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.:: Interview
de Philipa Boyens au Mythcon ::.
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Di : (question manquée
lors du changement de cassette)
Pb : Je pense, comme je l'ai dit
plus tôt, que l'histoire est très
claire. Une des choses que j'ai faite délibérément
fut de ne pas relire le livre. Je l'ai déjà
lu de nombreuses fois, et j'ai décidé
de ne pas relire au moment de commencer le processus
d'écriture parce que je voulais que ce
dont je me souvenais prévale. Et ça
marche, vraiment. Je pense que si vous demandez
à quelqu'un qui n'a plus lu les livres
depuis 10 ans de raconter l'histoire, il vous
dira l'essentiel. Donc, comme je l'ai dit, des
éléments sont laissés à
la suggestion.
Di : Le tournage en extérieur
est très difficile, parce que vous n'avez
aucun contôle sur la météo.
Avez-vous réécrit certains passages
pour limiter ces inconvénients ? Une grande
partie de l'histoire se passe en extérieur,
mais y a-t-il eu un effort conscient pour, disons,
condenser certaines choses et se préserver
d'être un jour ou deux de plus sous la neige
et la pluie ?
Pb : Non. C'était la raison
pour tourner en Nouvelle-Zélande, l'environnement
et le paysage. Nous avions l'équipe la
plus incroyable du monde. Nous avions beaucoup
d'équipes qui tournaient. Peter a toujours
inspiré une énorme loyauté,
et tout le monde est entré dans le jeu.
Ainsi, si Peter voulait tourner au sommet d'un
volcan, nous étions là.
Di : Il paraît très
spontané par moments. Si vous aviez un
site et qu'il en faisait le tour et disait, je
veux cet angle, est-ce que vous réécriviez
pour vous y conformer ?
Pb : (rires) Matt Cooper, qui
est assis dans le public, se fend la poire parce
qu'il était impliqué dans les décors
naturels, tout comme Blair attaché à
la production, et était impliqué
dans les contrats de préservation des ressources,
etc. Il me racontait cette histoire la nuit dernière,
où c'est arrivé, et même plusieurs
fois. Et comme je l'ai dit, la grande qualité
de notre équipe était que si le
décor était installé d'une
certaine façon, et que quelque chose captait
l'attention de Peter, l'instant d'après,
c'était fait. Mais c'est incroyable à
quel point l'équipe était formidable.
Et avec tant de fans de Tolkien.
Di : J'ai cru comprendre que les
acteurs étaient très accomodants.
Pb : Oh oui, ils étaient
phénoménaux.
Di : D'autres infos de l'intérieur
?
Pb : Des infos de l'intérieur
? (rires)
Di : Vous ne pouvez rien nous
dire.
Pb : Non, ce n'est pas ça,
j'essaye juste de penser à ce que ça
pourrait être. Des questions, ça
serait plus facile.
Di : Vous vouliez laisser
le public savoir un peu de ce que vous vouliez
réaliser ?
Pb : Thématiquement,
oui. C'est intéressant, on m'a souvent
demandé dans les médias quelle sera
la réaction des fans au film. Nous inquiétons-nous
de la réaction des fans ? Et ma réponse
était : les fans de l'oeuvre ont fait ce
film. Je m'explique : Les médias donnent
parfois l'impression que les fans vont être
scandalisés, si vous changez ceci ou cela,
ça dévalorise ce que les fans connaissent
et comprennent, c'est un livre de référence,
un immense héritage donné au monde.
Mon expérience avec les fans, est qu'ils
comprennent que c'est une interprétation
du livre. C'est une vision. Et nous avons essayé
autant que possible de rester fidèles...
Quand je lisais les correspondances de Tolkien,
où il donne le fond de sa pensée
sur la vérité et l'histoire. Et
pour moi, ce qui est important dans la réalisation
de ce film est de donner vie à cet univers.
D'avoir la possibilité de le voir, en faire
l'expérience, autant que possible via le
film, ce qui est une expérience différente
de la lecture. C'est donc merveilleux, j'apprécie
cette idée. Et le sens du merveilleux est
très important, je pense, pour donner vie
à cette histoire. Assimiler ses thèmes
et y retrouver ces thèmes. Je pense que
le concept de bonté supérieure a
pris un coup dans l'aile récemment. C'est
une sensation que l'on ne retrouve pas dans les
autres films.
Di : Je crois que le film va être
classé PG-13. Et c'est un film sur la guerre.
Mais y a-t-il une tranche d'âge à
laquelle le film s'adresse particulièrement
? Est-ce que New Line a gardé ça
à l'esprit, pour ouvrir le film le plus
possible à de larges audiences ?
Pb : Encore une fois, ce
n'était pas une directive du studio autant
que ce que Peter voulait faire. Il veut ouvrir
ce film à un maximum de monde, parce que
les livres le sont. En termes de tranches d'âge,
j'ai un enfant de 12 ans. Je n'aurais aucune hésitation
à lui montrer le film, il n'y a rien là-dedans
que je pourrais ressentir comme. Je pense que
les endants de 10 ans vont aimer ce film. Bien
que je ne sache pas si la vision du film leur
sera autorisée.
Di : Quels horizons professionnels
pour vous ? Quelque chose d'excitant à
nous dire ?
Pb : Et bien, je pense que je
ne reviendrai pas à la Fantasy, parce que
je ne pense pas que ce soit le meilleur regard
pour ce type d'ouvres. Il y a beaucoup de projets
intéressant, et nous en parlons.(un grand
nombre de gens du public ont oublié de
parler dans le micro, leurs questions sont donc
inaudibles)
AM 1 (spectateur 1) : Quelle
sera la longueur de ces films ?
Pb : Je peux dire honnêtement
que je n'en sais rien. Je pense que pour le moment,
le premier film n'est pas bouclé. Il fera
plus de deux heures. Combien de minutes en plus,
je n'en sais rien.
Di : Je crois savoir qu'un
premier montage fait 3h30, ce qui ne me surprendrait
pas.
Pb : Oui, exactement. En fait,
ce n'était pas 3h30. Il y a une très
longue version, mais elle n'a jamais été
prévue comme la version qui sera projettée.
C'est juste une version de travail, un premier
jet.
AM2 : (.)
Pb : C'est une question intéressante.
Un des aspects que j'aime dans cette histoire
est que c'est presque une anti-quête. C'est
une quête pour supprimer un grand mal. Et
je crois que je disais ça dans l'interview
: j'ignore si nous pouvons le faire. Est-ce que
nous regardons les choses que nous savons être
incroyablement puissantes, avec la force et le
courage de les éliminer ? Je l'ignore.
AM3 : Les livres sont parfois
très sombres et je peux imaginer qu'en
film on traite ça à la manière
d'un film d'horreur. Est il possible d'y inclure
une certaine tristesse ?
Pb : Oh oui, c'est la chance d'avoir
de grands acteurs. Je pense que oui, sombre. Je
pense que le meilleur moyen pour un écrivain
d'approcher des éléments très
sombres est de les rendre excitants, énergiques,
stressants, halletants ; autant que possible.
Parce que vous devez aborder cet aspect, mais
vous ne voulez pas quça allourdisse le
film. Et en ce qui concernela tristesse, oh oui
! oh oui !
Di : J'imagine que certains
de ces acteurs peuvent la faire passer.
Pb : C'est beau. Ce n'est pas
une tristesse déprimante, ce que tous ceux
qui ont lu le livre savent. Elle contient une
beauté profonde.
AM4 : Pour certains fans, les
chansons sont l'âme de la trilogie. Pourriez-vous
nous dire comment la poésie a été
glissée dans les films ?
Pb : Oui. Sa prose est souvent
incroyablement lyrique et poétique. Oui,
il y aura des chansons. Je peux vous dire ça.
Maintenant, je ne sais pas comment. Nous n'avons
pas encore envisagé le troisième
film. Mais Billy Boyd, qui joue Pippin, a une
voix extraordinaire. Au moment où Denethor
dit :
Chantez-nous une chanson, maître hobbit
», il le fait, et c'est incroyable. Oui,
nous voulons inclure des chansons. C'est très
difficile de savoir jusqu'à quel point.
Di : Aviez-vous une liste de chansons
de préférence. Certaines qui, si
vous incluyez les chansons, vous auriez préféré
prendre ?
Pb : Oui, très tôt,
parce que Peter aime filmer en musique. Je le
vois parfois écrire à son ordinateur
avec un fond musical. Nous avions un Elberteth
Gilthonel, joué par un merveilleux. Play
Nine( ?). un merveilleux groupe néo-zélandais,
qui a aussi fait la musique pour la fête
de Bilbon, et rien que d'entendre ça, ça
vous inspire. C'est merveilleux pour un écrivain
: Vous avez WETA qui vous présente ses
incroyables créations, les acteurs qui
donnent vie aux personnages, les musiciens qui
complètent.
Di : Avez-vous pu entendre la
partition ?
Pb : Oui. En fait, Howard est
brillant. Encore un coup du destin. Howard est
descendu en Nouvelle-Zélande pendant que
nous discutions. Il a tout de suite compris que
nous voulions une chorale pour les nains, les
mines. Et nous avons beaucoup parlé de
morceaux en chorales. Nous étions là,
à manger, et j'ai dit : « vous savez,
ce sont des hommes ». Ils ont des voix d'hommes.
Peter a juste fait ahhh. Essayez d'imaginer les
mines, les grands mineurs nains, des voix d'hommes
comme les Welsh Choir (chours gallois, ndt). Une
des choses que j'ai préféré
faire fut donc un livret qui fut traduit en nain
pour l'entrée à Dwarrowdelf.
AM4 : Je sais que ce n'est pas
votre créneau, mais pourriez-vous nous
parler un peu des aspects techniques. J'ai entendu
beaucoup de rumeurs disant que Peter utilise de
nouvelles techniques dans certaines scènes
et des manières qu'il employera pour amener
le côté fantastique sans qu'elles
aient l'air ridicule.
Pb : J'aimerai pouvoir, et je
le ferai, je n'essaye pas d'éviter la question.
Je détesterai cependant, je peux seulement
parler en tant qu'observatrice d'après
ce que j'ai vu, et le travail que WETA accomplit
est phénoménal, c'est tout ce que
je sais. Vous savez, vous vous retrouvez, juste
à dire, oh mon dieu, c'est fabuleux. Je
ne peux pas répondre à ça,
tout ce que je peux dire est que ce que j'ai vu
est très excitant. Tout ce que je peux
dire est que ce boulot est en de bonnes mains.
AM5 : Dans le livre, le prologue
est une partie de ce qui permet à Tolkien
de suggérer une vaste réalité
historique derrière l'histoire qu'il conte,
au delà de la narration en elle-même.
Il est évident que ce genre de choses ne
passeraient pas en film. Y a-t-il des choses que
vous avez essayer de faire pour compenser et suggérer
la base historique de l'histoire ?
Pb : Absolument, Ce sont des ressources
inépuisables. Ce qui est intéressant
est que, en fait, une grande partie s'est adaptée
facilement au film.Parce que ça fonctionne
merveilleusement, ce sont les rêveries du
Professeur Tolkien lui-même, et il y a des
réflexions parfois exentriques là
dedans.Très coloré.
AM5 : Puis-je demander si vous
avez utilisé la notion présente
dans le livre que c'est basé sur la traduction
d'un livre historique ?
Pb : Le livre rouge ? Oui, c'est
dans le film.
AM6 : Il a été rapporté
que les hobbits sont miniaturisés par ordinateur.
Avez-vous eu certaines difficultés à
donner vie à certains personnages à
l'écran, comme les elfes, ou les nains,
ou le Balrog ?
Pb : Un des choses étonnantes
à propos de Peter et de la manière
dont fonctionne son cerveau se retrouve dans le
fait qu'en lisant le livre, il était parfaitement
conscient qu'on ne garde pas tout le temps la
taille des protagonistes à l'esprit. Et
je doute que Tolkien ait gardé ça
à l'esprit non plus. Occasionellement,
il vous le rappelle. Je crois que c'est ce que
Peter a fait en termes de taille.
AM7 : Mon passage préféré
du livre se passe la nuit, quand Sam, en Mordor,
regarde en l'air vers les étoiles.
Pb : Il voit l'étoile.
AM7 : Je me demandais comment
vous avez rendu l'impression de nuit et de jour.
Pb : Je peux vous dire que nous
avons filmé cette scène. C'est un
des moments les plus beaux du film, et qui informe
tellement sur ce qui s'est passé plus tôt.
On sent la présence de Galadriel, Gandalf,
Elrond. La nuit et le jour ? La lumière
omniprésente, l'obscurité omniprésente
? Oui, j'ai une histoire amusante à ce
propos. Nous avions dû stopper le tournage
à Queenstown, il pleuvait. Donc, nous nous
sommes rapidement rendus sur le tournage de Mordor.
Peter parlait à son merveilleux et brillant
opérateur Andrew Lesnie, et au technicien
en chagre de la lumière, Brian Pettigrove.
Et il parlait de l'obscurité envahissante
de Mordor. Alors Brian s'est mis à parler
à ses gars et dit (accent australien) «
Bien, ça commence et c'est la nuit, et
il fait très noir ». Et le soleil
se lève ? « Le soleil se lève,
mais il fait toujours noir »(rires). Brian
Pettigrove était vraiment fantastique.
Je me souviens de lui, en Lothlorien, filmer au
paradis, croyez le ou non, c'est la manière
la plus appropriée de le dire. Si vous
allez un jour en Nouvelle Zélande, vous
devez voir cette magnifique forêt. Et Peter
s'est approché de Brian et a dit : «
quelles sont tes idées à propos
de la lumière, Brian ? » Brian a
répondu : « Oh, je crois que nous
allons utiliser toute la lumière disponible,
Pete. Toute la lumière disponible ».
(rires)
AM8 : (.)
Pb : Bien sûr, c'est intéressant
parce qu'il y a plus d'une culture elfique que
nous avons essayé d'étudier. Je
pense qu'il serait vrai de dire que les elfes
ne pensent pas que l'intemporalité est
le meilleur mot à employer, nous avions
besoin de donner une impression d'ancienneté,
dans le sens où le monde a changé.
Donc, en termes de culture elfique, nous nous
sommes référés aux écrits
du Professeur pour nous aider a visualiser le
plus possible, ainsi que ce qui se trouvait dans
le livre.
AM9 : Vous avez parlé des
sites extérieurs. Je suis également
curieux des scènes en intérieur,
avez-vous eu à construire certaines choses,
des plateaux ? Et lequel a été selon
vous le plus difficile ?
Pb : Oui, d'énormes plateaux.
Edoras, qui a été construit au sommet
d'une butte de pierre au millieu d'une incroyable
vallée alluviale, entourée de montagnes.
Et ils ont fait un travail exceptionnel pour recréer
ça.
Di : Ces photos sont sur le net.
Pb : Elles sont extraordinaires.
AM9 : Quel est votre thème
préféré dans le livre qui
se retrouve dans les films ?
Pb : OK, je vais m'essayer à
l'elfique (rires). Mon thème préféré
? (elle récite une scène en elfique)
Le monde a changé. Bill, tu va devoir m'aider
(rires) (encore de l'elfique) alors le monde a
changé, je peux le ressentir dans l'eau,
je peux le sentir dans la terre, je peux le sentir
dans l'air. C'est mon thème favori.
AM10 : (.) le concept de magie
(.)
Pb : Certainement. non, exactement.
C'est une excellente question. Une des choses
que je préfère dans le prologue,
quelqu'un a parlé du prologue, est la magie
extraordinaire des hobbits. Et c'est un concept
si merveilleux. Et je crois que Sir Ian McKellen
a beaucoup réfléchi à ça,
et au niveau du pouvoir que Gandalf renferme,
la puissance qu'il invoque quand il en a besoin.
Les différences entre Saruman, qui possède
beaucoup du pouvoir (plutôt que magie) de
Gandalf, je suppose, en y repensant, que c'est
de ça que nous parlons. La puissance des
elfes, quelle est la nature des pouvoirs de ces
gens. Quelle est la nature du pouvoir du monde
? Quelle est la nature du pouvoir d'Illuvatar
? Ces choses. Plus que la magie, je pense que
la grande réplique « ne me confondez
pas avec un faiseur de tours, Bilbo Baggins »
vous dit tout de suite que ce n'est pas un visiteur
ordinaire. (ndt : ici, un membre du public remercie
Philippa Boyens, tout le monde l'applaudit et
encense la beauté de San Francisco. Je
pense qu'il est inutile de traduire, pour nous
pauvres européens -voire nord américains)
AM11 : Ma question concerne le
Professeur Tolkien et son attitude par rapport
à la mythologie. Et si vous avez lu la
biographie de Humphrey Carpenter, vous apprenez
beaucoup sur la réalité des croyances
de Tolkien à propos de la mythologie et
son utilité en quoi elle offre à
l'humanité des vérités essentielles
qu'elle ignorerait sinon. Je voudrais savoir si
vous vous avec utilisé cette biographie
dans votre travail et vos propres sentiments d'écrivain
à propos de la mythologie.
Pb : Et bien, j'aime cette
biographie. Je l'ai lue, j'étais très
jeune à ce moment, ce qui était
étrange, parce que je ne cherche jamais
les biographies des auteurs que j'aime. Ce fut
une lecture enrichissante. Et oui, je m'y suis
référée, ça m'a donné
une idée de comment cet homme était.
Où en étions nous ?
AM11 : Je suis plus intéressé
par votre propre perception de la mythologie.
Pb : Tolkien m'en a beaucoup appris.
C'est un grand professeur. J'ai parlé de
l'intelligibilité comme d'une nécessité
pour le film, et donner une vraie consistance
au film, mais vous ne voulez pas perdre l'énorme
base historique sur laquelle l'histoire repose.
Je pense que la décision de Peter a été
que les gens reconnaissent ce monde comme le nôtre.
Ce n'est pas une planète lointaine, c'est
la Terre. Et pour cela il faut reconnaître
cette mythologie comme la nôtre. Tolkien
parlant de de vérité, je crois qu'il
parlait de quelque chose écrit par CS Lewis,
basiquement, la vérité et la beauté
de quelque chose va s'élever et sera comprise
et retenue. Le mythe n'est pas une collection
de faits.
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