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Auteurs, E-mail : Halbarad
Dernière Mise à jour : 22/01/2002

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.:: Interview de Lawrence Makoare ::.

par TORN

Quelques années plus tôt, ce Maori travaillait comme ouvrier sur la route à Auckland. Il joue à présent le gros costaud dans le premier film du SdA, et y perd la tête, littéralement.

TheOneRing.net : Lawrence, c'est un plaisir de vous parler. Commençons par une question simple. Comment vous êtes-vous retrouvé impliqué dans la production du SdA ?

Lawrence Makoare : Je suis acteur depuis neuf ans et mon agent m'a appelé pour me conseiller de faire l'audition pour le SdA, c'est là que tout à commencé. Je me suis présenté à l'audition, sans trop en attendre, mais à ma surprise, ils m'ont recontacté et m'ont dit que j'avais « un » rôle dans le SdA. Ce fut très bon pour moi, surtout à cause des livres, J'ai beaucoup d'amis qui ont lu le livre un nombre incalculable de fois et je pense qu'ils étaient encore plus excités que moi.

TORN : Combien de temps après votre sélection avez vous commencé les répétitions et les tests maquillage ?

LM : Ca n'a pas pris longtemps après le OK final. Ils voulaient des images de mon visage pour les envoyer aux maquilleurs de WETA Workshop, avec Gino Acevedo, superviseur des prothèses, Jason Docherty et Ben Hawker, qui étaient constamment avec moi sur le plateau du SdA. A tout moment, j'avais 6 personnes occupées sur moi pendant le tournage. La plus grosse expérience avec le maquillage de toute ma carrière.

TORN : En parlant de maquillages, vous en étiez couvert de la tête aux pieds. Pouvez-vous nous en dire plus ?

LM :De la tête aux pieds, oui. La tête était composée de 5 parties, le corps se préparait par étapes successives, mes bras, et ma poitrine étaient collées, mes jambes, mes pieds, mes doigts, mes mains ! (rires) la moindre parcelle de mon corps était couverte.

TORN : Et ensuite venait l'armure.

LM : Oui ! Et à beaucoup d'endroits, les prothèses étaient très épaisses, il faisait donc chaud, spécialement dans les scènes physiques, où je cours dans la forêt une journée particulièrement chaude, et toutes les scènes de combat, avec l'armure, il faisait à mourir de chaud. C'était comme porter une tenue de plongée, en plus épais.

TORN : Maintenant que vous êtes dans le film, essayez-vous de vous intéresser au phénomène SdA ?

LM : Oui, certainement. Comme c'est une trilogie, il y a une grosse partie de l'histoire que je ne connais pas. Je vais essayer et voir ce que ces personnes ont comme vision du film. Je vais prendre le chemin inverse, je ne suis pas un fana de lecture, mais je commence à m'intéresser aux livres maintenant. Quand j'étais jeune, je n'étais pas très bouquins.

TORN : Parlez-nous des scènes de combat. Avez-vous suivi un entraînement ?

LM : Bob Anderson, le maître d'armes, nous a entraînés. Il a chorégraphié les combats de Star Wars. Nous avons beaucoup travaillé avec Bob pour visualiser les séquences d'action. Nous avons fait un combat de 10 minutes, juste pour que Peter voie ce qui l'intéresse. Je travaillais avec Viggo Mortensen, Viggo et moi avons travaillé sur la séquence entière. C'était bien. Une bonne expérience d'apprentissage, et quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant. Par rapport à ma culture, quelques armes étaient semblables.

TORN : Comment ont-ils réalisé les scènes où vous êtes amputé puis décapité ?

LM : Oh, ça ! C'était très étrange. Je pensais qu'il utiliseraient une manche bleue ou quelque chose d'autre pour couvrir mon bras, mais ils ne l'ont pas fait. Nous étions dans la forêt, je leurs demandais si je devais tenir mon bras derrière mon dos, et les gars de WETA ont juste dit « non, c'est OK, on s'en occupera plus tard. »

TORN : Pas de blue screen ?

LM : Non, rien du tout. C'est impressionnant ce qu'ils ont réalisé, la routine pour eux, mais vraiment impressionnant. Ca a été la même chose pour ma tête. Ils m'ont juste demandé de la pencher sur le côté et elle devait être enlevée plus tard. Je croyais devoir retourner en studio et faire la scène devant un blue screen, même mes maquilleurs étaient curieux de savoir comment ils allaient procéder, les différents départements de WETA étant un peu cloisonnés. Je suis impressionné par leur travail.

TORN : Sur le site, nous avons des photos de vous à la première en Nouvelle-Zélande, comment avez-vous apprécié ces événements ? Avez-vous déjà connu telle chose ?

LM : J'ai participé à d'autres premières, ici en Nouvelle Zélande, pour d'autres films, mais plus petite en comparaison de celle à Wellington. C'était incroyable, j'ai dit à Sam Neil « t'as déjà connu une première comme ça ? » et il a répondu « Rien ne ressemble à ça, c'est incroyable. »

TORN : Lurtz n'est pas très loquace dans le film, mais il a quelques lignes de texte. Est-ce votre vraie voix ?

LM : Oui, nous avons fait beaucoup de post-synchro. Mais beaucoup de mes scènes ont disparu sur la table de montage. Le premier montage faisait 5 heures, beaucoup de scènes sont tombées, beaucoup de mes scènes. Beaucoup d'entre elles étaient parlantes, beaucoup de mes scènes préférées ne sont pas dans le film ! (rires)

TORN : Pouvez-vous nous en parler ?

LM : Par exemple la scène où je viens de naître, nous avons tourné beaucoup de versions de celle-là, celle qu'ils ont utilisé vient juste après qu'ils déchirent le sac, j'attrape l'orque et je l'étrangle. Nous avons tourné d'autres scènes où je suis pratiquement en armure, et l'orque vient nous inspecter avec Saroumane, l'orque me frappe parce que je n'écoute pas, Lurtz n'apprécie pas, le soulève par le cou d'une main et lui brise le cou.

TORN : A la Darth Vader.

LM : Oui, c'est ça (rires). J'ai apprécié le fait que nous avions répété cette scène avec Bob Anderson sans utiliser de monte-charge qui aurait facilité l'opération, j'ai dû utiliser ma propre force (rires). Mais nous n'avions pas pensé que le gars que j'aurai à soulever porterait costume et armure, en répétition, nous le faisions en tenue normale. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si lourd. Nous y sommes donc, la caméra tourne, je le soulève et crie « RAAAAAWWWWWWWWWWWWEEEEEEEERRRRRRR ! ! ! ! ». Et puis l'assistant réalisateur dit « excellents effets sonores, très cool » et je dis « ce n'était pas un effet, je criais réellement, il était très lourd !» (rires)

TORN : (rires) Bon ! Prise 47 ! En Avant !

LM : Ouais ! Non merci !

TORN : Nous pouvons donc espérer vous voir plus sur le DVD, si les rumeurs se confirment et que le DVD présente le montage complet.

LM : Oui, apparemment, Gino disait que le DVD paraîtrait avec plus de scènes. Peter a dû sucrer beaucoup de bonnes scènes, à cause des 2 heures en trop. Des passages excellents ! Ce serait un vrai gaspillage de pellicule !

TORN :On vous voit en costumes dans le film et Lurtz ressemble à un mammouth, mais vous êtes aussi très costaud, vous vous entraînez ? Vous faites du sport ?

LM : Avant de commencer à jouer, je travaillais pour la mairie d'Auckland, à l'entretien des routes, c'était un travail très physique. Nous charriions 40 tonnes de détritus par jour, ce qui nous musclait assez bien. Mais dès que j'ai commencé à jouer, j'ai perdu une grosse partie de ma musculature. J'ai aussi laissé le sport de côté, à cause des contrats sur des films qui vous interdisent de faire du sport. Tout ça m'a fait perdre de ma condition.Mais j'essaie de me garder en forme de temps en temps.

TORN : Comment avez-vous apprécié de travailler avec une légende vivante comme Christopher Lee ?

LM : C'est un des plus grands moments de ma vie, il est simplement impressionnant, et c'est le roi de l'horreur ! Pendant que je passais le costume, ce qui prenait 11 heures, j'avais le temps de penser à beaucoup de choses et à mon personnage. Je pensais à Christopher Lee et à la manière dont il m'effrayait quand j'étais enfant, quand il jouait Dracula et d'autres grands personnages. On m'appliquait le masque, notre premier jour de tournage ensemble, la scène où je suis dans la tour et qu'il tourne autour de moi en disant (grande imitation de Lee) « sais-tu comment les orques sont nés ? ». Donc, c'était notre premier jour et avant de le voir, je me disais, « je vais lui filer une trouille monstre ! », pour me venger de ce qu'il m'avait effrayé étant enfant. Les maquilleurs m'ont prévenu :« non, tu ne peux pas faire ça, il a 78 ans, son palpitant n'est plus ce qu'il était ! » Cela va sans dire que je l'ai approché plus calmement et quand je l'ai rencontré, il m'a dit « Ca doit être très inconfortable, tu sais, il y a 36 ans quand j'ai joué La Momie. » et j'ai pensé « wow ! je n'étais même pas né ! »

TORN : Il représente un sacré bout d'Histoire à lui tout seul.

LM : Oh oui ! A chaque pause, il me racontait des anecdotes sur des films qu'il a fait, nous n'avons pas su parler énormément, parce que nous avions beaucoup de travail, mais c'est un type vraiment bien. Il était si sympa, c'est certainement un des plus grands moments de ma carrière d'avoir travaillé avec lui.

TORN : Pour parler de votre carrière, vous avez travaillé sur « The Maori Merchant Of Venice », d'autres projets ?

LM : Le Marchand de Venise sort le mois prochain, en mars. Le prochain, c'est le dernier James Bond. Je m'envole pour Londres bientôt, puis l'Icelande et peut-être Los Angeles. Je ne suis pas trop sûr du rôle que je vais jouer. Je reçois le script bientôt, sans aucun doute, ça doit être un bad guy.

TORN : C'est un de mes rêves d'enfant, être dans un James Bond, excellent.

LM : Oui. Le premier que j'aie vu est celui avec Jaws dedans, je ne me souviens plus lequel c'est. J'aurai bien aimé que Sean Bean vienne à la première, comme il a joué dans Goldeneye, il aurait pu me parler de Pierce Brosnan et de ce que ça fait de jouer dans un James Bond. Malheureusement, il n'a pas pu venir, j'ai donc perdu ma chance de lui parler de ça.

TORN : En parlant de Chris Lee, il a fait un James Bond aussi. C'est donc quelque chose que vous avez tous les trois en commun.

LM : Qui faisait-il encore ? L'homme au pistolet d'or, non ? Oh oui ! très cool (rires)

TORN : Et bien Lawrence, ce fut un plaisir de vous parler, bonne chance dans vos prochains projets et j'espère pouvoir vous parler à nouveau très vite !

LM : Salut ! Merci beaucoup !