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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 22/01/2004

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.:: Interview de Philippa Boyens. ::.

 

Justifications, larmes et triomphes, une interview avec Phillipa Boyens

Pour la dernière interview de la journée : Phillipa Boyens (co-auteur). C'était un effort proche du marathon pour n'importe qui, spécialement après une nuit de folie, mais quiconque trouve que c'est normal mériterait une bonne baffe. Donc après avoir rapidement descendu deux cafés, un grand verre d'eau et quelques baffes sur la figure, je me sentais aussi prête que possible. Heureusement pour nous, la Néo-zélandaise Phillipa était alerte, pleine d'humour railleur, et elle est une personnification des plus charmantes qualités des Kiwis (ils ont plein de bonnes qualités). Elle est aussi une femme heureuse, très difficile à détester et pleine d'énergie ouverte et positive. mais aussi sensible.
Allons-y :

PB : « Comment tenez-vous le coup, les filles ? »

Hem ok. Et vous, pauvre amour ?

PB : « Ca va, mais un peu crevée. Faisons un pacte : ne parlons pas du Seigneur des Anneaux ? »

Hem cool. Et King Kong ?

PB : « Oui ! Donnez-moi quelques idées ! On est juste en train de commencer le script"

Ok, tout d'abord, êtes-vous en train de ré-écrire tout le truc depuis le brouillon ?

PB : « Ouais. En fait non. On se base sur la version de 1933. Il sera définitivement un gorille. Nous pensions le changer en Kiwi mais [rires], cela n'a pas marché. »

[un journaliste] Pourquoi le mettez-vous en place comme un modèle d'une certaine époque ?

PB : « Parce que c'en est une fantastique et bien Pete devrait vraiment répondre à ça, mais je pense qu'une des raisons pour laquelle il est devenu un créateur de film, c'est grâce au tout premier film qu'il a vu ; alors il honore cela. Mais en fait, si on regarde les années 30, c'est une période incroyable. Et c'est une période bien plus facile pour travailler, en la comparant à nos jours. Pour moi, c'est la décennie où le monde a décliné. C'est la décennie où il semblait toujours y avoir des possibilités pour qu'une créature comme Kong existe, vous voyez, comme en Afrique sombre et profonde.

« Et c'était une décennie très sombre. Les auteurs de cette période décrivent une énorme dépression. Il y a des choses fantastiques sur lesquelles on peut se baser ; comme je suis en train de me baser sur la dépression pour le passé d'Anne. Et pourtant l'appétit que le public avait pour les films et Hollywood. La pure distraction.. était hors de contrôle. Ils voulaient juste s'échapper de tout ça.

« Cependant, en même temps, le capitalisme ou simplement les possibilités du monde étaient au plus haut niveau. Comme je disais, [aux personnes de ce temps, il y avait la possibilité] d'y avoir une île quelque part avec ces hommes essayant désespérément de la trouver. Nous sommes encore dans le processus de création pour la rendre réelle. Parce que c'est ce que Pete veut. Il veut qu'on ait l'impression qu'elle est réelle, donc nous nous battons encore avec ce concept, qu'il y avait une île qui pouvait exister dans le monde, sur le radar, où les dinosaures pourraient exister et qu'il pourrait y avoir cet énorme gorille.

Comment faites-vous pour que cela fonctionne ?

« C'est une des choses que vous regardez, quand vous le mettez en place dans les années 30, et vous avez cette capacité, précisément. C'est la décennie où il fallait six ou sept semaines pour aller depuis l'Angleterre jusqu'en Australie. Soudainement on pouvait faire ça en un une semaine. C'était également une décennie d'aventure, où ils embrassaient le futur et des trucs du style. Et il y avait aussi ces super vêtements ! »

Nous sommes toutes d'accord.

« Ouais vous savez, pas comme Indiana Jones. Cela prouve que cette période trotte dans les cours et les esprits des gens. Cela vous donne cela, de notre monde mais pas de notre sentiment du monde. D'une manière assez intéressante, Fran a trouvé ce truc sur Internet. non, dans sa recherche je ne sais pas si c'était sur Internet. Elle a découvert que pour certaines personnes, King Kong est tellement ancré dans la culture New Yorkaise, que le mythe urbain a supporté son existence. Vous savez, on peut encore obtenir gratuitement des petites statuettes de Kong dans l'Empire State. Le mythe urbain dit en fait que le gorille géant a grimpé l'Empire State Building ! Pourquoi se prendre la tête avec ça, c'est un cadeau ! C'est super [elle rit nerveusement] et absolument faux [tout le monde rigole]. Mais les gens pensent que c'est vrai ? »

[Moi, dans une de mes questions récurrentes que j'avais pour tout le monde. Après tout, ils n'avaient pas seulement adapté un de mes livres favoris avec Le Seigneur des Anneaux, mais maintenant ils adaptent de manière authentique mon film de monstre préféré. Mes amies et moi étions tellement impressionnées que nous avons écrit, enregistré et interprété trois chansons en trois nuits, une trilogie de chanson un peu comme un 'rock opéra' en trois actes pour les créateurs du film qui allaient travailler sur Kong (PJ, Phillipa, Richard Taylor et Andy Serkis), comme un cadeau personnel, fait maison. Ils étaient tous géniaux et étonnamment heureux de les recevoir] Etiez-vous une fan du King Kong original ?

PB : « J'adore le Kong original. Il y a certaines choses intéressantes qui s'y passe, et c'est une histoire très, très simple, et nous venons de voir Homicidal (?) L'avez-vous vu ? Un des films de William Castle ? Parlons du montage de la poursuite ! Ca parle de ça, 'un maniaque meurtrier traqué !' Ce qui est un super exemple des récits de 1930. on tourne simplement une poursuite. On saisit en quelque sorte le public et argh ! Le plonger dedans [rire nerveux]. C'est ce que j'adore concernant le King Kong original. Vous savez on essaie d'être trop intelligent quelques fois. Vous regardez tout ce haut concept d'écriture de script, mais ce sera intéressant de voir. »

Vous êtes en plein dedans. Dès qu'ils arrivent sur l'île, ils ne sont plus du tout gros. C'est une scène après l'autre, et pas de pause.

PB : « Ce qui est une des premières choses qu'on fait en écrivant le scénario. On le commence d'une manière aussi proche de l'histoire que possible, et c'est ce que nous avons besoin de faire avec celui-là. Mais. hem. J'adore cette partie du processus. Tout est encore possible.

« Je me souviens des journées Le Seigneur des Anneaux avant d'entrer dans le cauchemar de la réalisation, 'ah, et bien, ce n'est pas possible parce qu'on a déjà tourné ça ! Et purée, c'est une sacré bonne idée [rire sadique]' »

[une journaliste du Woman's Day] Je vous ai vu au Séminaire des Auteurs à Auckland.

PB : « C'était avec Ed Foley ? »

[une journaliste du Woman's Day] Oui, je crois bien. Je me souviens de vous, très enthousiaste parce que vous aviez fini d'écrire le scénario pour Le Seigneur des Anneaux. En y repensant maintenant.

PB : « [en ignorant avec une nonchalance comique] Ahhh, j'étais si naïve. J'ai simplement pensé que le troisième serait le plus facile, parce qu'en définitive on a une fin et c'est fait, c'est fini. mais en fait c'était vraiment difficile. Simplement parce que je donne l'impression de beaucoup me plaindre. Mais j'essayais de faire que les narrations multiples aillent bien ensemble ; en essayant d'exposer tous ces supers personnages qu'on a rencontrés dans les deux autres films ; en honorant le livre (mais on ne peut avoir autant de fins. bien qu'on se soit arrangé pour en intégrer quelques-unes unes [petit cri aigu de plaisir] !) ; mais vous savez, trouver notre chemin à travers tout ça, c'était plus difficile que ce que nous pensions. »

« Je me souviens quand j'ai commencé ce projet. En fait, c'était quand nous venions de débuter la production. Nous étions assis, en prenant une tasse de thé, et Peter a dit, 'vous savez ce qui serait vraiment cool ? Si nous étions hypnotisés pour ne rien savoir et on pourrait s'asseoir et regarder les film.' Maintenant je sais en fait ce qu'il voulait dire. On ne peut pas faire ça. Je sais pour moi-même et Fran Walsh [co-scénariste] - que je voulais juste saluer en passant, parce que si Peter était le cour de ces films, elle était leur esprit - qu'on ne peut pas les regarder sans voir des choses que nous voudrions améliorer ou changer. Pas encore, de toute façon. Mais de les voir avec un public qui les adore, c'est le plus proche que nous puissions obtenir. »

Pouvez-vous nous donner une indication, pour savoir comment étaient les processus de l'approbation des Tolkien sur les films et le manuscrit ?

PB : « Non. En fait ils n'auraient pas essayé de faire cela. Ce n'était pas ce style de processus. Ils nous laissaient décider pour nous-même. Le professeur Tolkien lui-même, quand il écrivait des lettres concernant le concept de ses écrits transposé en film, une de ses lettres dit en fait qu'il les avait mis dans les mains des autres personnes parce que ce n'était pas à lui de faire ça. Il espérait que d'autres cœurs et esprits viendraient à ses écrits avec de l'art, de la musique et du théâtre, et ainsi les utiliser pour amener son monde à la vie de la meilleure manière possible. D'une certaine manière, c'est ce que nous avons fait. »

[un journaliste] Combien de débats y a-t-il eu concernant les fins, parce qu'il y en avait pas mal ?

PB : « Oui, absolument. Nous en avons laissé tomber pas mal. Elles seront sur le DVD de la version longue. C'est notre deuxième morsure sur la pomme, notre forum 'oh non, on peut faire mieux !' [rires]. »

[un journaliste] Y avait-il des parties du livres que vous pensiez être impossible à filmer mais qui ont quand même fonctionné ?

PB : « Pas en termes de technologie. Si on pouvait l'imaginer, ils pouvaient concevoir une manière pour que ça se passe. C'était plus les problèmes classiques de narration que tout le monde rencontre : être sûr de garder le bon rythme ; la bonne tension ; d'avoir assez de clarté dans ce qu'on faisait, c'est-à-dire que nous racontions une histoire et il y avait une raison derrière ce que nous faisions, et que les personnages avaient aussi une raison de faire les choses qu'ils faisaient. Toutes ces choses étaient bien plus difficiles que n'importe quel problème technologique parce que Weta étaient tellement au top pour ça. Pour moi, c'est ça.

« Aucune des choses véritablement difficiles étaient technologiques, c'étaient les scènes dramatiques difficiles ; comme la scène où Gandalf dit, 'Frodon est passé au-delà de ma vision.' Et Aragorn dit quelque chose d'autre. C'était une scène difficile à écrire parce qu'il fallait avoir le bon sentiment, le bon rythme, mais c'était un moment problématique. Alors comment avons-nous fait ? Que comptions-nous inclure ? Le public ne veut pas s'arrêter et cela ne peut être de l'élucidation. Ils ne pouvaient pas soudainement dire, 'Je sais ! Allons à la Porte Noire !' Ils devaient y aller pour une vraie raison et cela devait aussi donner l'impression d'un volte-face, si vous voulez. C'était toutes ces choses et cela a rendu la scène vraiment difficile. Ce genre de choses, c'était bien plus dur. Et les nombreux personnages. C'était difficile à préserver. »

[un journaliste] Avez-vous un sentiment de libération en sortant ce projet avec des fans de Tolkien de votre côté ?

PB : « Pour l'instant je ne sais pas. On verra. C'est amusant parce que dans une des dernières interviews, une des toutes premières questions -et je pouvais voir qu'il était plutôt énervé- était, '[dit dans une colère simulée et à peine crédible] Comment justifiez-vous que Frodon renvoie Sam ? Et était-ce vrai pour Tolkien ?' C'est intéressant parce qu'on peut vraiment voir les gens se fâcher. Maintenant on sait ça, on sait que les gens adorent passionnément ces livres. Et pourquoi ne devraient-ils pas les adorer ? Nous les adorons aussi. On peut détruire pour eux, ce monde que nous adorons autant. Alors oui, j'avais ce sentiment.

« Mais je sais aussi quel est mon boulot. Et je devais amener ces livres à la vie avec Peter et Fran. Nous ne faisions rien arbitrairement. On le faisait parce qu'on avait besoin de faire fonctionner ces livres à l'écran.

« Et la raison pour laquelle Frodon renvoie Sam, juste pour que vous sachiez : que se passerait-il s'il ne le faisait pas ? Il y aurait eu une très longue escalade des escaliers, et puis Sam se serait - ce qui se passe dans le livre - perdu dans le tunnel, ce qui n'a pas de tension dramatique. Si on pense simplement ce qu'on aurait si on n'avait pas fait quelque chose à ce moment, on comprend pourquoi on l'a fait. Voilà la raison. »

[une journaliste] Avez-vous vu l'article, Running Rings Around Hollywood (Les Anneaux fuient Hollywood), à propos de vous prenant les scripts à Hollywood et étant repoussé par tout le monde ? Avez-vous ressenti de la pression ?

PB : « Oui. Les premiers jours, c'était un processus organique, parce qu'au début on a fait un script commercial, et oui nous avons bassement flatté les studios. Quand je dis flatter, j'entends essayer d'être réaliste par rapport au temps donné pour chaque jour. On ne peut pas vendre à quelqu'un à Hollywood une histoire d'amour entre deux grands personnages et leur dire qu'ils n'ont qu'une scène ensemble. Ou bien alors, qu'elle reste à la maison et, dans le livre, qu'elle brode [tout le monde rit] sa bannière. Ils ne répondront simplement pas à ça ! Donc nous avons fait des choses pour apporter plus d'Arwen dans le film.

« Dieu merci à Liv parce qu'elle a eu un instinct très fort, en pensant que ça ne jouait pas. Et nous avions la même impression. Et ça ne fonctionnait pas. Nous devions trouver un moyen, ce qui faisait partie du processus sans fin de révision, de dire la vérité de cette histoire. C'est une histoire d'amour très privée et très intime. En fait ce n'est pas une histoire d'amour du style le-garçon-rencontre-la-fille. C'est un garçon et une fille qui se connaissent depuis plusieurs décennies et se sont aimés pendant tout ce temps. C'est en fait une histoire plutôt mature et nous avons passé énormément de temps dessus.

« C'est ce que j'apprécie et ce n'est pas dans le livre ! Mais quand elle quitte la Terre du Milieu parce qu'elle ne peut pas concevoir leur futur. J'adore le fait qu'elle reste parce qu'elle voit l'enfant, parce que pour moi c'est plus intéressant. Et cela a une vérité. Si on va dans les appendices, on verra qu'ils ont eu un enfant et qu'elle était très consciente qu'elle restait pour une raison très spécifique : abandonner un style de vie pour offrir un autre style de futur.

« Mais vous essayez de proposer ça à Hollywood ! C'est un thème de ces films. Si vous essayez de proposer le thème de ces films, qui est 'la mort', ils disent simplement 'allez-vous en' [rires]. »

[Moi] Voudriez-vous retravailler avec ces acteurs, comme une sorte de société de catalogue ?

PB : « J'adorerais retravailler avec eux. Ils sont tous vraiment super. Sérieusement. J'adorerais retravailler avec TOUS. Je ne sais pas pour Kong, bien que je sois au courant qu'ils sont tous volontaires pour venir se faire tuer par lui ; mais nous verrons. Elijah, Billy et Dom veulent être dans la première vague de marins détruits par Kong. Il est définitivement en train de regrimper l'Empire State. Il faut le faire, hein ? »






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