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sonores : Comment faire du boucan en Terre du
Milieu ::.
Le 1er Juillet
Par John Forde
E!Online

Aux studios Stone
Street de Wellington, des elfes richement vêtus,
un magicien, un nain et quelques hobbits siègent
en demi-cercle, entourés par les merveilleusement
détaillés accessoires du plateau de Fondcombe.
C'est le conseil d'Elrond, un passage crucial
du premier film et une des plus longues scènes
de dialogue du Seigneur des Anneaux. Comme les
acteurs débattent du future de l'Anneau Unique,
un preneur de son bouge silencieusement parmi
eux. C'est une danse élaborée. Il doit être en
place avant que chaque acteur dise sa réplique,
il doit faire attention à ne pas projeter son
ombre sur leur visage où être dans leur ligne
de vision et, le plus important, il doit rester
hors du champ de la caméra. Plus loin, l'ingénieur
son Hammond Peek est assis à sa console son, écouteurs
sur la tête, écoutant avec attention chaque mot.
Il est le responsable d'une mission importante
: capturer la cacophonie de dialogues et de sons
pour la saga de Peter Jackson. " Avant la fin
du tournage, nous avons enregistré à peu près
600 (397 pour la première équipe, 233 pour la
seconde) cassettes de 95 minutes. " explique Peek.
" Toutes ne sont pas remplies jusqu'à la fin,
mais ça vous donne une idée de la quantité de
matériel que nous avons collectée en extérieurs
et en studios. " Peek et son équipe n'ont pas
seulement dû enregistrer les dialogues stylisés
de Tolkien, mais aussi les sons de la Terre du
Milieu : le rugissement de gigantesques armées,
les claquements d'épées sur les armures et les
grognements des Orques et des Huruk-hai Et si
vous pensez que le travail de Peek s'est arrêté
en décembre 2000, vous ne pourriez pas vous mettre
le doigt dans l'œil plus profond. Son boulot ne
faisait que commencer.
Comme pour la plupart des films, une grosse partie
des dialogues enregistrés pendant le tournage
du SDA se sont montrés inutilisables, exigeant
des acteurs qu'ils réenregistrent leur répliques
et qu'elles soient synchronisées en post-production.
La phase de post-synchro et lancée à présent et
occupe toutes les sections du studio d'enregistrement
Three Foot Six. C'est là que nous avons rencontré
Peek, qui a pris le temps de nous expliquer les
hauts et les bas de la vie d'un département son.
Les studios Three Foot Six ne sont qu'à quelques
minutes de l'aéroport principal de Wellington,
et " nos plateaux sont juste en dessous des principaux
couloirs de vol ", explique Peek, " donc, nous
avons un avion qui passe généralement tous les
quarts d'heure. " Ajoutez à cela les machines
à vent et à fumée (pour évoquer une authentique
ambiance Terre du Milieu brumeuse), et vous avez
des bruits de fonds encombrants. Peek se souvient
de l'enregistrement d'un fantastique monologue
de Sean Bean (Boromir), " sa performance était
magique, mais le son était merdique à cause des
avions et des machines à fumée ", dit Peek. "
Je me souviens avoir pensé que c'était triste
que Sean doive le refaire en post-synchro. Ce
n'était la faute de personne, juste la nature
du projet. " Les tournages en extérieurs sont
encore plus compliqués. " Vous avez moins de contrôle
sur l'environnement, embûches se sont multipliées.
" Le challenge de Peek fut de capturer les voix
par-dessus les éléments, que ce soit au plus profond
des forêts de la Lorien ou dans les vents furieux
du plateau montagneux d'Edoras. Peek, un néo-zélandais,
a travaillé comme ingénieur son avec Peter Jackson
sur Créatures Célestes (93) et Fantômes contre
Fantômes (95), inventant les techniques qui devinrent
des prototypes pour les enregistrements sur le
SDA.
Comme ces précédents films, le SDA fut filmé principalement
en extérieurs, et inclut des scènes où des acteurs
partagent l'écran avec des personnages crées par
ordinateur. Les départements post-synchro et ceux
du tournage on travaillé conjointement pour synchroniser
les répliques " pour que deux parties de conversation
filmées séparément paraissent liées ". Une visite
au studios Wellington's Stone Street révèle un
bouclage quasi-militaire de la zone, pour assurer
que le plateau soit parfaitement insonorisé. Les
trous sont obstrués, du caoutchouc entoure les
chambranles de portes et recouvre le sol des couloirs
et une lumière rouge vous averti de ne pas entrer
pendant que l'enregistrement est en cours. Pour
obtenir les sons dont ils ont besoin, les techniciens
son utilisent tous les moyens artificiels et les
trucs à leur disposition. Les preneurs de son
ont principalement deux solutions. L'une est d'utiliser
un micro-perche (un micro entouré de fourrure
au bout d'une perche), tenu par un perchiste (hors-champ)
pendant que les acteurs disent leurs répliques.
" les perches fonctionnent bien pour les gros
plans, quand il n'y a pas beaucoup de mouvement
dans la scène ", dit Peek. " Et parce que vous
enregistrez la voix de l'acteur en plein air,
le son est plus riche et plus profond. "
Mais si Jackson veut filmer un plan large ou suivre
un acteur avec une caméra mobile ? Et si l'acteur
cours, se bat, ou si sa voix est étouffée par
le son de la pluie ? Entre alors en scène le "
radio mike " (un petit micro relié à un émetteur
sans fil), que Peek doit attacher à l'acteur.
Tout pratiques qu'ils soient, les " radio mikes
" (RD) ne sont pas sans leurs petits inconvénients.
" Les RD obtiennent un son plus clair, spécialement
sur les tournages en extérieurs, mais l'acoustique
manque de relief ", dit Peek. " vous n'êtes plus
capables de situer l'acteur dans son environnement.
" Pire encore, certains acteurs respirent lourdement
par le nez, ce qui cause de sérieux problèmes
de vent sur le micro. " Ce n'est pas très joli
", dit Peek. Le plus compliqué est de fixer le
micro sur l'acteur de manière à ce qu'il reste
invisible, mais suffisamment exposé pour enregistrer
la voix clairement. Le tissu des costume peut
frotter, causant de l'électricité statique. Les
cottes de mailles ont posé un sérieux problème.
Comme Boromir ou Aragorn bougeaient dans leurs
cottes de mailles, les milliers de petits cercles
de métal entrelacés produisaient un champ électrique
qui faisait interférence avec le signal radio.
" Donc, nous sommes revenus aux perches ", raconte
Peek, pragmatique.
Le résultat est un savant mélange de techniques.
" Pour une longue scène, nous mettions les acteurs
sous RD, parce qu'il n'y a pas de place pour dissimuler
le perchiste ", explique Peek. " Puis, quand nous
passions aux gros plans, le perchiste rentrait
en scène ". Le vent et la pluie ajoutent un challenge
aux équipes son. Sur le site d'Edoras, où les
vents montaient jusqu'à 160 kilomètres par heure,
les micros étaient enchâssés des cages spéciales
en forme de zeppelins (note du trad, si elles
étaient en plomb, ça en aurait fait des lead zeppelins)
. Ceux-ci étaient ensuite couverts d'un tissu
finement tressé pour adoucir les turbulences du
vent. Pour les scènes sous la pluie, l'équipe
installa des manchons en plastique entre les cages
et les couvertures, pour protéger les micros des
dommages de la pluie. " les micros finissaient
chaque prise comme des chats noyés ", rigole Peek.
" Mais les composants du micro étaient secs ".
Malgré tous leurs efforts, les résultats restaient
trop distordus pour leur usage final. " Contrairement
aux pellicules, que vous devez envoyer au développement
avant de pouvoir dire s'ils sont réussis, les
enregistrements son sont immédiatement écoutables
et vous pouvez savoir s'ils seront utilisables,
" dit Peek. " Pour un film avec des effets spéciaux
et sonores, comme Fantômes contre Fantômes, nous
avons terminé avec 65% utilisables et 35% inutilisables
". Et pour le SDA ? " Nous espérions 20% de dialogues
utilisables.
Après les 10 premières semaines de tournage, nous
avons compris que nous n'aurions que 2%. " Pourquoi
ne pas simplement refilmer ? Fréquemment, la décision
qui prévalait était de respecter le timing et
le budget. Dans la plupart des cas, il est plus
rentable pour l'équipe de réenregistrer un son
au studio que de faire de nouvelles prises sur
place. " Si vous comparez ce qu'il en coûterait
de bloquer toute une équipe pour réenregistrer
un dialogue ou un chant d'oiseau, à ce qu'il coûte
à une personne de collecter les enregistrements
plus tard en post-production, il n'y a pas photo.
" révèle Peek. Inévitablement, la production continuait
et assignait le boulot à la post-synchro. " Je
pense que Peter (Jackson) aime garder l'atout
post-synchro dans sa manche ", ajoute Peek. "
Ca lui laisse la possibilité de revoir la performance
d'un acteur et de se concentrer sur elle en studio,
loin du chaos des plateaux de tournage ". N'est-ce
pas crève-cœur de travailler 274 jours sur un
tournage, sachant que la plupart du matériel est
inutilisable ? " J'ai mis du temps à m'habituer
aux 2%, et de cesser de me torturer à leur propos
", admet Peek. " Mais les enregistrements plateau
sont loin d'être inutiles. Ils sont un important
point de repère pour l'acteur, qui va devoir faire
coïncider les répliques quand le dialogue est
réenregistré en post-synchro. " dit Peek Dans
les reprises des scènes de Ian Holm (Bilbon),
cette année, il n'y avait plus assez de temps
pour la post-synchro, Donc, le travail de Peek
donna le montage final. "
Finalement, nous avons dû fermer le plateau et
enregistrer du son utilisable. Je pourrai regarder
cette scène et crier, " c'est la mienne ! ". Finalement,
commente Peek, le challenge de notre boulot fut
de " rendre le procédé invisible. Si vous regardez
un film et que vous vous concentrez sur la mauvaise
qualité du son ou sur le mauvais lipping, ou si
vous voyez la perche dans le haut de l'écran,
vous avez perdu votre public, vous avez cassé
la magie. Vous savez que vous avez fait du bon
boulot seulement quand ça sonne vrai. " Et puis
il y a de la magie pure à travailler avec des
stars comme Ian McKellen. " Il est génial, tant
que vous ne touchez pas la barbe, " dit Peek.
" Plus d'une fois, la barbe de Gandalf s'est acharnée
sur le RD que portait l'acteur ! " Il semblerait
qu'il y ait des forces à l'œuvre sur le SDA qui
soient au delà de tout contrôle.
Merci à
Halbarad
pour sa traduction ;) !
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