| .:: Craig
Parker, interprète d'Haldir ::.
Le plus beau cadavre du gouffre
de Helm.
Une interview de Craig Parker.
Craig Parker est né le
17 juin 1970 à Suva dans les îles
Fiji, il aime écouter REM et David Bowie.
C'est un comédien né (il en a d'ailleurs
fait son métier) et un charme enfantin
émane de sa conversation. Il est déjà
connu du public allemand pour ses apparitions
dans Xena et dans l'adaptation du roman de Stephen
King les Tommyknockers (1993).
Parker dit des nains de fantasy : « Pour
des gens laids, malodorants et mauvais qui vivent
dans des grottes je pense qu'ils sont extras.
»
Dans La Communauté de l'Anneau
et Les Deux Tours Parker incarne Haldir,
un elfe des bois de Lorien, qui mènera
une grande armée d'elfes au gouffre de
Helm pour aider les cavaliers de Rohan.
M. Parker, à la différence
du roman, vous apparaissez aussi dans la seconde
partie de l'adaptation cinématographique.
Guten Morgen. Malheureusement,
c'est tout ce que je sais dire en allemand (rire).
Oui, c'est un changement par rapport à
l'histoire de Tolkien.
Peter voulait que les elfes soient présents
au gouffre de Helm. De cette manière, on
montre que le temps de elfes touche à sa
fin, pas seulement avec leur départ depuis
les Havres Gris, mais aussi par leur mort au gouffre
de Helm. Et bien sûr c'est aussi un moyen
de montrer leur élégance, leur maîtrise
des armes dans la bataille. Ils sont très
calmes, presque sans émotion, mais mortels
pour leurs ennemis. Quand les humains se battent,
le sang coule à flot et tout est couvert
de poussière et de sueur. Dans les scènes
avec les elfes, c'est différent.
Et bien sûr, j'ai eu beaucoup de chance
avec Haldir, j';ai été très
glücklich. Excusez-moi, c'est l'un de mes
mots préférés : glücklich
! ("heureux" en allemand). Dans le premier
film, nous passions beaucoup plus de temps avec
la communauté. Tout ça a été
coupé, ça m'a un peu déçu.
Mais c'était trop long. Alors bien sûr
je comprends pourquoi ils ont du le couper. (sourire)
Quelle a été votre
première impression quand vous avez vu
le film ?
C'est super, grandiose! Ca a
été ma première impression.
Quand vous travaillez si longtemps sur un film,
seulement toujours dans quelques scènes,
alors vous êtes surpris de voir au cinéma
à quel travail énorme vous avez
participé.
Et est-ce que vous vous aimez
dans le film ?
(Eclats de rire) Je ne sais pas
s'il a y des acteurs qui se trouvent bien à
l'écran. Mais quand je me suis vu là
dans le premier film, avec ces oreilles et cette
perruque, j'ai pensé « Oh mon Dieu,
j'ai l'air d'un travesti après une nuit
passée à faire la bringue. »
Quand avez-vous lu le Seigneur
des Anneaux pour la première fois?
J'ai essayé quand j'étais
adolescent, mais j'ai laissé tomber quelque
part dans le premier livre et je l'ai mis de côté.
Il y avait tant de détails déroutants.
Le premier livre en particulier est plein de détails,
et c'était trop pour moi à l'époque.
Les bases de l'intrigue sont là. A l'époque,
il n'y avait pas assez d'action pour moi dans
le premier livre, ce n'était pas comme
Star Wars. Alors j'ai saisi la chance plus tard
de pouvoir connaître Tolkien à travers
les films (sourire). Tolkien a créé
une mythologie pour le monde occidental. La Bien
affrontant le Mal pour protéger les innocents.
Cette histoire est la base du Seigneur des Anneaux
aussi bien que de Star Wars, et n'importe qui
ayant grandi en occident la connaît. Quand
j'ai auditionné, j'avais bien sûr
lu les livres pour me préparer. Mais le
premier livre était toujours difficile
à lire (rires).
Aviez-vous un personnage préféré?
Je faisais partie de Animatic,
une forme antérieure du film, une pièce
à la radio avec des cartoons. Là,
je disais le rôle de Frodon, et je le trouvais
excellent. Mais bien sûr, il est bien trop
vieux pour moi (sourire). Frodon est très
paisible, c'est un personnage très amical
et Elijah Wood le joue à la perfection
: avec une force intérieure. Le héros
est effrayé mais finalement il surmonte
sa peur. Elijah Wood est super en tant que hobbit
paniqué et effrayé qui affronte
malgré tout la plus grande force maléfique
du monde. Au début il devait juste y avoir
deux films. Qu'ils finissent par en faire trois
a été décidé juste
quelques semaines avant le début du tournage.
Quel a été votre
plus grand défi avec le rôle d'Haldir
?
(Après un long moment de
réflexion) Les elfes sont étranges
pour nous les humains. Et il est très dur
d'avoir mille ans, jouer cette connaissance, cette
paisibilité et irradier ce calme intérieur
parfait tout en restant humain dans un sens. Et
dans tout ça je devais rester moi-même.
C'est vraiment plus facile de faire ça
sur scène, où vous jouez constamment,
alors que dans un film les scènes sont
tournées dans le désordre et remises
ensemble plus tard. Parfois il se passait deux
mois entre deux de mes jours de tournage. En comparaison,
c'était presque plus facile pour les neufs
marcheurs parce qu'ils se voyaient au moins tous
les jours et qu'ils étaient en face de
la caméra quotidiennement. Mais d'un autre
côté ils étaient séparés
de leur famille pour un an ou plus.
Le gouffre de Helm a été aussi assez
dur pour moi : la dernière fois que j'avais
été dans une bagarre j'étais
un petit garçon, alors c'est un défi
de devoir se battre contre 16 Ourouk-Hai et gagner.
Mais c'était marrant, j'aime le combat
à l'épée. Notre chorégraphe
pour les combat à l'épée
des elfes avait travaillé avec Erroll Flynn,
c'est un vrai artiste, tout est élégant,
avec des mouvements doux. C'était super.
Et puis il fallait marcher (ricanement). Vous
n'aviez pas le droit de regarder le sol, vous
deviez flotter de manière très gracieuse...
et tomber constamment sur un sol inégal.
Et le tout en tant qu'elfe toujours propre et
radieux ! Combien de fois avons-nous du changer
de costume et recommencer les scènes parce
que quelqu'un avait trébuché dans
sa robe. J'ai arrêté de compter passé
un temps.
Les elfes ont aussi eu des moments durs sur le
plateau. Il y avait des panneaux dans le bureau
de casting disant « Nous détestons
les elfes » ou « Pas d'elfe ici »
ou « Aire sans elfes » (sourire).
Ils ont du auditionner de jeunes bellâtres
de 20 ans, je pense qu'ils n'ont pas beaucoup
aimé ça.
Les acteurs qui jouent des hobbits
ont décrit une atmosphère spéciale
dans l'équipe à Hobbitbourg. Avez-vous
ressenti quelque chose de similaire avec les elfes
?
Non, c'était un peu différent.
Pour les hobbits c'était sûrement
quelque chose de nécessaire ! Avec ce film,
Peter savait qui allait emmener beaucoup de gens
loin de leur maisons dans un pays étranger
pour deux ans, et les faire travailler jour après
jour. Avec ces conditions, il devait y avoir une
atmosphère spéciale pour qu'un projet
si énorme marche. En plus il était
très important pour Peter qu'il y ait un
esprit de famille et un climat de travail agréable.
Je ne l'ai jamais vu perdre son calme. Je suis
sûr qu'il s'est arraché les cheveux
plusieurs fois. Mais sur le plateau il était
toujours calme, amical et attentif. J'ai toujours
eu l'impression qu'il aimait être là
et qu'il était heureux de faire le film.
Et les conditions dans lesquelles les gens ont
du travailler étaient parfois si dures
que c'était le seul moyen de finir le film.
Et ça a été payant : pas
un seul acteur n'est parti en plein milieu ou
ne s'est conduit comme une primadonna, avec de
terribles migraines et autres choses du genre
!
Est-ce que vous aimez la fantasy
personnellement ?
J'ai lu beaucoup de science fiction
: les romans de Ian Banks. C'est probablement
mon auteur préféré, en science
fiction et en littérature classique. Quand
j'étais jeune, j'ai aussi lu du Robert
Heinlein... quand j'étais très très
jeune (rires).
Est-ce que vous passiez aussi
des jours sur le plateau quand vous n'étiez
pas devant la caméra?
Il y avait beaucoup
de jours où j'étais sur le plateau
et où nous ne tournions pas. Vraiment beaucoup
! Parfois je pense qu'un acteur est payé
pour s'asseoir et attendre, et que le jeu, il le
fait gratuitement. Et il y a une certaine ironie
là-dedans : vous vous levez à 5 heures
du matin pour vous habiller et vous maquiller à
temps, et alors vous vous asseyez toute la journée
et vous buvez du café. J'ai fumé incroyablement
plus pendant ce temps, des jours entiers. Ne faites
jamais ça ! (rires) Mais c'était quand
même super : comme si vous tourniez un film
de famille avec 600 acteurs et un budget de 600
millions de dollars (sourire).
On peut aussi vous entendre dans le film, autrement
qu'en Haldir...
Oui, j'ai aidé à
faire les hurlements des spectres de l'Anneau,
ces gémissements effrayants et haut perchés,
comme ça : (hurlement). Non, ça
c'était pathétique, j'étais
bien meilleur que ça (rires).
Qu'allez-vous faire après
Le Seigneur des Anneaux?
Bientôt je vais jouer une
version théâtre du Rocky Horror
Picture Show en Nouvelle-Zélande.
Mon voyage actuel (à Ringcon 2003) est
aussi prévu là-dedans. Dès
que je reviens, je monte sur scène. En
février 2003 je tournerai une production
télé appelé Mercy Peak,
un film hospitalier en Nouvelle-Zélande,
jusqu'en septembre.
Peut-être qu'alors vous
reviendrez en Allemagne pour Ringcon 2004?
Oui, avec plaisir. Je n'étais
jamais venu à une convention comme celle-ci.
C'est super de voir à quel point les histoires
de Tolkien et le film sont importants pour les
visiteurs. Et puis il y a des femmes qui portent
des T-shirt avec marqué « Haldir
Président » partout. J'adore ces
T-shirt ! Sérieusement c'est un peu embarrassant.
Et je me demande où étaient toutes
ces merveilleuses femmes quand j'avais 14 ans
(sourire)."
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