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.:: Richard
Taylor ::.

Xoanon
: Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre
opération médaillons, d'où
vient l'idée, comment cela a-t-il commencé
?
Richard Taylor : Comme le monde
commence à s'en rendre compte, nous avons
travaillé sur le Seigneur des Anneaux
pendant tant d'années, cinq ans au moins,
et après avoir travaillé à
tant de services différents, les créatures,
la conception du design, les opérations
en plateau, les armures et armes, les maquettes
et effets prosthétiques de maquillage,
et en nous acheminant vers la fin du projet, nous
avons réfléchi à ce qui pourrait
faire partie du merchandising. Toutefois nous
avons voulu être seulement impliqués
dans un domaine très spécial du
merchandising, celui des articles de qualité,
qui a une fascination particulière pour
moi parce que j'avais collectionné des
kits de garage pendant 15 ans et que j'ai en effet
une importante collection moi-même. Je savais
que s'il y avait quelque chose à faire
en dehors de l'industrie du film, c'était
dans le domaine des articles à collectionner
en polystyrène de haute finition. C'est
ce qui nous a occupé en parallèle
les dix derniers mois avec notre associé
Sideshow installé à Los Angeles.
C'est avec optimisme et plein d'espoir envers
le résultat que nous avons travaillé,
afin de proposer le maximum de produits à
l'intention des fans et de ceux qui vont le devenir
nous l'espérons avec les films. À
cet effet nous avons choisi de produire jusqu'à
200 produits sous forme de bustes, figures, plaques
de mur, casques, dioramas, ainsi de suite.
Ce qui est devenu évident
pour moi pendant que nous travaillions à
ces choses il y a environ 5 mois était
que bien que nous ayons produit ce que je pense
être une belle brochette d'artworks tridimensionnels,
elle est encore adaptée infiniment contre
les vrais collectionneurs de ce type de produits.
C'est vraiment quelque chose que seuls les vrais
fans apprécieront de posséder dans
leur maison, et sans même à nos associés
de Sideshow, j'ai décidé que j'expérimenterais
juste un peu cela, et l'idée des médaillons
est arrivée ainsi.
Je suis un très grand
fan des premiers travaux de l'Académie
Royale des Arts, l'académie britannique
des arts, ce qu'ils faisaient au tournant du siècle,
ce type de sculptures. Un des choses qu'ils ont
explorées était justement l'art
du médaillon, c'est à la fois un
art et une science pour forcer la perspective
et pour écraser l'image tridimensionnelle
en deux dimensions. Cela coupler avec le fait
que je penser produire un produit qui en appelle
à un marché que nous ne touchions
pas, tous ceux qui n'ont pas la place d'accueillir
des figurines sur leurs étagères,
mais qui sont intéressés par le
fait de conserver un moment du film sur leur mur
ou l'avoir sur son dessus de cheminée.
Nous sommes allés à Cannes pour
le lancement, en France, et dans le château
où ce bel événement se déroulait,
il y avait justement de telles représentations
sur les bas reliefs. L'idée a alors pris
du poids dans mon esprit. Lorsque je les ai vus,
j'ai su que je rentrais en Nouvelle-Zélande
pour commencer à travailler sur le projet.
X : Pouvez-vous
nous expliquer à nous comment le médaillon
a évolué d'une vue de l'esprit à
un produit réel ?
La force
de n'importe quel artwork, c'est sa direction
artistique. C'est le contrôle subtil de
ce que nous faisons, un produit commercial pour
un marché de collectionneurs. Mais dans
aucunes circonstances nous prenons cela comme
une considération primaire dans notre atelier.
Nous croyons en nous-mêmes que nous faisons
de l'art, bien sûr produit en masse et vendu
en place publique, mais chaque objet est conçu
avec précautions et soins, à un
degré qui en fait de l'art. Dans les moindres
détails, même le plus infime. De
même dans le programme de médaillon,
j'ai choisi dès le début d'obtenir
quelque chose qui donne un rendu comparable à
ce que l'on pourrait trouver en faisant une fouille
archéologique si vous aviez trouvé
Minas Tirith. Ou Boromir en tant qu'enfant aurait
pu jouer avec; c'était l'impression que
nous avons voulu donner. Il est impératif
qu'il y ait un sentiment d'antiquité en
eux, qu'ils puissent être des reliques d'une
ère perdue et c'était l'esthétique
que nous avons cherchée. Je les voyais
au début en grès, ou du moins avec
l'apparence de la pierre. Mais ce qui est devenu
évident, c'est que le bronze était
par sa solidité et son caractère
incorruptible plus à même de lui
donner un aspect noble. À cet effet nous
avons décidé quel technicien, quel
artiste dans l'atelier entreprendrait chaque pièce.
Par le passé
le travail a été divisé entre
les techniciens, ces personnes choisies pour travailler
aux médaillons ont débuté
par la sculpture. Il faut deux semaines et demi.
Une fois que nous avons terminé la sculpture
à WETA, nous avons un système dans
l'atelier pour décider quoi faire avec
elles. Bien que je surveille la production des
morceaux dans l'atelier je voulez avoir la capacité
d'incorporer tout le talent dans notre atelier
dans la direction artistique de chaque pièce.
Nous avons un système pour évaluer
la qualité de chaque pièce. Nous
avons des feuilles de vote: si votre uvre
atteint entre 8 et 10, c'est bon, mais s' il obtient
des points en-dessous de 8, il signifie que le
technicien qui le marque ne considère pas
que c'est tout à fait bon encore. Vous
devez écrire un commentaire expliquant
pourquoi ça ne vous convient pas. En faisant
ceci vous pouvez incorporer l'avis de 45 personnes,
vous pouvez obtenir un meilleur résultat
final parce que tout le monde s'est exprimé,
pas seulement l'artiste en charge.
C'est une célébration du collectivisme
et du travail d'ensemble jusqu' à l'extrémité
finale. Une fois que nous produisons la sculpture
finale, nous en faisons un moule en silicium,
un plâtre, et alors nous le shootons au
jet de sable pour la patine et lui donner l'air
ancien. Alors nous prenons un autre moule de silicium
et à partir de celui nous produisons 6
maîtres; 3 d'entre eux sont des maîtres
pour le moulage et 3 d'entre eux sont des maîtres
de peinture. Nous simulons très soigneusement
une finition en bronze sur la surface, puis les
trois maîtres de moule, et un de ces maîtres
de peinture sont envoyés hors fonction
à nos associés de fabrication. Le
deuxième maître de peinture est placé
hors fonction à Sideshow en Amérique
pour la photographie et les buts promotionnels
et être envoyé à NewLine pour
approbation. La finale et le premier maître
de peinture sont maintenues dans nos vitrines
à WETA en Nouvelle Zélande.
X : Avez-vous
utilisé ce système de la communauté
en votant sur le film aussi ?
Taylor : Nous
ne votons pas nécessairement sur le travail
du film parce que le processus de la conception
est trop fluide pour le film, et puis nous avons
un boss. Bien que vous ayez vos propres inspirations
et visions, vous travaillez toujours pour quelqu'un
d'autre, qui est le réalisateur du film.
Dans le cas du Seigneur des Anneaux, nous
avions quelqu'un encore au-dessus, à savoir
Tolkien et son oeuvre. Mais ce que nous faisons
en fait se rapporte à un processus très
collectif de conception pour chaque pièce,
et par la discussion collective et par un processus
d'évaluation en tant que groupe, nous développent
nos idées. Personne ne se lancera seul
dans un concept, c'est un processus de collaboration
dans lequel heureusement Peter Jackson intervient
pour beaucoup. Il a une vision si forte, et il
est une partie intégrale de n'importe lequel
de ces processus de conception.
X : PJ a-t-il
surveillé les médaillons ou d'autres
éléments de la gamme Sideshow ?
Taylor: Non, Peter
le ferait s'il le pouvait, mais il a trois films
imposants à terminer (rires). Il est donc
incroyablement occupé; Peter est mon associé
et donc aussi avec Sideshow Toys/WETA. Il n'a
pas pu être impliqué plus que le
mentor qu'il est. Il aime transmettre des commentaires
quand il peut, mais en raison de son travail massif
et accablant pour terminer ses films au niveau
qui lui convient.
X : J'imagine
qu'il est fan de ses figurines; Je sais qu'ils
collectionnent les bibelots à l'effigie
de King-Kong
Taylor : Peter,
je pense, est le plus grand collectionneur de
Nouvelle Zélande. Il possède énormément
de figurines de toute beauté, du Ray Harry
Haussen à ce que vous dîtes au sujet
de Kong. Nous sommes vraiment excités quand
Peter demande une série de chaque figurine
parce que nous savons qu'il les apprécie
et les chérira.
X : En ce qui
concerne les figurines et les bustes, qui décide
de la position de chacun d'eux, leur regard, leur
attitude ?
Taylor : C'est
finalement à moi que revient la décision
finale. Cela pourrait ressembler à une
faiblesse dans notre processus démocratique,
mais c'est en vérité avant tout
une décision collective. C'est en grande
partie la décision de l'artiste, avec quelques
petites modifications de ma part si besoin est.
J'ai un regard global sur ce que nous visons,
mais si je n'ai pas confiance dans le fait que
l'artiste qui travaille avec moi ne le comprend
pas, alors nous n'aurons pas l'inspiration que
nous recherchons.
Chaque pièce
doit venir du cur de l'artiste: Cela ne
doit pas paraître laborieux. Ils doivent
capturer l'essence d'un moment du film qu'il se
rappelle avec affection. Et vous devez vous souvenir
que nous travaillons dans un climat vraiment particulier
ici, ce sont les mêmes personnes qui travaillent
sur ses figurines qui ont travaillé sur
le film. Nous avons ceux aqui ont travaillé
sur la maquette du Gouffre de Helm. Il n'y a personne
au monde qui connaisse mieux le sujet. Nous connaissons
la situation unique de l'artiste qui s'est occupé
de prothèses pour jouer un Nain en cameo
dans le film et qui travaille maintenant vraiment
sur une figurine de lui-même avec ces prothèses.
Donc, ils sont bien évidemment au courant
des objectifs initiaux !
Les armes que
nous fabriquons pour nos figurines sont faites
par les deux personnes qui s'en sont occupés
sur le film, un gentleman qui a tenu entre ses
mains les épées qu'Aragorn, Sauron
ou Arwen manie dans le film. Il doit maintenant
les réduire par 6 avec les mêmes
matériaux, mais donc à une échelle
moindre. Tout est fait au dixième de millimètre
pour correspondre avec le film.
X : Quel est le
futur des jouets Sideshow/WETA ? Des choses qu'on
ne connaît pas encore ?
RT : Oui, absolument
! Nous allons continuer avec les Deux Tours, nous
avons déjà commencé. Nous
allons bien nous amuser à les faire, mais
vous savez, ce n'est pas la meilleur instinct
du business de faire autant de choses à
collectionner. Je viens moi-même d'un milieu
de fans, par fan j'entends seulement ceux qui
aiment les choses merveilleuses, qui aiment la
Fantasy, le drame, et la réalité
que Tolkien a crée. Cependant, il va y
avoir des moments, des personnages, des choses
que les gens aiment, comme seuls les fans savent,
que la population n'est pas forcée d'apprécier.
Il va y avoir certains personnages et moments
que seuls les vrais fans apprécieront,
et c'est pour ces moments et personnages particuliers,
que je suis absolument résolu à
les reproduire dans nos figurines et de les mettre
sur le marché pour les personnes spécifiques
qui seront intéressées. En procédant
ainsi, nous allons passer aux Deux Tours, et ce
sera la même chose pour le Retour du Roi.
David Imhoff
de New Line a joué un rôle décisif
en nous permettant de faire cette ligne de produits
et il est l'une de ses personnes extras qui se
sont retrouvées impliquées tout
du long. David nous a maintenant donné
l'autorisation pour les bronze, et nous avons
juste terminé notre première statue,
qui est une grande représentation du Troll
de la Tombe de Balin. C'est une réalisation
d'une beauté exquise par l'un de nos vétérans
Jamie Beswarick, et elle va prendre une place
centrale. Mais au-delà de ça, notre
prochain projet sera une représentation
de Gandalf tel qu'on le voit contre le Balrog
sur le Pont de Khazad-dum, et nous avons encore
du travail pour les années à venir.
X : Alors, vous
allez faire des figurines du Balrog ou de Gollum
une fois les films sortis ? Même lorsque
tout le monde saura à quoi il ressemble
?
RT : Oui, nous
avons déjà un Gollum et un Balrog
sculpté dans nos ateliers, mais ils sont
bien protégés. WETA est absolument
fanatique par rapport à la confidentialité.
En 15 ans de business, nous n'avons rien laissé
sortir, et vous savez que cela fait cinq ans que
nous travaillons sur le Seigneur des Anneaux.
De même
avec notre production. Nous voulons la contrôler
de façon à ce que New Line choisisses
que nous contrôlions que l'histoire soit
révélée quand Peter juge
que c'est approprié, quand elle doit être
racontée, et non par des flashes décousus.
S'en suit un
passage où Xoanon et Richard Taylor s'envoit
des fleurs, Xoanon osant prétendre qu'il
y a des sites qui sont à la recherche du
moindre scoop pour se mettre en avant ! Ce qui
est pourtant la caractéristique première
de TORN. Pas de polémique
X : Comment c'était
la ComicCon d'Août dernier, le contact avec
les fans ?
RT : De ce point
de vue, nous sommes dans une position vraiment
chanceuse de notre carrière, notre travail
est souvent stressant et ardu, mais nous sommes
bénis pour cette incroyable carrière,
de donner vie à ses mondes à travers
le cinéma. Nous avons trois récompenses,
la première étant de rendre notre
travail comme prévu. En second lieu de
voir notre travail à l'écran lors
de la première et savoir que nous faisons
partie de cette famille, et la troisième
est de récolter toutes ces réponses
positives à notre travail. Je n'avais jamais
ressenti autant d'émotion qu'à San
Diego, d'être peut-être parmi le plus
grand nombre de fan à vivre dans le monde
de la Terre du Milieu.
Quand j'ai été
invité sur scène de façon
impromptue, j'ai apprécié le fait
de ne pas me cacher et de prendre ces deux minutes
pour dire combien j'étais touché
et ravi de l'intérêt et de la passion
des fans. Bien entendu, je ne suis pas arrogant
au point de penser faire plaisir à tout
le monde tout le temps ( NdT : Ben tiens
) mais ce que j'ai voulu faire passer à
ce moment, c'est que nous avons fait tous les
efforts possibles, et que si nous avons fait des
erreurs, cela ne vient que de nos faiblesses humaines.
J'ai sincèrement ressenti qu'on appréciait
nos capacités et notre talent, et que nous
avons tous mis pour ça devant la caméra,
ce qu'il faut dire en priorité de Peter
Jackson. Si d'autres réalisateurs ont dédié
leur vie et leur vision à des films, c'est
bien lui, ce gentleman. C'est compréhensible
avec ce qu'il nous inspire même après
la fin du film.
X : Est-ce que
des gens de Sideshow sont venus en Nouvelle-Zélande
?
RT : Non. Gino
Acevedo, qui travaille à WETA avec moi,
est un bon copain avec les gens de WETA aussi.
Il savait que j'avais très envie de me
lancer, mais que nous n'avions pas l'assise nécessaire,
et en revenant des Etats-Unis après avoir
vu les gens de Sideshow, il m'a dit qu'ils étaient
en contacts avec NewLine, et que nous devrions
en discuter.
Cette coïncidence
nous a fait dire que c'était les bons.
Nous avons eu une conversation téléphonique
et Greg, le président de Sideshow Toys,
nous a envoyé quelques uns de leurs produits
pour voir leur niveau, et réaliser combien
leur philosophie était proche de celle
de WETA. Nous les avons rencontré pour
la première fois la veille de présenter
l'idée à NewLine. 11 mois plus tard,
nous avons 120 pièces à vendre à
travers le monde à des collectionneurs
enthousiastes. Vous devez apprécier que
la N-Z est de mentalité différente
des Etats-Unis. (Fin de paragraphe purement
promotionnel qui ne fait pas très naturelle
pour une conversation téléphonique.)
Nous devons aussi
remercier John Mayor à NewLine. Le job
de John est le contrôle des filières,
des produits, et son intérêt pour
nous, son intelligence et son astuce ont été
décisifs dans notre succès. Evidemment,
c'est aussi une bonne occasion de remercier John
et David pour leur confiance en nous. Nous n'avions
pas de passé derrière nous pour
garantir que nous réussirions, mais ils
nous ont fait confiance.
X : Merci de nous
avoir consacrer un peu de temps Richard.
Note du traducteur : Article retouché
de façon à éviter les redites
et les passages purement promotionnels.
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