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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 13/12/2003

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.:: Interview de Fran Walsh et Philippa Boyens. ::.

 

Assez de bavardages : allons-y. Êtes-vous soulagées que tout soit fini, ou êtes-vous tristes, ou amères ?

Philippa Boyens : Oh, soulagée. Définitivement. Pour ma part, absolument, parce que c’était comme cet essai qui ne se finit jamais, ou ce projet qui était juste… c’était long. Mais une quête vraiment incroyable

Que pouvez-vous dire à propos des difficultés d’adaptations ?

PB : Une chose que nous savions absolument, les règles qui nous guidaient pour faire cette adaptation étaient qu’il fallait que ça fonctionne comme un film, du début à la fin. Comme trois films. Donc c’était dangereux, et si tout allait bien, nous offenserions aussi peu de fans de Tolkien que possible. Mais ce n’était pas une solution. Nous devions juste les faire fonctionner comme des films.

Vous préfériez Arwen dans ou hors du Gouffre de Helm ?

PB : Hors du Gouffre. Ce pourquoi elle n’y est pas, en fait.

Donc la raison originelle pour qu’elle y soit, était … ?

PB : Nous avons tout d’abord écrit ce qui était vraiment un script commercial. Si on observe Arwen dans les livres, elle est assise à la maison, en train de broder un étendard pour Aragorn, ce qui n’aurait pas marché à Hollywood. On ne peut pas mettre ça dans le script commercial.

Ca ne marchera nulle part.

PB : Nous avons essayé d’écrire un personnage qui allait plus fonctionner par rapport à un concept de studio de ce qu’ils pourraient offrir à un personnage principal féminin, et une histoire plus impliquée. Ce qui s’est heureusement passé pendant le processus de tournage, et les rush commençants à arriver, et en travaillant de manière plus rapprochée avec les acteurs, les gens ont commencé à faire beaucoup plus confiance au contenu. Et probablement à nous y compris. Et comprenez que nous pourrions faire cette histoire, et la rapprocher encore plus des appendices.

Sur la version longue des DEUX TOURS, vous faites un commentaire sur la création d’un montage chronologique de tous les films. Allez-vous faire ça en tant que projet parallèle ?

Fran Walsh : Je pense que ce serait une super chose à faire. Je pensais l’autre jour que, si on faisait ça, on commencerait avec le prologue du premier film, et puis on continuerait avec la séquence du troisième film , où Andy et Deagol pêchent, et trouvent l’anneau.

Vous avez réalisé cette partie avec Andy ?

FW : Oui. Oui, j’ai tourné ça avec lui. Et puis ensuite il y aurait Bilbon entrant dans la grotte. Nous réinventerions la narration pour le film. Ce serait plutôt extraordinaire, j’adorerais le faire parce qu’on le raconte en flash-back et en séquence « décalées ». Je ne sais pas si New Line serait ouvert à cette idée.

A quel moment du projet était-ce décidé que le début du troisième film serait la scène avec Smeagol et Deagol ?

FW : Nous avions une philosophie de « tout tourner ». (rires) C’est pourquoi il y a beaucoup de matière dans les DVD des VL. Donc on tourne autant que possible. On essaie d’obtenir autant que possible l’histoire pour le film. Nous le montons. Essayons d’évaluer le montage, et observons ce qui fonctionne. Et si ça ne marche pas, si on a des problèmes avec l’histoire, on enlève certaines choses. Et on pense, « Cela pourrait aller sur le DVD. » Cela a été notre philosophie. Ou cela pourrait aller sur le prochain film, parce qu’on en a toujours eu un autre qui arrivait.

Plus maintenant.

FW : Plus maintenant. Et c’est ce qui s’est passé avec la séquence de Saroumane à la fin des DEUX TOURS. Nous avions cette abondance d’action émouvante à la fin de ce film, avec l’inondation d’Isengard, et la bataille du Gouffre de Helm, et nous avions l’histoire de Gollum, Frodon et Sam. Nous sentions vraiment que ce dénouement, sept ou dix minutes avec lui n’auraient pas aidé la narration à ce moment. Donc nous avons pensé le déplacer dans le troisième film, sans problème. Mais quand nous y sommes arrivés, nous avions un montage de plus de quatre heures du RETOUR DU ROI. C’était évident pour nous qu’à ce moment-là, conclure la fin du deuxième film avec un personnage qui ne fait pas le plus d’apparitions dans le film, alors que nous avions tant d’autres choses à faire, et nous avions vraiment besoin de réduire le temps – c’était évidemment trop long – donc une décision a été faite de placer ceci sur le DVD.

PB : C’est au début de l’année que cela a été fait.

FW : Oui, les séquences se déplacent, elles changent. Et, oui… la séquence avec Andy et Deagol était tournée pour le deuxième film.

PB : C’était quand Frodon dit, « C’était votre nom, n’est-ce pas ? » Et il dit, « Mon nom, mon nom. » A la base, nous allions dans ce flash-back.

Je me suis simplement demandé si c’était une manière de saisir le public pour revenir dans l’histoire.

FW : Et bien, oui. Ce qui s’est passé c’est que, bien que ce fut tourné pour le deuxième film, quand nous le regardions et que nous l'estimions, nous avions l’impression que ça irait mieux dans le troisième film. Et une des raisons pour laquelle nous avons fait cela était parce que le film pouvait commencer avec l’anneau, la découverte de celui-ci, à travers ce personnage, et terminer l’histoire de l’anneau avec sa destruction. Cela donnait l’impression d’un bon style d’unité pour le film. Cela semblait être une bonne manière : si on doit détruire cet anneau, ayons quelque chose de son histoire originel au début du film. Cela nous semblait juste. Egalement avec le personnage de Gollum… Si nous allons voir comment ça se finit, voyons comment ça a commencé. Cela avait un bon sens, donc nous avons pris la décision assez tôt lors du montage des DEUX TOURS.

Vous mentionnez une fin avec un dénouement prolongé pour LES DEUX TOURS, et ici dans le RETOUR DU ROI…

FW : Oui.

… en tant qu’auteurs, c’est incroyablement complexe. Certains diraient que c’est presque du suicide, que c’est juste un dénouement.

FW : Oui je sais.

PB : Vous voyez, je ne pense pas que c’est le cas. Je pense que c’est à propos du destin de Frodon. Nous comprenons le destin de l’anneau : ce qu’il y a , ce n’est pas un dénouement, c’est le destin de Frodon. Et il y a une partie de l’histoire restante qui doit être racontée. Il a détruit l’anneau, et il doit en payer le prix, qui est sa propre destruction. Frodon ne peut revenir en arrière. C’est un moment critique de la narration. Je ne pense pas que c’est un dénouement ; Je pense que c’est la fin du film. Ce qui était super pour moi, c’était de le voir diffusé devant un public, et que cela ait fonctionné. Ils en ont friands. En fait, cela porte les parties les plus émotionnelles de l’histoire.

Et bien, ouais, c’est très évocateur.

PB : Donc on ne voyait pas ça comme un risque. Aussi, Peter… a des instincts plutôt bons, et en général très fort… et Fran a certainement de l’instinct, pour savoir à quel point ils sont friands. Il sait qu’on ne conclut pas qu’un seul film, mais trois.

Exact. Mais il y a une idée très réelle de la destruction de l’anneau. On le sent vraiment. Et c’est même complexe parce qu’on détruit quelque chose qui est… c’est l’œil de Sauron, ce n’est même pas vraiment un personnage. Mais ensuite, avec ceci qui n’existe plus… Je veux dire, on se sent –

PB : On imagine le film sans. C’est ce que je dis toujours. Enlevez ces fins, et quel impact aurait ces films ? Cela n’a pas d’impact jusqu’à ce qu’on détruise Frodon.

D’un autre côté, il y a la fin bien plus longue.

PB : Oh, vous plaisantez ? On aurait pu continuer pendant une demi-heure si vous vouliez la fin complète.

Y a-t-il eu une discussion à un moment, ou, au moins, une narration de ce qui arrive à tout le monde ? Il semble que, dans le livre, beaucoup de personnages partent à l’Ouest.

PB : Cela apparaîtra probablement sur le DVD.

Merci seigneur pour le DVD, n’est-ce pas ?

PB : Et bien en fait, ce que ces films ont fait c’est que, par inadvertance et physiquement, ils ont produit ce style de narration où d’un côté on a le grand écran, et cela doit fonctionner comme un morceau de narration, et d’un autre côté sur le DVD c’est une expérience différente, qui est une forme différente de narration. Cela peut être légèrement plus épisodique.

En parlant de fin, j’aime la fin de ce film parce que cela suit l’histoire personnelle. Mais quand j’ai vu le film la nuit passée, certaines personnes, juste après que Frodon ait accompli sa quête et que l’écran devienne noir, pensaient que cela se terminait et essayaient d’applaudir.

PB : Le but était de montrer que l’histoire continue, mais nous voulions aussi conclure les films exactement comme le livre se termine, ce qui est littéralement la dernière ligne du livre. C’est avec satisfaction que l’on finit sur la même page.

Alors que cela avançait, avez-vous commencé, spécialement avec les deux derniers films, à écrire en fonction du jeu des acteurs ?

FW : Oui, énormément.

Pouvez-vous parler de choses spécifiques ?

PB : Viggo Mortensen, pendant tout le chemin, est devenu Aragorn. Ce dernier était en fait un personnage très difficile à écrire, comme certains personnages principaux sont les plus durs. Les personnages les plus faciles à écrire sont les personnages intéressants, les secondaires – Langue de serpent ou Gollum – ils sont imparfaits et intéressants. Mais vous savez, Aragorn était difficile, et je pense que nous ne l’avions pas trouvé jusqu’à ce que Viggo Mortensen arrive. Et nous avons commencé à écrire selon lui. Nous avions l’instinct et nous comprenions que la quête d’Aragon ne serait pas montée sur le film, et qu’il y aurait des doutes et des remises en question ; que nous lui donnerions plus de profondeur psychologique. Mais ce que Viggo y a apporté lui a permis de le jouer si brillamment. Il a mesuré son interprétation, si on l’observe à travers les trois films, c’est vraiment magnifique. On gâche tout si on n’est pas soigneux avec ce personnage.

Est-ce que vous allez continuer de travailler avec Peter sur d’autres choses, ou allez-vous prendre une pause du monde de Peter Jackson ?

PB : (à Fran) tu ne peux pas.

Vous êtes « prise »…. Mais de manière générale.

PB : C’est un monde plutôt cool dans lequel habiter. Et vous deux êtes si super. C’est un plaisir.

Est-ce vous vous allez vous mettre au singe ?

PB : Ouais, on devient singe. C’est ce que j’allais justement mentionner. C’est hallucinant. On prend un déjeuner, ou une tasse de thé, et soudainement on parle de choses et d’autres. Peter a une idée, ou Fran a une idée, et je suis assise là en mangeant mes céréales, en disant, « Je veux voir ce film ! Je veux voir ce film ! » Parce qu’on sait que ce sera fantastique.

Alors vous allez bientôt commencer l’ébauche.

FW : Oui.

Cela va être très différent.

FW : On y pense pas.

Quelque chose va rester ?

FW : Certaines séquences d’action.

Par exemple ?

FW : Il y a un passage avec un brontosaure, je crois.

A quel point est-ce différent ?

FW : Ce sera plus proche des films de 1933

Et Naomi Watts sera définitivement dans le film ?

FW : On l’espère.

PB : On est sûr à 99.9 %.

FW : Ils sont en train de finaliser les détails.

Comment gérez-vous 19 personnages principaux ?

PB : C’est vraiment une des plus difficiles choses à faire. Nous l’avons travaillé, encore, et encore, et encore. C’est ainsi qu’on le fait. C’est juste un travail pénible. Vraiment. Et aussi, en étant impliqué dans chaque partie du processus de narration, Peter est un très bon collaborateur, et il adopte le fait que nous avons commencé cette quête, et que c’était une bonne idée de nous pousser à continuer. C’était vraiment super pour moi d’être inclue dans le processus interne de Fran et Peter, parce qu’il fallait corriger certaines erreurs des reshoots.

FW : Et bien, on n’avait aucune option. On ne pouvait simplement pas supprimer ces personnages, ou les tuer.

PB : C’était une des premières notes de Miramax. Elle disait, « Pourquoi avez-vous besoin de quatre Hobbits ? Débarrassez-vous en. »

FW : « Tuez un Hobbit. »

Vraiment ?

PB : Ouais, mais vous savez, en fait c’était pas une remarque stupide. Ou pas aussi stupide que cela puisse paraître. En terme de narration, oui, on comprend qu’il n’y ait peut-être pas besoin de quatre Hobbits dans la Communauté, et en faire mourir un vraiment tôt aurait rendu les Cavalier Noirs efficaces. Mais on n’aurait simplement jamais pu faire ça, et c’est devenu notre problème continuellement. C’est ce qu’on fait dans un processus d’adaptation.

FW : Je me souviens à quel point la scène de la COMMUNAUTE à Rivendell était cauchemardesque, parce que c’était dans cette séquence – je ne sais pas combien de pages elle faisait, dix ou plus – on avait sept présentations. Il y avait tous ces personnages qui arrivaient. Il y avait Arwen, Elrond, Gimli, Boromir…

PB : Bilbon revient.

FW : Bilbon revient. Et puis, Gandalf doit expliquer comment il est revenu. Cela continuait, et c’était genre, « Assez ! » Chaque page que nous avons essayé de ré-établir ou de présenter un nouveau personnage, et c’était le pire, en fait, parce qu’il fallait essayer et déguiser chaque présentation en quelque chose d’autre.




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