| LE
LANCEMENT ET L’ACCUEIL DU SEIGNEUR DES
ANNEAUX : 3e PARTIE
Nous désirons engager un
assistant de recherche pour ce projet proposé
par le ESRC (Economic and Social Research Council).
Vous serez employé pour une durée
de 10 mois, en commençant le 1er octobre
2003, pour mener tous les aspects de cette recherche
qui s’effectuera simultanément dans
au moins 15 pays. Vous jouerez un rôle crucial
dans l’organisation des recherches au Royaume-Uni,
mais aussi dans la coordination des recherches
internationales.
Ce texte contient les informations
suivantes :
1) Détail du projet ESRC
– qui est expliqué tel qu’il
a été proposé au ESRC.
2) Détail du poste d’assistant
de recherche
1) DETAIL DU PROJET
Ce projet de recherche est un
parmi d’autres soumis en parallèle
à divers organismes internationaux. Le
but de ce projet est d’utiliser l’opportunité
offerte par la sortie du film final de la trilogie
du Seigneur des Anneaux, le Retour du Roi,
en décembre 2003, pour contribuer à
trois domaines de connaissance, c’est-à-dire
: 1) la réception transnationale des communications
internationales ; 2) les fonctions et le rôle
de la fantasy dans la culture contemporaine :
et 3) le rôle du marketing et de la publicité
dans la préparation de la sortie d’un
film.
1) La réception transnationale
des communications internationales a, jusque maintenant,
souffert d’un manque d’attention.
La sortie internationale du Seigneur
des Anneaux offre une chance de mener uen
grande partie de recherches sur la façon
dont un film majeur sorti internationalement est
accueilli dans différents contextes nationaux.
Le Seigneur des Anneaux se présente
comme un cas intéressant, car assez compliqué.
L’histoire originale de Tolkien
était très « anglaise ».
Les biographes de Tolkien ont montré deux
puissantes influences en œuvre dans le livre
original : son intérêt pour l’érosion
d’une vie rurale anglaise (romantisée
) dans laquelle il a grandi ; et son regret du
manque de mythologie nationale spécifiquement
anglaise. Nous savons aussi que, au contraire,
la trilogie est devenue une ressource imaginative
importante pour une grande partie de la culture
en Grande-Bretagne, et ailleurs. Maintenant, le
film a ajouté des couches de complexité.
A une histoire « anglaise » a été
ajouté le fait bien connu que les films
ont été tournés en Nouvelle-Zélande.
Le film était en même temps financé
d’Amérique, grâce à
une production et une distribution de New Line
Cinema, qui fait maintenant partie de AOL-Time
Warner (dont le slogan est : « Le monde
est notre public »), actuellement la plus
grande compagnie de loisirs et de divertissement
dans le monde.
Il n’y a aucun doute sur
l’échelle du phénomène.
Le tournage des trois parties a coûté
environ 300 m$ (avec des coûts supplémentaires
substantiels dus à la post production et
aux campagnes marketing). Dans différents
contextes nationaux, d’autres compagnies
ont investi dans des marchandises et de licences
associées. En Angleterre, par exemple,
la licence la plus importante était pour
la Poste. La première partie du film a
été un grand succès au box
office, rapportant environ 800 m$ à sa
sortie, et –bien que les chiffres ne soient
pas encore disponibles – devrait atteindre
une haute performance en vidéo et DVD.
La 2e partie, sortie en décembre 2002,
est déjà attendue au même
niveau du box office que la première partie
(et a déjà dépassé
son concurrent direct, Harry
Potter).
Il y a une évidence claire,
d’après certaines études sur
la distribution internationale d’un film,
que le marketing des films est généralement
adapté aux caractéristiques spécifiques
de perception des différents pays. Ce fait
est montré dans des études de marketing
global. Ce qui est moins clair, c’est quel
impact, s’il en est, ces variations ont
sur les attentes, les expériences et l’accueil
des films actuels.
2) En même temps, les campagnes
marketing et la publicité associée
changent aussi la manière dont les films
sont accueillis et acceptés. Des chercheurs,
dans une étude sur la première partie
de la trilogie, ont trouvé que les débats
se concentraient surtout sur la relation livre/film.
Cela ne prend pas nécessairement la forme
de « purisme textuel », mais les livres
constituaient néanmoins le point de comparaison
pour déterminer la cohérence et
l’acceptabilité du film comme adaptation.
Une étude poussée du marketing et
des critiques anglais à l’occasion
de la sortie de la deuxième partie en décembre
2002, a montré un grand changement. Les
livres sont sortis des domaines de considération.
Maintenant, le sujet au centre de tous les commentaires
en Grande-Bretagne est le caractère épique
du film, c’est-à-dire la grandeur
des effets spéciaux associée à
l’échelle des conflits, pour donner
un sens particulier au film en tant que film de
« fantasy ».
Le concept de fantasy est d’une
grande importance, mais difficile à cerner
dans une recherche. Jusque maintenant, les discussions
sur la fantasy ont mené, sans aucune utilité,
vers trois pôles. Tout d’abord, une
tendance dans la plupart des débats à
considérer la fantasy comme une manière
de s’échapper. Deuxièmement,
le terme a souvent été pris d’un
point de vue psycho-analytique, où la fantasy
est vue comme primale, et possède un grand
rôle dans le développement de l’individu.
Enfin, il y a des considérations politiques
sur l’usage du terme en montrant une notion
de « colonisation de l’imagination
», une forme substantielle de pouvoir dans
notre société saturée par
les médias. Ces trois thèmes ont
souvent été combinés de manière
compliquée pour travailler sur des films,
mais avec chaque fois un manque de recherche empirique
pour souligner les résultats. Notre but
dans cette recherche est de traiter de la fantasy,
et la question de son sens pour différentes
personnes, Cette recherche tend à déterminer
comment différents publics conçoivent
le Seigneur des Anneaux en tant que monde possible,
et quelles relations ils perçoivent entre
cela et leur propre monde.
3) Les études de réception
offrent un bon moyen d’enquêter et
d’analyser l’étendue du matériel
pré figuratif qui accompagne la sortie
d’un film. Cette recherche explorera systématiquement
les principales actions qui accompagneront le
Retour du Roi jusqu’à sa sortie,
et les promesses associées en terme d’expérience
et de plaisir. Notre recherche analysera, entre
autres, la manière dont les points de vue
filmiques et extra-filmiques sont présentés
à travers la publicité, les critiques
et autres commentaires.
Avec ceci comme plan de travail,
cette recherche a donc pour but de répondre
à ces questions :
1. Comment le public voit-il la
partie finale du Seigneur des Anneaux
? Comment la campagne marketing est-elle organisée,
et quels sont ses principaux sujets et affirmations
? Comment le film est-il ensuite présenté
au public potentiel, via la presse, les magazines,
la télévision, la radio et Internet
? Quelles sortes de marchandises, publicités
et licences apparaissent avec le film ? Quelles
sont les ressources et les discours valables pour
comprendre et replacer le monde du Seigneur des
Anneaux ? Quels genres de jugements sur le film
et ses plaisirs offrent-ils ? Quelle est l’importance
de la fantasy présente dans le film, et
comment cela pourrait-il être relié
à notre monde ?
2. Comment le film est-il reçu,
compris et accueilli par différents publics
? Quels schémas distinguables de réponses
et de plaisirs y a-t-il envers le film ? Quels
aspects du film prennent une signification particulière
? Quels aspects du films sont considérés
comme les plus importants, mémorables et
réussis ?
3. Quelles modalités de
réponse sont identifiables parmi les interrogés
? Comment celles-ci font-elles la lumière
sur les fonctions de la fantasy chez différentes
personnes – comme, par exemple, «
contes de fées », « mythes
», « allégories », «
monde de jeu », « fable morale »
: que signifient ces termes pour différents
publics ? Comment l’accueil du public est-il
associé à la manière de concevoir
le monde du Seigneur des Anneaux ? « Où
» est la Terre du Milieu en tant que lieu
imaginaire ? Quels sont sa géographie,
ses personnages, son scénario moral, et
ses histoires par rapport à notre monde
? Comment différents publics choisissent-ils
d’y participer ?
Un point important pour répondre
à ces question est que ce projet sera mené
simultanément dans différents pays.
Pour cela, une attention sera donnée en
tout points à la relation avec le contexte
britannique, et à comment il pourra être
possible de comparer les réponses anglaises
avec celles d’autres contextes nationaux.
Pour préparer cela, cette équipe
mettra en évidence l’histoire de
Tolkien comme présence culturelle en Angleterre.
Etapes de la recherche :
Cette recherche sera menée
en 3 étapes :
a) Suivant l’engagement
de l’Assistant de Recherche engagé,
il y aura deux mois de collection et de catalogage
intensif de matériel pré figuratif
dans 10 journaux nationaux, 7 magazines spécifiques
de cinéma, et un choix de magazines de
télévision. De plus, les sources
d’information sur Internet seront étudiées
(tout en réalisant qu’il est difficile
de dresser des frontières nationales dans
ce cas). Les documents seront analysés
selon leur contenu et leur genre, leur fréquence,
leur développement avec le temps, et les
principaux sujets de discours. Ce travail continuera
jusque 10 jours (pour la presse, la radio et la
télévision) ou 1 mois (pour les
magazines) après la sortie du film. L’analyse,
basée sur les approches des recherches
sur la réception, montrera le principal
cadre de discussions montré au public à
travers les médias.
b) A la sortie du film, une large
enquête va être menée dans
le public, en utilisant un questionnaire standard.
Les interrogés devront avoir vu les 3 parties
de la trilogie. Tous les résultats seront
répertoriés. Le but sera d’atteindre
un minimum de 2000 questionnaires remplis. Les
moyens d’atteindre le public seront : l’attente
à la sortie des cinémas ( ce pour
quoi nous demanderons l’accord des cinémas
et des distributeurs du film) ; publier une version
on-line du questionnaire (avec des questions permettant
de cerner les réponses suivant l’origine
nationale – des versions du questionnaire
devront aussi être disponibles dans plusieurs
langues, pour certaines parties du monde) ; des
approches vers certains groupes d’intérêts
; des articles placés dans des publications
nationales et régionales ; des approches
vers les écoles, collèges, groupes
de communautés et associations.
Cette recherche ne nécessite
pas un échantillon statistique, représentant
une population plus large. Elle vise plutôt
une large gamme de réponses, grâce
à un questionnaire qui impose aux gens
de choisir parmi quelques propositions (le questionnaire
permet aussi évidemment d’autres
positions que celles déjà indiquées).
En même temps, ils doivent indiquer ce qu’ils
entendent et comprennent par ce choix. La recherche
vise un grand nombre de personnes pour pourvoir
analyser les schémas et les caractéristiques
reliées à chaque catégorie
de proposition. Et comme le questionnaire contient
à la fois des choix multiples et des discussions
sur les réponses, il permet à la
fois une analyse quantitative et qualitative.
Dans ce cas, les réponses
à apporter seront des niveaux d’appréciation
du film final ; le degré d’importance
attaché au film ; et les perceptions du
public sur le genre d’histoire du film.
Le questionnaire (mené auprès de
gens ayant vu le 2e film) demandera, entre autres,
quels matériaux pré figuratifs les
gens se souviennent avoir rencontré, en
évaluant leur importance ; des moments
clés du film dont ils se rappellent ; s’ils
ont lu le livre, et comment cela se répercute
sur leur vision du film ; et comment ils pourraient
résumer la manière dont le film
agit sur eux.
c. A partir d’un premier
examen des résultats, après un classement
sémantique des réponses, un échantillon
d’interrogés (environ 100) représentant
des catégories déterminées
seront sélectionnés pour interviews,
soit individuellement (par téléphone),
ou éventuellement en groupe. Cette interview
déterminera la nature détaillée
des orientations de ces personnes, comme indiqué
dans le questionnaire. On portera également
l’attention sur la façon dont les
modes d’interview affectent le contenu des
réponses. Il est clair qu’il ne sera
pas possible de déterminer leur formation
et leur distribution à ce stade. Tous les
interviews seront enregistrés et transcrits.
Une analyse plus poussée en sera faite
ensuite.
Les résultats de la recherche
seront publiés par différents moyens
: tout d’abord, une conférence sera
organisée fin 2004 à l’Université
du Pays de Galles ; ensuite, un livre rassemblant
les résultats sera mis en circulation,
en même temps que des articles dans les
journaux ; de plus, les matériaux majeurs
de cette recherche seront accessibles non seulement
dans les archives du ESRC, mais aussi sur une
site Internet dont le lancement est prévu
fin 2003.
2) DETAILS DU POSTE D’ASSISTANT
DE RECHERCHE
Les tâches clés de
l’assistant de recherche seront :
- faire l’acquisition des
matériels télévisés
et sur papier, les enregistrer dans les références
SDA, et enregistrer le matériel sur cassettes.
- Arranger la production et la
distribution des questionnaires, avec les instructions
appropriées pour tous les interrogés.
- Publier, par Internet et autre,
le questionnaire.
- Mener l’enquête
sur place.
- Récolter et encoder les
résultats de l’enquête.
- Mener les interviews par téléphone,
sur un schéma établi.
- Coordiner et participer à
la transcription des interviews.
- Effectuer des analyses préliminaires
des questionnaires et des interviews
- Garder le contact avec les groupes
internationaux de recherche, et assister dans
la coordination des recherches internationales.
- Effectuer d’autres tâches
en rapport avec le but de la recherche.
Le travail sera une combinaison
de travail administratif, d’organisation,
et de secrétaire, et aussi une implication
dans les procédés intellectuels
en rapport avec les données et les matériels
que la recherche va occasionner. Pour cela, nous
cherchons quelqu’un avec les qualifications
suivantes :
- Vous devriez avoir une diplôme
de premier degré, et idéalement
une expérience d’études approfondies,
dans une branche qui vous a permis d’entrer
en contact avec le domaine des études d’audiences
et de réception.
- Vous devriez avoir l’expérience
nécessaire pour mener votre propre recherche,
au moins dans une dissertation de niveau diplômé
universitaire.
- Vous aurez besoin d’aptitudes
d’organisation et d’administration,
ainsi que des notions pour le traitement de texte,
l’entrée de données, la recherche
sur le web.
- Vous devriez avoir conscience
des méthodes de recherche dans le domaine,
et des débats actuels concernant le public.
- Vous devrez être capable
de travailler en équipe, jusqu’aux
dates limites, en gardant un bon rendement.
- Vous devriez avoir de l’expérience
pour travailler avec des gens, et de bonnes aptitudes
de communication.
Le poste se terminera en juillet
2004. Cependant, il serait éventuellement
possible de participer à la conférence
qui rassemblera tous les pays participants, vraisemblablement
en décembre 2004. La personne engagée
sera rémunérée 29360 €
par an.
Nous rechercherons aussi un assistant
secrétaire à partir du 1er janvier
2004, pour une période de 3 mois.
Cette traduction faisait suite
à cet article.
|