effmin permet Lorenzo de pas tre identifi comme dangereux...

De plus, ils sont cousins. Lorenzo est le vritable prtendant au trne. Sans sa couverture de mauviette dbauche, il ne ferait pas long feu. Alexandre l'aurait immdiatement limin. Mais justement, voir Lorenzo se comporter en Lorenzino/ Lorenzetta (surnom trs injurieux) flatte les instincts d'Alexandre. Assister la dchance du vrai Mdicis doit particulirement lui plaire. Une victoire de plus...

"en plus il a t jou par Sarah Bernardt"

blink! Srieusement?  Pourquoi pas, aprs tout. Le talent ne sarrte pas aux genres. Reste voir son interprtation....
J'ai en mmoire une image de Lorenzo en costume de scne, faon Mucha/ Art Nouveau : grand vtement/toge brun pliss tombant. L'image est reprise dans la BD (scne chez les Strozzi, reflet  dans la fontaine).
Du coup je me demande maintenant si c'tait Sarah Bernhardt qui le portait....


@ John Doe : Je ne connais pas le reste du travail de Penet, mais c'est certain que j'irais jeter un coup dil. J'avais repr Les Nuits corches. Tu confortes cette ide. Thanks.

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#427 20/10/2013 23:58:45

Littlefinger
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Re: Autres lectures !

Un mot sur un livre, mon sens, essentiel : La Supplication de Svetlana Alixievitch:

26 avril 1986 1 h 23.
Centrale nuclaire sovitique de Tchernobyl. Un terrible accident se produit provoquant la fusion du racteur N4. Les retombes sont quivalentes 400 fois celles de la bombe atomique d'Hiroshima. A 3km de l, la ville de Pripyat, de 21 000 habitants, entoure de nombreux villages. A une centaine de kilomtres, la capitale de l'Ukraine : Kiev. Une catastrophe sans prcdent vient d'avoir lieu et ce qui suivra, sa gestion par les Russes, le traitement des survivants, les mensonges honts qui seront profrs conduiront un des plus grand crimes de lhistoire de l'humanit. Trente ans plus tard, les choses n'ont gure boug et c'est seulement l'anne dernire qu'est sorti timidement un film sur l'aprs-Tchernobyl, l'excellent "La Terre Outrage".

Pour honorer la mmoire des survivants et tmoigner devant l'histoire, Svetlana Alexievitch a interviewer des rescaps de la catastrophe. Liquidateurs, femmes de liquidateurs, enfants, cadre du parti, militaires, chasseurs, simples habitants... La supplication regroupe leurs voix, jamais figes dans l'ambre. Pour mieux comprendre la chose, l'auteur s'efface derrire les tmoignages et ne fait que les organiser, comme un fleuve de monologues terribles et terrifiants mais surtout incroyablement touchants. Sans vouloir juger, Alexievitch tente un travail de mmoire comparable ce qui se fait sur la Shoah. En 250 pages et des dizaines de tmoignages, La supplication forme un choeur maudits d'enfants terribles.

Dans ce document, vous croiserez ceux qui ont vu et qui ont combattu Tchernobyl. Ces fantastiques tmoignages, fruit d'un long travail, rassemblent tellement de choses que la densit finale de l'ouvrage effraie. On y retrouve d'abord la peur, indicible et terrible, une peur incroyable d'un ennemi invisible qui ronge les chairs et l'esprit. Mais aussi la peur du mammouth sovitique, de cette chape de plomb politique qui se dploie sur la tte des victimes. Dans ce monde o la fin de l'atome pacifique concide avec la fin de l're communiste, on retrouve la perte des illusions, des innocences, la perte mme de l'espoir. On dcouvre non seulement avec horreur l'immense injustice et solitude des victimes mais aussi l'oubli pur et simple du sacrifice humain.

La Supplication parle de a, de l'humain. Il parle de la lente dsagrgation de l'humanit devant l'horreur qu'il a cr. Rapidement, le lecteur se sent rvolt, dgot devant ces gens, ces "terroristes" qui nous vendent de l'atome et du nuclaire comme l'nergie suprme. Puis c'est simplement l'horreur qui s'impose, l'affliction. Devant nos yeux, les mots des femmes des liquidateurs, ces sacrifis abandonns qui meurent lentement rongs par la radiation. Une prime de 500 roubles, un diplme et un cercueil de bton. Voil toute la grandeur communiste. Difficile de toute retranscrire, de faire passer l'motion immense de ces rcits quasi post-apocalyptiques. Difficile aussi parfois de continuer lire comme lorsque cette pouse parle de son jeune mari, un pompier de garde qui est appel en pleine nuit pour teindre le feu qui s'est dclar la centrale nuclaire et qui y part, avec ses amis, ses collgues, dans une tenue de tissu et avec son courage et qui verse de l'eau sur des dizaines de tonnes de matriaux radioactifs incandescents...pour agoniser 14 jours durant sous les yeux de sa jeune pouse, littralement transform en monstre. Difficile aussi de lire le combat vain et drisoire de ce directeur d'institut nuclaire pour sauver son peuple... Vraiment difficile. Mais ncessaire.

Chacun trouve dans ces pages un bout d'ternit, du secrtaire incapable de justifier de ses mensonges jusqu'aux enfants en bas ge qui voient leurs copains mourir alors mme qu'ils agonisent. tonnamment, c'est aussi l'incomprhension qui rgne dans La Supplication, face une menace invisible et inodore. Les comparaisons avec la Guerre reviennent sans cesse mais celle-l de Guerre... le peuple sovitique l'a perdu. En fait, il semble mme ne jamais l'avoir comprise. Comme nous autres Occidentaux, encore en train de nous demander si le Nuclaire est une mauvaise ou une bonne chose, cela mme alors que les Japonais payent galement le prix fort. L'humain semble dfinitivement fou et dans la Supplication, ce sont les cris dsesprs des mres et des pouses qui rsonnent, ces rcits bouleversants de malheurs et de douleurs qui appellent dsesprment au souvenir, la raison. Svetlana Alexievitch fait preuve d'une humilit sublime, et sefface derrire les tmoins, elle agit en architecte consciencieuse et honore, enfin, la vie et la mort des "Tchernobyliens".

La Supplication renvoie, en un sens, Si C'tait un homme de Primo Levi. Tous les deux parlent d'un crime indicible mais aussi de l'humain broy par l'homme. Mais si Primo nous raconte son histoire, Svetlana nous rapporte celle de son pays, de son peuple. Pour l'un comme pour l'autre, une conclusion s'impose : il faut les lire, il faut se souvenir. Et par-dessous tout, agir.
A lire d'urgence.



Si le sujet vous intresse, je vous enjoins vous procurer/voir les choses suivantes :

- La Terre Outrage de Michale Boganim qui parle de la Zone l'heure actuelle
- L'excellent documentaire La Bataille de Tchernobyl sur la catastrophe ( http://www.youtube.com/watch?v=93pvk9LiMxM )
- L'album-photo du reporter Igor Kostine.
- Le documentaire Into Eternity sur le stockage des dchets nuclaires, un des plus grands films de "SF" (hum) et un documentaire ttanisant.

Dernire modification par Littlefinger (21/10/2013 00:02:28)

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#428 25/10/2013 16:17:30

20000jours
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Re: Autres lectures !

Dernire lecture : "La bouffe est bonne Fatchaculla", de Ned Crabb -  Folio Policier.

Pas de quartier Fatchakulla ! a dpiaute sec, on tripe tout va au dtour des chemins sous la lune. Des marcages montent d'tranges ronronnements gnralement suivis de dcouvertes macabres. Du plus fieff salaud du canton d'autres proies plus dlicates (quoique !), les victimes s'accumulent au fur et mesure qu'un tre mystrieux les lacre, les mange puis les parpille aux quatre vents. Une tte par-ci, un bout de bras par-l... Fatchakulla, jusque-l connu pour ses dgnrs consanguins et ses alligators, s'est trouv une autre spcialit. Les habitants crvent de trouille. On parle de fantmes et d'esprits et tout le monde semble pouvoir y passer.

Un polar vraiment frais et dlirant, que je recommande.

Sinon j'approuve Littlefinger pour le Alixievitch.
C'est une problmatique qui nous travaille, logiquement, en ce moment. Je veux dire au-del de la rgion de Technorbyl (qui certes appartient davantage l'ternel prsent qu'au pass), par exemple sur le mode de la crise : "que se passe-t-il ici et ailleurs (surtout ici, la France championne en nombre de racteurs par habitants) avec les racteurs si un moment les institutions se dlitent, si l'entretien est de moins en moins srieux (cf plusieurs reportages rcents et affligeants sur les travailleurs nomades du nuclaire) ?
J'ai lu un roman SF rcent qui aborde cette hypothse, mme si a n'est pas son sujet principal, l'Ile de de France dans 100 ou 150 ans avec en toile de fond ces espces d'entits mort-vivantes (les racteurs), et j'ai eu la dsagrable sensation que a pourrait ne pas tre un futur si lointain. Mais bon, a se jouera pile ou face je suppose (ceci dit pour laisser en paix le survivaliste qui sommeille en moi).

Dernire modification par 20000jours (26/10/2013 03:14:03)

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#429 08/01/2014 07:22:09

zygo
sombreslip
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Re: Autres lectures !

Je viens de finir Chroniques de Jrusalem et Pyongyang, deux BD du canadien Deslile.
Trs bonne lecture ou comment dnoncer, derrire un faux air candide et humour " naf, des situations politiques compliques et absurdes. Je suis en train de lire Chroniques Birmane du mme auteur et a semble tout aussi bon!

A noter que Chronique de Jrusalem gagner le fauve d'or Angoulme en 2012 tout de mme!!!!


Je me presse de rire de tout, de peur d'tre oblig d'en pleurer- Beaumarchais

Lecture en cours: Vous croyez vraiment que j'ai le temps avec deux enfants en bas ge!!!

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#430 08/01/2014 13:26:46

Karine des chats
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Re: Autres lectures !

je n'ai aps lu chroniques de Jrusalem..merci de m'y faire repenser ! smile Pyongyang: j'adore ! le pire c'est que la BD date un peu et mis part le nom du dirigeant les choses ne semblent ne pas avoir chang... Birmanie est bien aussi, ainsi que Shenzen mais si je les trouve moins bon que Pyongyang.


toujours en qute d'une lecture...
lecture en cours: Le Paris des merveilles
http://booknode.com/karine-des-chats_2978204

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#431 30/01/2014 18:58:23

Zaebas
Elbakinien d'Or
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Re: Autres lectures !

Je viens rarement parler des livres que j'ai ador mais il me semble qu'il faudrait que vous jetiez tous et toutes un il au livre de J.J. Abrams qu'il a crit avec Doug Dorst.

On parle d'un livre dans le livre avec plein de fac-simils qui est particulirement bien foutue. Je ne vous invite pas l'acheter encore car je viens tout juste de me plonger dans sa lecture, mais allez le feuilleter chez votre libraire car c'est vraiment un livre-ovni.

Cela se nomme S. et c'est paru chez Michel Lafon aujourd'hui !

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#432 02/03/2014 00:21:36

Littlefinger
Elbakinien d'Argent
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Re: Autres lectures !

Hop, le livre qui m'a retard pour la lecture de Manesh (dsol Gillo !), Le Diable Tout le temps de Donald Ray Pollock :


Grce la Salle 101 (excellente mais mchante mission radiophonique sur les littratures de mauvais genre), nous voici donc devant le roman dun certain Donald Ray Pollock, intitul Le Diable tout le temps. Encens par la critique (Grand Prix de la littrature policire et vainqueur du prix Guggenheim), il ressort prsent en format poche pour notre plus grand plaisir. Pollock avait dj publi un autre roman, Knockemstiff, remarqu par la critique amricaine et qui lui avait permis dobtenir la bourse PEN. Pourtant, lhomme nest pas tout jeune, cest seulement 50 ans, aprs quelques paires dannes de travail dans une usine de pte papier, quil publie son premier roman. Lui-mme originaire de la petite ville de Knockemstiff dans lOhio, on comprend mieux non seulement le titre de son premier ouvrage mais aussi la prsence (et point de dpart) dans cette bourgade pour Le Diable tout le temps. Mais autant dire quil nest pas tendre envers la population locale. Cest ce franc-parler et ce naturalisme sauvage qui fait pourtant tout le charme du roman.

Cest en 1945 que lon rencontre Willard Russel de retour de la campagne du Pacifique, anantit par lhorreur et qui ne rve que de btir une petite vie bien lui Knockemstiff. Il tombe perdument amoureux dune serveuse, Charlotte, au grand dam de sa mre, Emma, chrtienne traditionnelle vivant Coal Creek, qui lui aurait prfr sa pieuse voisine Helen. Alors que les choses prennent forme avec la naissance du petit Arvin Russel, Charlotte tombe gravement malade et se retrouve dans les mains de Dieu. Willard dcide alors de prier et de btir son glise lui pour gurir sa femme. Alors quil senfonce peu peu dans le fondamentalisme, Emma apprend le mariage dHelen avec Roy Laferty, prdicateur excentrique toujours accompagn de son ami invalide, Theodore, avant de disparaitre et de laisser son enfant, Lenora, la charge de la vieille femme.
Dans ces petites histoires tragiques, le diable sinsinue, invisible et les destins vont se croiser avant dclater dans le sang et les sanglots.

Inutile de chercher des individus exceptionnels dans Le Diable Tout le temps puisque Pollock opte pour une vision crue et raliste de ses concitoyens, ceux qui forment la base de la socit amricaine. On y suit plusieurs histoires, successivement ou simultanment. Il y a bien entendu la famille Russel et notamment le pre, Willard, et le fils, Arvin. Mais aussi Emma, Helen, Roy, Theodore et deux psychopathes de lautoroute, Carl et Sandy. Tous (ou presque) baigne dans la mdiocrit. Mme les pires monstres que lon croise deviennent pathtiques au final sous la plume de Pollock. On pense notamment au pasteur prdateur sexuel de la semaine moiti du rcit ou au shrif incomptent et corrompu Bodecker. Monstrueux de prime abord, ces pauvres hres, malgr leurs crimes et leurs dviances, ne sont que de pitoyables parodies humaines, caricature des pires maux amricains. Tous ont par contre en commun lhorreur, quils naissent dedans (Arvin et Lenora) ou quils y renaissent (Carl et Sandy, Willard), cette horreur reste omniprsente. Homme corch vif et crucifi sur une le du Pacifique, auto-stoppeurs torturs et viols, excutions sommaires, viols et abus sexuels, la liste est longue, et Pollock nous dissmine cette horreur au fil de son rcit.

La trs grande force du rcit, cest la fois la subtile criture de lamricain, fluide, simple mais magnifique et intelligente dans le mme temps, et le refus constant de lauteur den faire des tonnes ou de dcortiquer lhorreur. Lexemple le plus parlant en reste le couple de Sandy et Carl, dont jamais on ne saura ce quils font trs prcisment aux auto-stoppeurs quils tuent, mais dont Pollock prendra un malin plaisir nous le faire entrevoir par le judas de sa narration. Au dtour de petites phrases crues et terribles, de qualificatifs inattendus et de scnes terrifiantes, il ajoute des petites touches dindicible au milieu de ce qui semble banal. Ce banal glisse invariablement vers la sauvagerie et la violence dans lunivers de lamricain, avec dabord Willard qui sachemine vers une surenchre de prires et de preuves envers Dieu pour sauver sa femme. Par le suicide ou le meurtre, les vies sachvent abruptement dans le roman, jamais sans raison dailleurs, quelles soient le fruit de drangs sanguinaires ou de lcheveau du destin et du systme vengeance/revanche. Pollack construit plusieurs arcs et fait sentrecroiser le tout trs finement avec une maestria rare, jamais lourde.

Le tableau global dress par lauteur na rien de reluisant pour lAmrique et, plus dun titre, il ne sagit pas dun roman policier mais dune uvre sur lAmrique et les amricains. En passant sur la guerre, il pose les fondements qui dicteront ses rpercussions toute une gnration de jeunes hommes traumatiss. De l, Pollock dresse des obsessions amricaines rcurrentes, comme une tendance culturelle la violence et limportance de la religion. Cette dernire joue un rle fondateur, et pour le roman, et pour les personnages, et pour lhistoire amricaine. Outil commode ou dernier refuge des dsesprs, la religion narrive jamais cacher lhorreur de lhomme qui lutilise. Pire, elle dissimule parfois les folies et les horreurs les plus pures. Mais soyons clair, jamais Pollock ne se pose en juge dans le roman, il laisse ses personnages suivre leurs vies, tisser leur chemin de malheur jusqu linvitable conclusion sanglante. Ce qui tonne dans le fond, cest le ton tout fait authentique du Diable tout le temps, avec ses dialogues incisifs et crus, au plus prs des individus et qui restitue lesprit de lAmrique profonde, de ces populations ignares et pathtiquement mchantes. Le diable se cache aussi (surtout ?) dans lignorance.

Seul Arvin fait exception dans la mdiocrit. Bien que victime corollaire de celle-ci, de par lducation parentale, il sera le seul, mme involontairement, rtablir ce qui est juste tout en y perdant son innocence et en senfonant graduellement dans la violence. Son personnage restera un des plus intressants dun rcit touffu et vritablement passionnant. Difficile de lcher le roman avant la fin, la faute cette galerie de monstres et de mdiocres qui russissent autant nous rvulser qu nous captiver. Car Pollock finit par nous les rendre attachants, ces gens simplets et volontiers sauvages, mais si humains dans le fond. Tel que la pauvre Lenora ou le pitoyable Theodore. Jamais rellement on arrivera les dtesterenfin presque (il faudrait du courage pour ne pas dtester le pasteur, avouons-le). Cest certainement l que Pollock gagne son pari, celui de nous ferrer avec des personnages tragiquement mdiocres. La conclusion en forme de retour aux origines achve de convaincre de limmense talent de lamricain puisque tout se conclut l o le plus de sang a t vers.

Quelle vision au vitriol que nous offre Donald Ray Pollock avec le Diable tout le temps ! En faisant de Knockemstiff lorigine du mal, lauteur ny va pas avec le dos de la cuillre et nous capture dans une spirale de violences absurdes toujours amplifies par des mdiocrits humaines tellement communes. Alors prenez le Diable par la main, et faites une halte avec la famille Russel dans lOhio, lAmrique vous attend.

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#433 02/03/2014 10:01:02

Zaebas
Elbakinien d'Or
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Re: Autres lectures !

Je ne sais pas si tu en as dj lu, mais si ce n'est pas le cas tu devrais te pencher sur les crits de Ron Rash, a devrait te plaire.

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#434 02/03/2014 13:40:19

Littlefinger
Elbakinien d'Argent
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Re: Autres lectures !

Ouiaip j'y ai pens, j'avais vu son dernier en librairie, Une terre d'ombre.

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#435 02/03/2014 13:53:53

Zaebas
Elbakinien d'Or
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Re: Autres lectures !

Je te conseille plutt de dbuter avec Serena qui est disponible en poche. a te donnera une ide des crits du bonhomme.

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#436 02/03/2014 16:57:30

Duarcan
Elbakinien d'Argent
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Re: Autres lectures !

Le diable tout le temps est sur ma PAL depuis la fin de l'anne passe, je vais essayer de m'y atteler rapidement.

Sinon dernirement, j'ai lu Ceux qui vous veulent du bien un collectif de nouvelles d'anticipation dans des rgimes arbitraires. Ingal comme de nombreux collectifs mais quelques perles wink

J'ai lu Sexus de Henry Miller: Je serais bien en peine de le chroniquer. Mais classique assez gnial, parfois un peu longs dans les multiples descriptions trash, teintes de fanfaronnade des rapports sexuels de l'auteur.


Its when youre safe at home that you wish you were having an adventure. When youre having an adventure you wish your were safe at home. -Thornton Wilder

Security is a kind of death. -Tennessee Williams

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#437 18/03/2014 23:59:35

Littlefinger
Elbakinien d'Argent
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Re: Autres lectures !

https://fbcdn-sphotos-e-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/t1.0-9/1932282_10203506964493588_831379071_n.jpg

En 2009, les ditions Sonatine publient un auteur anglais, Tim Willocks, jusquici cantonn au polar. Aprs stre forg une solide rputation avec des romans comme Bad City Blues ou Les rois carlates, lauteur sattaque au genre historique avec un petit pav de prs de 900 pages (850 en grand format, 950 en poche) sobrement intitul La Religion. Immdiatement ou presque, le livre reoit une pluie de louanges, le New York Times nhsitant pas le qualifier de triomphe littraire et Le Monde le consacrant comme un renouveau du genre. Sa ressortie en poche chez Pocket juste avant la parution de sa suite, Les Douze Enfants de Paris, donne loccasion idale pour dcouvrir ou redcouvrir lpope de Mattias Tannhauser.

Mais do vient ce titre en fait ? La Religion, cest lautre nom de lordre des Hospitaliers, les chevaliers chargs de protger le plerin en route vers la Terre Sainte. En 1565, le vnrable ordre dirig par linflexible La Valette, a tabli son sige sur lle de Malte aprs sa cuisante dfaite Rhodes contre les turcs de puissant sultan Soliman. Mais la rumeur enfle, une arme ottomane forte de plus de 30 000 hommes fait voile vers llot mditerranen, command par le pacha Mustapha et le grand amiral Piyale. La Valette ne dispose quant lui que de 8 000 hommes dont seulement 600 chevaliers. Alors quil organise fbrilement ses dfenses, il charge Starkey de la langue anglaise dentraner cote que cote lhomme qui les a prvenus de larrive des turcs : le mercenaire Mattias Tannhauser. Ancien janissaire, il connat mieux que quiconque ladversaire qui se profile et cest la comtesse Carla de la Penautier qui va le convaincre de quitter la Sicile pour Malte, la recherche dun fils perdu depuis des annes. Par amour et honneur, Tannhauser va alors plonger dans lenfer maltais et vivre un des siges les plus fameux de lhistoire.

Tout commence par un prologue de 22 pages permettant de dcouvrir pour la premire fois Mattias Tannhauser. Immdiatement, Tim Willocks surprend. Son criture clate ds les premires pages : ample, cisele, envotante et puissante. La force de langlais se joue dans ses descriptions tant des environnements que des penses des personnages. Le lecteur pntre ainsi de plein-pied dans un univers brutal et raliste, o la folie des hommes mais aussi les minces rayons despoir, claboussent les pages. En moins de temps quil ne faut pour le dire, lauteur capture le lecteur et le marque immdiatement avant dentamer les choses srieuses et la dcouverte des enjeux pour la bataille de Malte qui sannonce. Ce qui pate alors, cest la prcision acre de langlais pour restituer non seulement les enjeux et lambiance dsespre mais surtout tout simplement le cadre historique. On fait la connaissance de grands personnages historiques tels que La Valette ou Michel Ghisleri, que Willocks incarne avec joie et facilit, rinventant les penses et les hommes avec une aisance saisissante. On apprend des tonnes de choses en un rien de temps avant dentrer dans le cur du roman : Mattias Tannhauser.

Lautre trs grande force de La Religion, cest la galerie de personnages fictifs qui lhabite. A son sommet figure Mattias Tannhauser, un ancien membre de llite turque, les janissaires, dorigine chrtienne et dsormais mercenaire lors du sige de Malte. On dbusque alors un dfaut dans le roman, sa propension lemploi de clichs. Et pourtant, Willocks nest pas homme faire dans la facilit. La Religion reprsente la quintessence de lemploi bon escient du clich et comment, avec du talent et encore du talent, un auteur peut tout transcender. Car ce personnage un peu bateau de mercenaire orphelin au grand cur se retrouve transfigurer sous la plume de langlais. Cynique mais juste, Mattias captive totalement par ses ambiguts et son mode de pense rsultant de ses preuves passes. Il forme avec Bors de Carlisle et le duo fminin Carla/Amparo, une dlicieuse compagnie. Et le roman est remplit de ces figures extrmement fortes et attachantes qui arrachent autant de sentiments contradictoires que dmotions fortes. Ludovici Ludovico, limpitoyable inquisiteur compte galement dans ce parterre de personnalits fortes et la turbulence des motions que lon ressent envers lui ne cessera jamais de changer. Car le choix de tout ce beau monde nest jamais fait au hasard et tout fait sens en fin de compte. La double origine de Tannhauser permet Willocks dintroduire le point de vue turc avec une rare malice. Grce lui, on ctoiera quelques ennemis musulmans de lpoque, loin de clichs et des priori chrtiens des chevaliers. Pour autant, jamais Willocks ne sera complaisant avec lun ou lautre parti et cest certainement ici une des plus grandes victoires du roman.

Comme son nom lindique, La Religion parle de la foi, du dogme, des croyances et de toutes les horreurs qui en dcoulent. Willocks, au travers de Tannhauser, se livre un rquisitoire encore trs actuel contre le fanatisme qui pousse les soldats dAllah la haine des chevaliers du Christ et vice-versa. En dissertant sur le fondement mme des religions, langlais pousse rflchir en profondeur sur la nature humaine et les motivations sous-jacentes de ces idologies, de linstrumentalisation de la divinit et de la contamination galopante que semble subir les hommes la lumire des cierges ou des appels du muezzin. Tout du long, Willocks ne fait pas que raconter une grande priode historique, mais il tente, avec une grande russite, dexpliquer les racines du mal. Le regard dsabus de Tannhauser, ajout aux ignominies dont il est tmoin de chaque ct, donne un fond impressionnant au roman. Pour autant, lintrigue fantasme, calque sur les faits historiques, captive du dbut la fin des quelques 950 pages du livre. Entre complots et rsistance dsespre, La Religion offre une trame passionnante et souvent pique. Comme dj voqu plus haut, lcriture de Willocks fait des merveilles. Ainsi, au cur de Saint-Elme ou dans la troue du Grand Terre-Plein, le lecteur suffoque et souffre avec les chevaliers et les Maltais, impressionn par leur rsistance mais aussi par lacharnement ahurissant des turcs. La langue employe se fait acre et souvent brutale, les viscrations et autres amputations sauvages sont lgions, langlais ajuste ses mots la fureur des combats et il fait mouche coup sr.

A ct de cela, il y a toute la dimension humaine du conflit et de lintrigue entre Tannhauser, Amparo et Carla. Tout un volet sur lamour et lamiti, linnocence et le courage. Port par des rles fminins splendides Amparo est sublime -  Willocks voque les tourments internes de ses protagonistes avec une justesse sidrante. A ce titre, les scnes de sexe qui jalonnent le roman ajoute au talent dcrivain du britannique, capable de passer de lhorreur des instants charnels passionns et excitants souhait. Cest toujours beau et raliste, potique et bestial, passionn et passionnant. Mais plus encore, ce sont les liens entre les personnages, leur volution au gr des vnements et la faon dagencer les choses qui rendent si touchants ces hommes et femmes. Ils en deviennent tellement attachants quavec lavance du rcit et la fin qui se rapproche, le lecteur aura grand peine fermer le roman quil a entre les mains, la gorge noue de quitter ceux qui seront devenus des compagnons de route. La fin dailleurs djoue nombre dattentes, sans faire le jeu de nous soumettre un faux-suspense, elle mise encore une fois sur lempathie avec les personnages et leur volution, peut-tre moins attendue. Comme la fin de Ludivico, belle en diable et pleine de contradictions motionnelles. On sapercevra alors qu lissue de cette immense aventure, pique et intimiste souhait, Willocks a russi non seulement retranscrire avec brio une poque entire, mais aussi nous faire rflchir et nous apprendre des tonnes et des tonnes de choses, renouant avec un des plus nobles but de la littrature, lever lesprit et la culture.

Par son intelligence constante et sa beaut formelle sidrante, La Religion avait dj de quoi retenir lattention. Mais le talent de Willocks va bien au-del des esprances et il dlivre une histoire captivante et trpidante tout en questionnant le rapport de lhomme la spiritualit et au temps qui scoule. Rares sont les livres qui, lorsque referm, vous donne la sensation den ressortir grandit, et culturellement, et spirituellement. La Religion compte parmi eux et Willocks compte parmi les trs grands crivains contemporains. Alors que la suite,  Les Douze Enfants de Paris, vient de paratre, une chose est sre, vous devez plonger dans La Religion, vivre avec les chevaliers le sige de Saint-Elme et du Borgo, plonger dans les rangs des janissaires, mais surtout lire jusqu' vous noyer dans les mots. Un grand moment de littrature vous attend devant ce qui sera trs certainement un des matres-talons du genre.

Note : 9,5/10


J'ajoute pour les membres d'Elbakin que je suis convaincu que 90% des membres de ce forum adoreraient ce roman. Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas si loign de a que votre genre prfr, la fantasy. Chevaliers, charge de cavalerie, mousquets, canons, chteau... Et plus encore.
Donc je ne peux que vous incitez vous le procurer.

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#438 02/05/2014 02:48:09

Lucius
Maa
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Date d'inscription: 29/09/2013
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Re: Autres lectures !

J'ai attaqu La Religion, je n'ai lu que le prologue (par faute de temps) et c'est juste monstrueusement pique, magnifique et violent. Je ne m'attendais pas tre si vite happ par l'histoire. L'criture de Tim Willocks est vraiment splendide !
Il me tarde de lire la suite smile !


" Au rveil dune sieste jai su en un instant que jtais en vie. Ctait stupfiant, presque effrayant. motions et sensations me submergeaient. Cela ne mtait jamais arriv. Sur une chaise bleue dans un pr jai rappris le monde. "

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#439 02/05/2014 07:49:56

Zaebas
Elbakinien d'Or
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Messages: 2469

Re: Autres lectures !

Sa ressortie en poche chez Pocket juste avant la parution de sa suite, Les Douze Enfants de Paris, donne loccasion idale pour dcouvrir ou redcouvrir lpope de Mattias Tannhauser

En fait, il n'est pas ressorti en poche car il n'a jamais t manquant. C'est juste qu'on a parl de Willocks pour la sortie du second volet de sa trilogie.

Je suis assez d'accord avec toi pour dire que beaucoup de personnes aimant la Fantasy pique se retrouverait chez Willocks.

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#440 12/06/2014 18:02:15

IbZz
Novice
Date d'inscription: 23/10/2007
Messages: 6

Re: Autres lectures !

Bonjour,

Je m'incruste dans la discussion pour deux raisons : l'une pour demander Zaebas des nouvelles du livre dont il parle, concernant le bateau de Thse, crit par J.J.Abrams et Doug Dorst, et dont le titre est "S", si je ne me trompe. Je n'ai pas lu beaucoup de retours sur le net, hormis quelques-uns ci et l, auxquels j'ai un peu de mal me fier. Certains sont un peu dus, d'autres non, et cela me plonge dans le doute, le prix du livre tant plutt cher. L'objet semble magnifique, malgr une dition franaise de moins bonne facture que l'originale, notamment en ce qui concerne l'aspect manuscrit des notes de bas de page des protagonistes.

Ce n'est pas bien important, juste un peu dommage... Mais l'objet est si beau! J'ai cherch sur Elbakin une critique complte, sans succs, hormis cette petite allusion de Zaebas. Alors, l'as-tu fini, Zaebas? Le jeu en vaut-il la chandelle? J'aime ce qui ressemble aux vieux livres, et un effort particulier semble avoir t fait sur celui-ci, mais je ne voudrais pas dbourser inutilement cette somme si le scnario s'avre plus que moyen. Je suis bon lecteur, en ce sens que je ne cherche pas l'oeuvre ultime mais un bon divertissement, de quoi m'isoler quelques temps du reste du monde, comme nous tous je pense!

L'autre raison concerne littlefinger et sa formidable description de "La religion", ci-dessus, qui m'a mis l'eau la bouche, et qui s'est avre, aprs la lecture du prologue, une franche russite! Je ne sais si la suite est d'une qualit quivalente, mais cela m'a fait bien plaisir de lire cette introduction. C'est un peu sanguinolent et plein d'action, choses auxquelles je ne suis pas toujours sensible, mais dans ce cas cela a trs bien fonctionn. Peut-tre l'austrit de mes lectures actuelles, conomiques et politiques, y est-elle pour quelque chose.

Quoi qu'il en soit, merci pour vos remarques et avis sur ce fil, toutes bien agrables parcourir.

Dernire modification par IbZz (12/06/2014 18:02:40)

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