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.:: Interview
de Brad Dourif ::.
Brad Dourif
a pris un peu de temps sur son programme chargé
à DragonCon pour rencontrer les jouranlistes
intrépides Amy Pace et Maria Foss.
Voici leur interview, réalisée le
dimanche 31 août 2003.
Marea: Vous avez fait votre carrière
en interprétant des rôles différents,
parfois ce sont des méchants, et pourtant
un acteur doit se trouver des points communs avec
le personnage qu'il joue.
Avez-vous déjà réussi à
sentir de la sympathie pour un personnage mauvais?
Quelqu'un qu'il est difficile d'apprécier?
BD: Et bien, nous sommes tous
les mauvais pour quelqu'un d'autre. Vous savez,
chaque Nation marche sur les cendres d'une autre
Nation qu'elle a anéantie, et c'est pour
ça que nous sommes là. Nous sommes
une bête terrible et effrayante, vraiment.
Vous passez votre vie d'acteur, vous devez vous
utiliser vous-même, donc je sais bien aujourd'hui
que je suis en partie un vaurien moi-même.
Marea: Certains diraient que si
vous pouvez dire ça de vous même,
c'est le signe que vous ne l'êtes pas.
BD: Je sais que Gandhi disait
ça de lui-même, et n'en était
pas un, mais je ne me suis pas toujours conduit
comme j'aurai du le faire, mais on ne va pas rentrer
dans les détails.
Shadow: On a vu tous les articles
depuis deux ans parler de la camaraderie entre
les acteurs et l'équipe de tournage, vous
avez été impliqué dans tellement
d'autres projets et dans tellement d'autres rôles,
est-ce que vous avez trouvé celui-là
différent? Est-ce que ce groupe était
plus proche de vous que les autres avec qui vous
avez travaillé?
BD: Bien sûr. Le sentiment
général était que c'était
le plus énorme petit film que personne
n'avait jamais fait. Il y a une certaine ambiance
qui arrive de toutes manières quand la
caméra est là. Je veux dire que
vous êtes juste aussi bon que vous l'êtes
maintenant, quand la caméra tourne, il
n'y a vraiment pas d'intérêt à
être une star en Nouvelle-Zélande.
A quoi allez-vous imputer celà? Normallement,
sur un gros tournage, les départements
sont très compartimentés, et ça
n'était pas comme ça, tout le monde
sortait et buvait (Je ne bois pas donc je n'ai
pas bu), mais presque tout le monde sortait et
se mêlait aux autres.
Marea: Et ça inclue...
BD: Les extras, l'équipe,
les éléctriciens, peu importe. Si
vous étiez prêts, et que vous vouliez
faire la fête, vous étiez là-bas.
Shadow: Des groupes mixtes, c'est
super.
Marea: Avez-vous été
surpris de voir à quel point cette histoire
du Seigneur des Anneaux est devenue populaire
auprès du public? C'est un livre très
populaire, mais ça a attiré des
gens qui n'avaient même pas lu le livre
et en s'intéressaient pas à la fantasy.
BD: J'ai une filleule qui s'appelle
Arwen, et je suis un ancien hippie, donc j'étais
obligé de le lire. Je ne vis pas pour mon
devoir, mais presque tout le monde les a lu et
les a aimé. Ces livres étaient étonnemment
populaires. Quand je suis arrivé ici il
y a deux ans, on m'a tendu des poèmes en
langage Elfe. La base des fans de ce livre est
vaste et sérieuse. Je pense que quand le
premier film est sorti, les gens n'ont pas été
choqué mais soulagé parce qu'il
y avait deux autres films à venir. L'investissement
minimum était de 275 millions de dollars.
Si ça n'avait pas marché, nous aurions
eu de gros problèmes.
Marea: J'ai
entendu que vous aviez potentiellement ruiné
New Line.
Shadow: Que
New Line allait couler si le film ne marchait
pas.
BD: Il y a des rumeurs, mais vous
devez vous souvenir, j'ai participé à
"Heaven's Gate", et United Artists a
coulé à cause de ça, donc
j'ai participé à ruiner un studio.
Marea: Je me rappelle avoir lu
un papier où vous parliez avec beaucoup
d'éloquence des archétypes et des
bases mythologiques de l'histoire, et je me rappelle
avoir pensé qu'il était bien d'avoir
quelqu'un dans la production qui pensait les choses
en ces termes. Dans vingt ans, quand tout ça
ne sera plus qu'un souvenir, quelle valeur pensez-vous
qu'il restera à ce projet?
BD: Ce qui restera sera dans les
versions longues des DVD. Viggo a dit ça
et je pense qu'il a raison. Je pense que ce dont
on se rappellera se seront les DVD.
Marea: Mais l'idée, le
concept derrière le film, quel est le vrai
message selon vous?
BD: Le message est le même
que dans le livre, il n'y a pas de différence.
Le message est une guerre entre le bien et le
mal qui dépendait au début des individus.
Même une petite personne peut faire la différence.
Je suis romantique. J'aime à croire que
mon comportement sur le plateau est bien plus
importante que la manière dont le projet
marche. La manière dont les gens se conduisent
peut faire plus pour le rôle que tout ce
que vous accomplissez dans le film.
Shadow: Voici une question plus
légère. Si vous n'aviez pas joué
Grima, est-ce qu'il y a un autre personnage que
vous vous seriez vu jouer, ou qu'il vous aurait
plu de jouer?
BD: Tout d'abord, Grima est l'un
des meilleurs personnages du film, sans exception,
parce qu'il est complexe, et il n'y a pas beaucoup
de personnages complexes, c'est la difficulté
avec les livres - ils sont descriptifs, actions
etc, mais les personnages sont plats.
Shadow: On parle de ça
tout le temps en fiction.
BD: C'est l'un des problèmes
majeurs dans beaucoup de livres qui sont très
descriptifs - quand vous arrivez au fond du problème
les personnages ne sont pas très bien definis.
Vous ne savez pas vraiment qui ils sont. Donc
la réponse à votre question est
: Gollum.
Shadow: C'est
aussi complexe que ce que vous allez avoir.
Marea: Et
ça offre la même sorte d'ombre et
de lumière.
BD: Je ne sais pas si j'aurai
pu le faire aussi bien qu'Andy Serkis, parce qu'il
a amené quelque chose qui n'y était
pas et qui est un peu de comédie dans le
personnage - une certaine légèreté
que j'ai trouvé vraiment brillante. Et
cette voix féline qu'il fait est vraiment
cool. D'ailleurs, ça vient d'un chat.
Marea: Il dit qu'il s'est insipré
de son chat recrachant des boules de poil.
BD: La voix (en fait la démonstration)
est très dure à faire et il a trouvé
comment la faire, c'était la base parfaite
pour la voix de Gollum.
Marea: Vous nous avez parlé
du fait que nous sommes tous scélérats,
mais il y a une différence entre être
scélérat et être mauvais?
BD: Ma théorie du mal est
: avant tout - ça n'existe pas. Les gens
font des choses horribles. On peut être
vraiment, vraiment cruel - bien au-delà
de ce qu'on voit dans les films. Les gens de la
vie réelles sont en fait bien plus sournois.
Donc, je ne crois pas au mal. Je pense que l'idée
du mal est politisée, ce qui date de deux
cents ans au sens moderne, et que les gens deviennent
alignés avec le mal et qu'ils cessent d'être
vu comme des êtres humains.
On voit ça maintenant dans le genre de
langage d'Al Qaeda et de notre propre côté.
Ce sont des lâches et ils sont mauvais -
nous sommes tous des lâches et nous sommes
mauvais, et ça devient plus facile de tuer.
C'est la politique du mal. Les livres ne parlent
pas de ça, c'est une force mythique, ils
n'existent pas, ce n'est pas vrai mais il dépent
de l'individu, et vous voyez vraiment que certains
individus doivent agir sinon nous sommes tous
condamnés, et il - ou elle - s'oppose au
mal en le faisant et doit le vaincre en lui-même
d'un certain côté, ou du moins tenter
de le faire.
Marea: C'est une bonne description
du voyage de Frodon.
BD: C'est une bonne description
du voyage de tout le monde, dont Langue de Serpent.
C'est simplement que Langue de Serpent - vous
savez quand vous êtes en face d'un magicien
blanc et qu'il vous a dans le colimateur, ce qu'il
fait - c'est très dur d'y resister.
Marea: Tolkien a fait le point
dans ces livres, sur l'universalité du
mal, parce que le mal n'est pas seulement les
Autres, le mal peut être en vous, le mal
peut être en moi, on le voit dans la comparaison
entre Gollum et Frodon. Je pense que le film le
rend encore mieux que les mots de Tolkien, et
c'est grâce aux visuels. J'ai entendu beaucoup
de commentaires là-dessus. Il semble que
ce soit un point important, votre personnage est
concerné, ainsi que quelques autres.
BD: Il est tombé. Il a
fait son choix. Je ne pense pas qu'il voulait
le faire, mais il l'a fait.
Shadow: Il était dans une
position où je ne pense pas qu'il ait eu
beaucoup de choix, comme vous l'avez dit, en face
d'un magicien blanc qui vous en veut, vous n'avez
pas beaucoup d'options.
BD: C'est effrayant, mais il avait
des options. Je veux dire qu'il aurait vraiment
pu résister. Il ne l'a pas fait.
Shadow: Pendant qu'on en est aux
questions, je suis sûre qu'on vous a déjà
posé avant. Qui est le vrai héros
de l'histoire pour vous?
BD: Frodon.
Shadow: Merci.
Marea: Vous
vous rendez compte que ce n'est pas forcemment
la réponse la plus fréquente.
BD: A qui est-ce qu'ils pensent?
Shadow: J'ai juste entendu Frodon
et Sam. Je suis une fan de Frodon, donc quand
les gens disent que c'est Sam le vrai héros
et que Frodon ne fait que l'accompagner et pleurnicher,
ça m'ennerve vraiment.
BD: Non, non, non, non il porte
l'Anneau.
Shadow: Absolument, et selon moi
personne d'autre n'aurait pu le faire, mais il
a besoin de Sam, et je ne pense pas qu'il aurait
pu le faire seul.
BD: Non - et Sam est héroique.
Dans Les Deux Tours ils s'en sortent grâce
à lui, c'est indiscutable. Et son monologue
est vraiment - Sean l'a très bien fait.
Marea: Je pense qu'il avait quelques
doutes là-dessus, je me rappelle avoir
lu ça. "J'ai fait un discours qu'aurait
pu être dit par George Bush, et ça
sonnait vraiment galvaudé". Je paraphrase,
bien sûr, mais il a été surpris
de voir l'effet que ça donne dans le film.
Il n'en était pas sûr au début.
BD: On n'est jamais sûr.
C'est le risque quand on fait des films, on ne
sait pas ce que ça va donner. Vous êtes
juste là, tout nu avec votre scène.
Je peux voir où il a fait ce speech et
penser 'ugh'.
Mais c'est un discours naïf, fait par un
innocent, et c'est ce qu'il est. Avec tout ce
qu'il a traversé, il est toujours innocent
et c'est touchant. Nous sommes vraiment rassurés,
étonné et heureux que quelqu'un
puisse encore être innocent.
Shadow: On dirait qu'il a mûrit,
on le voit mûrir lorsqu'il arrive à
ces révélations.
BD: Il est juste très fort,
avec beaucoup à perdre, alors que Frodon
est plus subtil, bien plus subtil, et il comprend
beaucoup plus de choses, de manière bien
plus profonde.
Marea: Il y a aussi l'argument
selon lequel Frodon a échoué. Il
n'a pas fait ce qu'il devait faire.
BD: Vous voulez dire à
la fin?
Marea and Shadow: Oui.
BD: Si, il fait ce qu'il était
supposé faire, il a été aussi
loin qu'il a pu, et ça s'est révélé
être suffisant.
Marea: je me rappelle avoir lu
une interview d'Elijah Wood, et le journaliste
parlait de ça mais a dit "à
la fin il renonce, n'est-ce pas, il décide
de prendre l'Anneau", et je crois qu'Elijah
a remis les choses au point en disant "Non,
ce n'est pas ce qui se passe à la fin",
et je ne pense pas qu'il était supposé
parler de ça à ce moment.
BD: Je n'en sais rien parce que
je ne l'ai pas vu, donc je ne sais pas ce qui
s'est passé, mais je peux le comprendre.
Je n'accèpte pas cette interprétation
de ce qui s'est passé. Je pense que c'est
une mauvaise interprétation. Il est arrivé
là, ce qui est extraordinaire, il a perdu
sa vie en venant là, il s'est sacrifié.
Il est juste incapable de résister à
ça.
Marea: Et je pense que Tolkien
dit que c'est okay.
BD: Tolkien dit que c'en était
trop.
Marea: Shadow?
Shadow: Désolée,
je suis simplement d'accord.
BD: Elle applaudit Frodon, donc
elle est occupé à acquiescer.
Shadow: Oui,
assez. Je pense que Frodon a fait tout ce qu'il
a pu - il est celui qui a mené cette quête
à bien, et si lui a fini par vouloir l'Anneau
à la fin alors il n'y a personne qui ne
l'aurait pas voulu. Il a accompli sa quête
- ce qu'il devait faire, et s'il n'avait pas pu
le faire personne n'aurait pu aller plus loin
que lui.
Marea: A
la fin on a finalement besoin du personnage ambigue
de Gollum pour achever la quête. Diriez-vous
que Langue de Serpent se montre nécessaire
à un moment? Fait il aussi partie de cet
engrenage du mythe?
BD: Là on joue à
Dieu. C'est comme le jardin d'Eden. Dieu est,
comme, ennuyé, vous savez? Au début,
tout ce que chacun dans le jardin peut faire est
dire ceci est ça, et ça c'est ça
- il n'y a de raison à rien. Il y a juste
ce type et cette fille, même pas intéressés
par le sexe, qui marchent dans ce jardin, et Dieu
s'ennuie, donc qu'est-ce qu'il fait? Il dit "Vous
voyez cette pomme? NE MANGEZ PAS cette pomme".
Shadow: C'est la meilleur approche.
BD: C'est la meilleur approche.
Spirituellement, ce n'est pas bien de juger. Il
n'y a pas de religion qui ne dit pas ça.
Il y a une raison à ça. La vie est
difficile, et je n'aime pas ce que les gens se
font les uns les autres tout le temps, je suis
offensé par ça tout le temps. J'ai
un certain concept de la justice, mais ce n'est
pas ultime, vraiment pas. Oui, vous avez raison,
qui sait si Langue de Serpent est nécessaire?
Marea: Je me suis souvent posé
la question parce que - comment ce personnage
qui, vous savez, était un homme bon avant,
peut-il faire ce qu'il fait? Bien sûr le
livre est un peu différent du film - mais
à un certain moment dans Les Deux Tours
Gandalf dit de laisser partir Langue de Serpent
et de le traiter avec respect, parce qu'il a été
bon avant. Je crois qu'il y a un autre endroit
où Tolkien jouait avec l'idée de
ne pas juger.
BD: Langue de Serpent garde toujours
une haine et une peur secrète, il n'a jamais
été assez honnête avec lui-même
pour le savoir. S'il n'avait rien fait à
ce sujet, et que personne n'avait été
blessé alors que pense qu'on aurait pu
le pardonner, et le plaindre, mais nous sommes
tous responsable de ce que nous ignorons sur nous-mêmes.
On est responsable de sa propre inconscience.
Shadow: Je crois que je l'ai toujours
considéré comme un personnage tragique,
parce qu'il fait le choix, mais on a pitié
de lui. Comme je l'ai dit, je pense qu'il avait
des options, mais l'une d'entre elle était
large, menaçante et s'opposait à
ce qu'il choisisse le bien. Le mal était
un choix plus facile, donc je le considère
comme tragique. J'ai de la sympathie pour lui.
BD: Vous savez, la vie est dure.
Très, très, très dure, et
il est difficile d'être heureux.
Marea: Vous semblez avoir, comme
beaucoup d'acteur, créé un passé
détaillé à votre personnage
pour le comprendre en profondeur.
BD: Non, pas en profondeur. Je
ne fais pas ça parce qu'on travaille avec
l'inconscient, et il doit être ouvert. Ce
qu'il se passe quand on invente un passé
est qu'on se donne quelque chose qui ouvre des
portes. Vous ne fermez pas de portes. Vous ne
faites pas de passé très détaillé.
Ca ne vous aiderait pas. La vie est une question
de compréhension, pas de connaissance.
Marea: Cette production est connue
pour les détails des costumes, de la scénographie
et de l'environnement. Est-ce que ce sont quelques-unes
de ces portes que vous utilisez pour vous aider
à connaître votre personnage?
BD: Ca m'inspire. Où que
vous regardiez quelqu'un est en train de faire
quelque chose de beau, on ne peut pas ignorer
ça.
Marea: Est-ce que vous vous sentez
plus comme Langue de Serpent quand vous portez
son costume?
BD: Bien sûr. Mais ça
me pose aussi des problèmes rien que pour
aller d'un point A à un point B.
Marea: Ma famille et moi avons
vu le costume à l'exposition de Toronto,
et nous nous sommes demandé comment vous
faisiez pour le porter et bouger.
BD: Oh, vous auriez du entendre
Christopher Lee.
Marea: Je sais qu'il trébuchait
sur son costume.
BD: Oui, vraiment. A un moment
je luttais et c'était à lui de parler
(BD prend son meilleur accent anglais) 'Oh, ce
costume EST une menace!" Il a dit ça
juste comme ça, et c'est comme si on ne
pouvait pas avoir l'air plus anglais.
Marea: Mais pour vous ce n'était
pas une menace, c'était plutôt une
aide.
BD: Ca m'a donné du mal!
Shadow: Même
si ça vous a aidé pour le personnage?
Marea: L'exposition
montrait aussi une fiole et un mouchoir. Qu'est-ce
que c'était que cette fiole?
BD: Vous ne l'avez pas encore
vu.
Marea: Est-ce que c'est dans la
version longue?
BD: Non.
Marea: Est-ce que c'est quelque
chose de spécial qu'on va découvrir
dans Le Retour du Roi?
BD: Oui.
Shadow: On
s'approche!
Marea: Donc
vous ne pouvez pas en parler?
BD: C'est ça.
Marea: C'est
intéressant qu'ils l'aient mise dans l'exposition
des Deux Tours.
Shadow: Et
la dague était là aussi, n'est-ce
pas ?
BD: J'ai porté la dague
que vous avez vu.
Marea: Nous savons que vous avez
eu de l'entrainement pour parler, est-ce que vous
avez eu besoin d'un autre entrainement pour jouer
votre personnage?
BD: Pas pour le mien. Tout le
monde en a eu besoin. Ils ont tous eu des leçons
d'équitation, d'épée, de
canoe.
Marea: Ils ne vous ont pas appris
comment tomber, c'était votre doublure?
BD: C'est un travail de cascadeur.
Il n'y a aucun moyen, même sous la menace
d'une arme, pour que j'essaye ça. Donc
j'ai dit "Vas-y, je préfère
que tu tires plutôt que d'avoir à
tomber dans les escaliers."
Marea: Je me rappelle la première
fois que je vous ai vu j'ai pensé "Je
n'aurai jamais cru qu'ils le jèteraient
dans les escaliers!". J'ai espéré
que ça n'était pas vous!
BD: Absolument. Je n'y aurais
pas survécu. Je ne sais pas comment le
personnage y survis. J'ai pensé que c'était
un peu trop. Mais je dois avoir tort. Je pense
que le film a besoin de tout ça, mais j'ai
vraiment pensé qu'il ne pourrait jamais
y survivre.
Marea: Pas sans fracture.
Shadow: Pas
en se relevant direct et en partant en courant.
Marea: Ca
devait être un gars costaud!
BD: Oh, oui.
Shadow: Je sais que nous avons
abordé la question dans votre présentation
hier, mais nous sommes toujours intéressées
pour savoir si vous avez une réplique préférée.
Je sais que vous avez beaucoup parlé d'Eowyn
hier, ou une ligne du livre, quelque chose que
vous aimez vraiment ou qui signifie beaucoup pour
vous.
BD: Une phrase, une phrase? Je
ne sais pas si j'en ai une. J'ai toujours aimé
la manière dont Gollum parle. Si Tolkien
avait trouvé un moyen de faire parler les
autres personnages de cette manière, il
aurait vraiment eu un filon. Je veux dire réellement.
Mais son regard se portait sur le langage, et
j'adore mes répliques.
Shadow: Votre dialogue avec Eowyn
est étonnant.
BD: C'est vraiment très
beau, et c'est en fait quelque chose que Gandalf
dit sur elle dans le livre. Ma scène favorite
est sûrement le marais. Il est hanté,
et on le ressent vraiment.
Shadow: Dans le livre ou le film,
ou les deux?
BD: Dans le film. Je veux dire,
il faut vraiment le voir. Ces jeunes visages vous
regardant avec les yeux ouverts sous l'eau, c'est
fantomatique, le film fait vraiment ressortir
ça.
Shadow: Je suis d'accord. Qu'est-ce
qui va suivre pour vous?
BD: Je fais une série TV
pour HBO appelée "Deadwood".
C'est pour ça que je porte la moustache.
Shadow: Ah,
ok.
Marea: Ca
vous donne un air très Victorien.
BD: ca se passe dans les années
1870, et c'est Américain, pas Victorien,
mais je pense que c'est le style de la période.
Shadow: Merci
de nous avoir accordé votre temps. Nous
avons hâte de vous voir à nouveau
en temps que Langue de Serpent dans le Retour
du Roi en décembre.
Marea: Ce
fut un plaisir de vous rencontrer.
BD: Je vous en prie.
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