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.:: Transcription
d'une interview d'Howard Shore ::.
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AVERTISSEMENT : cette transcription
est fournie « telle quelle » et est
basée sur un enregistrement d'un mini-disc
où les dialogues n'étaient pas toujours
compréhensibles à cause du bruit
dans la salle. Des erreurs faites en transcrivant
sont en fait les miennes, et pas celles des intervenants
cités, et elles peuvent inclure des fautes
d'orthographe, des noms incorrects et d'autres
erreurs mineures de typographie. Les lecteurs
devraient aussi garder à l'esprit que les
déclarations lues sur papier peuvent souvent
avoir une signification complètement différente
de ce que voulait dire l'intervenant et de ce
qui est perçu par le public de base.
Merci à Sharon Cooper (alias
« WelshArwen ») pour avoir fourni
l'enregistrement sur mini-disc, sur lequel
se trouve cette transcription (je devais partir
plus tôt) et au magazine Music from the
Movies pour l'hébergement de la session
de questions & réponses et pour avoir
donné la permission pour cette transcription
et pour la publication des photos. Cette séance
a été donnée au Royal College
of Music à Londres à un public d'environ
200 fans et lecteurs du magazine.
Le modérateur Rudy Koppl
est en train de s'excuser pour le retard
(cela commence approximativement 10 minutes après
le début annoncé à 18h) lorsque
Howard Shore entre dans la salle depuis l'arrière
de l'auditorium. Howard explique qu'il
faisait des répétitions avec l'orchestre
Philharmonique de Londres, qui donne une interprétation
de sa symphonie pour 'Le Seigneur des Anneaux'
le jour suivant. Cette transcription démarre
alors qu'il s'assied sur scène.
Modérateur : Sur quoi êtes-vous
en train de travailler ?
Howard Shore : Je suis en pleine
écriture. Rien ne prend beaucoup de temps
de rédaction mais euh...
Modérateur : Qu'êtes-vous
en train d'écrire ?
Howard : Eh bien cette semaine
est importante à cause de « The Aviator
»...
Modérateur : Le nouveau
film de Martin Scorsese, n'est-ce pas ?
Howard : Ouais.
Modérateur : Est-ce que
vous savez quand vous irez en salle d'enregistrement
?
Howard : Oh. Août.. Septembre.
Quelque chose comme ça.
Modérateur : OK. Donc merci
beaucoup... Je veux souhaiter la bienvenue
à tout le monde ici. Merci d'être
venu à une soirée très spéciale
avec Howard Shore, présenté par
le magazine Music from the Movies. Nous apprécions
beaucoup votre présence, et nous sommes
ici au Royal College of Music. La première
chose que j'aimerais faire, c'est
remercier Howard d'être venu ici pour
faire partie de cette soirée avec nous
et de donner son temps précieux pour être
avec nous, et répondre à quelques
questions et signer quelques CDs et faire partie
de notre vie. Alors...
<applaudissements>
Modérateur : Mon nom est
Rudy Koppl. Je suis rédacteur, un des rédacteurs,
du magazine 'Music from the Movies'.
J'aimerais décomposer ce que nous
allons faire dans la prochaine heure et demi pour
que vous ayez une idée de ce que sera cette
soirée. Pour les 15 premières minutes
environ je vais poser quelques questions, et nous
ferons une petite interview ici sur scène.
Après environ 15 minutes le public pourra
poser des questions. Sentez-vous libre de poser
une question et j'essaierai de modérer.
Nous n'avons pas de micro disponible donc
j'essaierai de modérer les questions
pour Howard afin qu'il comprenne celles-ci
et qu'il puisse y répondre. Puis,
pour la dernière heure, dans le fond de
la salle où se trouve la table, vous vous
mettrez en ligne et si vous voulez que Howard
signe vos CDs ou quoique ce soit d'autre
– il le fera pour vous. Cela se passera
dans cette allée là...
Modérateur : C'est
spécial pour moi parce que je viens de
finir un numéro qui va être imprimé
pour notre magazine... J'ai regardé
Paul Place [un autre rédacteur] aujourd'hui
et j'ai dit 'Est-ce que tu sais combien
de pages le magazine contient vraiment ?'
et il m'a regardé et m'a dit
'Environ 80' et j'étais
(surpris) 'Ok !'. Parce que quelques
fois lorsqu'on interviewe Howard et qu'on
est impliqué avec des projets comme ça
je pense qu'on perd la perspective du temps
par rapport à la quantité de matière
avec laquelle on travaille, sur plus de trois
ans...
Howard : Presque quatre !
Modérateur : ...pendant
presque quatre ans Howard a travaillé sur
la trilogie chaque année presque non-stop.
Donc...comme vous venez de le mentionner vous
revenez d'une répétition de
l'orchestre Philharmonique de Londres, c'est
ça ?
Howard : L'orchestre Philharmonique
de Londres, les London Voices, les London Boys
Choir – 'le casting original !'
A l'exception des 'Mines de la Moria'
qui a été enregistré avec
l'Orchestre Symphonique de Nouvelle Zélande.
Modérateur : C'est
très intéressant parce qu'il
me semble que vous avez fait la symphonie ici,
avant une tournée mondiale, un certain
nombre de fois, n'est-ce pas ?
Howard : Non, je...
Modérateur : Non, pas à
Londres. Mais vous avez enregistré au Canada...
Howard : Nous avons enregistré
là-bas, oui...
Modérateur : Et vous avez
aussi fait la symphonie en Belgique ?
Howard : A Anvers, en Belgique,
oui. Et puis la Nouvelle-Zélande –
à Wellington. Et Opaka.
Modérateur : Ok. Mais ceci
est la première interprétation concrète
que vous faites avec l'orchestre original
et les interprètes qui ont travaillé
sur votre musique, n'est-ce pas ?
Howard : Oui. Il y a quelques
années nous avons fait deux mouvements
de 'La Communauté de l'Anneau'
au Festival Hall, mais demain c'est les
six mouvements – c'est le morceau
complet. Et il y a aussi une interprétation
en septembre au Royal Albert Hall, ce qui est
super.
Modérateur : Alors en retrouvant
les musiciens avec lesquels vous avez en fait
travaillé sur la musique, êtes-vous
impatient pour la suite ?
Howard : Je veux dire, c'est
fantastique. Vous savez, quand vous les entendez
jouer... Je veux dire, c'est juste...
c'est le son et le groupe original d'une
certaine manière. En particulier les voix
du chœur. Particulièrement ! C'est
formidable parce qu'ils connaissent la musique
et il y a quelques très bons chanteurs
parmi les London Boys, ce qui est incroyable.
Quand vous voyagez c'est difficile de trouver
un chœur de ce calibre, et qui soit aussi
bon.
Modérateur : Maintenant,
depuis que ce sont les gens qui ont interprété
sur les musiques originales... en répétant
avec eux, sentez-vous une profondeur différente
dans ce qui va se passer demain au concert, par
rapport à vos autres interprétations
?
Howard : Il y a quelque chose...
ils connaissent le morceau. Ils l'ont enregistré
pendant des années donc ils connaissent
le morceau. Ils en connaissent le son. Particulièrement
les cuivres. Comme les cors, ils ont passé
tellement de temps avec le son des cuivres que
je suis sûr... et en développant
ce son... et ils connaissent ça vraiment
bien. Et ils en connaissent la sensation et...
je ne sais pas, il y a juste quelque chose dans
l'air quand ils commencent à jouer,
cela sonne vraiment comme 'Le Seigneur des
Anneaux' en entendant ce groupe original.
Et le percussionniste... Quand il conduit
ce concert dans différents pays, il y a
toujours un petit moment, vous savez, qui amène
tout le monde à augmenter la vitesse. En
particulier dans la percussion. Parce qu'il
y a des tambours irlandais que les gens ne connaissent
pas, ou ils en ont mais ils n'en connaissent
pas le son. Il y a certaines choses pour lesquelles
nous avons passé tant de temps à
développer – certains sons, et la
façon de les faire, et ce groupe connaît
cela parce que nous avons passé des années
à créer ces sons.
Modérateur : Alors comment
était la répétition ? Comment
cela s'est-il passé ? Etait-ce plus
calme que les autres, ou... ?
Howard : Eh bien, vous savez,
je veux dire, nous jouons le morceau entier –
il dure deux heures... un petit peu plus de
deux heures – et nous avons joué
tout le morceau. Nous avons simplement répété...
nous avons simplement traversé des transitions,
parce qu'ils ne connaissent pas ça
– comment j'ai créé
des morceaux qui lient, vous savez, des morceaux
réunis qui créent les mouvements.
Donc c'était vraiment bien.
Modérateur : Maintenant,
est-ce que vous pensez vraiment qu'ils répètent
tout en commençant vraiment à sentir
ou à réaliser comment trois partitions
composées par vous-même peuvent être
vues comme une seule idée ?
Howard : Oui. Ils ont vu ça
!
Modérateur : Parce que
c'est intéressant. Mis à part les
80 pages que nous avons faites pour notre magazine,
je continuais de penser, comment parlez-vous de
quelque chose d'aussi grand ? Comment vous le
terminez ? Comment parlez-vous de la fin ? Le
chapitre final de notre magazine s'appelle 'Quand
trois devient un' ce qui semble être, vous
voyez ce que je veux dire, le titre ultime pour
ce que vous prévoyiez de faire il y a quatre
ans ?
Howard : Ouais. Eh bien j'ai
divisé le livre. Je veux dire, Tolkien
a écrit le livre comme... c'était
vraiment publié comme trois livres par
rapport à la façon dont les choses
étaient publiées dans les années
50 en Angleterre. C'était en fait
un trop grand volume pour qu'il soit publié.
C'était un livre de 1100 pages –
plutôt beaucoup pour un roman. Donc il a
été découpé en trois
parties mais bien sûr il est écrit
comme un seul. Tolkien avait six livres –
il y a six livres dans 'Le Seigneur des
Anneaux' donc il y a vraiment six mouvements
pour les six livres. J'ai utilisé
cette forme pour simplifier le montage, et le
morceau complet est... je ne crois pas avoir
déjà tout ajouté mais je
crois que cela fait environ onze heures, peut-être
douze au total. John Mauceri m'a aidé
à faire le montage. C'est un bon
monteur – j'en avais besoin ! Si vous
avez un morceau de onze heures c'est difficile
de le monter sur deux heures sans que quelqu'un
vous aide de façon plus objective. Parce
qu'on n'est pas objectif, on essaie
de tout conserver et on ne sait pas. Donc c'est
bien d'avoir un monteur qui peut dire 'Tu
n'as pas besoin de ça !' et
'Vraiment ? Je veux jouer ça',
'Non, non, non. Tu ne peux pas. Tu n'as
pas le temps. Tu pourrais t'arrêter
ici'... vous savez il a aidé
à créer le rythme, ce qui était
vraiment important. Et il a fait un bon travail,
donc c'est devenu le morceau de deux heures.
Modérateur : Pour revenir
à votre concert au Canada... Vous l'avez
enregistré en direct, c'est juste
?
Howard : Nous l'avons enregistré
et filmé. Ca a été fait en
haute définition.
Modérateur : Donc est-ce
que cela va sortir sur CD ou vidéo ? Qu'allez-vous
faire avec ça ?
Howard : En fait je suis en train
d'en faire... un documentaire. En utilisant
une partie, qui est le 'Making of'.
Et c'est pour le DVD – la version
longue sur DVD du 'Retour du Roi'
et c'est également prévu pour
la diffusion. Donc nous prenons le morceau de
deux heures et j'ai édité
certains thèmes autour de certaines mises
à jour thématiques qui fonctionneraient
selon moi, et puis cela se recoupe...il y
a treize parties pour ça. Cela devrait
durer 52 minutes et c'est monté avec
le documentaire, dont une partie de... En
fait je ne suis pas sûr si nous utilisons
ce qui vient de Nouvelle-Zélande, mais
il y avait pas mal de choses pour le documentaire
qui ont été enregistrées
en Nouvelle-Zélande. Il y en a plus qui
ont été tournées à
Montréal. Donc c'est essentiellement
fait dans un documentaire, qui est le 'Making
of de la symphonie'. Et puis je voulais
simplement faire un enregistrement original du
groupe, ce qui est difficile vu qu'il faut
réunir tout le monde...et l'emploi
du temps des gens. Cela serait bien d'enregistrer
le concert au Royal Albert Hall en septembre parce
que cela sera probablement aussi proche du groupe.
Dermot Crehan joue demain – il a joué
tous les solos au violon – le « Hardanger
», et Mike joue la flûte... donc
plusieurs solistes sont semblables.
Modérateur : J'ai
remarqué une chose... j'étais
là aux sessions d'enregistrement
pour 'Les Deux Tours' et 'Le
Retour du Roi'... une des choses que
j'ai remarquée lorsque vous travaillez
avec l'orchestre, c'était quand
j'étais là pour 'Les
Deux Tours', vous utilisiez une baguette,
vous dirigiez avec une baguette. Cela a subitement
changé pour 'Le Retour du Roi'
et la baguette était introuvable. Elle
avait totalement disparu. J'étais
assez curieux parce que je crois que c'est
une chose dont nous avons parlé dans le
passé... Qu'est-il arrivé
? Pourquoi n'utilisez-vous plus la baguette
? Qu'est-ce que cela vous a fait visuellement,
physiquement et émotionnellement de changer
?
Howard : Cela avait un rapport
avec l'énergie. En fait je suis droitier
mais je fais certaines choses avec la main gauche.
Je n'y avais jamais vraiment pensé, je
croyais simplement être droitier. Et puis
si on utilise une baguette, il y a une certaine
technique à appliquer. Je pourrais en fait
l'utiliser de la main droite ou gauche, mais j'ai
choisi d'utiliser la main droite. Donc ce qui
s'est passé, c'est que j'ai trouvé
une sorte d'énergie de balance, et j'ai
acquis cette méthode de thérapie
pour équilibrer mon corps, et c'est difficile
d'équilibrer la droite et la gauche. J'ai
découvert ça lorsque je baissais
la baguette, j'avais un meilleur équilibre
sur le podium en terme d'utilisation des deux
parties de mon corps. Donc je peux travailler
avec mon côté gauche, juste aussi
facilement qu'avec mon côté droit
en utilisant la baguette... parce que celle-ci
divise. Ici on peut utiliser les deux côtés
du corps, ou on peut faire plusieurs mouvements
avec la baguette. Le corps est aussi bien, je
trouve, pour diriger. Il y a de nombreuses choses
concernant le fait de diriger sans baguette. Le
corps est expressif. Si on se concentre sur la
baguette, c'est bien, parce que toute l'énergie
va vers cette dernière – tous les
yeux – on est tous concentrés sur
le bout de la baguette. Mais si on enlève
la baguette alors ils se concentrent plus sur
votre visage et on a un meilleur contact visuel.
Je sens que j'ai plus de contact avec l'orchestre
parce qu'on est plus ouvert. Ils regardent tout
le corps, ils regardent les deux côtés
et pas ce qui bat la mesure. C'était une
sorte de révélation pour moi. Cela
m'a donné le pouvoir de... je ne pourrais
pas faire les deux heures avec une baguette –
je n'en avais pas l'énergie.
Modérateur : C'est
intéressant que vous parliez d'énergie.
Une chose que j'ai remarquée à
la fois aux sessions d'enregistrement et
aux événements concrets de communication...
Après le premier film, l'enregistrement
des 'Deux Tours' et du 'Retour
du Roi' est en fait devenu bien plus exigeant
pour vous parce que votre équipe a changé,
il y avait bien plus de personnes impliquées
dans le montage de la musique telle que vous la
vouliez, la façon dont vous vouliez que
cela soit achevé, l'équipe
a été agrandie avec de nombreuses
personnes...
Howard : Je pense que c'était
presque la même chose. Je crois que nous
venions de faire 'La Communauté' –
c'était plus petit parce qu'on ne savait
pas quoi... en fait comment faire un film. Personne
n'avait jamais fait ça. Ce n'était
pas que moi – c'était Peter. C'était
tout le monde. Une fois qu'on en réalise
la portée, on y était bien, donc
on devait simplement surmonter ça. Et puis
le changement pour 'Les Deux Tours' – nous
avons appris beaucoup sur 'Les Deux Tours' et
je crois que 'Les Deux Tours' et 'Le Retour du
Roi' étaient très équilibrés
en terme de quantité de monteurs présents,
et la façon dont Peter et moi travaillions.
Vous savez, nous enregistrions tellement en particulier
dans le studio et nous avions simplement un rythme
et une façon de travailler et nous sommes
devenus en quelque sorte des créateurs
de film plus doués. Nous avons appris comment
faire le film 'Le Retour du Roi' parce que nous
avions fait 'La Communauté de l'Anneau'
et 'Les Deux Tours' et nous avons appris beaucoup
grâce à la création de ces
films. Donc, avec le temps nous sommes arrivés
au 'Retour du Roi', nous étions en fait
des créateurs de film plutôt bons,
et puis la barre était toujours plus haute,
donc 'Le Retour du Roi' était le film le
plus difficile à créer des trois.
Modérateur : En considérant
ce que vous avez surmonté... et je
veux dire en passant, avec 'Le Retour du
Roi' vous aviez tellement de sessions par
semaine et tellement d'endroits différents.
N'était-ce pas physiquement épuisant
?
Howard : Ouais. Bien sûr.
Mais on apprend avec l'expérience.
J'ai fait cela pendant longtemps. Donc on
apprend comment conserver son énergie.
On apprend comment utiliser son énergie.
On apprend en fait comment... utiliser sa
détermination, et quand cela compte...
comment l'utiliser. En fait l'enregistrement,
quand on était là-bas, a duré
facilement trois mois. Tous les jours, sept jours
par semaine.
Modérateur : C'était
plutôt intense !
Howard : On ne réalisait
que lorsqu'on se réveillait...
Je dormais huit heures chaque jour, quoiqu'il
arrive, donc on avait seize heures pour travailler.
Et puis il y en avait deux qui étaient
peut-être faites pour voyager, ou liées
à la nourriture ou au réveil, pour
se laver et tout ça, donc en fait on avait
quatorze heures. Alors on travaillait pendant
quatorze heures, et on apprenait à structurer
sa journée, basée sur quatorze heures.
Il y a une discipline impliquée. Il faut
faire ça pendant longtemps. J'ai
fait ce processus pendant 25 ans, et au total
pendant 40 ans donc, vous voyez, on apprend !
Modérateur : Une dernière
question avant que le public pose ses questions.
En considérant ce que vous avez appris
sur 'Le Seigneur des Anneaux', et
comment vous avez développé votre
équipe pour la musique, et la façon
dont vous traitez les choses, est-ce quelque chose...ce
processus que vous avez créé pour
'Le Seigneur des Anneaux', quelque
chose que vous allez utiliser pour 'King
Kong' dans le futur ?
Howard : Eh bien avec Peter, je
crois que 'Oui'. J'y penserais.
Modérateur : Cependant,
pas sur tous les films ?
Howard : Non. Tous les réalisateurs
sont différents. Ils travaillent de différentes
manières. On ne peut pas prévoir...
Je crois que c'est quelque chose que Peter possède...
C'est une certaine façon de créer
des films qu'il a développée et
ce n'était pas simplement quelque chose
que j'ai fait avec Peter. Il a travaillé
avec tout le monde en post-production de cette
manière. Et probablement sur 'Kong' en
pré-production. Il a une certaine façon
de travailler sur une production plutôt
large de manière efficace. C'est un grand
leader. C'est un général vraiment
fantastique, il est capable d'y aller... et incroyablement
concentré. Peu importe ce qu'il faisait
en terme de travail me concernant... Je disais
juste que je faisais 14 heures... Peter faisait
trois ou quatre autres parties de la création
du film. Il montait le film. Il faisait les FX.
Il faisait les dialogues, ADR. Et aussi la création
de l'environnement sonore et des effets sonores
autant que le travail avec Howard vous savez.
Il est allé à chaque session d'enregistrement,
et il était méticuleux et concentré
et... je veux dire qu'il est vraiment un réalisateur
remarquable. Nous faisions un certain type d'enregistrement.
Nous travaillions sur le film d'une façon
très précise : raconter l'histoire
et utiliser les éclairages, essayer de
saisir des interprétations en direct –
c'était une façon très unique
de créer des films. La plupart des films
sont faits – vous savez, les musiques de
film sont faites en une semaine ou deux. Pas trois
mois. Donc nous avions une façon spéciale
de le faire, et nous essayions d'achever quelque
chose d'authentique. Nous essayions de prendre
le livre et de le placer à l'écran
de la meilleure façon possible. Et je suppose
que les résultats parlent d'eux-mêmes.
Nous avons essayé de faire quelque chose...
non pas que quelqu'un d'autre n'avait pas fait...
mais nous avons essayé de le faire aussi
bien qu'il est humainement possible de le faire,
selon... c'était plus un temps limite qu'une
énergie linéaire. C'était
comme si vous aviez ce temps et c'est ce qui...
comme Peter le dit, les films sont faits seulement
quand ils nous disent d'arrêter. Ils ne
finissent jamais. La plupart des réalisateurs
vous diront ça. Il y a simplement un point
où ça se termine. Ils sont stoppés.
On ne peut plus le faire à cause du côté
obsessif. Bien sûr le fait de travailler
pendant trois mois comme ça et plusieurs
mois avant cela – c'était juste l'enregistrement
– l'écriture a commencé en
Janvier, Février. Des mois d'écriture
avant cela, des rencontres, des revues –
c'était juste un certain processus de création
de film. Il y a juste un point où se trouve
une date limite et cela se termine parce qu'il
faut fournir toute la matière et il y a
une date de sortie. C'est ce qui nous guide. Dans
le temps à disposition, on se concentre
juste là-dessus et on fait le mieux qui
est humainement possible. Mais ce n'était
pas que moi. Chaque personne... vous savez des
milliers de personnes travaillant sur 'Le Seigneur
des Anneaux' avaient le même genre de mantra
par rapport à ça, parce qu'ils étaient
de grands fans du livre et ils voulaient faire...
nous ne pensions pas que quiconque referait jamais
'Le Seigneur des Anneaux'. C'est quelque chose
qui arrive 'une fois dans une vie'. On ne peut
pas imaginer quelqu'un refaire ce livre.
Modérateur : Peter veut
voir le remake. Il veut voir un meilleur film.
Howard : Cependant je ne crois
pas que quiconque essaiera ça ! Parce que
c'est tellement iconique d'une certaine façon.
Je veux dire, Gandalf, Sir Ian McKellen, vous
savez, Elijah en tant que Frodon. Comment allez-vous...
? Donc nous sentions cette incroyable responsabilité
de faire ce film aussi excellent que possible,
grâce l'énergie humaine – nous
étions tous juste humain et nous pouvons
seulement faire notre travail. C'est comme ça
que nous l'avons fait. Nous nous sommes tous soutenus
les uns les autres. Dans ces larges groupes comme
celui-ci, parce qu'il y avait tant de gens qui
travaillaient là-dessus, soit il y a une
rupture, ils se séparent et le groupe est
en quelque sorte divisé, ou ils peuvent
tous se réunir avec un grand meneur comme
Peter Jackson et créer quelque chose de
super. Donc ce qui s'est passé avec nous,
c'est que tout le monde s'est réuni. L'histoire
du 'Seigneur des Anneaux' EST l'histoire de la
création du film. C'était une communauté
basée sur toutes les grandes qualités
de cette communauté, et c'est la seule
façon dont le film a été
fait. C'était des personnes soutenant d'autres
personnes. On sentait les gens qui cherchaient
pour vous, pour faire le mieux possible, et en
voulant aider, et en vous donnant chaque opportunité
de le faire de la meilleure façon possible
dans le temps imparti. Il fallait faire ces choses
jour après jour. Nous travaillions sur
'Le Seigneur des Anneaux' chaque jour et Peter
faisait de même en Nouvelle-Zélande.
Chaque jour, un travail était terminé,
et chaque jour, un travail était bien fait.
Et Peter travaille bien comme ça. C'était
juste ce style d'approche 'pas à pas' face
à cette chose monumentale, et chaque jour
nous essayions simplement de faire du bon travail,
même si ce n'était que pendant quelques
secondes. Tout cela s'ajouta simplement et Peter
l'a structuré et l'a assemblé et
il a créé un film. Et tout le monde
l'a fait. C'était une manière très
Néo-zélandaise de faire –
c'était une vue de l'esprit très
Kiwi. Le grand succès du 'Seigneur des
Anneaux' vient de la sensibilité Kiwi et
d'un grand livre. Le grand livre de Tolkien –
ce grand livre et cette grande sensibilité
Kiwi, d'être capable de créer quelque
chose qui est plus qu'un simple résumé.
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