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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 03/06/2004

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.:: Transcription d'une interview d'Howard Shore ::.

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Modérateur : J'aimerais commencer la session des questions du public. Est-ce que quelqu'un a une question ?

Question : Tout d'abord, félicitations pour votre récompense aux Oscars – vous la méritez amplement.

Howard Shore : Merci. Vous savez, les unes après les autres comme ça, c'était plutôt remarquable. Etonnant.

Question : C'est certainement la meilleure BO de ma collection et elle a également conquis ma famille, ce qui est surprenant parce qu'évidemment ils n'écoutent pas toujours ma musique. Ce que j'aimerais savoir, c'est que vous avez mentionné douze heures de musique. Aurons-nous la possibilité d'entendre cela dans un coffret de luxe ?

Howard : Il est prévu de faire un coffret. Nous avons une proposition de la Warner. Et la Warner... ça a l'air bien, mais celle-ci a été vendue... vous savez tout est interne. Ils ont été vendus à (indéchiffrable) – un groupe qui (indéchiffrable) acheté – toute la société a été vendue. Donc c'est en cours d'approbation. Mais cela semble bien. Nous voulons le faire, et Peter veut le faire. Ce que Peter a suggéré, et ce que nous leur avons suggéré, serait de faire huit CDs et un DVD. Les huit CDs seraient la version longue complète de la musique. Je sais qu'il y avait quelque chose sur Internet qui disait que cela serait juste la version normale mais cela a en fait été rapporté de façon incorrecte. L'idée c'est d'avoir la version longue complète. Et tout ce qui est dans le film sera sur les CDs. Donc vous aurez tout ! Et puis il y a beaucoup d'autres choses que nous avons faites donc Peter a suggéré... il adore tout ce qui concerne les documentaires, il adore ce qui se passe dans les coulisses, donc il a suggéré de créer un DVD qui serait un peu à part et il le nomme 'Raretés' ce qui pourra être tout et rien. Cela pourrait être le premier enregistrement du thème de 'La Communauté'. Et même des enregistrements approximatifs, et des choses comme ça. Des croquis ! La chose intéressante pour les collectionneurs c'est de voir le processus. Donc c'est ce genre de chose et il suggérait ce style de DVD. Et aussi Elizabeth Cotnoire, qui a fait le documentaire sur 'Le Retour du Roi' nommé 'Use Well The Days' – c'est sur le DVD, elle possède une version plus longue qu'elle crée pour le coffret. Et je suis sûr qu'il contiendra des commentaires et des choses comme ça.

Modérateur : Elle a dit que l'on vous voyait sous la douche !

Howard : [faussement choqué]... Je.... Euh.... Je suis marié avec Elizabeth et elle est une réalisatrice, auteur et productrice vraiment douée et elle a fait de nombreux documentaires pour la télévision et d'autres choses. Donc elle a des accès. La raison pour laquelle la Warner l'ont laissé faire l'article, c'est parce qu'ils savaient qu'ils obtiendraient... vous savez il y le peignoir et des choses comme ça.

Modérateur : Juste pour que tout le monde soit au courant... il y a plusieurs versions du 'Retour du Roi' – deux versions différentes. Si vous achetez... il y en une qui a deux disques.

Howard : Le vert, avec la « leatherette ».

Modérateur : Le deuxième disque est un DVD avec le documentaire d'Elizabeth pendant 'Le Retour du Roi'. C'est vraiment intéressant à voir. C'est magnifique. Il y a une partie à l'intérieur – L'Allumage des Feux d'Alarme – je crois que c'est le lieu où cela a été enregistré – il y a une partie où il dirige 'L'Allumage des Feux d'Alarme' et cela va complètement vous halluciner.

Howard : Ils ont une camera sur nous pour la loge. Lorsqu'on enregistre à Watford, la salle de contrôle ne peut pas voir... Tout est fait avec des caméras parce que c'est une autre partie du bâtiment où se trouve l'orchestre, donc il y a une caméra pointée sur moi pendant tout l'enregistrement. Et ils en ont utilisé une partie. Il y a quelques plans intéressants et des choses là-dessus. C'est fait de façon plus enjouée.

Modérateur : Donc si vous ne l'avez pas vous devriez le découvrir. C'est un magnifique DVD. Très joliment fait par Elizabeth.

Howard : Et il y a un autre documentaire sur la version longue des 'Deux Tours' – il y a également un documentaire sur la musique.

Modérateur : Une autre question ?

Question : Bonjour Howard. Mon nom est Michelle (indéchiffrable). Je viens de New York spécialement pour entendre votre concert demain soir. Je suis tellement contente d'être ici.

Howard : Fantastique. C'est super !

Question : Je voulais parler de la façon dont vous choisissez les divers instruments pour les différents (indéchiffrable). J'ai lu quelque part que vous parliez du thème sur les hobbits, en le décrivant comme étant en quelque sorte très simple, naïf et contenu, lorsqu'ils n'avaient pas encore quitté La Comté, et puis vous avez étayé la musique tout à la fin, ce qui est devenu le même thème mais vous avez utilisé différents instruments pour le rendre plus fort...

Howard : J'essayais de montrer une évolution dans ce cas. Je crois que c'était...

Question : ... et qu'est-ce qui vous a fait choisir ces instruments ?

Howard : Ils ont été choisi selon les cultures, en fait. Dans cet exemple la musique essayait de... à la fin du 'Retour du Roi', on entend Sir James Galway jouant du flûtiau – la flûte en étain. Vraiment très concentré. Et puis cela évolue vers la flûte, et on entend Galway en jouer. Donc j'essayais de montrer la façon dont la flûte évolue en parallèle avec les hobbits. Et cela a fait grandir La Comté dans ce sens – au moins Frodon. D'une certaine manière ils ont probablement tout fait. J'essayais de montrer ça et l'évolution de l'instrument est tellement liée. Les instruments folkloriques ont peut-être été choisis pour les différentes cultures. Juste en tant que moyens d'expression. La Terre du Milieu, il y a cinq ou six milles ans, cela impliquait que la musique ait un ton historique, ainsi certains instruments sont vieux. Vous savez je n'ai pas utilisé une flûte de Pan, qui est probablement un des plus vieux instruments dans le monde, jusqu'au 'Retour du Roi' pour Faramir. Des instruments comme le sarongi (?), la luth et la flûte douce que j'avais utilisée spécifiquement pour la Lothlorien dans le but d'exprimer des types d'exotisme. De la même manière que les langages étaient utilisés spécifiquement pour les cultures. Le Vieil Anglais est utilisé uniquement pour le Rohan et un certain type d'Elfique, que ce soit du Quenya – un style d'Elfique plus vieux, ou du Sindarin étaient utilisés pour vous donner un sentiment pour ces différents mondes, donc il y avait les instruments folkloriques, comme le violon Hardanger. Tolkien décrit le Rohan comme une culture Viking Nordique donc le Hardanger est un (indéchiffrable) violon avec des cordes agréables – et je pensais que cela serait une bonne façon d'exprimer ces idées. C'est ainsi que les instruments disparaissent. La musique celtique est une des plus vieilles musiques dans le monde. C'est ancien et c'était une manière d'exprimer cet ancien sentiment, et c'était aussi versatile d'une certaine façon, ces instruments. Cela peut être utilisé partout dans l'histoire. Comme j'ai utilisé un dulcimer (NdT : Cithare des Appalaches) pour Hobbitbourg dans la scène originale de 'La Communauté de l'Anneau' et Gollum était un hobbit de la rivière. Gollum a été détruit par l'Anneau pendant des centaines d'années et quand on entend la première partie des thèmes de Gollum, c'est le dulcimer – celui-ci évolue vers le son martelé, joué par la cymbale, qui a un son plus sombre, plus menaçant. J'ai écrit un morceau différent pour ça. Donc j'essayais de montrer l'évolution de ces instruments et de quelle manière ils étaient liés à ces différents personnages dans les scripts.

Question : (indéchiffrable depuis le fond du hall, mais cela semble concerner les problèmes de retour en arrière et de création des musiques pour les versions longues)

Howard : C'était comme faire une production entière de film. J'ai toujours pensé que chaque film était... parce que j'ai fait plus de soixante films avant 'Le Seigneur des Anneaux', que cela semblait comme six films pour moi. Et le DVD était le septième film. Donc une production entière en elle-même. Mais le commencement de la musique, c'est un processus très méticuleux qui est plutôt technique parce qu'on prend un enregistrement existant. C'est comme prendre une photo et essayer de... vous savez, la monter et puis la dégager, en ouvrant l'espace et puis en essayant de photographier quelque chose de nouveau au milieu – en quelque sorte des nouvelles personnes dans l'image des mois plus tard. Donc l'éclairage doit être précis pour faire ça. Dans notre cas l'éclairage équivaut au microphone et au son acoustique. Donc il y a cette aspect technique où on commence la musique, en enregistrant plus de musique, des sections plus longues et cela doit correspondre parfaitement et sembler complètement pareil. John Kurlander a fait tous les enregistrements impliquant toute l'équipe, tous les films. Il est très expert pour ça. Il est comme un physicien – il a comme des mesures sonars et tout est calculé. Des enregistrements comme ça sont tous liés à l'emplacement du microphone – cela concerne complètement la distance du son au micro. C'est le cas pour 90% des enregistrements, et le son de la salle représente 10%, comme cette salle. Il est très expert pour faire correspondre ça et c'est comme ça que nous faisons le DVD parce que nous voulons... nous avons l'impression que le DVD est le film. Nous sentons que les films que les gens voudront voir dans cinq ou six ans - et c'est le meilleur travail dans son intégralité, je crois - sont les versions longues. Donc nous les faisons aussi précautionneusement et aussi méticuleusement que si vous faisions le film, ce qui est probablement rare. Dans les films je ne crois pas que cela soit fait très souvent.

Modérateur : C'est intéressant que vous mentionnez cela concernant John Kurlander. Je me souviens le jour avant que vous alliez à Watford, il se préparait et il a dit 'Rudy, vous remarquez que je ne mesure pas les distances avec le micro'. Et j'ai dit 'Ouais, pourquoi vous ne faites pas ça ?' et il a répondu 'Après environ trois ans vous savez exactement quoi faire'. C'est un type incroyable. Une autre question.

Question : (indéchiffrable). C'est vraiment en deux parties. Avez-vous un passage favori dans toute la trilogie, et avez-vous pensé à la création du 'Hobbit' ?

Howard : Je n'ai pas encore commencé 'Le Hobbit'. Nous voulons le faire. Peter veut le faire, mais les problèmes de droits ne sont pas encore résolus. Je dirais la relation entre Sam et Frodon. Je l'ai dit auparavant mais je me suis toujours senti comme Frodon parce qu'il porte le fardeau de l'Anneau, j'ai toujours eu l'impression d'être le hobbit qui doit faire la musique. Vous savez c'était comme si vous aviez levé votre main et dit 'Je vais le faire', vous voyez ? J'ai en quelque sorte fait la même chose. Peter était mon Gandalf, et quelques fois mon Sam. Il dit que j'étais quelques fois son Sam. Quand j'échouais j'avais une influence sur lui, donc je me suis toujours senti proche de cette relation et de la musique jouée pour Frodon et Sam, qui vient essentiellement de La Comté et des lieux de la musique entière.

Modérateur : Nous ne pouvons prendre qu'une ou deux questions de plus.

Question : (indéchiffrable, cela semble être une question pour savoir si Howard est contrarié par le fait d'être uniquement connu pour Le Seigneur des Anneau plutôt que n'importe quel autre travail qu'il a fait)

Howard : Cela ne me trouble pas, non. Mon travail a été très linéaire. J'ai écrit de la musique depuis mes 10 ans. Ce que vous entendez dans 'Le Seigneur des Anneaux' c'est en quelque sorte l'expérience... juste le produit de tout mon travail dans un sens. On écrit un morceau de onze heures et pour le faire et pour l'orchestrer... on voit tout son travail dans le morceau. Donc ça ne me dérange pas. Je crois que certains des autres morceaux vont survivre et ils ont quelque chose à dire. Mais cela incorpore en quelque sorte tout ce qu'on a appris concernant la création d'un film.

Modérateur : Une dernière question.

Question : (indéchiffrable du fond du hall)

Howard : Oui tout à fait. Il y a des moments. Je vis à l'extérieur de la ville et c'est vraiment calme et en quelque sorte exclu. Donc je pars de là pour faire un concert à Londres ou à Atlanta. Et il y avait des moments où les gens se réunissent pour faire quelque chose et j'ai cette aspect de communauté.

Howard : Pouvons-nous prendre plus de questions ? Devons-nous finir à un certain moment ? Parce qu'il semble y avoir plus de questions. [Le modérateur indique que la dédicace de CDs pour tout le monde prendra du temps]. Faisons le jusqu'à 19h alors. On peut en prendre quelques unes de plus !

Question : (indéchiffrable – une longue question d'un visiteur italien qui demande si des projets comme celui-ci pourraient être possibles dans le futur, avec des contraintes de temps augmentant alors que les films sont faits sur des périodes de plus en plus courtes)

Howard : Je ne suis pas sûr de comprendre la question. Est-ce une question de temps optimum ? Eh bien il y a uniquement des contraintes de temps. On a juste besoin d'un réalisateur qui nous dira 'Je m'assurerai que vous avez assez de temps pour faire tout ce qui est nécessaire'. Ca le ferait. Peter m'a dit ça – et il l'a fait, il a tenu sa parole, et ça a été fait de cette manière. Cela a été fait grâce à une collaboration vraiment fantastique, sur une année. Il faudrait devoir faire ça. Une chose que je ressens plus dans l'aspect 'film après film' en écrivant la musique du film, c'est qu'on peut commencer bien plus tôt si on veut écrire des morceaux basés sur le scénario ou le livre – les idées qui sont inhérentes dans le scénario. Beaucoup de musiques de film sont vraiment basées sur le scénario. Une autre question !

Question : Avez-vous visité les plateaux en Nouvelle-Zélande ?

Howard : Oui, bien sûr. Plusieurs fois. Plusieurs fois pendant les trois dernières années et neuf mois depuis la première visite. J'ai trouvé beaucoup d'inspiration en étant là-bas. J'ai aussi vécu en Nouvelle-Zélande pour une partie de la production. J'avais une petite maison. Peter vit dans une petite ville nommée Seatoon, qui est en dehors de Wellington. C'est sur une crique qui donne sur la mer depuis la Baie de Wellington. Vous savez c'est un film créé sur des tables de cuisine, des sortes de cottages. On y pense comme à une grande production, mais c'est petit. Donc j'ai pris une maison en bas de la route, quelques portes plus loin, et j'écrivais là-bas et je voyais Peter et Fran et Philippa et c'est ainsi que nous avons développé une très bonne amitié. Je voyais des orques dans la baie et des marsouin et j'écrivais à Quennstown, sur l'Ile du Sud. Partout où j'étais, j'écrivais. Cela me manque d'une certaine manière. C'est en quelque sorte une surprise pour moi de ne pas devoir faire un film cette année. Je travaille sur un autre film, un autre projet, et cela semble étrange de ne pas travailler sur un film que je mettrai du temps à oublier.

Modérateur : Howard, merci beaucoup !

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