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.:: Transcription
d'une interview d'Howard Shore ::.
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Modérateur : J'aimerais
commencer la session des questions du public.
Est-ce que quelqu'un a une question ?
Question : Tout d'abord,
félicitations pour votre récompense
aux Oscars – vous la méritez amplement.
Howard Shore : Merci. Vous savez,
les unes après les autres comme ça,
c'était plutôt remarquable. Etonnant.
Question : C'est certainement
la meilleure BO de ma collection et elle a également
conquis ma famille, ce qui est surprenant parce
qu'évidemment ils n'écoutent
pas toujours ma musique. Ce que j'aimerais
savoir, c'est que vous avez mentionné
douze heures de musique. Aurons-nous la possibilité
d'entendre cela dans un coffret de luxe
?
Howard : Il est prévu de
faire un coffret. Nous avons une proposition de
la Warner. Et la Warner... ça a l'air
bien, mais celle-ci a été vendue...
vous savez tout est interne. Ils ont été
vendus à (indéchiffrable) –
un groupe qui (indéchiffrable) acheté
– toute la société a été
vendue. Donc c'est en cours d'approbation.
Mais cela semble bien. Nous voulons le faire,
et Peter veut le faire. Ce que Peter a suggéré,
et ce que nous leur avons suggéré,
serait de faire huit CDs et un DVD. Les huit CDs
seraient la version longue complète de
la musique. Je sais qu'il y avait quelque
chose sur Internet qui disait que cela serait
juste la version normale mais cela a en fait été
rapporté de façon incorrecte. L'idée
c'est d'avoir la version longue complète.
Et tout ce qui est dans le film sera sur les CDs.
Donc vous aurez tout ! Et puis il y a beaucoup
d'autres choses que nous avons faites donc
Peter a suggéré... il adore
tout ce qui concerne les documentaires, il adore
ce qui se passe dans les coulisses, donc il a
suggéré de créer un DVD qui
serait un peu à part et il le nomme 'Raretés'
ce qui pourra être tout et rien. Cela pourrait
être le premier enregistrement du thème
de 'La Communauté'. Et même
des enregistrements approximatifs, et des choses
comme ça. Des croquis ! La chose intéressante
pour les collectionneurs c'est de voir le
processus. Donc c'est ce genre de chose
et il suggérait ce style de DVD. Et aussi
Elizabeth Cotnoire, qui a fait le documentaire
sur 'Le Retour du Roi' nommé
'Use Well The Days' – c'est
sur le DVD, elle possède une version plus
longue qu'elle crée pour le coffret.
Et je suis sûr qu'il contiendra des
commentaires et des choses comme ça.
Modérateur : Elle a dit
que l'on vous voyait sous la douche !
Howard : [faussement choqué]...
Je.... Euh.... Je suis marié avec
Elizabeth et elle est une réalisatrice,
auteur et productrice vraiment douée et
elle a fait de nombreux documentaires pour la
télévision et d'autres choses.
Donc elle a des accès. La raison pour laquelle
la Warner l'ont laissé faire l'article,
c'est parce qu'ils savaient qu'ils
obtiendraient... vous savez il y le peignoir
et des choses comme ça.
Modérateur : Juste pour
que tout le monde soit au courant... il y
a plusieurs versions du 'Retour du Roi'
– deux versions différentes. Si vous
achetez... il y en une qui a deux disques.
Howard : Le vert, avec la «
leatherette ».
Modérateur : Le deuxième
disque est un DVD avec le documentaire d'Elizabeth
pendant 'Le Retour du Roi'. C'est
vraiment intéressant à voir. C'est
magnifique. Il y a une partie à l'intérieur
– L'Allumage des Feux d'Alarme
– je crois que c'est le lieu où
cela a été enregistré –
il y a une partie où il dirige 'L'Allumage
des Feux d'Alarme' et cela va complètement
vous halluciner.
Howard : Ils ont une camera sur
nous pour la loge. Lorsqu'on enregistre
à Watford, la salle de contrôle ne
peut pas voir... Tout est fait avec des caméras
parce que c'est une autre partie du bâtiment
où se trouve l'orchestre, donc il
y a une caméra pointée sur moi pendant
tout l'enregistrement. Et ils en ont utilisé
une partie. Il y a quelques plans intéressants
et des choses là-dessus. C'est fait
de façon plus enjouée.
Modérateur : Donc si vous
ne l'avez pas vous devriez le découvrir.
C'est un magnifique DVD. Très joliment
fait par Elizabeth.
Howard : Et il y a un autre documentaire
sur la version longue des 'Deux Tours'
– il y a également un documentaire
sur la musique.
Modérateur : Une autre
question ?
Question : Bonjour Howard. Mon
nom est Michelle (indéchiffrable). Je viens
de New York spécialement pour entendre
votre concert demain soir. Je suis tellement contente
d'être ici.
Howard : Fantastique. C'est
super !
Question : Je voulais parler de
la façon dont vous choisissez les divers
instruments pour les différents (indéchiffrable).
J'ai lu quelque part que vous parliez du thème
sur les hobbits, en le décrivant comme
étant en quelque sorte très simple,
naïf et contenu, lorsqu'ils n'avaient pas
encore quitté La Comté, et puis
vous avez étayé la musique tout
à la fin, ce qui est devenu le même
thème mais vous avez utilisé différents
instruments pour le rendre plus fort...
Howard : J'essayais de montrer
une évolution dans ce cas. Je crois que
c'était...
Question : ... et qu'est-ce
qui vous a fait choisir ces instruments ?
Howard : Ils ont été
choisi selon les cultures, en fait. Dans cet exemple
la musique essayait de... à la fin
du 'Retour du Roi', on entend Sir
James Galway jouant du flûtiau – la
flûte en étain. Vraiment très
concentré. Et puis cela évolue vers
la flûte, et on entend Galway en jouer.
Donc j'essayais de montrer la façon
dont la flûte évolue en parallèle
avec les hobbits. Et cela a fait grandir La Comté
dans ce sens – au moins Frodon. D'une
certaine manière ils ont probablement tout
fait. J'essayais de montrer ça et
l'évolution de l'instrument
est tellement liée. Les instruments folkloriques
ont peut-être été choisis
pour les différentes cultures. Juste en
tant que moyens d'expression. La Terre du
Milieu, il y a cinq ou six milles ans, cela impliquait
que la musique ait un ton historique, ainsi certains
instruments sont vieux. Vous savez je n'ai
pas utilisé une flûte de Pan, qui
est probablement un des plus vieux instruments
dans le monde, jusqu'au 'Retour du
Roi' pour Faramir. Des instruments comme
le sarongi (?), la luth et la flûte douce
que j'avais utilisée spécifiquement
pour la Lothlorien dans le but d'exprimer
des types d'exotisme. De la même manière
que les langages étaient utilisés
spécifiquement pour les cultures. Le Vieil
Anglais est utilisé uniquement pour le
Rohan et un certain type d'Elfique, que
ce soit du Quenya – un style d'Elfique
plus vieux, ou du Sindarin étaient utilisés
pour vous donner un sentiment pour ces différents
mondes, donc il y avait les instruments folkloriques,
comme le violon Hardanger. Tolkien décrit
le Rohan comme une culture Viking Nordique donc
le Hardanger est un (indéchiffrable) violon
avec des cordes agréables – et je
pensais que cela serait une bonne façon
d'exprimer ces idées. C'est
ainsi que les instruments disparaissent. La musique
celtique est une des plus vieilles musiques dans
le monde. C'est ancien et c'était
une manière d'exprimer cet ancien
sentiment, et c'était aussi versatile
d'une certaine façon, ces instruments.
Cela peut être utilisé partout dans
l'histoire. Comme j'ai utilisé
un dulcimer (NdT : Cithare des Appalaches) pour
Hobbitbourg dans la scène originale de
'La Communauté de l'Anneau'
et Gollum était un hobbit de la rivière.
Gollum a été détruit par
l'Anneau pendant des centaines d'années
et quand on entend la première partie des
thèmes de Gollum, c'est le dulcimer
– celui-ci évolue vers le son martelé,
joué par la cymbale, qui a un son plus
sombre, plus menaçant. J'ai écrit
un morceau différent pour ça. Donc
j'essayais de montrer l'évolution
de ces instruments et de quelle manière
ils étaient liés à ces différents
personnages dans les scripts.
Question : (indéchiffrable
depuis le fond du hall, mais cela semble concerner
les problèmes de retour en arrière
et de création des musiques pour les versions
longues)
Howard : C'était
comme faire une production entière de film.
J'ai toujours pensé que chaque film
était... parce que j'ai fait
plus de soixante films avant 'Le Seigneur
des Anneaux', que cela semblait comme six
films pour moi. Et le DVD était le septième
film. Donc une production entière en elle-même.
Mais le commencement de la musique, c'est
un processus très méticuleux qui
est plutôt technique parce qu'on prend
un enregistrement existant. C'est comme
prendre une photo et essayer de... vous savez,
la monter et puis la dégager, en ouvrant
l'espace et puis en essayant de photographier
quelque chose de nouveau au milieu – en
quelque sorte des nouvelles personnes dans l'image
des mois plus tard. Donc l'éclairage
doit être précis pour faire ça.
Dans notre cas l'éclairage équivaut
au microphone et au son acoustique. Donc il y
a cette aspect technique où on commence
la musique, en enregistrant plus de musique, des
sections plus longues et cela doit correspondre
parfaitement et sembler complètement pareil.
John Kurlander a fait tous les enregistrements
impliquant toute l'équipe, tous les
films. Il est très expert pour ça.
Il est comme un physicien – il a comme des
mesures sonars et tout est calculé. Des
enregistrements comme ça sont tous liés
à l'emplacement du microphone –
cela concerne complètement la distance
du son au micro. C'est le cas pour 90% des
enregistrements, et le son de la salle représente
10%, comme cette salle. Il est très expert
pour faire correspondre ça et c'est
comme ça que nous faisons le DVD parce
que nous voulons... nous avons l'impression
que le DVD est le film. Nous sentons que les films
que les gens voudront voir dans cinq ou six ans
- et c'est le meilleur travail dans son
intégralité, je crois - sont les
versions longues. Donc nous les faisons aussi
précautionneusement et aussi méticuleusement
que si vous faisions le film, ce qui est probablement
rare. Dans les films je ne crois pas que cela
soit fait très souvent.
Modérateur : C'est
intéressant que vous mentionnez cela concernant
John Kurlander. Je me souviens le jour avant que
vous alliez à Watford, il se préparait
et il a dit 'Rudy, vous remarquez que je
ne mesure pas les distances avec le micro'.
Et j'ai dit 'Ouais, pourquoi vous
ne faites pas ça ?' et il a répondu
'Après environ trois ans vous savez
exactement quoi faire'. C'est un type
incroyable. Une autre question.
Question : (indéchiffrable).
C'est vraiment en deux parties. Avez-vous
un passage favori dans toute la trilogie, et avez-vous
pensé à la création du 'Hobbit'
?
Howard : Je n'ai pas encore
commencé 'Le Hobbit'. Nous
voulons le faire. Peter veut le faire, mais les
problèmes de droits ne sont pas encore
résolus. Je dirais la relation entre Sam
et Frodon. Je l'ai dit auparavant mais je
me suis toujours senti comme Frodon parce qu'il
porte le fardeau de l'Anneau, j'ai
toujours eu l'impression d'être
le hobbit qui doit faire la musique. Vous savez
c'était comme si vous aviez levé
votre main et dit 'Je vais le faire',
vous voyez ? J'ai en quelque sorte fait
la même chose. Peter était mon Gandalf,
et quelques fois mon Sam. Il dit que j'étais
quelques fois son Sam. Quand j'échouais
j'avais une influence sur lui, donc je me
suis toujours senti proche de cette relation et
de la musique jouée pour Frodon et Sam,
qui vient essentiellement de La Comté et
des lieux de la musique entière.
Modérateur : Nous ne pouvons
prendre qu'une ou deux questions de plus.
Question : (indéchiffrable,
cela semble être une question pour savoir
si Howard est contrarié par le fait d'être
uniquement connu pour Le Seigneur des Anneau plutôt
que n'importe quel autre travail qu'il
a fait)
Howard : Cela ne me trouble pas,
non. Mon travail a été très
linéaire. J'ai écrit de la
musique depuis mes 10 ans. Ce que vous entendez
dans 'Le Seigneur des Anneaux' c'est
en quelque sorte l'expérience...
juste le produit de tout mon travail dans un sens.
On écrit un morceau de onze heures et pour
le faire et pour l'orchestrer... on
voit tout son travail dans le morceau. Donc ça
ne me dérange pas. Je crois que certains
des autres morceaux vont survivre et ils ont quelque
chose à dire. Mais cela incorpore en quelque
sorte tout ce qu'on a appris concernant
la création d'un film.
Modérateur : Une dernière
question.
Question : (indéchiffrable
du fond du hall)
Howard : Oui tout à fait.
Il y a des moments. Je vis à l'extérieur
de la ville et c'est vraiment calme et en
quelque sorte exclu. Donc je pars de là
pour faire un concert à Londres ou à
Atlanta. Et il y avait des moments où les
gens se réunissent pour faire quelque chose
et j'ai cette aspect de communauté.
Howard : Pouvons-nous prendre
plus de questions ? Devons-nous finir à
un certain moment ? Parce qu'il semble y
avoir plus de questions. [Le modérateur
indique que la dédicace de CDs pour tout
le monde prendra du temps]. Faisons le jusqu'à
19h alors. On peut en prendre quelques unes de
plus !
Question : (indéchiffrable
– une longue question d'un visiteur
italien qui demande si des projets comme celui-ci
pourraient être possibles dans le futur,
avec des contraintes de temps augmentant alors
que les films sont faits sur des périodes
de plus en plus courtes)
Howard : Je ne suis pas sûr
de comprendre la question. Est-ce une question
de temps optimum ? Eh bien il y a uniquement des
contraintes de temps. On a juste besoin d'un
réalisateur qui nous dira 'Je m'assurerai
que vous avez assez de temps pour faire tout ce
qui est nécessaire'. Ca le ferait.
Peter m'a dit ça – et il l'a
fait, il a tenu sa parole, et ça a été
fait de cette manière. Cela a été
fait grâce à une collaboration vraiment
fantastique, sur une année. Il faudrait
devoir faire ça. Une chose que je ressens
plus dans l'aspect 'film après
film' en écrivant la musique du film,
c'est qu'on peut commencer bien plus
tôt si on veut écrire des morceaux
basés sur le scénario ou le livre
– les idées qui sont inhérentes
dans le scénario. Beaucoup de musiques
de film sont vraiment basées sur le scénario.
Une autre question !
Question : Avez-vous visité
les plateaux en Nouvelle-Zélande ?
Howard : Oui, bien sûr.
Plusieurs fois. Plusieurs fois pendant les trois
dernières années et neuf mois depuis
la première visite. J'ai trouvé
beaucoup d'inspiration en étant là-bas.
J'ai aussi vécu en Nouvelle-Zélande
pour une partie de la production. J'avais
une petite maison. Peter vit dans une petite ville
nommée Seatoon, qui est en dehors de Wellington.
C'est sur une crique qui donne sur la mer
depuis la Baie de Wellington. Vous savez c'est
un film créé sur des tables de cuisine,
des sortes de cottages. On y pense comme à
une grande production, mais c'est petit.
Donc j'ai pris une maison en bas de la route,
quelques portes plus loin, et j'écrivais
là-bas et je voyais Peter et Fran et Philippa
et c'est ainsi que nous avons développé
une très bonne amitié. Je voyais
des orques dans la baie et des marsouin et j'écrivais
à Quennstown, sur l'Ile du Sud. Partout
où j'étais, j'écrivais.
Cela me manque d'une certaine manière.
C'est en quelque sorte une surprise pour
moi de ne pas devoir faire un film cette année.
Je travaille sur un autre film, un autre projet,
et cela semble étrange de ne pas travailler
sur un film que je mettrai du temps à oublier.
Modérateur : Howard, merci
beaucoup !
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