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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 26/07/2004

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

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.:: Pourquoi Le Seigneur des Anneaux sera - et doit - être refait ::.

Par Doug Kern

Plus de films sur Le Seigneur des Anneaux - oh, ouiiiii, mon préccccieux, nous les voooulons.
Et dans les vingt ou trente prochaines années, nous les aurons. Des enfants qui ont vu la trilogie du Seigneur des Anneaux emmèneront leurs propres enfants voir un remake complet de la trilogie. C'est inévitable.
La plupart des grands films ne seront jamais refaits. Nous ne verrons jamais de remakes du Parrain, ou de Autant en emporte le Vent, ou même de Star Wars. Mais Le Seigneur des Anneaux est différent.
Pourquoi ? Considérons ces cinq raisons.

La renommée pré-existante des romans du SDA évite aux acteurs de la trilogie du SDA d'être dominés par les rôles qu'ils ont joués.

Aucun acteur sensé n'oserait recréer le rôle de Vito Corleone ; le rôle est trop fortement lié à l'interprétation de Marlon Brando. De manière similaire, quelle actrice peut espérer entrer en compétition avec la Scarlett O'Hara de Vivian Leigh ? Mais dans la trilogie actuelle du SDA, aucun acteur n'accomplit son rôle de façon aussi complète. La meilleure interprétation dans le SDA (Gollum mis à part) vient peut-être de Ian McKellen pour Gandalf. Pourtant, même si j'ai beaucoup apprécié son interprétation, je peux imaginer de nombreux acteurs qui auraient pu faire de l'aussi bon travail en interprétant Gandalf : Sean Connery, Brian Blessed, Derek Jacobi, Anthony Hopkins, Michael Caine, Patrick Stewart - la liste continue. Les personnages principaux dans le SDA sont abondamment décrits dans les livres - et pourtant gravé de manière si indélébile dans les esprits des fans de Tolkien, après des décennies de lecture et de re-lecture des romans - que les interprétations des premiers rôles dans la trilogie actuelle ressemble plus à une interprétation des personnages, plutôt qu'à une définition. De plus, la réalisation de Peter Jackson met l'accent sur l'intrigue, plutôt que sur la psychologie des personnages, permettant ainsi aux futurs acteurs de placer leurs propres empreintes dans les personnages d'une façon qui serait impossible dans d'autres remakes.

Les romans de Tolkien sont si richement détaillés et ses intrigues sont construites de façon si compliquée que des futurs réalisateurs seront capables de re-raconter l'histoire depuis leurs propres et uniques points de vue.

Star Wars pourrait être refait, mais l'histoire pourrait seulement être racontée une nouvelle fois - pas re-imaginée. De manière cinématographique, il n'y a rien de plus dans le monde de Star Wars à part ce que George Lucas a choisi de nous montrer. Star Wars n'offre aucun thème à équilibrer, aucune nuance à explorer. Et aucun espace pour qu'un réalisateur créé une nouvelle vision. Un remake pourrait uniquement imiter l'original. Cela ne pourrait pas créer, mais seulement re-créer.

Par contraste, un remake du SDA pourrait être artistique. Les romans de Tolkien grouillent de thèmes, de motifs, et de remarques sur l'intrigue, qu'un réalisateur attentionné pourrait explorer, ce que Peter Jackson n'a pas fait. Par exemple : mon aspect favori des romans du SDA est le sentiment général et mélancolique de perte qui imprègne chaque page. Tous les personnages intelligents découvrent que le monde qu'ils connaissaient est en train de disparaître, et que même la victoire ne peut empêcher les grands navires de partir à l'Ouest. Les héros combattent moins pour leur propre monde en train de mourir que pour un monde encore à venir ; le reflux de force et de vitalité de toute chose grande et merveilleuse, et la tache de mal n'est pas aisément effacée, si elle l'est effectivement complètement. Jackson n'effleure que légèrement ce thème douloureux ; un réalisateur différent pourrait faire de ce thème le centre du film, changeant ainsi complètement la trilogie. Puis à nouveau, on pourrait imaginer un SDA plus léger, moins enfantin, raconté du point de vue des Hobbits - ou un SDA qui se focalise de manière plus explicite sur les relents religieux des romans - ou un SDA raconté depuis la perspective de l'Anneau Unique lui-même. Une trilogie du SDA ne peut pas s'approcher de la narration de l'histoire de toutes les façons dont elle pourrait et devrait être racontée.

Les graphismes vont continuer de s'améliorer, permettant la création bon marché d'une nouvelle trilogie avec des effets spéciaux spectaculaires.

Il y a vingt-deux ans, le meilleur film à effets spéciaux conçus par ordinateur était Tron. Le récent jeu vidéo, Tron 2.0, a des effets graphiques infiniment meilleurs que le film sur lequel il est basé. Un ordinateur familial bas de gamme peut maintenant produire des effets spéciaux plus sophistiqués que des ordinateurs dernier cri d'il y a vingt ans. Dans une décennie ou deux, les ordinateurs les plus poussiéreux, les plus obsolètes, abandonnés dans le coin le plus sombre d'un sous-sol d'Amérique Centrale aura plus de puissance graphique que tous les ordinateurs utilisés pour créer les effets de la trilogie actuelle du SDA. Les futurs publics ricaneront face aux graphismes grossiers et vieillots des jours où un Pentium IV (NdT : processeur pour les PC) était considéré comme perfectionné. Imaginez le genre de miracles visuels que les ordinateurs à la pointe du progrès pourront créer ! La tentation de produire une nouvelle trilogie avec des effets spéciaux super modernes sera irrésistible.
Considérez, aussi, que les graphismes d'ordinateurs évolués rendra la production d'une nouvelle trilogie du SDA meilleure marché que la première. Qui a besoin de louer l'armée Néo-zélandaise, alors qu'un ordinateur peut créer des hordes d'orcs impossibles à distinguer des figurants maquillés ? Et qui a besoin de montagnes Néo-zélandaises, quand un ordinateur peut donner un aussi bon rendu ?
Le coût des acteurs ne va pas baisser dans le futur, et leur qualité ne va pas s'améliorer. Mais les graphismes informatisés deviendront meilleur marché et de meilleure qualité - rendant ainsi un remake du SDA meilleur marché et de meilleure qualité, et ainsi plus probable à faire.

Chaque fan qui a vu le SDA est intimement convaincu qu'il pourrait faire un meilleur travail de réalisation. Un jour, un de ces fans sera en position d'agir ainsi.

Admets-le, geek (NdT : Fou taré de quelque chose). Peut-être que c'était au milieu de ton second visionnage de la version longue des Deux Tours, ou peut-être que c'était quand tu savourais pour la 37ème fois la fin du Retour du Roi, mais à un certain moment tu te disais : « C'est super, mais si seulement ils m'avaient laisser réaliser - si seulement j'avais pu filmer ma vision du Conseil d'Elrond et Tom Bombadil et le Nettoyage de la Comté et un Aragorn avec des épaules plus larges et une voix plus profonde - cela aurait été parfait. »
Je suis passé par là. Toi aussi. Ainsi qu'un futur réalisateur. Quelque part en Afrique, un enfant avec un mauvais teint et une vie sociale limitée est très occupé à remplir un carnet avec des projets pour « Le Seigneur des Anneaux - La Bonne Manière. » Et après qu'il aura gagné son second Oscar, les détails de ce carnet sortiront dans un cinéma près de chez toi.

Ka-ching. SDA = $$$

Les recettes du box-office international pour la trilogie du SDA sont très proches des trois milliards de dollars, et ce nombre ne reflète pas les ventes de DVD, les locations de films, ou le merchandising. Avec un coût de production de 300 millions de dollars, la trilogie du SDA a fait un profit de 10:1 - une réussite phénoménale ! Si un remake du SDA vend seulement la moitié des tickets vendus pour la première trilogie, il gagne encore 1.5 milliards de dollars (en dollars de 2004). En considérant que le coût de la création d'une nouvelle trilogie du SDA va baisser, et pas augmenter, il est certain qu'un studio, quelque part, voudra refaire fonctionner la machine à sous.
Alors que les films du SDA circulent sans fin sur la TV câblée et régulière, et alors que les DVD prennent place dans chaque maison américaine, le SDA va faire partie des meubles dans notre paysage de culture pop. Chaque personne qui peut aimer le SDA verra les films originaux tôt ou tard. Et chaque personne qui a aimé les films originaux voudra voir les remakes. Le marché pour un remake du SDA va se développer, et pas le contraire. Cet enthousiasme grandissant pour le SDA explique pourquoi le film du SDA le plus populaire était le dernier - pas le premier.
Poses-toi la question : si demain quelqu'un sortait une vielle version oubliée de la trilogie du SDA, tournée en Argentine ou en Chine dans les années 70, paierais-tu huit dollars pour le voir chez Cineplex ? Je payerais huit dollars. Et la première trilogie n'est même pas restée au cinéma pendant une année ! Imagine à quel point nous serons avides d'un remake de première classe du Hobbit dans le style Hollywoodien après vingt années solitaires et sans quêtes.
Les romans et les films du Seigneur des Anneaux prennent une position canonique dans la culture Occidentale. Dans vingt ans, un remake du SDA semblera aussi évident et naturel qu'un nouveau film d'Hamlet, ou une nouvelle interprétation d'opéra du cycle de l'Anneau de Wagner. Les Hobbits sont là pour rester, et le chef-d'œuvre de Jackson n'est que la première grande exploration cinématographique de l'épopée de Tolkien. Quand on en vient à la Terre du Milieu, la route cinématographique continue sans fin.

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