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Auteurs, E-mail : Halbarad
Dernière Mise à jour : 22/08/2001

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.:: Interview de Philipa Boyens au Mythcon ::.

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Di : (question manquée lors du changement de cassette)

Pb : Je pense, comme je l'ai dit plus tôt, que l'histoire est très claire. Une des choses que j'ai faite délibérément fut de ne pas relire le livre. Je l'ai déjà lu de nombreuses fois, et j'ai décidé de ne pas relire au moment de commencer le processus d'écriture parce que je voulais que ce dont je me souvenais prévale. Et ça marche, vraiment. Je pense que si vous demandez à quelqu'un qui n'a plus lu les livres depuis 10 ans de raconter l'histoire, il vous dira l'essentiel. Donc, comme je l'ai dit, des éléments sont laissés à la suggestion.

Di : Le tournage en extérieur est très difficile, parce que vous n'avez aucun contôle sur la météo. Avez-vous réécrit certains passages pour limiter ces inconvénients ? Une grande partie de l'histoire se passe en extérieur, mais y a-t-il eu un effort conscient pour, disons, condenser certaines choses et se préserver d'être un jour ou deux de plus sous la neige et la pluie ?

Pb : Non. C'était la raison pour tourner en Nouvelle-Zélande, l'environnement et le paysage. Nous avions l'équipe la plus incroyable du monde. Nous avions beaucoup d'équipes qui tournaient. Peter a toujours inspiré une énorme loyauté, et tout le monde est entré dans le jeu. Ainsi, si Peter voulait tourner au sommet d'un volcan, nous étions là.

Di : Il paraît très spontané par moments. Si vous aviez un site et qu'il en faisait le tour et disait, je veux cet angle, est-ce que vous réécriviez pour vous y conformer ?

Pb : (rires) Matt Cooper, qui est assis dans le public, se fend la poire parce qu'il était impliqué dans les décors naturels, tout comme Blair attaché à la production, et était impliqué dans les contrats de préservation des ressources, etc. Il me racontait cette histoire la nuit dernière, où c'est arrivé, et même plusieurs fois. Et comme je l'ai dit, la grande qualité de notre équipe était que si le décor était installé d'une certaine façon, et que quelque chose captait l'attention de Peter, l'instant d'après, c'était fait. Mais c'est incroyable à quel point l'équipe était formidable. Et avec tant de fans de Tolkien.

Di : J'ai cru comprendre que les acteurs étaient très accomodants.

Pb : Oh oui, ils étaient phénoménaux.

Di : D'autres infos de l'intérieur ?

Pb : Des infos de l'intérieur ? (rires)

Di : Vous ne pouvez rien nous dire.

Pb : Non, ce n'est pas ça, j'essaye juste de penser à ce que ça pourrait être. Des questions, ça serait plus facile.

Di : Vous vouliez laisser le public savoir un peu de ce que vous vouliez réaliser ?

Pb : Thématiquement, oui. C'est intéressant, on m'a souvent demandé dans les médias quelle sera la réaction des fans au film. Nous inquiétons-nous de la réaction des fans ? Et ma réponse était : les fans de l'oeuvre ont fait ce film. Je m'explique : Les médias donnent parfois l'impression que les fans vont être scandalisés, si vous changez ceci ou cela, ça dévalorise ce que les fans connaissent et comprennent, c'est un livre de référence, un immense héritage donné au monde. Mon expérience avec les fans, est qu'ils comprennent que c'est une interprétation du livre. C'est une vision. Et nous avons essayé autant que possible de rester fidèles... Quand je lisais les correspondances de Tolkien, où il donne le fond de sa pensée sur la vérité et l'histoire. Et pour moi, ce qui est important dans la réalisation de ce film est de donner vie à cet univers. D'avoir la possibilité de le voir, en faire l'expérience, autant que possible via le film, ce qui est une expérience différente de la lecture. C'est donc merveilleux, j'apprécie cette idée. Et le sens du merveilleux est très important, je pense, pour donner vie à cette histoire. Assimiler ses thèmes et y retrouver ces thèmes. Je pense que le concept de bonté supérieure a pris un coup dans l'aile récemment. C'est une sensation que l'on ne retrouve pas dans les autres films.

Di : Je crois que le film va être classé PG-13. Et c'est un film sur la guerre. Mais y a-t-il une tranche d'âge à laquelle le film s'adresse particulièrement ? Est-ce que New Line a gardé ça à l'esprit, pour ouvrir le film le plus possible à de larges audiences ?

Pb : Encore une fois, ce n'était pas une directive du studio autant que ce que Peter voulait faire. Il veut ouvrir ce film à un maximum de monde, parce que les livres le sont. En termes de tranches d'âge, j'ai un enfant de 12 ans. Je n'aurais aucune hésitation à lui montrer le film, il n'y a rien là-dedans que je pourrais ressentir comme. Je pense que les endants de 10 ans vont aimer ce film. Bien que je ne sache pas si la vision du film leur sera autorisée.

Di : Quels horizons professionnels pour vous ? Quelque chose d'excitant à nous dire ?

Pb : Et bien, je pense que je ne reviendrai pas à la Fantasy, parce que je ne pense pas que ce soit le meilleur regard pour ce type d'ouvres. Il y a beaucoup de projets intéressant, et nous en parlons.(un grand nombre de gens du public ont oublié de parler dans le micro, leurs questions sont donc inaudibles)

AM 1 (spectateur 1) : Quelle sera la longueur de ces films ?

Pb : Je peux dire honnêtement que je n'en sais rien. Je pense que pour le moment, le premier film n'est pas bouclé. Il fera plus de deux heures. Combien de minutes en plus, je n'en sais rien.

Di : Je crois savoir qu'un premier montage fait 3h30, ce qui ne me surprendrait pas.

Pb : Oui, exactement. En fait, ce n'était pas 3h30. Il y a une très longue version, mais elle n'a jamais été prévue comme la version qui sera projettée. C'est juste une version de travail, un premier jet.

AM2 : (.)

Pb : C'est une question intéressante. Un des aspects que j'aime dans cette histoire est que c'est presque une anti-quête. C'est une quête pour supprimer un grand mal. Et je crois que je disais ça dans l'interview : j'ignore si nous pouvons le faire. Est-ce que nous regardons les choses que nous savons être incroyablement puissantes, avec la force et le courage de les éliminer ? Je l'ignore.

AM3 : Les livres sont parfois très sombres et je peux imaginer qu'en film on traite ça à la manière d'un film d'horreur. Est il possible d'y inclure une certaine tristesse ?

Pb : Oh oui, c'est la chance d'avoir de grands acteurs. Je pense que oui, sombre. Je pense que le meilleur moyen pour un écrivain d'approcher des éléments très sombres est de les rendre excitants, énergiques, stressants, halletants ; autant que possible. Parce que vous devez aborder cet aspect, mais vous ne voulez pas quça allourdisse le film. Et en ce qui concernela tristesse, oh oui ! oh oui !

Di : J'imagine que certains de ces acteurs peuvent la faire passer.

Pb : C'est beau. Ce n'est pas une tristesse déprimante, ce que tous ceux qui ont lu le livre savent. Elle contient une beauté profonde.

AM4 : Pour certains fans, les chansons sont l'âme de la trilogie. Pourriez-vous nous dire comment la poésie a été glissée dans les films ?

Pb : Oui. Sa prose est souvent incroyablement lyrique et poétique. Oui, il y aura des chansons. Je peux vous dire ça. Maintenant, je ne sais pas comment. Nous n'avons pas encore envisagé le troisième film. Mais Billy Boyd, qui joue Pippin, a une voix extraordinaire. Au moment où Denethor dit :
Chantez-nous une chanson, maître hobbit », il le fait, et c'est incroyable. Oui, nous voulons inclure des chansons. C'est très difficile de savoir jusqu'à quel point.

Di : Aviez-vous une liste de chansons de préférence. Certaines qui, si vous incluyez les chansons, vous auriez préféré prendre ?

Pb : Oui, très tôt, parce que Peter aime filmer en musique. Je le vois parfois écrire à son ordinateur avec un fond musical. Nous avions un Elberteth Gilthonel, joué par un merveilleux. Play Nine( ?). un merveilleux groupe néo-zélandais, qui a aussi fait la musique pour la fête de Bilbon, et rien que d'entendre ça, ça vous inspire. C'est merveilleux pour un écrivain : Vous avez WETA qui vous présente ses incroyables créations, les acteurs qui donnent vie aux personnages, les musiciens qui complètent.

Di : Avez-vous pu entendre la partition ?

Pb : Oui. En fait, Howard est brillant. Encore un coup du destin. Howard est descendu en Nouvelle-Zélande pendant que nous discutions. Il a tout de suite compris que nous voulions une chorale pour les nains, les mines. Et nous avons beaucoup parlé de morceaux en chorales. Nous étions là, à manger, et j'ai dit : « vous savez, ce sont des hommes ». Ils ont des voix d'hommes. Peter a juste fait ahhh. Essayez d'imaginer les mines, les grands mineurs nains, des voix d'hommes comme les Welsh Choir (chours gallois, ndt). Une des choses que j'ai préféré faire fut donc un livret qui fut traduit en nain pour l'entrée à Dwarrowdelf.

AM4 : Je sais que ce n'est pas votre créneau, mais pourriez-vous nous parler un peu des aspects techniques. J'ai entendu beaucoup de rumeurs disant que Peter utilise de nouvelles techniques dans certaines scènes et des manières qu'il employera pour amener le côté fantastique sans qu'elles aient l'air ridicule.

Pb : J'aimerai pouvoir, et je le ferai, je n'essaye pas d'éviter la question. Je détesterai cependant, je peux seulement parler en tant qu'observatrice d'après ce que j'ai vu, et le travail que WETA accomplit est phénoménal, c'est tout ce que je sais. Vous savez, vous vous retrouvez, juste à dire, oh mon dieu, c'est fabuleux. Je ne peux pas répondre à ça, tout ce que je peux dire est que ce que j'ai vu est très excitant. Tout ce que je peux dire est que ce boulot est en de bonnes mains.

AM5 : Dans le livre, le prologue est une partie de ce qui permet à Tolkien de suggérer une vaste réalité historique derrière l'histoire qu'il conte, au delà de la narration en elle-même. Il est évident que ce genre de choses ne passeraient pas en film. Y a-t-il des choses que vous avez essayer de faire pour compenser et suggérer la base historique de l'histoire ?

Pb : Absolument, Ce sont des ressources inépuisables. Ce qui est intéressant est que, en fait, une grande partie s'est adaptée facilement au film.Parce que ça fonctionne merveilleusement, ce sont les rêveries du Professeur Tolkien lui-même, et il y a des réflexions parfois exentriques là dedans.Très coloré.

AM5 : Puis-je demander si vous avez utilisé la notion présente dans le livre que c'est basé sur la traduction d'un livre historique ?

Pb : Le livre rouge ? Oui, c'est dans le film.

AM6 : Il a été rapporté que les hobbits sont miniaturisés par ordinateur. Avez-vous eu certaines difficultés à donner vie à certains personnages à l'écran, comme les elfes, ou les nains, ou le Balrog ?

Pb : Un des choses étonnantes à propos de Peter et de la manière dont fonctionne son cerveau se retrouve dans le fait qu'en lisant le livre, il était parfaitement conscient qu'on ne garde pas tout le temps la taille des protagonistes à l'esprit. Et je doute que Tolkien ait gardé ça à l'esprit non plus. Occasionellement, il vous le rappelle. Je crois que c'est ce que Peter a fait en termes de taille.

AM7 : Mon passage préféré du livre se passe la nuit, quand Sam, en Mordor, regarde en l'air vers les étoiles.

Pb : Il voit l'étoile.

AM7 : Je me demandais comment vous avez rendu l'impression de nuit et de jour.

Pb : Je peux vous dire que nous avons filmé cette scène. C'est un des moments les plus beaux du film, et qui informe tellement sur ce qui s'est passé plus tôt. On sent la présence de Galadriel, Gandalf, Elrond. La nuit et le jour ? La lumière omniprésente, l'obscurité omniprésente ? Oui, j'ai une histoire amusante à ce propos. Nous avions dû stopper le tournage à Queenstown, il pleuvait. Donc, nous nous sommes rapidement rendus sur le tournage de Mordor. Peter parlait à son merveilleux et brillant opérateur Andrew Lesnie, et au technicien en chagre de la lumière, Brian Pettigrove. Et il parlait de l'obscurité envahissante de Mordor. Alors Brian s'est mis à parler à ses gars et dit (accent australien) « Bien, ça commence et c'est la nuit, et il fait très noir ». Et le soleil se lève ? « Le soleil se lève, mais il fait toujours noir »(rires). Brian Pettigrove était vraiment fantastique. Je me souviens de lui, en Lothlorien, filmer au paradis, croyez le ou non, c'est la manière la plus appropriée de le dire. Si vous allez un jour en Nouvelle Zélande, vous devez voir cette magnifique forêt. Et Peter s'est approché de Brian et a dit : « quelles sont tes idées à propos de la lumière, Brian ? » Brian a répondu : « Oh, je crois que nous allons utiliser toute la lumière disponible, Pete. Toute la lumière disponible ». (rires)

AM8 : (.)

Pb : Bien sûr, c'est intéressant parce qu'il y a plus d'une culture elfique que nous avons essayé d'étudier. Je pense qu'il serait vrai de dire que les elfes ne pensent pas que l'intemporalité est le meilleur mot à employer, nous avions besoin de donner une impression d'ancienneté, dans le sens où le monde a changé. Donc, en termes de culture elfique, nous nous sommes référés aux écrits du Professeur pour nous aider a visualiser le plus possible, ainsi que ce qui se trouvait dans le livre.

AM9 : Vous avez parlé des sites extérieurs. Je suis également curieux des scènes en intérieur, avez-vous eu à construire certaines choses, des plateaux ? Et lequel a été selon vous le plus difficile ?

Pb : Oui, d'énormes plateaux. Edoras, qui a été construit au sommet d'une butte de pierre au millieu d'une incroyable vallée alluviale, entourée de montagnes. Et ils ont fait un travail exceptionnel pour recréer ça.

Di : Ces photos sont sur le net.

Pb : Elles sont extraordinaires.

AM9 : Quel est votre thème préféré dans le livre qui se retrouve dans les films ?

Pb : OK, je vais m'essayer à l'elfique (rires). Mon thème préféré ? (elle récite une scène en elfique) Le monde a changé. Bill, tu va devoir m'aider (rires) (encore de l'elfique) alors le monde a changé, je peux le ressentir dans l'eau, je peux le sentir dans la terre, je peux le sentir dans l'air. C'est mon thème favori.

AM10 : (.) le concept de magie (.)

Pb : Certainement. non, exactement. C'est une excellente question. Une des choses que je préfère dans le prologue, quelqu'un a parlé du prologue, est la magie extraordinaire des hobbits. Et c'est un concept si merveilleux. Et je crois que Sir Ian McKellen a beaucoup réfléchi à ça, et au niveau du pouvoir que Gandalf renferme, la puissance qu'il invoque quand il en a besoin. Les différences entre Saruman, qui possède beaucoup du pouvoir (plutôt que magie) de Gandalf, je suppose, en y repensant, que c'est de ça que nous parlons. La puissance des elfes, quelle est la nature des pouvoirs de ces gens. Quelle est la nature du pouvoir du monde ? Quelle est la nature du pouvoir d'Illuvatar ? Ces choses. Plus que la magie, je pense que la grande réplique « ne me confondez pas avec un faiseur de tours, Bilbo Baggins » vous dit tout de suite que ce n'est pas un visiteur ordinaire. (ndt : ici, un membre du public remercie Philippa Boyens, tout le monde l'applaudit et encense la beauté de San Francisco. Je pense qu'il est inutile de traduire, pour nous pauvres européens -voire nord américains)

AM11 : Ma question concerne le Professeur Tolkien et son attitude par rapport à la mythologie. Et si vous avez lu la biographie de Humphrey Carpenter, vous apprenez beaucoup sur la réalité des croyances de Tolkien à propos de la mythologie et son utilité en quoi elle offre à l'humanité des vérités essentielles qu'elle ignorerait sinon. Je voudrais savoir si vous vous avec utilisé cette biographie dans votre travail et vos propres sentiments d'écrivain à propos de la mythologie.

Pb : Et bien, j'aime cette biographie. Je l'ai lue, j'étais très jeune à ce moment, ce qui était étrange, parce que je ne cherche jamais les biographies des auteurs que j'aime. Ce fut une lecture enrichissante. Et oui, je m'y suis référée, ça m'a donné une idée de comment cet homme était. Où en étions nous ?

AM11 : Je suis plus intéressé par votre propre perception de la mythologie.

Pb : Tolkien m'en a beaucoup appris. C'est un grand professeur. J'ai parlé de l'intelligibilité comme d'une nécessité pour le film, et donner une vraie consistance au film, mais vous ne voulez pas perdre l'énorme base historique sur laquelle l'histoire repose. Je pense que la décision de Peter a été que les gens reconnaissent ce monde comme le nôtre. Ce n'est pas une planète lointaine, c'est la Terre. Et pour cela il faut reconnaître cette mythologie comme la nôtre. Tolkien parlant de de vérité, je crois qu'il parlait de quelque chose écrit par CS Lewis, basiquement, la vérité et la beauté de quelque chose va s'élever et sera comprise et retenue. Le mythe n'est pas une collection de faits.