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Auteurs, E-mail : Halbarad
Dernière Mise à jour : 19/08/2001

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.:: Interview de Philipa Boyens au Mythcon ::.

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Note du traducteur :
Mes excuses pour certains passages qui peuvent paraître incompréhensibles, voire caballistiques. L'interview semble avoir été retranscrit depuis un enregistrement audio pris dans la salle et certains passages sont un peu incohérents. Ajoutez à ça les imperfections de la traduction, et ça donne un sacré b****L. L'interview n'en reste pas moins intéressante.

7 Aout 2001. Xoanon.
Un GRAND merci à Gorel pour sa transcription de l'interview de Philippa Boyens au Mythcon.

Paula DiSanto (di) : Qu'avez vous fait avant ça ? Parlez-moi de votreexpérience d'écrivain.

Philippa Boyens (pb) : C'est intéressant, nous sommes allés à Cannes. On m'aprésentée à des gens et la personne qui m'a présentée a dit : « Elle débute comme scénariste ». Et tout à coup, j'ai pensé, oh ! c'est vrai. Parce que je travaille là-dessus depuis quatre ans, je n'avais pas l'impression d'êtreune débuttante. Mais c'est bien ma première expérience de scénariste professionnelle. Avant ça, j'ai travaillé avec beaucoup de réalisateurs quand j'étais directrice du musée de (.). Avant ça, j'ai travaillé au théâtre et c'est mon background. Je suis venue à l'écriture en travaillant avec des acteurs et sur des pièces. En fait, j'avais abandonné l'écriture, et je n'avais pas d'espoir d'y revenir. J'ai travaillé avec des amis, j'ai corrigé des scripts, j'en ai lu. C'est une des avenues que j'ai emprunté pour me retrouver engagée dans ce projet.

Di : et comment avez-vous été impliquée dans ce projet ?

Pb : J'en garde un souvenir très clair. Mon partenaire du moment, Steven Sinclair avait travaillé avec Peter et Fran, sur les Feebles et (.). Nous avons été contactés, nous étions chez moi et Fran nous a appellés. Steven a posé ke téléphone et m'a dit que je ne devinarais jamais sur quoi Peter et Fran travaillaient. J'ai dit quelquechose comme « Oh, quoi ? » et il a dit Le Seigneur des Anneaux. A quoi j'ai répondu « tu rigoles ! ». Je crois que ma pensée suivante a été « ils sont fous ! ». Ce qui s'est révélé vrai. Et j'ai pensé que finalement, c'était très courageux, une chose à tenter. Plus tard, Steven a commencé à travailler avec eux et il a dit, joueur, « ah, six semaines ! ». Ils m'ont demandé de lire leur traitement, ce que je fis. Et ça me rendait nerveuse parce que c'était mon livre préféré. Ils le savaient, c'était pourquoi ils m'avaient appellée. Mais par après, j'étais très excitée, parce que j'y voyais une vision très complète. Je leur ai donné quelques critiques et puis ils m'ont appellée et m'ont demandé si je voulais m'impliquer comme scénariste. J'ai pensé, « Mmm. Oui ! » (rires)

Di : ça a dû prendre deux secondes.

Pb : oui. (rires)

Di : J'ai entendu que le premier script était en deux parties. Passer de deux parties à trois a des avantages évidents. Est-ce que ça a été difficile, est-ce qu'il y a eu des désavantages à faire trois parties.

Pb : Non, je ne crois pas. Je pense que c'est le meilleur format pour raconter cette histoire. Mais je ne sais pas s'il y a des désavantages.Parce qu'il y avait énormément de pression sur le temps, c'était primordialà chaque instant. New Line a embarqué, Bob Shaye a amené la décision de faire trois films. Nous avons travaillé très dur. C'était presque comme réécrire tout depuis la première page, ça impliquait.

Di : un sérieux travail de restructuration

Pb : Oui, repenser tout.

Di : En êtes vous arrivé au point où avec ce temps supplémentaire, vous aviez à faire quelques décisions difficiles, abandonner certaines choses ? Est-ce que ces décisions étaient difficiles à prendre ?

Pb : Je dois dire que que je n'essaie pas d'embellir les choses. Mais je préfère dire que je préfère dire que nous avons préféré laisser certains passages suggérés plutôt que de dire que nous les avons laissés tomber. Parce qu'ils devront être découverts par ceux qui liront le livre et ceux qui connaissent et aiment les histoires. Selon ce procédé, les gens se rendront compte que notre traitement est très proche du Seigneur des Anneaux. Quand j'ai lu le premier jet, j'ai réalisé que le livre se raccrochait facilement à l'écriture cinématographique.

Di : Est-ce que New Line avait des préférences quant à ce qu'il fallait garder ou éliminer ?

Pb : Non, honnêtement, ils ont été merveilleux. Ils travaillaient sur une base de confiance, confiance en Peter et confiance en sa vision. Ils ont été d'une grande aide. Il y avait des gens formidables qui comprenaient les livres et l'histoire, comme Mark Odesky, ou Bob Shaye. Nous avions de la chance de travailler avec de si grands producteurs. Ils font partie de la création du film.

Di : Aviez vous le temps de faires des « table readings » ? Pour expliquer brièvement, un « table reading », c'est quand vous réunissez les acteurs avant de commencer le tournage et que les scénaristes peuvent entendre les acteurs lire leurs lignes et ainsi pouvoir sentir le rythme de l'histoire et faire des changements éventuels.

Pb : Pas de manière officielle. Nous avons beaucoup travaillé avec les acteurs. Fran et moi étions impliquées parce que vu la nature de ce que Peter voulait faire, c'est-à-dire filmer trois films dos à dos, ça serait un travail créatif continu. Une des raisons était que nous savions que nous n'aurions jamais le casting entier sous la main. Nous avions 22 personnages principaux et aucun d'entre eux au même endroit au même moment. Nous tournions partout en Nouvelle Zélande. Donc, nous avons préféré travailler sur place. Je me souviens (rires), je pense que les femmes vont apprécier ceci. Il était tard, une nuit où nous étions à Queenstown. Nous avions fait de petites révisions sur une scène entre Boromir et Aragorn, Fran et Peter travaillaient avec eux, et ils devaient se rendre à un dîner. J'ai reçu Sean Bean et Viggo dans ma chambre d'hôtel pour retravailler la scène. A ce moment, tout ce à quoi je pensais était « Oh ce sont Aragorn et Boromir, c'est merveilleux ». Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé que c'était Sean Bean et Viggo Mortensen dans ma chambre d'hôtel ! Par ailleurs, des amies m'on dit : « A quoi tu pensais ? » et je dois admettre que je pensais Tolkien. Ca en dit plus sur moi que n'importe quelle biographie. (rires).

Di : en parlant de Viggo, il a été casté juste avant le début du tournage. Est-ce que ça a eu un impact ? Avez-vous fait des changements ? Il a une personnalité différente (du premier acteur casté pour le rôle).

Pb : Oui. Oh, et j'ai des histoires merveilleuses à son propos. Je ne peux plus imaginer d'autre acteur pour le rôle à présent. Le destin a porté une grande partie de ce projet. Le jour où le destin a décidé qu'il serait la meilleure personne pour jouer Aragorn, fut un jour de chance pour nous. Il prend apparemment longtemps pour ce décider et choisit ses projets avec soin. Donc, d'un coup, il se voit offrir ces trois films, et de venir pour la Nouvelle Zélande, pour un engagement total. Peter l'a appelé, le studio l'a appelé, a parlé à son agent, et Fran et moi lui avons parlé de nos réflexions. Aragorn était un des personnages les plus difficile à cause de ses voyages. Un personnage merveilleux, brillant, mais un personnage exigeant dramaturgiquement. Alors, Fran et moi lui avons parlé desquelques idées et il nous a posé des questions. Après quelques questions, nous avons réalisé qu'elles étaient très pointues. Quoi qu'il en soit, il avait peu de temps pour se décider. J'étais dans le bureau principal, celui de Peter, qui tournait et je crois que Fran était avec lui. Nous n'avions pa eu de nouvelles de lui. Le téléphone sonna et c'était Viggo. J'ai décroché et dit « hello ? ». Viggo a répondu, « salut, c'est Viggo Mortensen » et il a dit « je voulais vous poser une question ». Et j'ai pensé « oh non, c'est à propos des horraires ou de l'emploi du temps » j'ai juste dit oui. Et il a juste demandé « quel âge ais-je quand je suis emmené chez les elfes ? ». Et j'ai juste crié « YES ! » (elle lève les bras).

Di : Je ne suis pas sûre que ce soit vrai, je l'ai lu sur le web, que quand Tolkien a vendu les droits de l'adaptation, il avait inclus une clause stipulant qu'on ne pourrait ajouter de scènes.

Pb : Non, je pense que ça doit être une de ces légendes urbaine.

Di : Si vous en aviez besoin, vous pourriez inventer des scènes ?

Pb : Oui. Encore une fois le processus d'inventer à l'intérieur du travail de quelqu'un est. Pour moi, ce n'est pas très agréable. Nous essayons de coller aux personnages. Il y a des opportunités incroyables dans une telle histoire. Et ce que j'espère que les fans des livres apprécieront ça autant que moi, il y a des moments comme la rencontre de Gandalf et Saroumane. Parce que c'est un moment auquel vous pouvez donner vie sur pellicule.

Di : Il semble que vous ayez eu à allonger certaines scènes d'exposition. Est-ce vrai que vous avez dû inventer pour servir la narration et le public ?

Pb : Oui, absolument et les personnages.

Di : Nous avons vu deux trailers jusqu'à présent. J'ai remarqué que beaucoup de dialogues paraphrasent le dialogue de Tolkien. Y a-t-il une raison pour changer les dialogues au delà de la peur que ça sonne trop archaïque ?

Pb : Je pense que le verbe de Tolkien est merveilleux, brillant. Et nous avions de la chance d'avoir des acteurs comme Sir Ian McKellen ou Sir Ian Holm, de merveilleux acteurs, qui pouvaient avoir leur approche du texte et élever ce verbe. En terme de constructions archaïques, parfois c'est très compréhensible et puissant et nous le laissons tel quel. Parfois il faut le rendre plus clair. Parfois c'est juste une question de longueur. Je pense que une des choses à faire sur un film est de le rendre intelligible. Peter le désirait depuis le début et son mot d'ordre était que le film devait faire vrai. Que ce soit au niveau du design, du travail des acteurs, de l'écriture. Et pour donner l'illusion de la réalité, vous devez être intelligible, donc retravailler certaines de ces constructions.

Di : Donc nous aurons droit à un mélange de mot à mot et de paraphrases.

Pb : exactement.

Di : Certaines scènes ont elles été réécrites pour prendre avantage de certaines spécificités des acteurs, de leurs forces et faiblesses ?

Pb : Oui, absolument. Ca a été un sacré cadeau pour Peter, Fran et moi de pouvoir travailler avec les acteurs. Il commencent à imaginer les personnages dans votre tête, puis ils deviennent les personnages. Voir Ian McKellen sur le plateau en Gandalf était extraordinaire. J'ai vu un documentaire de Trevor Dunn sur la Royal Shakespeare Company. Il disait que Shakespeare a toujours été informé et illuminé par les grandes performances des grands acteurs. C'est on ne peut plus vrai pour quelqu'un comme Ian McKellen Jouant Gandalf, et sa perception du personnage est extraordinaire. A chaque fois qu'il marchait sur le plateau, vous aviez un sentiment de sécurité (rires) Gandalf est là, c'est OK. Je suis sûre qu'il ne pensait pas la même chose, il devait penser « qu'est-ce que c'est que ça ? » (elle imite Ian fronçant les sourcils devant ce qu'il lit)

Di : Avez vous réécrit certaines scènes pour les rendre plus rapides ou pour les ralentir ? Que vous ayez pu voir dans les images disponibles que certaines scènes devaient être plus longues ou plus courtes ?

Pb : Certainement. Si vous pouvez écrire longtemps, vous avez l'opportunité de faire ces choix, ces décisions. En tant que scénariste, vous pouvez vous rendre compte que vous avez dit la même chose plusieurs fois. Laquelle est la meilleure ? En termes d'allongements, quelque fois, nous y sommes venus, parfois avec l'aide des acteurs pour faire durer ces moments. Et Peter
aime ce genre de choses, d'essayer de les réaliser de la meilleure façon imaginable.

Di : Je suis sûre que des tas de gens seront intéressés par ça. Est-ce que la décision d'augmenter le rôle d'Arwen est venue de New Line ou bien est-ce vous trois qui avez dit nous devons tirer ça et utiliser l'histoire d'Aragorn et d'Arwen, et l'inclure dans le corps de l'histoire ?

Pb : Ce que nous lisons à propos d'Arwen est intéressant parce que la plupart est faux. Finalement, nous nous en sommes tenus aux appendices. Les gens disent que son rôle est étendu. Il y a une séquence qui a été faite pour des raisons pratiques, et je suis absolument responsable, dont je crois que vous l'avez tous vue (rires), et qui fonctionne merveilleusement. Je pense que ce ne serait pas servir le livre en ignorant son personnage. Ce qui ressort du premier film pour moi, et je dois dire que c'est une des qualités extraordinaire de Liv Tyler, c'est que Arwen se dresse comme une voix qui ne sombre pas dans le désespoir. Pas que les tous les autres personnages le fassent nécessairement, mais au milieu de tout ça, c'est quelqu'un qui sait et comprend ce qu'ils ressentent et reste franche face à leurs sentiments. Et ça réclame une énorme ouverture d'esprit, de la compréhension et de la sagesse, et Liv offre ça. Et elle parle merveilleusement l'elfique !

Di : Quand il fut publié pour la première fois, le roman a été découpé en trois volumes par directive de l'éditeur. Il n'était pas possible qu'ils le publient en une fois, à cause des coûts de production. Ce qui fonctionnait bien puisque le livre était découpé en six livres. En découpant les films, avez-vous ressenti le besoin de changer le moment où finit le premier livre, pour en faire un cliffhanger par exemple ?

Pb : Je pense que nous en sommes resté un maximum à la structure des romans. En ce qui concerne l'écriture de la fin, une des choses les plus difficile que nous ayons eu à faire était à la fin du film, de laisser un impression de complétude au public. Ca ne peut pas être juste un cliffhanger. Il faut sentir que vous avez fait ce voyage, et que quelquechose s'est passé. Quelque chose d'énorme s'est passé et un changement s'est opéré. Un changement qui annonce le deuxième film, mais qui a aussi amené le personnage central à un point où il a accompli quelque chose. Nous avons donc travaillé très dur. Ce qui était intéressant était de changer un climax
> d'action en un climax émotionnel. Et je ressens personnellement, et j'aimerai savoir comment vous le ressentirez, le climax à Parth Galen et sur Amon Hen est extraordinaire, sa séquence avec Boromir et la performance incroyable d'Elijah Wood.

Di : Laquelles des trois parties du film avez-vous trouvé le plus difficile à garder cohérent par rapport à l'histoire de Tolkien ?

Pb : Pour chaque film ? C'est difficile. Rivendell m'a presque tuée, idem pour Fran. Nous disions : « ne nous ramenez pas là » (rires). Mais c'est un passage si brillant du livre, et vous voulez le respecter. Mais si vous l'analysez, l'histoire s'y arrête et vous devez la faire repartir. Donc, la question est comment le passer sans que l'histoire s'arrête. Comment cerner ce que cet endroit signifie, thématiquement, et vous avez Allan Lee qui fait des projets dessinés de la maison, ce qui la rend exquise. La Lothlorien, encore, et je ne m'acharne pas sur les elfes, est un endroit où vous pourriez vous arrêter et prendre le thé, ce que vous ne pouvez faire. Mais j'espère, que nous avons pu capturer l'extraordinaire calme et la lumière et le reste. Les mots me manquent.

Di : Il a été dit sur internet que le prologue initial de la Communauté, qui raconte l'histoire de l'anneau, a été retiré ou déplacé à un autre endroit dans le film. Je me souviens avoir lu que Peter Jackson se demandait si ça ne donnerait pas trop d'informations au public d'un coup. Et qu'il fallait l'intégrer pour que cette histoire s'intègre d'une manière plus naturelle. Elle pourrait être incluse dans L'Ombre du passé ou le Conseil d'Elrond. Pourriez vous nous en dire plus sur ce ui a été prévu ?

Pb : Cette histoire est un peu fausse, je dois dire. Ce n'est pas totalement vrai. C'est une partie du processus par lequel ces trois films furent développés. J'en parlais à Fran récemment. C'est un processus très difficile, mais c'est le nôtre. C'est par où nous avons du passer pour faire ces films. En termes de prologue, ou de son absence, vous devrez attendre de le voir (rires). Mais je peux dire que le background de l'histoire a été la partie la plus difficile à développer. Il faut faire en sorte que ça ne soit pas juste de l'exposition. Ca doit être porté par les personnages, autant que possible. Ca doit, une fois encore, sonner vrai. Donc, l'histoire de fond était difficile, ce pourquoi nous avions besoin d'un prologue. Et évidemment, le retour de Gandalf à Cul-de-Sac est très important, et c'est aussi une très grande source d'information sur le personnage principal, mais vous vous rendez compte que c'est aussi un passage du film où vous voulez qu'il se passe quelque chose. Quand vous voyez la charrette arriver sur les collines et vous voyez tout, c'est beau ! c'est merveilleux d'entrer dans cet univers paisible. Mais il faut aussi faire sentir la menace latente. Peter était très bon, il ne fermait aucune porte, il est très ouvert. Il pense toujours du point de vue du public et cherche le meilleur moyen de raconter l'histoire.

Di : Je sais qu'il y a eu des scènes retournées. Quand cette décision fut prise, est-ce que vous vous êtes réunis ? Est-ce que l'un d'entre vous s'en est chargé, deux ?

Pb : Nous l'avons fait ensemble. Le retournage des scènes est une partie du processus de tournage d'un film. Fran est spécialement douée pour la structure et elle garde toujours un oil sur ça et puis elle s'assied et en parle, de même pour Peter.

Di : étiez-vous satisfaite de la manière dont les portions refilmées s'intègrent à ce qui était déjà là ?

Pb : Oh, certainement. Ces types ont été dans la peau de ces personnages pendant quatre mois, ils pouvaient y rentrer très facilement.