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Auteurs, E-mail : Thys
Dernière Mise à jour : 12/12/2002

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.:: Interview de Sean Astin par CHUD ::.

Par Devin Faraci

A partir de maintenant et jusqu'à la sortie du Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours, CHUD va vous présenter des interviews des acteurs et des créateurs de ce qui pourrait bien être le meilleur film de l'année. Voici la quatrième partie.
On se souviendra toujours de Sean Astin pour ses rôles dans les Goonies et dans Rudy, et maintenant en tant que fidèle compagnon de Frodon, Samsagace Gamegie, dans Le Seigneur des Anneaux.
Une des choses que j'ai remarqué dans toutes les interviews avec le casting et l'équipe du Seigneur des Anneaux c'est leur sincérité - ça a l'air cliché, mais ces gens ont l'air de ne pas être touchés par Hollywood et par le succès de La Communauté de l'Anneau. Sean Astin a peut-être été le plus sincère de tous les acteurs, il aime vraiment parler aux journalistes, se plaignant même de ne pas avoir assez de temps pour leur répondre. Si l'on considère le passé de sa famille à Hollywood (sa mère est Patty Duke et son père est John Astin), c'est vraiment étonnant.
ATTENTION : cette interview contient des révélations sur Les Deux Tours et sur la série télévisée Angel.

Q: Sam a vraiment la possibilité de s'affirmer dans Les Deux Tours. Il passe d'un personnage réactif à un personnage actif. Comment avez-vous approché ça ?

Astin: Nous pensions que nous allions filmer les scènes à peu près chronologiquement. Mais après six semaines, quand nous étions dans une île du sud, il y avait un jour où nous devions aller filmer sur la rivière Anduin. Il a avait une rivière que le Département de Conservation avait classée que nous pouvions utiliser. Il y avait un très fort courant, comme la crue du siècle à Queenstown. Ca avait fait toutes sortes de dégâts et cette portion de la rivière, qui était celle où nous devions filmer, avait été emportée. Alors, nous sommes allés à un hôtel de Ramada, il y avait des rochers en polystyrène sur le court de tennis et nous avons commencé à filmer une scène du troisième film ! Elijah et moi nous sommes regardés ce matin-là, nous nous disions " Eh, nous ne sommes pas encore prêt. ". Pour une raison ou pour une autre, pendant le maquillage et avec la terreur extrême que nous ressentions, nous avons trouvé un moyen de nous y mettre. Nous avons filmé une partie de la scène, c'est-à-dire d'un seul point de vue, ce jour-là. Puis nous avons fini de filmer l'autre point de vue de cette scène trois mois plus tard. Je me rappelle avoir pensé " Wow, nous sommes tellement meilleurs maintenant, est-ce qu'on peut revenir en arrière et refaire l'autre point de vue ? " , " Non, c'est bon ! ".
Les scènes décident de la manière dont vous appréhendez le travail. Le langage, la dynamique de l'intensité émotionnelle et intellectuelle qui influent sur le trio Frodon, Sam et Gollum sont tellement irrésistibles et intéressants que vous vous sentez obligés d'aller de l'avant en tant qu'acteur quand vous êtes prêt à le jouer. C'était super pour moi de pouvoir jouer un rôle plus actif, de pouvoir me mettre en colère, de passer à travers ces phases émotionnelles de frustration, de jalousie et de déception. Toutes ces choses qui ne font pas vraiment partie de ce que le spectateur voit dans le premier film, où il est une sorte de gardien constant et loyal, ce qui persiste, à un certain niveau, dans les trois films. Mais avoir la possibilité de faire ça, de me battre avec Gollum, a été fantastique pour moi.

Q: Qu'en est-il de la scène de combat avec Frodon, qui n'est pas dans le livre et a été rajouté dans les scènes retournées ? C'est une scène pivot.

Astin: Oui, j'ai du mal à attendre pour voir la version longue du DVD, et voir s'ils ont mis plus de cette scène, parce que nous avons tourné une scène de bagarre bien PLUS violente et longue. La complexité émotionnelle des personnages est tellement riche dans le livre qu'elle est très dure à mettre en scène. C'est difficile d'expliquer ce qui se passe psychologiquement avec certains personnages sans voix-off ou des personnages qui parle d'eux-mêmes de manière philosophique, ce qui fiche en l'air la mise en scène. Je pense que Peter est un adepte, un vrai puriste, autant qu'il est possible d'être fan du livre, mais il n'en est pas esclave. Il est très confiant sur le fait que c'est une adaptation du livre.
Je pense qu'ils, je veux dire Peter, Fran Walsh et Phillipa Boyens, voulaient aussi que ce soit une sorte de réponse aux événements mondiaux. Le premier film est sorti quelques mois après les attaques du 11 septembre et tout ça ; le déploiement américain en Afghanistan, le début des problèmes avec l'Irak et tout le reste, je pense qu'ils voulaient faire écho à ces questions. Le film était un mariage si étonnant d'un moment dans le temps et d'une sorte d'histoire politique et culturelle dans laquelle il est sorti. Un film dans lequel le but, l'intention du réalisateur était de faire quelque chose de nouveau, d'original, de porter la réalisation à un niveau supérieur. Quand vous pensez aux 500 jours consacrés à la photo des miniatures - 500 jours où il y avait un réalisateur de classe mondiale en train de filmer des maquettes. Et puis ces centaines d'animateurs travaillants pendant des années. Je sais que de nombreux films font des choses similaires, mais je pense que le niveau de créativité et le fait que le studio soit prêt à laisser Peter décider du processus de création de la manière qu'il voulait est unique. Je pense que le fait que tout ça corresponde à un moment particulier l'an dernier est spécial.

Q: Peter dit que le thème de la guerre, comme dans le livre de Tolkien, ne fait pas volontairement écho aux événements contemporains (cf. l'interview de Peter Jackson du 18 novembre). Avez-vous un sentiment différent?

Astin: Je pense la même chose de Peter quand il dit ça que de Tolkien lorsqu'il avait ce discours dans ses lettres disant que son livre n'était pas une allégorie. Tolkien est inflexible dans ses lettres en disant que ce n'est pas une allégorie de la Seconde Guerre Mondiale, que Sauron n'est pas Hitler. Quand j'ai lu ça, je ne l'ai pas cru. J'ai pensé " Il s'est battu pendant la Première Guerre Mondiale. Il a écrit des chapitres du livre et les a envoyés à son fils qui était dans les tranchées pendant la Seconde Guerre Mondiale, comment est-ce que ça pourrait ne pas être Hitler ? ". Mais je pense finalement que j'ai mûri, en quelques sortes, pour accepter que ce que Tolkien voulait dire est que ses thèmes parlent à des personnes différentes de différentes époques pour différentes raisons. Si c'est une analogie directe, c'est trop limité, ça ne permet pas à la mythologie qui était son projet d'être créée. Il voulait créer une mythologie pour les Anglais.

Q: N'a-t-il pas dit qu'il pouvait être vrai qu'il ait suggéré des événements contemporains mais que ce n'était quand même pas une allégorie ?

Astin: Oui, je pense que Peter ressent la même chose. Je ne pense pas que Peter voulait s'enliser dans des détails politiques précis. Vous savez, ce que j'ai tendance à dire c'est " Il y a des choses bien dans ce monde et ça vaut le coup de les défendre. ". Qu'est-ce que ça veut vraiment dire ? Comment est-ce que vous pouvez extrapoler à partir de ça et l'appliquer ? Je suis américain. Je suis un patriote. Je crois en mon pays, je supporte mon président sans me soucier de mes propres opinions politiques. Je veux vivre dans un pays sûr, dans un monde sûr. Je ne suis pas au courant de tout ce que savent les dirigeants. Comment je me sens à ce propos ? Comment est-ce que nous pouvons savoir ? Je ne sais vraiment pas quoi en penser. Tout ce que je sais maintenant c'est que la scène de bataille au gouffre de Helm est si réaliste et elle fait tellement d'effet que ce n'est pas de la violence pour la violence, ce n'est pas cavalier. Il y a de la poésie dans le film. Le langage est riche, et les idées sont traitées sérieusement. L'enjeu, le prix de la guerre, les pertes potentielles sont assez palpables dans le film pour que ça ne semble pas engagé de manière irréfléchie dans les problèmes de notre époque.
Que ce soit conscient ou non, ils n'ont pas écrit ce dialogue - Peter, Fran et Phillipa n'ont pas inventé cet aspect du dialogue - jusqu'à juin de cette année. Alors je ne sais pas s'ils faisaient particulièrement un commentaire ou s'ils répondaient organiquement, émotionnellement, finalement ils ont eu cette créativité, je ne suis pas certain. Mais pour moi, l'une des choses que j'aime en regardant West Wing est cet Aaron Sorkin et l'équipe d'écrivains, d'acteurs dans ce show qui semblent toujours en train de se battre, semaines après semaines, avec des idées. Ils sont réactifs avec le monde réel. Bien plus réactif que la télévision ne l'a jamais été jusque là, d'après moi. J'aime ça, même dans un film de 370 millions de dollars sur lequel ils ont travaillé pendant des années, sur un certain plan les réalisateurs peuvent être réactifs ou s'engager. Quand les films ont été faits ils ne pensaient pas à ça. Les gens disaient " Le Seigneur des Anneaux va être un tel succès ", quand on filmait en 1999 ou 2000. Et je disais " Vous ne pouvez jamais savoir. ". J'ai produit une pièce à Los Angeles que nous avons dû arrêter parce qu'il y a eut des émeutes. Quand vous signez votre contrat il y a des clauses de force majeure qui évoquent des inondations, la peste, les actes de Dieu. Vous ne pensez presque pas que ça peut arriver quand vous signez votre contrat, mais tout peut arriver. Je dirai ça aux gens.
Alors, le 11 septembre, quand cette tragédie a frappé, j'étais prêt à faire quelque chose avec le Seigneur des Anneaux ce jour là j'en suis sûr, et je sais qu'Elijah était à New York, il était sur un vol revenant de New York. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça signifie pour les victimes, qu'est-ce que ça signifie pour nous tous ? Qu'est-ce que ça signifie le fait que je passe deux ans et demie et ma carrière est semblable - je ne sais plus si c'était une heure ou cinq heures après que j'ai commencé à penser ça - mais, " Wow, je suis si reconnaissant et fier de faire partie d'un film qui va avoir de la valeur, encore plus de crédit, au regard de cette tragédie, même plus qu'il n'en aurait eu avant cette tragédie. ".

Q: Vous aviez une belle carrière avant Le Seigneur des Anneaux. Est-ce que le succès incroyable du film vous affecte ? Qu'est-ce qui a changé, si quelque chose a changé ?

Astin: J'ai perdu 35 pounds. J'ai eu un bébé, qui a maintenant quatre mois.

Q: 35 pounds!

Astin: Parlez-en à ma femme !

Q: Garçon ou fille ?

Astin: Encore une fille. Je ne sais pas comment faire un garçon. J'aurai 5 filles. Je suis plus qu'heureux d'avoir des filles.
Je joue dans une série télévisée à Vancouver qui s'appelle Jeremiah, avec Luke Perry et Malcolm Jamal Warner.

Q: Comment est-ce arrivé et quel est votre personnage ?

Astin: Je joue M. Smith, qui est à la fois un prophète pas très spirituel et une sorte de fou Shakespearien, vous ne savez pas lequel des deux. Il prétend que Dieu lui parle, et il semble en savoir bien plus qu'il ne devrait. C'est un rôle marrant à jouer.
C'est arrivé parce que mon nom était sur une liste à la MGM, et je suis sûr qu'il était plus haut qu'avant dans la liste après le succès du Seigneur des Anneaux, et on m'a proposé ça. J'ai regardé beaucoup d'épisodes de la première saison, et j'ai lu le script, et regardé le salaire, et j'ai pensé à ma famille, et j'ai vu quel était l'engagement dans le temps et j'ai dit oui. J'ai eu le comics, c'est basé sur un comics allemand, j'ai rencontré Joe Straczynski, le créateur du show qui travaille sur Babylon 5 et j'ai pensé que je pouvais laisser cet homme devenir mon " marionnettiste " pendant 15 épisodes. Il avait l'air d'être un homme intrigué, intéressé, qui avait quelque chose à dire, alors ça vaut la peine de continuer à me plier à sa vision des choses pour 15 épisodes.

Q: Combien d'épisodes y a-t-il par saison dans cette série ?

Astin: Quinze. Je pense que je suis dans 13 sur les 15. Je ne suis pas dans l'épisode qu'ils tournent actuellement parce que je suis ici, et je n'étais pas dans l'épisode trois semaines avant parce que je réalisais Angel.

Q: Quel épisode ?

Astin: Cet épisode d'Angel s'appelle " Soulless " (" sans âme "). J'ai ressenti ça comme un accomplissement ! Je roulais dans les locaux de la Paramount et j'étais un réalisateur. Quand nous sommes allés là-bas avant j'ai vu cette énorme file de camions, la tente de restauration, j'ai regardé l'ardoise et il était écrit " Réalisateur Sean Astin ", et je me suis dit " Wow, c'est cool. ".
Mais c'était dur ! C'était un peu plus dur que ce que je pensais. C'est un défit très spécial de réaliser un épisode d'une série télévisée. J'avais eu la chance, juste après Le Seigneur des Anneaux, d'observer Alex Graves sur West Wing pendant une semaine, Alan Ball sur Six Feet Under pendant une semaine, et Richard Lewis sur CSI. Alors, je suis juste resté là sur le plateau regardant le travail de ces réalisateurs, et essayant d'apprendre le savoir-faire, pour peut-être essayer de m'immiscer. C'est vraiment unique. Ce n'est pas comme ce que Peter Jackson était capable de faire pour créer sa propre vision. Il faut synthétiser 37 attitudes et personnalités différentes. Ca m'a évoqué Green Mile, rappelez-vous Michael Clark Duncan, quand il a aspiré le cancer en dehors de quelqu'un et l'a fait disparaître. Je devais aspirer tous ces sentiments contradictoires en dehors de tous ces gens différents, faire table rase, et leur permettre de faire leur travail. C'était un défi fascinant, et je cherche à en faire plus.

Q: Comment était cet épisode à tourner ?

Astin: C'est un bon épisode. Je suis nerveux à l'idée d'en parler parce que ce n'est pas une des séries les plus populaires, elle est assez bas dans les classements, mais elle a des fans très fidèles sur Internet et ils veulent savoir ce qui va se passer. C'était un épisode super, où l'on parle principalement d'Angel.

Q: Quand est-ce que cet épisode va être diffusé ?

Astin: En février je pense.

Q: Alors pensez-vous que vous allez à nouveau réaliser ?

Astin: A un certain niveau, oui. Les choses sont vraiment clinquantes pour moi en ce moment, je passe du bon temps. Un producteur m'a dit " Tu es vraiment au sommet de beaucoup de montagnes en ce moment. ". Je sais qu'il va arriver un moment où tout ça va décliner, je pense que je serais prêt à me reposer un peu quand on en sera là, mais je vais faire ce que j'ai envie de faire. Je veux vraiment porter un film, avoir le premier rôle. Je ne veux pas être juste l'ami ou le gros type. J'étais déterminé à perdre du poids avant de faire de la publicité, comme ça quand je suis dans des émissions, dans des magazines ou des choses de ce style, et que les producteurs me voient, ils peuvent penser à moi comme premier rôle. C'est quelque chose que j'aimerai être.

Q: Dans Rudy vous aviez le premier rôle.

Astin: Vous voyez, il y a des précédents !