| .:: Extraits
de la biographie de Sir Ian Holm ::.
[Holm à
propos de PJ] « C'était le réalisateur
Peter Jackson qui présidait cet événement
Brobdringnagien, et il ressemblait à Stephen
Poliakoff dans un jour particulièrement
mauvais. C'était un petit homme nébuleux
avec une barbe froissée et hirsute, dont
la forme était arquée, légèrement
en accordéon. Il porte toujours des shorts
et procède à un système de
roulement qui semblait n'être fait que de
chemises à manches courtes. Il était
sans aucun doute un bon réalisateur, pourtant
je me demandais comment on avait confié
à cet homme affable et légèrement
excentrique la réalisation simultanée
de trois grands films qui, s'ils avaient mal tourné,
auraient certainement coulé le studio.
Mais en fait il représentait le choix parfait.
Son non-conformisme insolite était renforcé
par un côté têtu et visionnaire
; il avait déjà insisté pour
que la trilogie soit tournée en une fois
et au même moment. Ainsi il ne 'manquerait'
pas d'argent pour les deuxièmes et troisièmes
parties... »
[Holm parle ensuite
du visionnage des anciens films de PJ]... Quelque
part au milieu de cette supercherie rendue plausible,
j'ai commencé à comprendre précisément
pourquoi Jackson était la bonne personne
pour ce job. Peut-être la seule.
Il avait une énergie
illimitée ; nous devions souvent attendre
son retour d'un autre plateau - fréquemment
par vélo - avant que nous puissions commencer
à filmer. Il y avait toujours un retard,
et Jackson restait en contact avec tout le monde
grâce à son téléphone
mobile... Ce n'était pas un film où
il fallait fouiller profondément dans les
motivations des personnages, donc au moment où
il arrivait, tout le monde était prêt.
Jackson savait exactement ce qu'il voulait et
regardait la scène qui se déroulait
avec une concentration résolue. S'il disait
'Bien' alors vous saviez qu'il faudrait la refaire.
C'était en fait un homme timide et il gardait
des choses très simples, faisant confiance
à son équipe et aux acteurs pour
qu'ils fassent leur boulot pendant qu'il faisait
en quelque sorte tenir le tout. 'Bien... bien...
Ouaip... Très bien...Encore... Très
bien... Très bien. On peut peut-être
en faire une de plus... Excellent'. Alors vous
saviez que vous l'aviez, et il partait. »
Une autre bribe concernant la logistique de création
des trois films d'un coup, PJ a dit à Holm
: « C'est comme mener une guerre. »
[Holm à
propos de Sir Ian McKellen] « Je n'avais
jamais travaillé avec McKellen avant -
ou même rencontré, je crois - et
je l'ai trouvé tout à fait charmant
et généreux. Il était toujours
très gentil, au point d'observer combien
il trouvait que j'avais fait quelque chose de
bien et disait que j'avais mis en place un standard
sur lequel il pouvait maintenant s'inspirer. Je
savais qu'il avait dit pratiquement la même
chose à Judi Dench quand ils faisaient
Macbeth à Stratford, et peut-être
qu'il l'avait dit à d'autres. Certains
ont dit qu'il utilise un peu trop de charme, mais
je n'ai jamais pensé que sa remarque était
influencée par une affectation théâtrale,
et je n'ai jamais douté de sa sincérité.
Nous avons un peu discuté et j'ai découvert
qu'il avait visité Stratford pendant un
voyage d'école en 1995... juste au moment
où j'avais débuté là-bas.
Comme moi, il adorait la splendeur d'Olivier et
se souvenait du saut effrayant qu'il avait fait
depuis l'arche à la fin de Coriolanus...
McKellen a sept ou huit ans de moins que moi,
et bien qu'il ait aussi été enthousiasmé
par le jeu d'acteur d'Olivier, c'était
intéressant de remarquer combien nous avions
changé. Malgré le fait d'être
un acteur calculateur - systématique, fastidieux,
réfléchissant à chaque facette
de son interprétation depuis le maquillage
au texte - il y avait aussi quelque chose du cabotin
en lui, peut-être une faible trace de son
admiration pour Olivier, et c'était cette
combinaison qui faisait de lui un Gandalf si charismatique,
magistral et ironique. »
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