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.:: Interview
dans le Fan Mag du SDA ::.
Voilà, c'est
fait, j'ai juste un doute sur la taille de l'araignée,
je ne suis pas très fortes en inches...40mm
ça ne parait pas très gros...
Peter, est-ce que vous allez tourner
de nouvelles scènes pour Le Retour
du Roi ?
Oui, c'est en projet. Nous n'en
sommes pas encore au point où nous savons
exactement ce que nous voulons. Philippa et Fran
regardent les séquences pendant que je
coupe. Nous travaillons sur des idées,
puis nous nous réunissons et nous parlons
du scénario et de scènes que nous
pourrions tourner pour l'améliorer. Ce
processus commence tout juste aussi.
Nous prévoyons encore de tourner des scènes
avec la plupart du casting. Mais c'est venu d'idées
que nous avons eu au montage et je n'ai pas encore
assez travaillé dessus pour que Philippa
et Fran commencent vraiment l'écriture
du script. Mais les premières graines d'idées
commencent à germer.
Q. Les fans étaient très
impatients de voir l'incroyable travail réalisés
sur ordinateur avec Gollum et Sylvebarbe. Est-ce
que Arachne va être le prochain gros personnage
animé que vous allez nous présenter?
Oui, c'est vrai, Gollum fait
maintenant partie du casting et va être
présent dans l'histoire. Les Oliphants
et les Nazguls vont être au centre de la
scène après leurs brèves
apparitions dans les Deux Tours. Ils
vont être plus spectaculaires d'un point
de vu cinématographique. Mais Arachne va
vraiment être la plus horrible et effrayante
de créatures. Nous avons commencé
à travailler sur Arachne il y a très
longtemps quand nous étions en pré-production.
La plupart des créatures étaient
déjà dessinées avant même
que nous commencions à tourner en 1998-1999.
Nous avons simplement ressorti les dessins pour
chacune des créatures au fur et à
mesure que nous en arrivions à elles dans
le processus de post-production, donc Arachne
vient juste de revenir sur la table de dessin
pour une nouvelle évaluation. J'ai vraiment
peur des araignées, je crois que je suis
arachnophobe. Depuis que je suis enfant, les araignées
me font peur. Il y a une araignée commune
en Nouvelle-Zélande appelée "Tunnel
Web spider" vraiment très méchante,
grosse et qui vit dans les jardins. Depuis que
je suis enfant j'ai toujours eu peur de tomber
sur l'une d'elle. On les trouve sous de vieilles
briques, des souches, des feuilles ou ce genre
de choses. Elle a l'air vraiment très mauvaise,
elle mesure 1.5 inch (40mm?). Il y a trois semaines
nous avons eu une réunion au sujet d'Arachne,
j'ai regardé les dessins et j'ai dit "Vous
savez, nous devons la faire ressembler plus à
la "Tunnel Web". Elle doit être
plus comme cette horrible araignée."
La plupart des informaticiens à qui je
parlais étaient originaire des U.S.A.,
donc ils n'avaient aucune idée de ce qu'était
une "Tunnel Web". Donc je me suis tourné
vers l'un des designers "Kiwi", Christian
Rivers, et je lui ai dit "Est-ce que nous
pouvons trouver des photos?". Le lendemain
matin, Christian est allé dans son jardin
et a réussi à en attraper une dans
un verre! Alors, aujourd'hui nous avons une "Tunnel
Web" vivante à WETA qui sert de modèle
à Arachne. Personnellement, je pense qu'une
photo aurait été aussi bien!
Q. A quel point allez-vous rester
proche du livre pour Le Retour du Roi
?
Le Retour du Roi est
assez proche du livre. Il y a quelques exceptions
notables. La première chose est que nous
devons achever les Deux Tours. Il nous
reste la séquence d'Isengard à la
fin du livre des Deux Tours dans laquelle
ils vont parler à Saroumane, qui est enfermé
en haut de la tour. C'est désormais au
début du Retour du Roi. Et puis
nous n'avons pas le nettoyage de la Comté,
qui est un chapitre majeur de la fin du livre...
...quand l'Anneau est détruit à
la fin du Retour du Roi, c'est vraiment le point
culminant du film.
Ces deux choses sont les exceptions majeurs avec
Arachne, qui vient elle aussi des Deux Tours.
Minas Morgul, les escaliers de Cirith Ungol et
le tunnel d'Arachne sont maintenant dans Le
Retour du Roi.
Quand les fans du livres vont voir cette séquence
je pense qu'ils vont comprendre tout de suite
à quel point il était impossible
de la mettre dans les Deux Tours. Ca
semble tellement juste de le mettre à la
place où nous l'avons mis du point de vue
de l'histoire pour des raisons dont je ne peux
pas vous parler pour le moment! Pour le moment
nous n'avons pas Ghân-buri-Ghân, l'homme
sauvage que les cavaliers du Rohan rencontrent
sur leur chemin vers Minas Tirith. Je ne sais
pas si ça va changer avec ce que nous allons
rajouter, mais j'en doute.
Après ça, le reste du film va suivre
le livre de manière raisonnable. Ce que
j'aime dans Le Retour du Roi c'est que
l'histoire est au centre du film, plus que dans
les deux premiers films. Si vous pensez à
la chose la plus mémorable de La Communauté
de l'Anneau, ça sera probablement
d'avoir vu les personnages pour la première
fois, et de s'habituer aux acteurs qui les jouent.
Dans les Deux Tours il y a Gollum et
le Gouffre de Helm, le spectacle et les dimensions
que ça prend. Il y a les mêmes personnages
dans Le Retour du Roi, le spectacle et
les dimensions sont là, Gollum est là,
mais ce ne sont plus de nouveaux éléments.
Ce qu'il y a c'est le plus de narration des trois
films. Il y a une histoire qui se développe
dans un sens très intéressant.
Je pense que ça va en faire un film très
fort, parce que vous connaissez les lieux, vous
connaissez les personnages et vous connaissez
les situations. Il y a seulement un nouveau personnage,
c'est Denethor, et il sera seulement nouveau pour
ceux qui n'auront pas vu la version longue de
novembre des Deux Tours !
Maintenant, nous pouvons nous attacher à
la narration qui se développe, se retourne
et se dénoue de manière captivante.
Q. Beaucoup des acteurs qui ont
travaillés sur ces films ont parlé
de l'atmosphère de travail unique. Bernard
Hill nous a dit que les acteurs impliqués
dans le retournage de scènes viennent dans
votre maison ou dans celle de Philippa le temps
de faire ces scènes, et que tous ceux qui
ont participés ont leur mot à dire.
Il a été frappé qu'on lui
ait offert cette possibilité de participer.
Comment est-ce que vous, Fran et Philippa avez
décidé de cette approche collaborative,
de quelle manière est-ce que ça
vous a aidé?
Avez-vous des exemples de situations où
l'avis d'un acteur a changé une scène
ou un personnage d'une manière frappante
ou positive?
Nous avons simplement cette philosophie
de collaboration. Nous avons fait ce film avec
de très bons acteurs, et en tant que tels
ils entre dans la peau de leur personnages. Ils
vont être amenés à connaître
leur personnage mieux que nous. En tant que scénariste
ou réalisateur, nous devons accorder la
même attention à tous les personnages
; dans cette trilogie, il y a 20 personnages principaux...
Ce qui est merveilleux avec les acteurs est que,
évidemment, le seul personnage qui les
intéresse vraiment et auquel ils pensent
est le leur. Nous avons remarqué que les
acteurs peuvent être des interlocuteurs
très efficaces à propos de leurs
scènes, parce qu'ils ont un point de vue
unique sur ces scènes. Ils abordent ces
scènes de leur point de vue, qu'il soit
celui de Théoden, Gandalf ou Aragorn -
la manière dont ils vont lire une scène
va dépendre du point de vue de leur personnage.
Ils apportent de la profondeur à leur personnage
et nous ne pensons pas toujours à cette
profondeur parce que nous abordons le tout d'après
une perspective plus globale. Nous avons toujours
constaté qu'il était très
utile de discuter du script avec les acteurs.
A mon avis, ça sert deux buts : primo,
il est évident que ça teste le script
parce qu'ils l'abordent avec des idées
et un point de vu professionnel que nous avons
l'habitude d'utiliser. L'autre énorme avantage
est que quand vous arrivez sur le plateau, tout
le monde sait qui fait quoi et il y a beaucoup
moins de tergiversation.
Vous pouvez facilement utiliser les deux premières
heures chaque matins pour parler aux acteurs de
la nature de la scène et de ce qu'ils ont
à faire. Mais si nous avons déjà
eu cette discussion en réunion, nous pouvons
commencer à tourner tout de suite parce
que nous savons tous ce que nous faisons.
De plus, la scène a été testée
et tout le monde en est content, donc nous pouvons
simplement la tourner. En fait ça fait
marcher le tournage un peu plus efficacement d'avoir
ces discussions au préalable.
Les acteurs participent à différents
degrés. Par exemple, Ian Mc Kellen a toujours
des suggestions basées sur le livre. Ian
est devenu un très grand fan du livre,
il ne l'avait jamais lu quand on lui a proposé
le rôle. Dès le moment où
nous avons commencé à tourner, il
est devenu un grand admirateur de JRR
Tolkien. Ian demandait des réunions
et parfois il avait le livre sous le bras sur
le plateau. Il regardait la scène que nous
avions écrite puis il se référait
au livre pour voir la scène d'origine,
il regardait les passages que nous n'avions pas
utilisés, il voyait des moments que Tolkien
avait décrit pour Gandalf que nous n'avions
pas mis dans le script. Beaucoup des idées
et des suggestions de Ian étaient basées
sur le livre. Il était très drôle
parce qu'il disait "Cette ligne est merveilleuse.
Pourquoi est-ce que vous ne l'avez pas mise dans
le script?". Nous avions toujours une raison
et nous lui disions "Oh, cette scène
était trop longue." ou "Nous
n'avons pas pensé que c'était très
important.". Et parce qu'il est un acteur
si merveilleux il disait "D'accord, mais
si cette ligne était dans le script c'est
comme ça que je l'imaginerais.". Et
là nous il lisait la ligne avec la voix
de Gandalf, et c'était si bien que nous
la mettions immédiatement dans le script!
Il savait ça et il nous avait à
tous les coup! Il avait toujours la capacité
de faire ça, parce qu'il est tellement
bon. C'est un bon vendeur pour avoir réussi
à nous faire rajouter des choses dans le
script!
Q. Comment avez-vous atteint le
point sur ces films où vous pouviez arrêter
et dire "C'est fini"? Ets-ce que c'est
difficile de travailler un film autant que possible
jusqu'à atteindre la limite, ou est-ce
que c'est quelque chose que vous faîtes
instinctivement et pour laquelle vous savez quand
c'est fini?
Ces films sont trop longs et
complexes pour jamais être capable de s'asseoir
et dire "C'est fini. Je ne veux plus rien
faire.". Ce moment n'arrive jamais. Vous
êtes littéralement rattrapé
par le temps. Vous décrivez ce qui arrive
dans les deux derniers mois de post-production.
La fin de la post-production est appelée
"la livraison du film". Ici en Nouvelle-Zélande,
nous devons fournir au studio une copie du film
achevé et sa bande son. C'est habituellement
à la fin octobre ou début novembre.
La raison pour laquelle cette date est très
très importante et qu'elle ne peut vraiment
pas être changée est que New
Line doit passer par un processus très
complexe pour produire les 10 000 copies du film.
La livraison du film donne à New Line
le minimum de temps pour faire le nécessaire
pour que le film sorte simultanément partout
dans le monde...toute la bande son du film est
sur des disques durs d'ordinateurs, chaque effet
sonore, chaque morceau de dialogue, chaque musique,
chaque nuance de son est sur les ordinateurs.
Nous faisons le film sur ordinateurs, donc l'image
est sur des disques durs aussi...ce qui arrive
c'est qu'à n'importe quel moment avant
la livraison, je peux dire "Je veux allonger
cette prise de 10 secondes", ou "Je
veux couper cette scène", ou "Je
veux réduire ça de moitié".
Ca se passe automatiquement sur le disque dur
qui contient le film...
Tous ces ordinateurs sont reliés et le
processus est assez rapide. Ca permet au réalisateur
de continuer à travailler le film jusqu'à
la dernière minute, ce qui peut être
une bonne ou une mauvaise chose. Ca vous donne
beaucoup de flexibilité et d'avantages,
et nous avons modifié les Deux Tours
et la Communauté de l'Anneau jusqu'au
bout.
Par exemple, sur les Deux Tours, j'ai
ajouté la scène avec Saroumane s'adressant
aux montagnards
la veille de la livraison. J'ai simplement la
philosophie que rien n'est jamais parfait. Il
n'y a pas de montage parfait d'un film. Ca n'existe
pas...Nous avons tourné plus de 5 millions
de pieds de film 35mm pour ce projet, et il y
a un nombre infini de manière de raconter
l'histoire.
Vous pouvez généralement continuer
de modifier les films aussi longtemps que vous
travaillez dessus.
La chose la plus utile qui peut arriver durant
le montage serait de ne plus s'en occuper pendant
trois mois et pouvoir y revenir avec un regard
nouveau, parce que c'est avec le recul que vous
voyez soudain les choses auxquelles vous n'auriez
pas pensé avant.
Quand vous faîtes le montage depuis un an,
et que la limite de temps approche, vous perdez
toute objectivité. Vous marchez à
l'instinct, et vous devez essayer de trouver le
meilleur moyen de placer une scène. Après
deux ou trois mois une bonne partie des choses
dont vous n'étiez pas sûr ou sur
lesquelles vous ne pouviez pas vous concentrer
deviennent évidentes si vous revoyez le
film.
C'est pourquoi nous retournons des scènes.
Le Retour du Roi a été
tourné il y a trois ans.
Quand nous avons mis les séquences ensemble,
ce que nous avons trouvé (et qui est très
utile) c'est un regard nouveau sur le film. Nous
sommes capable de voir un montage approximatif
du film, et c'est quelque chose dont nous ne nous
étions pas occupé depuis trois ans.
Tout ce que nous avions écrit et tourné...nous
avons soudain un formidable sens de la perspective.
Nous regardons et disons "Oh, nous devrions
avoir une scène pour ça" ou
"Ajoutons ça". Voir ça
avec un regard nouveau après un temps est
très excitant parce que les problèmes
du script sur lesquels vous ne pouviez vous focaliser
parce que vous étiez fatigué ou
occupé deviennent soudain évidents.
Tout devient clair, et vous devenez capable de
tourner des scènes qui sont profitables
au film. C'est un processus intéressant.
Mais je n'arrive jamais au point de penser que
quelque chose est parfait. Je continue de travailler
dessus jusqu'à ce que je n'ai plus de temps.
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