|
.:: Interview
sur CNN ::.
Anderson Cooper,
présentateur de CNN : Il s'avère que 13 est un
chiffre porte-bonheur pour les producteurs du
hit hollywoodien Le Seigneur des Anneaux,
comme dans 13 nominations aux Oscars, dont meilleur
film. L'adaptation du chef d'ouvre de Tolkien
est un succès critique et public, pour le moins,
mais la vraie « histoire » derrière le SDA est
qu'il a bien failli ne pas se faire. Accueillons
le réalisateur, nommé pour les Oscars, Peter Jackson.
Merci d'être là.
Peter Jackson :
C'est un plaisir.
AC : Je suis votre
plus grand fan, à commencer par Créatures Célestes
en 1994. J'aime beaucoup ce que vous faites.
PJ : Merci, merci.
AC : Je suis épaté
que ce film ait failli ne pas se faire. Miramax
a été le premier dessus, n'est-ce pas ?
PJ : Oui. Nous
l'avons d'abord développé avec eux sous la forme
de deux films. Originellement, il ne devait y
avoir que deux films, pas trois, et nous avons
travaillé avec Miramax pendant au moins deux ans,
à écrire le scénario. Nous avons fait beaucoup
de pré-production, de design. Et nous en sommes
arrivé à un point où c'était devenu trop cher
pour Miramax. Ils ont alors essayé de nous convaincre
de réduire à un seul film.
AC : Combien cela
devait-il coûter à ce stade ?
PJ : La version
en deux films se montait à 130, 150 millions.
Ils avaient une limite de budget à 75 millions
et Miramax appartient à Disney. Apparemment, Disney
ne semblait pas vouloir dépenser plus sur le SDA.
AC : Vous avez donc
proposé votre projet à New Line Cinema.
PJ : Oui. Nous avions
un problème parce que Miramax voulait réduire
les films à un seul, ce qui aurait été un désastre.
Nous avons présenté le projet à New Line, à Bob
Shaye. Bob a été génial, il dit « je ne vois pas
pourquoi vous feriez deux films, pourquoi pas
trois ? C'est trois livres, non ? Ca devrait être
trois films. » Le rêve devenait réalité.
AC : C'est le premier
film a avoir été fait de cette manière. Vous pensez
que ça changera la façon dont les films à série
seront faits dans le futur ?
PJ : Je ne pense
pas. Je veux dire que New Line a pris un énorme
risque. Ils ont financé trois films énormes, filmés
dos à dos, pendant une période de 15 mois. Ca
leur a coûté 270 millions. C'est un risque énorme.
AC : Un fameux
pari.
PJ : Si le premier
film se plante, vous avez un sérieux problème.
Mais je pense que tout le monde avait confiance
parce que c'était Le Seigneur des Anneaux,
à l'évidence l'un des romans les plus populaires
de tous les temps. Le studio a prit un pari très
courageux, et ça a payé. Mais pour d'autres studios,
ça pourrait s'avérer moins payant. Je doute que
ça devienne une habitude.
AC : Et pour vous
? Est-ce que tout ça va changer votre carrière
? Je veux dire, ça va vous ouvrir beaucoup de
portes à Hollywood, mais.
PJ : C'est une bonne
question, parce que, vous voyez, ça ouvre des
portes, oui. Mais ce ne sont pas des portes que
je veux franchir. Je suis plutôt attaché à la
Nouvelle-Zélande. Je suis un réalisateur indépendant
Néo-Zélandais, et le SDA a été fait là bas entièrement.
Je suis plutôt content de rester là-bas.
AC : Est-ce que
les gens à L.A. savent quoi faire de vous ?
PJ : Non, non. Je
(inintelligible) pour eux. Mais ils ont l'habitude.
AC : J'ai aussi
entendu dire que pendant le tournage, vous avez
porté une seule paire de chaussures et deux t-shirts.
PJ : En fait, non.
J'avais quatre ou cinq t-shirts, mais Ian McKellen
répand la rumeur que c'était juste deux. Mais
il a du rater quelques-unes de mes autres couleurs.
AC : Mais une seule
paire de chaussures ?
PJ : Oui, une seule.
En fait, je les portes en ce moment. Ce sont les
chaussures que je portais pendant.
AC : Vous êtes sérieux
?
PJ : Oui, oui,
oui. Vous pouvez voir qu'elles sont assez usées.
Ce sont les chaussures que j'ai porté pendant
les 15 mois de tournage. Elles sont très confortables,
je les aime. Ce sont mes chaussures porte-bonheur.
AC : Bien, en avez
vous acheté de nouvelles depuis ?
PJ : Non, c'est
la seule paire que j'ai.
AC : Votre
film a rapporté 700 millions dans le monde. Vous
n'avez pas encore acheté de nouvelles chaussures
?
PJ :
Non, je suis attaché sentimentalement à celles-ci.
Bien qu'elles commencent à sentir.
AC : Je n'ai rien
remarqué. Et bien, Peter Jackson, merci d'être
venu. Le film est épatant. Bonne chance pour la
suite.
Paula Zahn, présentatrice
à CNN : Les voilà. Regardez Anderson, nous avons
montré ses chaussures.
AC : Oh oui ? Très
bien.
PZ : Oui, nous venons
de faire un gros plan sur ses chaussures.
AC : Une magnifique
paire de chaussures.
PZ : Nous fantasmons
tous de marcher dans ces chaussures et faire un
film > qui rapporte 700 millions. Félicitations
! Merci Peter.
PJ : Merci.
[1|2|3|4]
|