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.:: Interview
de Philippa Boyens. ::.
Justifications, larmes et triomphes,
une interview avec Phillipa Boyens
Pour la dernière interview
de la journée : Phillipa Boyens (co-auteur).
C'était un effort proche du marathon pour
n'importe qui, spécialement après
une nuit de folie, mais quiconque trouve que c'est
normal mériterait une bonne baffe. Donc
après avoir rapidement descendu deux cafés,
un grand verre d'eau et quelques baffes sur la
figure, je me sentais aussi prête que possible.
Heureusement pour nous, la Néo-zélandaise
Phillipa était alerte, pleine d'humour
railleur, et elle est une personnification des
plus charmantes qualités des Kiwis (ils
ont plein de bonnes qualités). Elle est
aussi une femme heureuse, très difficile
à détester et pleine d'énergie
ouverte et positive. mais aussi sensible.
Allons-y :
PB : « Comment tenez-vous
le coup, les filles ? »
Hem ok. Et vous, pauvre amour
?
PB : « Ca va, mais un peu
crevée. Faisons un pacte : ne parlons pas
du Seigneur des Anneaux ? »
Hem cool. Et King Kong ?
PB : « Oui ! Donnez-moi
quelques idées ! On est juste en train
de commencer le script"
Ok, tout
d'abord, êtes-vous en train de ré-écrire
tout le truc depuis le brouillon ?
PB : « Ouais. En fait non.
On se base sur la version de 1933. Il sera définitivement
un gorille. Nous pensions le changer en Kiwi mais
[rires], cela n'a pas marché. »
[un journaliste] Pourquoi le mettez-vous
en place comme un modèle d'une certaine
époque ?
PB : « Parce que c'en est
une fantastique et bien Pete devrait vraiment
répondre à ça, mais je pense
qu'une des raisons pour laquelle il est devenu
un créateur de film, c'est grâce
au tout premier film qu'il a vu ; alors il honore
cela. Mais en fait, si on regarde les années
30, c'est une période incroyable. Et c'est
une période bien plus facile pour travailler,
en la comparant à nos jours. Pour moi,
c'est la décennie où le monde a
décliné. C'est la décennie
où il semblait toujours y avoir des possibilités
pour qu'une créature comme Kong existe,
vous voyez, comme en Afrique sombre et profonde.
« Et c'était une
décennie très sombre. Les auteurs
de cette période décrivent une énorme
dépression. Il y a des choses fantastiques
sur lesquelles on peut se baser ; comme je suis
en train de me baser sur la dépression
pour le passé d'Anne. Et pourtant l'appétit
que le public avait pour les films et Hollywood.
La pure distraction.. était hors de contrôle.
Ils voulaient juste s'échapper de tout
ça.
« Cependant, en même
temps, le capitalisme ou simplement les possibilités
du monde étaient au plus haut niveau. Comme
je disais, [aux personnes de ce temps, il y avait
la possibilité] d'y avoir une île
quelque part avec ces hommes essayant désespérément
de la trouver. Nous sommes encore dans le processus
de création pour la rendre réelle.
Parce que c'est ce que Pete veut. Il veut qu'on
ait l'impression qu'elle est réelle, donc
nous nous battons encore avec ce concept, qu'il
y avait une île qui pouvait exister dans
le monde, sur le radar, où les dinosaures
pourraient exister et qu'il pourrait y avoir cet
énorme gorille.
Comment faites-vous pour que cela
fonctionne ?
« C'est une des choses que
vous regardez, quand vous le mettez en place dans
les années 30, et vous avez cette capacité,
précisément. C'est la décennie
où il fallait six ou sept semaines pour
aller depuis l'Angleterre jusqu'en Australie.
Soudainement on pouvait faire ça en un
une semaine. C'était également une
décennie d'aventure, où ils embrassaient
le futur et des trucs du style. Et il y avait
aussi ces super vêtements ! »
Nous sommes toutes d'accord.
« Ouais vous savez, pas
comme Indiana Jones. Cela prouve que cette période
trotte dans les cours et les esprits des gens.
Cela vous donne cela, de notre monde mais pas
de notre sentiment du monde. D'une manière
assez intéressante, Fran a trouvé
ce truc sur Internet. non, dans sa recherche je
ne sais pas si c'était sur Internet. Elle
a découvert que pour certaines personnes,
King Kong est tellement ancré dans la culture
New Yorkaise, que le mythe urbain a supporté
son existence. Vous savez, on peut encore obtenir
gratuitement des petites statuettes de Kong dans
l'Empire State. Le mythe urbain dit en fait que
le gorille géant a grimpé l'Empire
State Building ! Pourquoi se prendre la tête
avec ça, c'est un cadeau ! C'est super
[elle rit nerveusement] et absolument faux [tout
le monde rigole]. Mais les gens pensent que c'est
vrai ? »
[Moi, dans une de mes questions
récurrentes que j'avais pour tout le monde.
Après tout, ils n'avaient pas seulement
adapté un de mes livres favoris avec Le
Seigneur des Anneaux, mais maintenant ils adaptent
de manière authentique mon film de monstre
préféré. Mes amies et moi
étions tellement impressionnées
que nous avons écrit, enregistré
et interprété trois chansons en
trois nuits, une trilogie de chanson un peu comme
un 'rock opéra' en trois actes pour les
créateurs du film qui allaient travailler
sur Kong (PJ, Phillipa, Richard Taylor et Andy
Serkis), comme un cadeau personnel, fait maison.
Ils étaient tous géniaux et étonnamment
heureux de les recevoir] Etiez-vous une fan du
King Kong original ?
PB : « J'adore le Kong original.
Il y a certaines choses intéressantes qui
s'y passe, et c'est une histoire très,
très simple, et nous venons de voir Homicidal
(?) L'avez-vous vu ? Un des films de William Castle
? Parlons du montage de la poursuite ! Ca parle
de ça, 'un maniaque meurtrier traqué
!' Ce qui est un super exemple des récits
de 1930. on tourne simplement une poursuite. On
saisit en quelque sorte le public et argh ! Le
plonger dedans [rire nerveux]. C'est ce que j'adore
concernant le King Kong original. Vous savez on
essaie d'être trop intelligent quelques
fois. Vous regardez tout ce haut concept d'écriture
de script, mais ce sera intéressant de
voir. »
Vous êtes
en plein dedans. Dès qu'ils arrivent sur
l'île, ils ne sont plus du tout gros. C'est
une scène après l'autre, et pas
de pause.
PB : « Ce qui est une des
premières choses qu'on fait en écrivant
le scénario. On le commence d'une manière
aussi proche de l'histoire que possible, et c'est
ce que nous avons besoin de faire avec celui-là.
Mais. hem. J'adore cette partie du processus.
Tout est encore possible.
« Je me souviens des journées
Le Seigneur des Anneaux avant d'entrer dans le
cauchemar de la réalisation, 'ah, et bien,
ce n'est pas possible parce qu'on a déjà
tourné ça ! Et purée, c'est
une sacré bonne idée [rire sadique]'
»
[une journaliste
du Woman's Day] Je vous ai vu au Séminaire
des Auteurs à Auckland.
PB : « C'était avec
Ed Foley ? »
[une journaliste du Woman's Day]
Oui, je crois bien. Je me souviens de vous, très
enthousiaste parce que vous aviez fini d'écrire
le scénario pour Le Seigneur des Anneaux.
En y repensant maintenant.
PB : « [en ignorant avec
une nonchalance comique] Ahhh, j'étais
si naïve. J'ai simplement pensé que
le troisième serait le plus facile, parce
qu'en définitive on a une fin et c'est
fait, c'est fini. mais en fait c'était
vraiment difficile. Simplement parce que je donne
l'impression de beaucoup me plaindre. Mais j'essayais
de faire que les narrations multiples aillent
bien ensemble ; en essayant d'exposer tous ces
supers personnages qu'on a rencontrés dans
les deux autres films ; en honorant le livre (mais
on ne peut avoir autant de fins. bien qu'on se
soit arrangé pour en intégrer quelques-unes
unes [petit cri aigu de plaisir] !) ; mais vous
savez, trouver notre chemin à travers tout
ça, c'était plus difficile que ce
que nous pensions. »
« Je me souviens quand j'ai
commencé ce projet. En fait, c'était
quand nous venions de débuter la production.
Nous étions assis, en prenant une tasse
de thé, et Peter a dit, 'vous savez ce
qui serait vraiment cool ? Si nous étions
hypnotisés pour ne rien savoir et on pourrait
s'asseoir et regarder les film.' Maintenant je
sais en fait ce qu'il voulait dire. On ne peut
pas faire ça. Je sais pour moi-même
et Fran Walsh [co-scénariste] - que je
voulais juste saluer en passant, parce que si
Peter était le cour de ces films, elle
était leur esprit - qu'on ne peut pas les
regarder sans voir des choses que nous voudrions
améliorer ou changer. Pas encore, de toute
façon. Mais de les voir avec un public
qui les adore, c'est le plus proche que nous puissions
obtenir. »
Pouvez-vous nous donner une indication,
pour savoir comment étaient les processus
de l'approbation des Tolkien sur les films et
le manuscrit ?
PB : « Non. En fait ils
n'auraient pas essayé de faire cela. Ce
n'était pas ce style de processus. Ils
nous laissaient décider pour nous-même.
Le professeur Tolkien lui-même, quand il
écrivait des lettres concernant le concept
de ses écrits transposé en film,
une de ses lettres dit en fait qu'il les avait
mis dans les mains des autres personnes parce
que ce n'était pas à lui de faire
ça. Il espérait que d'autres curs
et esprits viendraient à ses écrits
avec de l'art, de la musique et du théâtre,
et ainsi les utiliser pour amener son monde à
la vie de la meilleure manière possible.
D'une certaine manière, c'est ce que nous
avons fait. »
[un journaliste] Combien de débats
y a-t-il eu concernant les fins, parce qu'il y
en avait pas mal ?
PB : « Oui, absolument.
Nous en avons laissé tomber pas mal. Elles
seront sur le DVD de la version longue. C'est
notre deuxième morsure sur la pomme, notre
forum 'oh non, on peut faire mieux !' [rires].
»
[un journaliste]
Y avait-il des parties du livres que vous pensiez
être impossible à filmer mais qui
ont quand même fonctionné ?
PB : « Pas en termes de
technologie. Si on pouvait l'imaginer, ils pouvaient
concevoir une manière pour que ça
se passe. C'était plus les problèmes
classiques de narration que tout le monde rencontre
: être sûr de garder le bon rythme
; la bonne tension ; d'avoir assez de clarté
dans ce qu'on faisait, c'est-à-dire que
nous racontions une histoire et il y avait une
raison derrière ce que nous faisions, et
que les personnages avaient aussi une raison de
faire les choses qu'ils faisaient. Toutes ces
choses étaient bien plus difficiles que
n'importe quel problème technologique parce
que Weta étaient tellement au top pour
ça. Pour moi, c'est ça.
« Aucune des choses véritablement
difficiles étaient technologiques, c'étaient
les scènes dramatiques difficiles ; comme
la scène où Gandalf dit, 'Frodon
est passé au-delà de ma vision.'
Et Aragorn dit quelque chose d'autre. C'était
une scène difficile à écrire
parce qu'il fallait avoir le bon sentiment, le
bon rythme, mais c'était un moment problématique.
Alors comment avons-nous fait ? Que comptions-nous
inclure ? Le public ne veut pas s'arrêter
et cela ne peut être de l'élucidation.
Ils ne pouvaient pas soudainement dire, 'Je sais
! Allons à la Porte Noire !' Ils devaient
y aller pour une vraie raison et cela devait aussi
donner l'impression d'un volte-face, si vous voulez.
C'était toutes ces choses et cela a rendu
la scène vraiment difficile. Ce genre de
choses, c'était bien plus dur. Et les nombreux
personnages. C'était difficile à
préserver. »
[un journaliste]
Avez-vous un sentiment de libération en
sortant ce projet avec des fans de Tolkien de
votre côté ?
PB : « Pour l'instant je
ne sais pas. On verra. C'est amusant parce que
dans une des dernières interviews, une
des toutes premières questions -et je pouvais
voir qu'il était plutôt énervé-
était, '[dit dans une colère simulée
et à peine crédible] Comment justifiez-vous
que Frodon renvoie Sam ? Et était-ce vrai
pour Tolkien ?' C'est intéressant parce
qu'on peut vraiment voir les gens se fâcher.
Maintenant on sait ça, on sait que les
gens adorent passionnément ces livres.
Et pourquoi ne devraient-ils pas les adorer ?
Nous les adorons aussi. On peut détruire
pour eux, ce monde que nous adorons autant. Alors
oui, j'avais ce sentiment.
« Mais je sais aussi quel
est mon boulot. Et je devais amener ces livres
à la vie avec Peter et Fran. Nous ne faisions
rien arbitrairement. On le faisait parce qu'on
avait besoin de faire fonctionner ces livres à
l'écran.
« Et la raison pour laquelle
Frodon renvoie Sam, juste pour que vous sachiez
: que se passerait-il s'il ne le faisait pas ?
Il y aurait eu une très longue escalade
des escaliers, et puis Sam se serait - ce qui
se passe dans le livre - perdu dans le tunnel,
ce qui n'a pas de tension dramatique. Si on pense
simplement ce qu'on aurait si on n'avait pas fait
quelque chose à ce moment, on comprend
pourquoi on l'a fait. Voilà la raison.
»
[une journaliste] Avez-vous vu
l'article, Running Rings Around Hollywood (Les
Anneaux fuient Hollywood), à propos de
vous prenant les scripts à Hollywood et
étant repoussé par tout le monde
? Avez-vous ressenti de la pression ?
PB : « Oui. Les premiers
jours, c'était un processus organique,
parce qu'au début on a fait un script commercial,
et oui nous avons bassement flatté les
studios. Quand je dis flatter, j'entends essayer
d'être réaliste par rapport au temps
donné pour chaque jour. On ne peut pas
vendre à quelqu'un à Hollywood une
histoire d'amour entre deux grands personnages
et leur dire qu'ils n'ont qu'une scène
ensemble. Ou bien alors, qu'elle reste à
la maison et, dans le livre, qu'elle brode [tout
le monde rit] sa bannière. Ils ne répondront
simplement pas à ça ! Donc nous
avons fait des choses pour apporter plus d'Arwen
dans le film.
« Dieu merci à Liv
parce qu'elle a eu un instinct très fort,
en pensant que ça ne jouait pas. Et nous
avions la même impression. Et ça
ne fonctionnait pas. Nous devions trouver un moyen,
ce qui faisait partie du processus sans fin de
révision, de dire la vérité
de cette histoire. C'est une histoire d'amour
très privée et très intime.
En fait ce n'est pas une histoire d'amour du style
le-garçon-rencontre-la-fille. C'est un
garçon et une fille qui se connaissent
depuis plusieurs décennies et se sont aimés
pendant tout ce temps. C'est en fait une histoire
plutôt mature et nous avons passé
énormément de temps dessus.
« C'est ce que j'apprécie
et ce n'est pas dans le livre ! Mais quand elle
quitte la Terre du Milieu parce qu'elle ne peut
pas concevoir leur futur. J'adore le fait qu'elle
reste parce qu'elle voit l'enfant, parce que pour
moi c'est plus intéressant. Et cela a une
vérité. Si on va dans les appendices,
on verra qu'ils ont eu un enfant et qu'elle était
très consciente qu'elle restait pour une
raison très spécifique : abandonner
un style de vie pour offrir un autre style de
futur.
« Mais vous essayez de proposer
ça à Hollywood ! C'est un thème
de ces films. Si vous essayez de proposer le thème
de ces films, qui est 'la mort', ils disent simplement
'allez-vous en' [rires]. »
[Moi] Voudriez-vous retravailler
avec ces acteurs, comme une sorte de société
de catalogue ?
PB : « J'adorerais retravailler
avec eux. Ils sont tous vraiment super. Sérieusement.
J'adorerais retravailler avec TOUS. Je ne sais
pas pour Kong, bien que je sois au courant qu'ils
sont tous volontaires pour venir se faire tuer
par lui ; mais nous verrons. Elijah, Billy et
Dom veulent être dans la première
vague de marins détruits par Kong. Il est
définitivement en train de regrimper l'Empire
State. Il faut le faire, hein ? »
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