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.:: Interview
de Lawrence Makoare ::.
par TORN
Quelques années plus tôt,
ce Maori travaillait comme ouvrier sur la route
à Auckland. Il joue à présent
le gros costaud dans le premier film du SdA, et
y perd la tête, littéralement.
TheOneRing.net : Lawrence, c'est
un plaisir de vous parler. Commençons par
une question simple. Comment vous êtes-vous
retrouvé impliqué dans la production
du SdA ?
Lawrence Makoare : Je suis acteur
depuis neuf ans et mon agent m'a appelé
pour me conseiller de faire l'audition pour le
SdA, c'est là que tout à commencé.
Je me suis présenté à l'audition,
sans trop en attendre, mais à ma surprise,
ils m'ont recontacté et m'ont dit que j'avais
« un » rôle dans le SdA. Ce
fut très bon pour moi, surtout à
cause des livres, J'ai beaucoup d'amis qui ont
lu le livre un nombre incalculable de fois et
je pense qu'ils étaient encore plus excités
que moi.
TORN : Combien de temps après
votre sélection avez vous commencé
les répétitions et les tests maquillage
?
LM : Ca n'a pas pris longtemps
après le OK final. Ils voulaient des images
de mon visage pour les envoyer aux maquilleurs
de WETA Workshop, avec Gino Acevedo, superviseur
des prothèses, Jason Docherty et Ben Hawker,
qui étaient constamment avec moi sur le
plateau du SdA. A tout moment, j'avais 6 personnes
occupées sur moi pendant le tournage. La
plus grosse expérience avec le maquillage
de toute ma carrière.
TORN : En parlant de maquillages,
vous en étiez couvert de la tête
aux pieds. Pouvez-vous nous en dire plus ?
LM :De la tête aux pieds,
oui. La tête était composée
de 5 parties, le corps se préparait par
étapes successives, mes bras, et ma poitrine
étaient collées, mes jambes, mes
pieds, mes doigts, mes mains ! (rires) la moindre
parcelle de mon corps était couverte.
TORN : Et ensuite venait l'armure.
LM : Oui ! Et à beaucoup
d'endroits, les prothèses étaient
très épaisses, il faisait donc chaud,
spécialement dans les scènes physiques,
où je cours dans la forêt une journée
particulièrement chaude, et toutes les
scènes de combat, avec l'armure, il faisait
à mourir de chaud. C'était comme
porter une tenue de plongée, en plus épais.
TORN : Maintenant que vous êtes
dans le film, essayez-vous de vous intéresser
au phénomène SdA ?
LM : Oui, certainement. Comme
c'est une trilogie, il y a une grosse partie de
l'histoire que je ne connais pas. Je vais essayer
et voir ce que ces personnes ont comme vision
du film. Je vais prendre le chemin inverse, je
ne suis pas un fana de lecture, mais je commence
à m'intéresser aux livres maintenant.
Quand j'étais jeune, je n'étais
pas très bouquins.
TORN : Parlez-nous des scènes
de combat. Avez-vous suivi un entraînement
?
LM : Bob Anderson, le maître
d'armes, nous a entraînés. Il a chorégraphié
les combats de Star Wars. Nous avons beaucoup
travaillé avec Bob pour visualiser les
séquences d'action. Nous avons fait un
combat de 10 minutes, juste pour que Peter voie
ce qui l'intéresse. Je travaillais avec
Viggo Mortensen, Viggo et moi avons travaillé
sur la séquence entière. C'était
bien. Une bonne expérience d'apprentissage,
et quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant.
Par rapport à ma culture, quelques armes
étaient semblables.
TORN : Comment ont-ils réalisé
les scènes où vous êtes amputé
puis décapité ?
LM : Oh, ça ! C'était
très étrange. Je pensais qu'il utiliseraient
une manche bleue ou quelque chose d'autre pour
couvrir mon bras, mais ils ne l'ont pas fait.
Nous étions dans la forêt, je leurs
demandais si je devais tenir mon bras derrière
mon dos, et les gars de WETA ont juste dit «
non, c'est OK, on s'en occupera plus tard. »
TORN : Pas de blue screen ?
LM : Non, rien du tout. C'est
impressionnant ce qu'ils ont réalisé,
la routine pour eux, mais vraiment impressionnant.
Ca a été la même chose pour
ma tête. Ils m'ont juste demandé
de la pencher sur le côté et elle
devait être enlevée plus tard. Je
croyais devoir retourner en studio et faire la
scène devant un blue screen, même
mes maquilleurs étaient curieux de savoir
comment ils allaient procéder, les différents
départements de WETA étant un peu
cloisonnés. Je suis impressionné
par leur travail.
TORN : Sur le site, nous avons
des photos de vous à la première
en Nouvelle-Zélande, comment avez-vous
apprécié ces événements
? Avez-vous déjà connu telle chose
?
LM : J'ai participé à
d'autres premières, ici en Nouvelle Zélande,
pour d'autres films, mais plus petite en comparaison
de celle à Wellington. C'était incroyable,
j'ai dit à Sam Neil « t'as déjà
connu une première comme ça ? »
et il a répondu « Rien ne ressemble
à ça, c'est incroyable. »
TORN : Lurtz n'est pas très
loquace dans le film, mais il a quelques lignes
de texte. Est-ce votre vraie voix ?
LM : Oui, nous avons fait beaucoup
de post-synchro. Mais beaucoup de mes scènes
ont disparu sur la table de montage. Le premier
montage faisait 5 heures, beaucoup de scènes
sont tombées, beaucoup de mes scènes.
Beaucoup d'entre elles étaient parlantes,
beaucoup de mes scènes préférées
ne sont pas dans le film ! (rires)
TORN : Pouvez-vous nous en parler
?
LM : Par exemple la scène
où je viens de naître, nous avons
tourné beaucoup de versions de celle-là,
celle qu'ils ont utilisé vient juste après
qu'ils déchirent le sac, j'attrape l'orque
et je l'étrangle. Nous avons tourné
d'autres scènes où je suis pratiquement
en armure, et l'orque vient nous inspecter avec
Saroumane, l'orque me frappe parce que je n'écoute
pas, Lurtz n'apprécie pas, le soulève
par le cou d'une main et lui brise le cou.
TORN : A la Darth Vader.
LM : Oui, c'est ça (rires).
J'ai apprécié le fait que nous avions
répété cette scène
avec Bob Anderson sans utiliser de monte-charge
qui aurait facilité l'opération,
j'ai dû utiliser ma propre force (rires).
Mais nous n'avions pas pensé que le gars
que j'aurai à soulever porterait costume
et armure, en répétition, nous le
faisions en tenue normale. Je ne m'attendais pas
à ce qu'il soit si lourd. Nous y sommes
donc, la caméra tourne, je le soulève
et crie « RAAAAAWWWWWWWWWWWWEEEEEEEERRRRRRR
! ! ! ! ». Et puis l'assistant réalisateur
dit « excellents effets sonores, très
cool » et je dis « ce n'était
pas un effet, je criais réellement, il
était très lourd !» (rires)
TORN : (rires) Bon ! Prise 47
! En Avant !
LM : Ouais ! Non merci !
TORN : Nous pouvons donc espérer
vous voir plus sur le DVD, si les rumeurs se confirment
et que le DVD présente le montage complet.
LM : Oui, apparemment, Gino disait
que le DVD paraîtrait avec plus de scènes.
Peter a dû sucrer beaucoup de bonnes scènes,
à cause des 2 heures en trop. Des passages
excellents ! Ce serait un vrai gaspillage de pellicule
!
TORN :On vous voit en costumes
dans le film et Lurtz ressemble à un mammouth,
mais vous êtes aussi très costaud,
vous vous entraînez ? Vous faites du sport
?
LM : Avant de commencer à
jouer, je travaillais pour la mairie d'Auckland,
à l'entretien des routes, c'était
un travail très physique. Nous charriions
40 tonnes de détritus par jour, ce qui
nous musclait assez bien. Mais dès que
j'ai commencé à jouer, j'ai perdu
une grosse partie de ma musculature. J'ai aussi
laissé le sport de côté, à
cause des contrats sur des films qui vous interdisent
de faire du sport. Tout ça m'a fait perdre
de ma condition.Mais j'essaie de me garder en
forme de temps en temps.
TORN : Comment avez-vous apprécié
de travailler avec une légende vivante
comme Christopher Lee ?
LM : C'est un des plus grands
moments de ma vie, il est simplement impressionnant,
et c'est le roi de l'horreur ! Pendant que je
passais le costume, ce qui prenait 11 heures,
j'avais le temps de penser à beaucoup de
choses et à mon personnage. Je pensais
à Christopher Lee et à la manière
dont il m'effrayait quand j'étais enfant,
quand il jouait Dracula et d'autres grands personnages.
On m'appliquait le masque, notre premier jour
de tournage ensemble, la scène où
je suis dans la tour et qu'il tourne autour de
moi en disant (grande imitation de Lee) «
sais-tu comment les orques sont nés ? ».
Donc, c'était notre premier jour et avant
de le voir, je me disais, « je vais lui
filer une trouille monstre ! », pour me
venger de ce qu'il m'avait effrayé étant
enfant. Les maquilleurs m'ont prévenu :«
non, tu ne peux pas faire ça, il a 78 ans,
son palpitant n'est plus ce qu'il était
! » Cela va sans dire que je l'ai approché
plus calmement et quand je l'ai rencontré,
il m'a dit « Ca doit être très
inconfortable, tu sais, il y a 36 ans quand j'ai
joué La Momie. » et j'ai pensé
« wow ! je n'étais même pas
né ! »
TORN : Il représente un
sacré bout d'Histoire à lui tout
seul.
LM : Oh oui ! A chaque pause,
il me racontait des anecdotes sur des films qu'il
a fait, nous n'avons pas su parler énormément,
parce que nous avions beaucoup de travail, mais
c'est un type vraiment bien. Il était si
sympa, c'est certainement un des plus grands moments
de ma carrière d'avoir travaillé
avec lui.
TORN : Pour parler de votre carrière,
vous avez travaillé sur « The Maori
Merchant Of Venice », d'autres projets ?
LM : Le Marchand de Venise sort
le mois prochain, en mars. Le prochain, c'est
le dernier James Bond. Je m'envole pour Londres
bientôt, puis l'Icelande et peut-être
Los Angeles. Je ne suis pas trop sûr du
rôle que je vais jouer. Je reçois
le script bientôt, sans aucun doute, ça
doit être un bad guy.
TORN : C'est un de mes rêves
d'enfant, être dans un James Bond, excellent.
LM : Oui. Le premier que j'aie
vu est celui avec Jaws dedans, je ne me souviens
plus lequel c'est. J'aurai bien aimé que
Sean Bean vienne à la première,
comme il a joué dans Goldeneye, il aurait
pu me parler de Pierce Brosnan et de ce que ça
fait de jouer dans un James Bond. Malheureusement,
il n'a pas pu venir, j'ai donc perdu ma chance
de lui parler de ça.
TORN : En parlant de Chris Lee,
il a fait un James Bond aussi. C'est donc quelque
chose que vous avez tous les trois en commun.
LM : Qui faisait-il encore ? L'homme
au pistolet d'or, non ? Oh oui ! très cool
(rires)
TORN : Et bien Lawrence, ce fut
un plaisir de vous parler, bonne chance dans vos
prochains projets et j'espère pouvoir vous
parler à nouveau très vite !
LM : Salut ! Merci beaucoup !
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