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Auteurs, E-mail : Thys
Dernière Mise à jour : 03/09/2003

Retour Index Film

.:: Interview de Richard Taylor et Grant Major. ::.

 

Les fans du monde entier attendent la dernière partie de la trilogie du Seigneur des Anneaux, le Retour du Roi. Et comme l'explique Richard Taylor de Weta, le meilleur est encore à venir...
Richard Taylor est à la tête de l'atelier d'effets spéciaux Weta en Nouvelle Zélande, qui a produit les si étonnants effets du Seigneur des Anneaux. Alors que nous attendons le troisième volet de la trilogie épique de Peter Jackson, Taylor prend quelques instants pour nous révéler quelques-uns des secrets du nouveau film...

LAWRENCE FRENCH: En faisant ces films en Nouvelle-Zélande, pensez-vous que vous avez amené une certaine fraîcheur au style des effets spéciaux, comme vous l'avez fait en utilisant tous ces lieux variés et beaux de Nouvelle-Zélande?

RICHARD TAYLOR: Oh, oui, je pense. Notre atelier a un style très spécifique, le style que nous avons essayé d'apporter au film est très spécifique à la Nouvelle-Zélande. Nous faisons partie du Commonwealth, et nous sommes à l'une des extrêmités les plus éloignées du monde, ça nous donne un certain état d'esprit, ou une temporalité, qui nous confère la sensibilité et la subtilité pour comprendre les écrits de Tolkien datant d'il y a cinquante ans. Nous avons choisi de monter cinq départements pour le film, pour nous permettre de créer une esthétique intégrale et particulière pour chaque aspect du film. Ce processus a enclavé le design de telle sorte qu'on a l'impression d'avoir tissé les différentes trames pour en faire une tapisserie fine. Pour la toile de fond du film, nous avons essayé beaucoup de choses pour créer une tapisserie devant laquelle les acteurs puissent jouer l'histoire. Nous essayons juste de faire de notre mieux à notre manière unique et particulière. Nous n'avons pas gagné les Oscars parce que nous sommes meilleurs ou pires que d'autres dans le monde, nous les avons gagné parce que nous avons produit un film unique et différent. Je pense qu'il y a une sensibilité et une harmonie dans le travail, et que ça se voit dans le film. J'étais intraîtable depuis le début, à moins que nous ne sentions dans nos coeurs que nous pouvions faire justice aux écrits de Tolkien, nous ne devions pas commencer le projet. Et pour lui faire justice, il faut emmener le spectateur en dehors de sa salle de cinéma obscure dans laquelle il regarde un écran, et le placer devant une fenêtre, de manière à ce qu'il puisse voir un monde évoluer en face de lui. La solution pour amener cette illusion à la vie, est d'aménager un héritage culturel, d'essayer de créer le sentiment que les personnages qu'on regarde peuvent exister à ce moment, mais que derrière eux il y a des millénaires d'héritage culturel. Leurs armures, leurs armes, leurs blasons, le graphisme, même leur variété et leurs races, descendent d'une culture qui a existé à travers de nombreux siècles. En faisant ça, pourchassant ce niveau d'esthétique, le public est transporté quelque part ailleurs que dans le cinema, et peut voir le film se dérouler comme s'il regardait évoluer le monde réel devant lui.

LAWRENCE FRENCH: Vous avez élaboré un processus de dessin complexe non seulement pour les détails culturels, mais aussi pour les créatures, faisant des centaines de dessins et de maquettes pour chacune d'entre elles, et créant des histoires pour chacune d'elle. Comme le Troll des Cavernes de la Communauté, dans le Retour du Roi il y aura un Troll des Montagnes à la bataille des champs du Pelennor.

RICHARD TAYLOR: Oui, sans aucun doute, de la même manière que nous essayions de créer une réalité de qualité pour les armures et les armes ainsi que pour la culture des différentes races de la Terre du Milieu, nous voulions aussi une crédibilité physique pour les différentes créatures. Donc un personnage comme le Troll des Cavernes, aussi bizarre soit-il, est toujours basé très fortement sur le squelette d'une créature humanoïde bipède. De même, dans le Retour du Roi, nous avons vraiment essayé de rationnaliser les créatures, à aucun moment elles ne sont tellement fantastiques que le public est obligé de faire jouer son imagination. Nous ne voulons pas que les gens se mettent à trop douter de leur réalité. Nous voulons que les gens admettent que ces créatures pourraient exister, en tant que partie intégrante de ce monde. Avec les Oliphants, nous les avons fait immenses, comme de gros éléphants balourds hauts de 45 pieds, mais ce ne sont pas des éléphants ordinaires. Ce sont des créatures étonnantes qui portent les Haradrims à la bataille sur les champs du Pelennor, avec ces grandes plates-formes sur leur dos sur lesquelles se tiennent 50 ou 60 soldats. Ils ont été dessinés à l'atelier, des maquettes ont été faites, nous les avons alors scannées et restituées comme des créatures digitales, qui ont été intégrées dans le film. Nous avons même construit un Oliphant tombé pour les champs du Pelennor, c'est la plus grosse chose que nous ayons construite. Toutes ces créatures sont devenues de plus en plus viscérales, réelles et détaillées quand elles évoluaient dans le monde de Sauron. Nous avons six jeunes dessinateurs Neo-Zélandais, qui étaient responsables du dessin des créatures, des armes, des armures et des cultures de Terre du Milieu, et bien sûr, ils se sont beaucoup inspirés d'Alan Lee et de John Howe, en les regardant développer l'architecture de le Terre du Milieu.

LAWRENCE FRENCH: Est-ce qu'on va voir la confrontation de Gandalf et de la Bouche de Sauron, lieutenant de Barad-Dûr, en dehors des Portes Noires de Mordor?

RICHARD TAYLOR: Oui, et si je me rapelle bien du livre, l'émissaire est aveugle, il est joué par Bruce Spence, plus connu comme le pilote l'hélicoptère dans The Road Warrior, très maquillé et portant un heaume. Notre concept est qu'il a dit tellement de mal au cours des années, que l'infection du mal et le poison de ses mots ont commencé a infecter sa bouche, ouvert ses lèvres, tout ça rendu avec une application subtile de gélatine. Bruce Spence a été fantastique, c'est très bien de travailler avec lui, c'est un personnage incroyable, très concentré sur le rôle et qui s'amuse à amener le personnage à la vie.

LAWRENCE FRENCH: Minas Tirith, l'ancienne cité des rois du Gondor, promet d'être un moment incroyable. Dans le livre, c'était à l'origine là qu'étaient gardés les sept Palantir, ou pierres de vision.

GRANT MAJOR: Oui, je pense que Minas Tirith est le plus grand plateau jamais construit dans l'hémisphère sud. Il était à une très grand échelle, nous avons eu des gars pour construire des échaffaudages qui ont travaillé dessus pendant six mois, en essayant de devancer l'équipe de construction. Ca a été construit sur les ruines du Gouffre de Helm, dans la même carrière rocheuse en-dehors de Wellington, et nous avons construit quelques parties avec les pièces des tours du Gouffre de Helm. Dans le livre, Minas Tirith est supposée être à la base du Mont Mindolluim, et elle est construite sur un dénivellé de 700 pieds. Il y a cette sorte de bras de roche qui sort comme la proue d'un navire depuis les hauteurs de la citadelle, jusqu'en bas. Etant donné que Minas Tirith est si grande dans le livre, nous en avons seulement construit certaines parties, mais toutes ces parties étaient liées entre elles par une route qui trace son chemin en montant la colline à travers les sept portes, ça nous a permis de faire ces gros travellings à travers la ville. La ville en elle-même a été construite sur sept niveaux de terrasses sur le côté de la montagne, avec la cours des Rois et sa tour d'Ecthelion de 300 pieds de haut - la tour du soleil - sur le dernier niveau. C'est un desing très audacieux, avec toute cette architecture médiévale. Les bâtiments sont faits de pierres blanches joliement taillées, mais commencent à s'effondrer un peu, ils deviennent plus ternes avec l'âge.






--> Extraits du Starbust Magazine