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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 03/06/2004

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.:: Transcription d'une interview d'Howard Shore ::.

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AVERTISSEMENT : cette transcription est fournie « telle quelle » et est basée sur un enregistrement d'un mini-disc où les dialogues n'étaient pas toujours compréhensibles à cause du bruit dans la salle. Des erreurs faites en transcrivant sont en fait les miennes, et pas celles des intervenants cités, et elles peuvent inclure des fautes d'orthographe, des noms incorrects et d'autres erreurs mineures de typographie. Les lecteurs devraient aussi garder à l'esprit que les déclarations lues sur papier peuvent souvent avoir une signification complètement différente de ce que voulait dire l'intervenant et de ce qui est perçu par le public de base.

Merci à Sharon Cooper (alias « WelshArwen ») pour avoir fourni l'enregistrement sur mini-disc, sur lequel se trouve cette transcription (je devais partir plus tôt) et au magazine Music from the Movies pour l'hébergement de la session de questions & réponses et pour avoir donné la permission pour cette transcription et pour la publication des photos. Cette séance a été donnée au Royal College of Music à Londres à un public d'environ 200 fans et lecteurs du magazine.

Le modérateur Rudy Koppl est en train de s'excuser pour le retard (cela commence approximativement 10 minutes après le début annoncé à 18h) lorsque Howard Shore entre dans la salle depuis l'arrière de l'auditorium. Howard explique qu'il faisait des répétitions avec l'orchestre Philharmonique de Londres, qui donne une interprétation de sa symphonie pour 'Le Seigneur des Anneaux' le jour suivant. Cette transcription démarre alors qu'il s'assied sur scène.

Modérateur : Sur quoi êtes-vous en train de travailler ?

Howard Shore : Je suis en pleine écriture. Rien ne prend beaucoup de temps de rédaction mais euh...

Modérateur : Qu'êtes-vous en train d'écrire ?

Howard : Eh bien cette semaine est importante à cause de « The Aviator »...

Modérateur : Le nouveau film de Martin Scorsese, n'est-ce pas ?

Howard : Ouais.

Modérateur : Est-ce que vous savez quand vous irez en salle d'enregistrement ?

Howard : Oh. Août.. Septembre. Quelque chose comme ça.

Modérateur : OK. Donc merci beaucoup... Je veux souhaiter la bienvenue à tout le monde ici. Merci d'être venu à une soirée très spéciale avec Howard Shore, présenté par le magazine Music from the Movies. Nous apprécions beaucoup votre présence, et nous sommes ici au Royal College of Music. La première chose que j'aimerais faire, c'est remercier Howard d'être venu ici pour faire partie de cette soirée avec nous et de donner son temps précieux pour être avec nous, et répondre à quelques questions et signer quelques CDs et faire partie de notre vie. Alors...

<applaudissements>

Modérateur : Mon nom est Rudy Koppl. Je suis rédacteur, un des rédacteurs, du magazine 'Music from the Movies'. J'aimerais décomposer ce que nous allons faire dans la prochaine heure et demi pour que vous ayez une idée de ce que sera cette soirée. Pour les 15 premières minutes environ je vais poser quelques questions, et nous ferons une petite interview ici sur scène. Après environ 15 minutes le public pourra poser des questions. Sentez-vous libre de poser une question et j'essaierai de modérer. Nous n'avons pas de micro disponible donc j'essaierai de modérer les questions pour Howard afin qu'il comprenne celles-ci et qu'il puisse y répondre. Puis, pour la dernière heure, dans le fond de la salle où se trouve la table, vous vous mettrez en ligne et si vous voulez que Howard signe vos CDs ou quoique ce soit d'autre – il le fera pour vous. Cela se passera dans cette allée là...

Modérateur : C'est spécial pour moi parce que je viens de finir un numéro qui va être imprimé pour notre magazine... J'ai regardé Paul Place [un autre rédacteur] aujourd'hui et j'ai dit 'Est-ce que tu sais combien de pages le magazine contient vraiment ?' et il m'a regardé et m'a dit 'Environ 80' et j'étais (surpris) 'Ok !'. Parce que quelques fois lorsqu'on interviewe Howard et qu'on est impliqué avec des projets comme ça je pense qu'on perd la perspective du temps par rapport à la quantité de matière avec laquelle on travaille, sur plus de trois ans...

Howard : Presque quatre !

Modérateur : ...pendant presque quatre ans Howard a travaillé sur la trilogie chaque année presque non-stop. Donc...comme vous venez de le mentionner vous revenez d'une répétition de l'orchestre Philharmonique de Londres, c'est ça ?

Howard : L'orchestre Philharmonique de Londres, les London Voices, les London Boys Choir – 'le casting original !' A l'exception des 'Mines de la Moria' qui a été enregistré avec l'Orchestre Symphonique de Nouvelle Zélande.

Modérateur : C'est très intéressant parce qu'il me semble que vous avez fait la symphonie ici, avant une tournée mondiale, un certain nombre de fois, n'est-ce pas ?

Howard : Non, je...

Modérateur : Non, pas à Londres. Mais vous avez enregistré au Canada...

Howard : Nous avons enregistré là-bas, oui...

Modérateur : Et vous avez aussi fait la symphonie en Belgique ?

Howard : A Anvers, en Belgique, oui. Et puis la Nouvelle-Zélande – à Wellington. Et Opaka.

Modérateur : Ok. Mais ceci est la première interprétation concrète que vous faites avec l'orchestre original et les interprètes qui ont travaillé sur votre musique, n'est-ce pas ?

Howard : Oui. Il y a quelques années nous avons fait deux mouvements de 'La Communauté de l'Anneau' au Festival Hall, mais demain c'est les six mouvements – c'est le morceau complet. Et il y a aussi une interprétation en septembre au Royal Albert Hall, ce qui est super.

Modérateur : Alors en retrouvant les musiciens avec lesquels vous avez en fait travaillé sur la musique, êtes-vous impatient pour la suite ?

Howard : Je veux dire, c'est fantastique. Vous savez, quand vous les entendez jouer... Je veux dire, c'est juste... c'est le son et le groupe original d'une certaine manière. En particulier les voix du chœur. Particulièrement ! C'est formidable parce qu'ils connaissent la musique et il y a quelques très bons chanteurs parmi les London Boys, ce qui est incroyable. Quand vous voyagez c'est difficile de trouver un chœur de ce calibre, et qui soit aussi bon.

Modérateur : Maintenant, depuis que ce sont les gens qui ont interprété sur les musiques originales... en répétant avec eux, sentez-vous une profondeur différente dans ce qui va se passer demain au concert, par rapport à vos autres interprétations ?

Howard : Il y a quelque chose... ils connaissent le morceau. Ils l'ont enregistré pendant des années donc ils connaissent le morceau. Ils en connaissent le son. Particulièrement les cuivres. Comme les cors, ils ont passé tellement de temps avec le son des cuivres que je suis sûr... et en développant ce son... et ils connaissent ça vraiment bien. Et ils en connaissent la sensation et... je ne sais pas, il y a juste quelque chose dans l'air quand ils commencent à jouer, cela sonne vraiment comme 'Le Seigneur des Anneaux' en entendant ce groupe original. Et le percussionniste... Quand il conduit ce concert dans différents pays, il y a toujours un petit moment, vous savez, qui amène tout le monde à augmenter la vitesse. En particulier dans la percussion. Parce qu'il y a des tambours irlandais que les gens ne connaissent pas, ou ils en ont mais ils n'en connaissent pas le son. Il y a certaines choses pour lesquelles nous avons passé tant de temps à développer – certains sons, et la façon de les faire, et ce groupe connaît cela parce que nous avons passé des années à créer ces sons.

Modérateur : Alors comment était la répétition ? Comment cela s'est-il passé ? Etait-ce plus calme que les autres, ou... ?

Howard : Eh bien, vous savez, je veux dire, nous jouons le morceau entier – il dure deux heures... un petit peu plus de deux heures – et nous avons joué tout le morceau. Nous avons simplement répété... nous avons simplement traversé des transitions, parce qu'ils ne connaissent pas ça – comment j'ai créé des morceaux qui lient, vous savez, des morceaux réunis qui créent les mouvements. Donc c'était vraiment bien.

Modérateur : Maintenant, est-ce que vous pensez vraiment qu'ils répètent tout en commençant vraiment à sentir ou à réaliser comment trois partitions composées par vous-même peuvent être vues comme une seule idée ?

Howard : Oui. Ils ont vu ça !

Modérateur : Parce que c'est intéressant. Mis à part les 80 pages que nous avons faites pour notre magazine, je continuais de penser, comment parlez-vous de quelque chose d'aussi grand ? Comment vous le terminez ? Comment parlez-vous de la fin ? Le chapitre final de notre magazine s'appelle 'Quand trois devient un' ce qui semble être, vous voyez ce que je veux dire, le titre ultime pour ce que vous prévoyiez de faire il y a quatre ans ?

Howard : Ouais. Eh bien j'ai divisé le livre. Je veux dire, Tolkien a écrit le livre comme... c'était vraiment publié comme trois livres par rapport à la façon dont les choses étaient publiées dans les années 50 en Angleterre. C'était en fait un trop grand volume pour qu'il soit publié. C'était un livre de 1100 pages – plutôt beaucoup pour un roman. Donc il a été découpé en trois parties mais bien sûr il est écrit comme un seul. Tolkien avait six livres – il y a six livres dans 'Le Seigneur des Anneaux' donc il y a vraiment six mouvements pour les six livres. J'ai utilisé cette forme pour simplifier le montage, et le morceau complet est... je ne crois pas avoir déjà tout ajouté mais je crois que cela fait environ onze heures, peut-être douze au total. John Mauceri m'a aidé à faire le montage. C'est un bon monteur – j'en avais besoin ! Si vous avez un morceau de onze heures c'est difficile de le monter sur deux heures sans que quelqu'un vous aide de façon plus objective. Parce qu'on n'est pas objectif, on essaie de tout conserver et on ne sait pas. Donc c'est bien d'avoir un monteur qui peut dire 'Tu n'as pas besoin de ça !' et 'Vraiment ? Je veux jouer ça', 'Non, non, non. Tu ne peux pas. Tu n'as pas le temps. Tu pourrais t'arrêter ici'... vous savez il a aidé à créer le rythme, ce qui était vraiment important. Et il a fait un bon travail, donc c'est devenu le morceau de deux heures.

Modérateur : Pour revenir à votre concert au Canada... Vous l'avez enregistré en direct, c'est juste ?

Howard : Nous l'avons enregistré et filmé. Ca a été fait en haute définition.

Modérateur : Donc est-ce que cela va sortir sur CD ou vidéo ? Qu'allez-vous faire avec ça ?

Howard : En fait je suis en train d'en faire... un documentaire. En utilisant une partie, qui est le 'Making of'. Et c'est pour le DVD – la version longue sur DVD du 'Retour du Roi' et c'est également prévu pour la diffusion. Donc nous prenons le morceau de deux heures et j'ai édité certains thèmes autour de certaines mises à jour thématiques qui fonctionneraient selon moi, et puis cela se recoupe...il y a treize parties pour ça. Cela devrait durer 52 minutes et c'est monté avec le documentaire, dont une partie de... En fait je ne suis pas sûr si nous utilisons ce qui vient de Nouvelle-Zélande, mais il y avait pas mal de choses pour le documentaire qui ont été enregistrées en Nouvelle-Zélande. Il y en a plus qui ont été tournées à Montréal. Donc c'est essentiellement fait dans un documentaire, qui est le 'Making of de la symphonie'. Et puis je voulais simplement faire un enregistrement original du groupe, ce qui est difficile vu qu'il faut réunir tout le monde...et l'emploi du temps des gens. Cela serait bien d'enregistrer le concert au Royal Albert Hall en septembre parce que cela sera probablement aussi proche du groupe. Dermot Crehan joue demain – il a joué tous les solos au violon – le « Hardanger », et Mike joue la flûte... donc plusieurs solistes sont semblables.

Modérateur : J'ai remarqué une chose... j'étais là aux sessions d'enregistrement pour 'Les Deux Tours' et 'Le Retour du Roi'... une des choses que j'ai remarquée lorsque vous travaillez avec l'orchestre, c'était quand j'étais là pour 'Les Deux Tours', vous utilisiez une baguette, vous dirigiez avec une baguette. Cela a subitement changé pour 'Le Retour du Roi' et la baguette était introuvable. Elle avait totalement disparu. J'étais assez curieux parce que je crois que c'est une chose dont nous avons parlé dans le passé... Qu'est-il arrivé ? Pourquoi n'utilisez-vous plus la baguette ? Qu'est-ce que cela vous a fait visuellement, physiquement et émotionnellement de changer ?

Howard : Cela avait un rapport avec l'énergie. En fait je suis droitier mais je fais certaines choses avec la main gauche. Je n'y avais jamais vraiment pensé, je croyais simplement être droitier. Et puis si on utilise une baguette, il y a une certaine technique à appliquer. Je pourrais en fait l'utiliser de la main droite ou gauche, mais j'ai choisi d'utiliser la main droite. Donc ce qui s'est passé, c'est que j'ai trouvé une sorte d'énergie de balance, et j'ai acquis cette méthode de thérapie pour équilibrer mon corps, et c'est difficile d'équilibrer la droite et la gauche. J'ai découvert ça lorsque je baissais la baguette, j'avais un meilleur équilibre sur le podium en terme d'utilisation des deux parties de mon corps. Donc je peux travailler avec mon côté gauche, juste aussi facilement qu'avec mon côté droit en utilisant la baguette... parce que celle-ci divise. Ici on peut utiliser les deux côtés du corps, ou on peut faire plusieurs mouvements avec la baguette. Le corps est aussi bien, je trouve, pour diriger. Il y a de nombreuses choses concernant le fait de diriger sans baguette. Le corps est expressif. Si on se concentre sur la baguette, c'est bien, parce que toute l'énergie va vers cette dernière – tous les yeux – on est tous concentrés sur le bout de la baguette. Mais si on enlève la baguette alors ils se concentrent plus sur votre visage et on a un meilleur contact visuel. Je sens que j'ai plus de contact avec l'orchestre parce qu'on est plus ouvert. Ils regardent tout le corps, ils regardent les deux côtés et pas ce qui bat la mesure. C'était une sorte de révélation pour moi. Cela m'a donné le pouvoir de... je ne pourrais pas faire les deux heures avec une baguette – je n'en avais pas l'énergie.

Modérateur : C'est intéressant que vous parliez d'énergie. Une chose que j'ai remarquée à la fois aux sessions d'enregistrement et aux événements concrets de communication... Après le premier film, l'enregistrement des 'Deux Tours' et du 'Retour du Roi' est en fait devenu bien plus exigeant pour vous parce que votre équipe a changé, il y avait bien plus de personnes impliquées dans le montage de la musique telle que vous la vouliez, la façon dont vous vouliez que cela soit achevé, l'équipe a été agrandie avec de nombreuses personnes...

Howard : Je pense que c'était presque la même chose. Je crois que nous venions de faire 'La Communauté' – c'était plus petit parce qu'on ne savait pas quoi... en fait comment faire un film. Personne n'avait jamais fait ça. Ce n'était pas que moi – c'était Peter. C'était tout le monde. Une fois qu'on en réalise la portée, on y était bien, donc on devait simplement surmonter ça. Et puis le changement pour 'Les Deux Tours' – nous avons appris beaucoup sur 'Les Deux Tours' et je crois que 'Les Deux Tours' et 'Le Retour du Roi' étaient très équilibrés en terme de quantité de monteurs présents, et la façon dont Peter et moi travaillions. Vous savez, nous enregistrions tellement en particulier dans le studio et nous avions simplement un rythme et une façon de travailler et nous sommes devenus en quelque sorte des créateurs de film plus doués. Nous avons appris comment faire le film 'Le Retour du Roi' parce que nous avions fait 'La Communauté de l'Anneau' et 'Les Deux Tours' et nous avons appris beaucoup grâce à la création de ces films. Donc, avec le temps nous sommes arrivés au 'Retour du Roi', nous étions en fait des créateurs de film plutôt bons, et puis la barre était toujours plus haute, donc 'Le Retour du Roi' était le film le plus difficile à créer des trois.

Modérateur : En considérant ce que vous avez surmonté... et je veux dire en passant, avec 'Le Retour du Roi' vous aviez tellement de sessions par semaine et tellement d'endroits différents. N'était-ce pas physiquement épuisant ?

Howard : Ouais. Bien sûr. Mais on apprend avec l'expérience. J'ai fait cela pendant longtemps. Donc on apprend comment conserver son énergie. On apprend comment utiliser son énergie. On apprend en fait comment... utiliser sa détermination, et quand cela compte... comment l'utiliser. En fait l'enregistrement, quand on était là-bas, a duré facilement trois mois. Tous les jours, sept jours par semaine.

Modérateur : C'était plutôt intense !

Howard : On ne réalisait que lorsqu'on se réveillait... Je dormais huit heures chaque jour, quoiqu'il arrive, donc on avait seize heures pour travailler. Et puis il y en avait deux qui étaient peut-être faites pour voyager, ou liées à la nourriture ou au réveil, pour se laver et tout ça, donc en fait on avait quatorze heures. Alors on travaillait pendant quatorze heures, et on apprenait à structurer sa journée, basée sur quatorze heures. Il y a une discipline impliquée. Il faut faire ça pendant longtemps. J'ai fait ce processus pendant 25 ans, et au total pendant 40 ans donc, vous voyez, on apprend !

Modérateur : Une dernière question avant que le public pose ses questions. En considérant ce que vous avez appris sur 'Le Seigneur des Anneaux', et comment vous avez développé votre équipe pour la musique, et la façon dont vous traitez les choses, est-ce quelque chose...ce processus que vous avez créé pour 'Le Seigneur des Anneaux', quelque chose que vous allez utiliser pour 'King Kong' dans le futur ?

Howard : Eh bien avec Peter, je crois que 'Oui'. J'y penserais.

Modérateur : Cependant, pas sur tous les films ?

Howard : Non. Tous les réalisateurs sont différents. Ils travaillent de différentes manières. On ne peut pas prévoir... Je crois que c'est quelque chose que Peter possède... C'est une certaine façon de créer des films qu'il a développée et ce n'était pas simplement quelque chose que j'ai fait avec Peter. Il a travaillé avec tout le monde en post-production de cette manière. Et probablement sur 'Kong' en pré-production. Il a une certaine façon de travailler sur une production plutôt large de manière efficace. C'est un grand leader. C'est un général vraiment fantastique, il est capable d'y aller... et incroyablement concentré. Peu importe ce qu'il faisait en terme de travail me concernant... Je disais juste que je faisais 14 heures... Peter faisait trois ou quatre autres parties de la création du film. Il montait le film. Il faisait les FX. Il faisait les dialogues, ADR. Et aussi la création de l'environnement sonore et des effets sonores autant que le travail avec Howard vous savez. Il est allé à chaque session d'enregistrement, et il était méticuleux et concentré et... je veux dire qu'il est vraiment un réalisateur remarquable. Nous faisions un certain type d'enregistrement. Nous travaillions sur le film d'une façon très précise : raconter l'histoire et utiliser les éclairages, essayer de saisir des interprétations en direct – c'était une façon très unique de créer des films. La plupart des films sont faits – vous savez, les musiques de film sont faites en une semaine ou deux. Pas trois mois. Donc nous avions une façon spéciale de le faire, et nous essayions d'achever quelque chose d'authentique. Nous essayions de prendre le livre et de le placer à l'écran de la meilleure façon possible. Et je suppose que les résultats parlent d'eux-mêmes. Nous avons essayé de faire quelque chose... non pas que quelqu'un d'autre n'avait pas fait... mais nous avons essayé de le faire aussi bien qu'il est humainement possible de le faire, selon... c'était plus un temps limite qu'une énergie linéaire. C'était comme si vous aviez ce temps et c'est ce qui... comme Peter le dit, les films sont faits seulement quand ils nous disent d'arrêter. Ils ne finissent jamais. La plupart des réalisateurs vous diront ça. Il y a simplement un point où ça se termine. Ils sont stoppés. On ne peut plus le faire à cause du côté obsessif. Bien sûr le fait de travailler pendant trois mois comme ça et plusieurs mois avant cela – c'était juste l'enregistrement – l'écriture a commencé en Janvier, Février. Des mois d'écriture avant cela, des rencontres, des revues – c'était juste un certain processus de création de film. Il y a juste un point où se trouve une date limite et cela se termine parce qu'il faut fournir toute la matière et il y a une date de sortie. C'est ce qui nous guide. Dans le temps à disposition, on se concentre juste là-dessus et on fait le mieux qui est humainement possible. Mais ce n'était pas que moi. Chaque personne... vous savez des milliers de personnes travaillant sur 'Le Seigneur des Anneaux' avaient le même genre de mantra par rapport à ça, parce qu'ils étaient de grands fans du livre et ils voulaient faire... nous ne pensions pas que quiconque referait jamais 'Le Seigneur des Anneaux'. C'est quelque chose qui arrive 'une fois dans une vie'. On ne peut pas imaginer quelqu'un refaire ce livre.

Modérateur : Peter veut voir le remake. Il veut voir un meilleur film.

Howard : Cependant je ne crois pas que quiconque essaiera ça ! Parce que c'est tellement iconique d'une certaine façon. Je veux dire, Gandalf, Sir Ian McKellen, vous savez, Elijah en tant que Frodon. Comment allez-vous... ? Donc nous sentions cette incroyable responsabilité de faire ce film aussi excellent que possible, grâce l'énergie humaine – nous étions tous juste humain et nous pouvons seulement faire notre travail. C'est comme ça que nous l'avons fait. Nous nous sommes tous soutenus les uns les autres. Dans ces larges groupes comme celui-ci, parce qu'il y avait tant de gens qui travaillaient là-dessus, soit il y a une rupture, ils se séparent et le groupe est en quelque sorte divisé, ou ils peuvent tous se réunir avec un grand meneur comme Peter Jackson et créer quelque chose de super. Donc ce qui s'est passé avec nous, c'est que tout le monde s'est réuni. L'histoire du 'Seigneur des Anneaux' EST l'histoire de la création du film. C'était une communauté basée sur toutes les grandes qualités de cette communauté, et c'est la seule façon dont le film a été fait. C'était des personnes soutenant d'autres personnes. On sentait les gens qui cherchaient pour vous, pour faire le mieux possible, et en voulant aider, et en vous donnant chaque opportunité de le faire de la meilleure façon possible dans le temps imparti. Il fallait faire ces choses jour après jour. Nous travaillions sur 'Le Seigneur des Anneaux' chaque jour et Peter faisait de même en Nouvelle-Zélande. Chaque jour, un travail était terminé, et chaque jour, un travail était bien fait. Et Peter travaille bien comme ça. C'était juste ce style d'approche 'pas à pas' face à cette chose monumentale, et chaque jour nous essayions simplement de faire du bon travail, même si ce n'était que pendant quelques secondes. Tout cela s'ajouta simplement et Peter l'a structuré et l'a assemblé et il a créé un film. Et tout le monde l'a fait. C'était une manière très Néo-zélandaise de faire – c'était une vue de l'esprit très Kiwi. Le grand succès du 'Seigneur des Anneaux' vient de la sensibilité Kiwi et d'un grand livre. Le grand livre de Tolkien – ce grand livre et cette grande sensibilité Kiwi, d'être capable de créer quelque chose qui est plus qu'un simple résumé.

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