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.:: Interview
de Richard Taylor et Grant Major. ::.
Les fans du monde entier attendent
la dernière partie de la trilogie du Seigneur
des Anneaux, le Retour du Roi. Et comme l'explique
Richard Taylor de Weta, le meilleur est encore
à venir...
Richard Taylor est à la tête de l'atelier
d'effets spéciaux Weta en Nouvelle Zélande,
qui a produit les si étonnants effets du
Seigneur des Anneaux. Alors que nous attendons
le troisième volet de la trilogie épique
de Peter Jackson, Taylor prend quelques instants
pour nous révéler quelques-uns des
secrets du nouveau film...
LAWRENCE FRENCH: En faisant
ces films en Nouvelle-Zélande, pensez-vous
que vous avez amené une certaine fraîcheur
au style des effets spéciaux, comme vous
l'avez fait en utilisant tous ces lieux variés
et beaux de Nouvelle-Zélande?
RICHARD TAYLOR: Oh, oui, je pense.
Notre atelier a un style très spécifique,
le style que nous avons essayé d'apporter
au film est très spécifique à
la Nouvelle-Zélande. Nous faisons partie
du Commonwealth, et nous sommes à l'une
des extrêmités les plus éloignées
du monde, ça nous donne un certain état
d'esprit, ou une temporalité, qui nous
confère la sensibilité et la subtilité
pour comprendre les écrits de Tolkien datant
d'il y a cinquante ans. Nous avons choisi de monter
cinq départements pour le film, pour nous
permettre de créer une esthétique
intégrale et particulière pour chaque
aspect du film. Ce processus a enclavé
le design de telle sorte qu'on a l'impression
d'avoir tissé les différentes trames
pour en faire une tapisserie fine. Pour la toile
de fond du film, nous avons essayé beaucoup
de choses pour créer une tapisserie devant
laquelle les acteurs puissent jouer l'histoire.
Nous essayons juste de faire de notre mieux à
notre manière unique et particulière.
Nous n'avons pas gagné les Oscars parce
que nous sommes meilleurs ou pires que d'autres
dans le monde, nous les avons gagné parce
que nous avons produit un film unique et différent.
Je pense qu'il y a une sensibilité et une
harmonie dans le travail, et que ça se
voit dans le film. J'étais intraîtable
depuis le début, à moins que nous
ne sentions dans nos coeurs que nous pouvions
faire justice aux écrits de Tolkien, nous
ne devions pas commencer le projet. Et pour lui
faire justice, il faut emmener le spectateur en
dehors de sa salle de cinéma obscure dans
laquelle il regarde un écran, et le placer
devant une fenêtre, de manière à
ce qu'il puisse voir un monde évoluer en
face de lui. La solution pour amener cette illusion
à la vie, est d'aménager un héritage
culturel, d'essayer de créer le sentiment
que les personnages qu'on regarde peuvent exister
à ce moment, mais que derrière eux
il y a des millénaires d'héritage
culturel. Leurs armures, leurs armes, leurs blasons,
le graphisme, même leur variété
et leurs races, descendent d'une culture qui a
existé à travers de nombreux siècles.
En faisant ça, pourchassant ce niveau d'esthétique,
le public est transporté quelque part ailleurs
que dans le cinema, et peut voir le film se dérouler
comme s'il regardait évoluer le monde réel
devant lui.
LAWRENCE FRENCH: Vous avez élaboré
un processus de dessin complexe non seulement
pour les détails culturels, mais aussi
pour les créatures, faisant des centaines
de dessins et de maquettes pour chacune d'entre
elles, et créant des histoires pour chacune
d'elle. Comme le Troll des Cavernes de la Communauté,
dans le Retour du Roi il y aura un Troll des Montagnes
à la bataille des champs du Pelennor.
RICHARD TAYLOR: Oui, sans aucun
doute, de la même manière que nous
essayions de créer une réalité
de qualité pour les armures et les armes
ainsi que pour la culture des différentes
races de la Terre du Milieu, nous voulions aussi
une crédibilité physique pour les
différentes créatures. Donc un personnage
comme le Troll des Cavernes, aussi bizarre soit-il,
est toujours basé très fortement
sur le squelette d'une créature humanoïde
bipède. De même, dans le Retour du
Roi, nous avons vraiment essayé de rationnaliser
les créatures, à aucun moment elles
ne sont tellement fantastiques que le public est
obligé de faire jouer son imagination.
Nous ne voulons pas que les gens se mettent à
trop douter de leur réalité. Nous
voulons que les gens admettent que ces créatures
pourraient exister, en tant que partie intégrante
de ce monde. Avec les Oliphants, nous les avons
fait immenses, comme de gros éléphants
balourds hauts de 45 pieds, mais ce ne sont pas
des éléphants ordinaires. Ce sont
des créatures étonnantes qui portent
les Haradrims à la bataille sur les champs
du Pelennor, avec ces grandes plates-formes sur
leur dos sur lesquelles se tiennent 50 ou 60 soldats.
Ils ont été dessinés à
l'atelier, des maquettes ont été
faites, nous les avons alors scannées et
restituées comme des créatures digitales,
qui ont été intégrées
dans le film. Nous avons même construit
un Oliphant tombé pour les champs du Pelennor,
c'est la plus grosse chose que nous ayons construite.
Toutes ces créatures sont devenues de plus
en plus viscérales, réelles et détaillées
quand elles évoluaient dans le monde de
Sauron. Nous avons six jeunes dessinateurs Neo-Zélandais,
qui étaient responsables du dessin des
créatures, des armes, des armures et des
cultures de Terre du Milieu, et bien sûr,
ils se sont beaucoup inspirés d'Alan Lee
et de John Howe, en les regardant développer
l'architecture de le Terre du Milieu.
LAWRENCE FRENCH: Est-ce qu'on
va voir la confrontation de Gandalf et de la Bouche
de Sauron, lieutenant de Barad-Dûr, en dehors
des Portes Noires de Mordor?
RICHARD TAYLOR: Oui, et si je
me rapelle bien du livre, l'émissaire est
aveugle, il est joué par Bruce Spence,
plus connu comme le pilote l'hélicoptère
dans The Road Warrior, très maquillé
et portant un heaume. Notre concept est qu'il
a dit tellement de mal au cours des années,
que l'infection du mal et le poison de ses mots
ont commencé a infecter sa bouche, ouvert
ses lèvres, tout ça rendu avec une
application subtile de gélatine. Bruce
Spence a été fantastique, c'est
très bien de travailler avec lui, c'est
un personnage incroyable, très concentré
sur le rôle et qui s'amuse à amener
le personnage à la vie.
LAWRENCE FRENCH: Minas Tirith,
l'ancienne cité des rois du Gondor, promet
d'être un moment incroyable. Dans le livre,
c'était à l'origine là qu'étaient
gardés les sept Palantir, ou pierres de
vision.
GRANT MAJOR: Oui, je pense que
Minas Tirith est le plus grand plateau jamais
construit dans l'hémisphère sud.
Il était à une très grand
échelle, nous avons eu des gars pour construire
des échaffaudages qui ont travaillé
dessus pendant six mois, en essayant de devancer
l'équipe de construction. Ca a été
construit sur les ruines du Gouffre de Helm, dans
la même carrière rocheuse en-dehors
de Wellington, et nous avons construit quelques
parties avec les pièces des tours du Gouffre
de Helm. Dans le livre, Minas Tirith est supposée
être à la base du Mont Mindolluim,
et elle est construite sur un dénivellé
de 700 pieds. Il y a cette sorte de bras de roche
qui sort comme la proue d'un navire depuis les
hauteurs de la citadelle, jusqu'en bas. Etant
donné que Minas Tirith est si grande dans
le livre, nous en avons seulement construit certaines
parties, mais toutes ces parties étaient
liées entre elles par une route qui trace
son chemin en montant la colline à travers
les sept portes, ça nous a permis de faire
ces gros travellings à travers la ville.
La ville en elle-même a été
construite sur sept niveaux de terrasses sur le
côté de la montagne, avec la cours
des Rois et sa tour d'Ecthelion de 300 pieds de
haut - la tour du soleil - sur le dernier niveau.
C'est un desing très audacieux, avec toute
cette architecture médiévale. Les
bâtiments sont faits de pierres blanches
joliement taillées, mais commencent à
s'effondrer un peu, ils deviennent plus ternes
avec l'âge.
--> Extraits du Starbust Magazine
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