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.:: Interview
de John Noble ::.
La personnification de Denethor
semble avoir suscité à la fois la
controverse et la discussion chez les fans de
Tolkien du monde entier. Mais John Noble est-il
content du résultat et du Retour du Roi?
"Je pense que le film est
une très bonne pièce cinématographique"
dit-il. "Etant donné que l'on doit
réduire le tout à 3h15 au maximum,
il y a évidemment des choses qui seront
développées comme dans les précédents.
Mais je pense qu'ils ont fait un beau travail."
Le film est frais dans son esprit, il l'a vu la
veille de l'interview - dans une réunion
à Wellington avec la presse Néo-Zélandaise
et Australienne la veille de la Première
Mondiale.
"Quand je l'ai vu pour la première
fois hier après-midi, dit-il, ça
n'avait pas l'air d'un film long. Ca fait partie
du génie de Peter Jackson."
Evidemment, il est conscient que
son rôle a été diminué
par rapport à ce qui a été
filmé.
"Quand vous voyez qu'il y a des choses qui
manquent - des choses sur lesquelles vous avez
travaillé comme un malade - vous pensez
"décevant". Mais quand j'ai vu
le film, j'ai compris chaque choix que Peter a
fait. Et j'ai pensé : Bien, dans le schéma
global, il a fait les meilleur choix pour la version
cinéma."
Et pour lui, le rôle est
toujours crédible.
"Il est crédible pour moi, mais entre
les lignes il y a des choses que le spectateur
moyen...le spectateur moyen va avoir besoin de
méchants. Et Denethor va être vu
comme un méchant." admet-il. "Parce
qu'il apparait de manière assez horrible."
Mon esprit revient sur quelque
chose qu'il avait dit dans une interview il y
a quelques mois à Canberra, et qui va au
coeur du travail de Noble sur ce film.
"Bien sûr les enfant vont dire qu'il
est une merde. Mais d'autres personnes pourront
penser "Oh, mon Dieu." Elles seront
émues sans savoir pourquoi, parce qu'elles
auront envies de le haïr à cause de
sa cruauté. Mais si elles rentrent dans
sa tête et voient ce qui s'y passe. C'est
horrible. Et sa relation avec David Wenham - et
avec Billy."
Mais être apprécié
n'a jamais été important.
"Je me fiche de savoir si les gens aiment
Denethor ou pas. Mais je veux qu'ils pensent que
c'est un personnage vrai, crédible. Et
je veux que les étudiants en cinéma
regardent ce personnage et disent qu'il a beaucoup
de profondeur.
Si on pouvait laisser cette image, quand on a
fait quelque chose de vraiment bien. Nous avons
passé tellement de notre temps à
faire des conneries. Bon, pas vraiment des conneries,
mais on progresse lentement, en faisant des films
pour la télévision et tout ça.
C'est bien. Mais ce n'est rien à comparer
de ce genre de choses.
C'est la chose la plus difficile que j'ai faite
depuis longtemps. J'ai fait des pièces
de théâtre très dures. Des
choses vraiment difficiles. Le problème
avec les films évidemment c'est que c'est
réalisé sur une période de
temps très longue. Sur scène, ça
va plus vite. Alors qu'avec Denethor en particulier,
ce n'était que des tournages de séquences.
Ils aiment que vous fassiez la scène de
votre mort en premier. J'ai dû alors remonter
le temps pour m'y repérer. J'ai dû
revenir en arrière, et en arrière,
et en arrière...Alors, pourquoi en suis-je
arrivé là?
Toutes les questions comme...Sur combien de temps
est-ce que ça se déroule? Qu'est-ce
qui nous amène jusque là?... Revenir
en arrière était vraiment étrange...Et
c'est mon boulot. Mais le public ne voit que des
bribes de votre vie, votre vie a été
une suite de hauts et de bas, ou autres. Et il
faut être capable de prendre ça pour
en faire quelque chose de continu, peu importe
combien ces choses sont différentes.
C'est une profession pleine de défis. Je
parlais...de la manière dont les limites
sont franchies - et elles ont été
franchi sur cette production. Et je suis très
fier de Denethor. Très fier de ce qui s'est
passé. Il...me bouleverse. Ici. vraiment.
Mais j'en suis fier.
Si...dans votre vie vous faite une chose qui est
votre meilleur travail...nous sommes chanceux
d'avoir pu le faire. Je n'ai pas de doute sur
le fait que je vais faire bien plus, mais ça
- parce que c'était tellement dur - pour
moi, sera toujours significatif."
Retour la veille de la première
à Wellington, John défend l'honneur
de Denethor contre un journaliste radio qui se
moque de la manière bizarre dont il brûle
son fils alors que "sa forteresse est assiégée".
John glousse alors qu'il répond "Ne
dites rien de mal sur Dénéthor,
je l'adore."
Puis il continue plus sérieusement. "C'est
un personnage étonnant. Il est probablement
le plus proche du Roi Lear, que je rêve
toujours de jouer. J'ai joué Gloucester,
mais je n'ai pas encore fait Lear. Et je comprends
totalement ce qui se passe, il y a un déclic,
vous commencez juste à faire les mauvais
choix, la paranoia s'installe.
Je pense que les gens vont le voir comme un méchant,
mais je pense que quand ces films seront étudiés
- et ils le seront - les gens auront une perception
différente de lui. Ils verront son humanité.
A priori les gens pourront avoir
du mal à trouver l'humanité dans
un personnage dans un tel état de désespoir,
qui - dès qu'on le rencontre - semble totalement
prisonnier de sa propre douleur. John dit qu'il
n'en sort jamais totalement, même quand
son fils revient d'Osgiliath cribblé de
flèches.
"Je ne pense pas qu'il réalise qu'il
a été stupide jusqu'à ce
qu'il porte le regard sur son fils. Jusqu'à
ce moment, il est egocentrique.
N'est-ce pas la chose la plus difficile au monde?
demande John. Vous avez deux lignes pour vous
amender : "Faramir, mon fils".
J'ai beaucoup pensé à ça.
C'est le moment de l'expiation. C'est un vrai
défi de trouver - alors que vous brûlez
- exactement ce moment, "Faramir, mon fils".
Mais encore une fois, pour les spectateurs, c'est
efficace.
C'est une scène très émouvante
- juste avant il se lève et est jeté
à bas du bûcher par Gandalf, il se
relève et il a ce regard "Non, ne
me prenez pas mon fils." C'est l'agonie."
Je me demande s'il veut dire que
c'est l'agonie à regarder, pour le personnage
ou de jouer ces extrémités émotionelles
et physiques. Encore une fois, mon esprit revient
sur un commentaire qu'il a fait à Canberra.
"Il y a une ligne splendide au bucher funéraire
- il dit quelque chose comme...il regarde par
terre et dit : Pourquoi les fous volent-ils? Je
pense que c'est ce qu'il dit.
'Laissez-le brûlez, car brûler nous
devons.'
C'est une ligne incroyablement deséspérée
sur laquelle il sort. Désolée. Le
fond de son âme. Et oui, c'est exigent.
Vraiment difficile de trouver la crédibilité
là-dedans.
L'un des moments les plus terribles
du film est pour beaucoup le moment où
Billy Boyd chante pour Denethor. De retour à
Wellington, John mentionne que même lui
a trouvé difficile de garder sa constance
pour cette scène.
"Quand Billy chante cette chanson, vous pensez
'Oh mon Dieu, c'est si beau.' Mais quand je jouais...je
commençais à pleurer...c'était
si beau.
C'était si poignant d'avoir le contre-poid
de ces trois images de Denethor, Faramir et Pippin."
Il déborde d'éloge
pour cette scène.
"Je pense que je vous ai déjà
dit que je me rendais compte alors que l'on filmait
que ça allait être l'une des grandes
scènes du film. Je pense que nous avons
bien réussi.
Et si vous vous demandez ce qu'il
mangeait - ça n'était pas du poulet.
"C'était de la caille ou quelque chose
comme ça, dit John. C'était très
exotique."
John doit partir mais il ajoute
quelque mots avant de nous quitter.
"C'est une histoire étonnante, dit-il.
Une histoire étonnante d'espoir. Et je
pense que la raison de son succès n'a pas
tellement de rapport avec ce que nous avons fait,
mais avec ce qui a inspiré à Tolkien...cette
énorme métaphore.
Créer ce roman est stupéfiant. Et
c'est pourquoi je regrette certaines lignes qui
ne sont pas dans le film - parce que c'était
impossible. Profond. Aussi profond que la sagesse
de Tolkien ait été."
-> Article
originel
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