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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 07/12/2003

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

Retour Index Film

.:: Critique du Retour du Roi par Variety ::.


 

Un « Roi » qui mérite sa couronne, le dernier épisode de Peter Jackson dans son monumental « Le Seigneur des Anneaux » représente cette rareté dans la création de film - - une troisième partie de la trilogie qui est certainement la meilleure. Avec un conflit épique, des batailles ahurissantes, des paysages et des effets saisissants, et des personnages déterminés menant tous vers une conclusion dramatique à plus de neuf heures d’une excellente narration, « Le Retour du Roi » est un film de 200 minutes sans une once de gras - - jusqu’à des fins multiples regrettables et sans fin, comme si Jackson n’arrivait pas à s’arrêter. Une nouvelle fois, à la différence d’autres finales de trilogie, celui-ci va se classer avec ses prédécesseurs au box office, dans lequel les deux premiers ont engendré 1.786 billions de dollars dans le monde. Des bénéfices supplémentaires de différentes versions et de coffrets seront faits pendant très longtemps.

Dans le monde raréfié des trilogies cinématographiques à grande échelle, il y en a trois dans l’ère moderne qui me viennent à l’esprit qui, initialement au moins, combinent des prouesses cinématiques ahurissantes avec un énorme enthousiasme du public : « The Godfather », « Star Wars » et « The Matrix ». Dans les deux premiers cas, le deuxième film était de l’avis général le meilleur et le plus aventureux, alors que le troisième était de loin le plus faible.

Ce que Jackson et New Line ont fait si courageusement, c’est d’avoir tourner les trois films d’un coup plutôt que de recommencer le tournage après chaque film.

De toutes les surprises associées avec ce trio de films - - le scénario, généralement bien structuré, la perfection des lieux de Nouvelle-Zélande, les magnifiques designs visionnaires, les effets spéciaux exceptionnels, les costumes, les cheveux et les armures, et l’excellente distribution - - peut-être que l’exploit le plus impressionnant de tous a été la capacité de Jackson pour tout conserver dans sa tête à travers les années et fournir un travail organisé avec un sens particulier de l’équilibre et de la proportion.

A la différence de ses prédécesseurs dans le business des trilogies, bien sûr, Jackson avait un texte en trois parties tout fait sur lequel travailler, dont un pour atteindre son apogée. Et il l’atteint, de manière garantie pour satisfaire le grand nombre de personnes dans le monde qui ont adopté les deux premiers films, et même pour impressionner les non-membres du culte massif Tolkien-Jackson.

Cependant, quiconque n’a pas vu les deux premiers films ne comprendra pas ce qui se passe au début du « Retour du Roi ». Avec beaucoup de combats derrière lui et le pire à venir, Frodon (Elijah Wood) sent de plus en plus le poids de l’Anneau alors que lui et son ami dévoué Sam (Sean Astin) font leur chemin vers la Montagne du Destin, l’endroit où l’Anneau fut créé et le seul endroit où il peut être détruit, faisant ainsi obstacle à la tentative de Sauron pour détruire l’humanité.

« Les jours deviennent plus sombres, » observe Frodon dans les distantes éruptions volcaniques , alors que lui et Sam continuent d’être guidés par le terrible Gollum (Andy Serkis), le précédent et déformé porteur de l’Anneau, dont la future trahison est superbement révélée dans un monologue schizophrénique fournit par son reflet dans l’eau.

Pendant ce temps, au Rohan, la grande victoire sur les forces de Saroumane dans la Bataille du Gouffre de Helm à la fin des « Deux Tours » ne dure pas longtemps (vaincu et piégé dans le dernier film, le personnage merveilleusement réalisé de Christopher Lee n’apparaît malheureusement pas ici).

Un faux pas de Pippin (Billy Boyd) oblige Gandalf (Ian McKellen) à l’emmener à Minas Tirith, la magnifique Cité Blanche et capitale du Gondor construite au pied de la montagne. Là-bas, ils trouvent un royaume en déclin sous les ordres d’un intendant, Denethor (John Noble), si éperdu par la mort de son fils aîné que ses décisions irréfléchies ne sont pas dignes de confiance.

En concluant que, « Nous y sommes enfin - - la grande bataille de notre temps, » Gandalf remarque que, « L’échiquier est en place et les pièces se déplacent. » En effet, il est clair que pour combattre le rassemblement de forces renouvelées de monstrueux Orcs se dirigeant vers Minas Tirith, tous ceux qui font partie de la Terre du Milieu devront se réunir pour que l’humanité ait une chance.

Dans ce but, Le Roi Theoden du Rohan (Bernard Hill) rassemble tous les hommes qu’il peut pour avancer vers Minas Tirith, et il est accompagné par les guerriers Aragorn (Viggo Mortensen), Legolas (Orlando Bloom) et Gimli (John Rhys-Davies), et finalement suivi par sa nièce Eowyn (Miranda Otto) et l’inséparable ami de Pippin, Merry (Dominic Monaghan). A Rivendell, l’elfe Arwen (Liv Tyler), refuse l’immortalité par égard pour son grand amour, Aragorn, bien que son père Elrond (Hugo Weaving) désespère qu’elle ne survive pas assez longtemps pour justifier cette décision.

D’une nouvelle manière dans la trilogie, les moments émotionnels augmentent avec l’action physique. Après une première ambivalence envers ses responsabilités pour l’Anneau, Frodon prend de plus en plus conscience de sa tâche ; après avoir longtemps ignorer son héritage royal, Aragorn saisit finalement l’occasion ; Sam, spécialement, apparaît comme un personnage en trois dimensions fait d’une intense dévotion pour Frodon même après qu’il ait été dupé par Gollum et banni par son ami le plus proche ; et les inefficaces hobbits Merry et Pippin prennent de l’envergure, au propre comme au figuré.

Le sens de la terreur qui se construit est palpable. Avec la Montagne du Destin et son Œil tout puissant qui voit tout, l’humanité tout comme les Orcs traversent un paysage déjà ravagé qui va bientôt devenir écorché. De terrifiants dragons géants et hurlants, nommés Féroces Ailées, plongent en piqué sur les cavaliers pour les faire tomber de leurs montures. Et les Orcs sont maintenant assistés par plus de monstres, comprenant des Trolls qui ressemblent à Hulk, et des énormes mastodontes aux longues défenses, connus sous le nom de Mumakil, qui répandent la terreur et font que la résistance semble futile.

Avec ces forces se massant pour décider du destin de la civilisation, Gandalf essaie de gagner du temps pour que Frodon puisse jeter l’Anneau dans la lave de la Montagne du Destin. Avec les meilleurs effets des trois films, Jackson passe d’un événement à un autre, le plus spectaculaire étant la bataille et le plus intense émotionnellement étant la douloureuse et longue quête de Frodon.

Le voyage, qui requiert une escalade périlleuse sur des escaliers glissants et tortueux, marqué par les fréquentes tentatives de Gollum pour avoir l’Anneau, et par l’épisode le plus effrayant de toute la trilogie - - L’affrontement de Frodon et, plus tard, de Sam avec une énorme araignée nommé Arachné. L’araignée incroyablement détaillée et vivante parvient à piquer Frodon, et l’emballe rapidement comme une momie. L’épée à la main, Sam engage le combat contre la bête, et les angles pris pour le combat sont hallucinants et inhabituels pour des prises qui impliquent tant d’effets spéciaux et digitaux. Il y en peu qui regarderont cette scène sans tomber de leur siège.

L’arrivée finale de Frodon aux entrailles de la Montagne du Destin est chargée d’une sorte d’angoisse physique mais aussi spirituelle qui déclenche une hésitation aux conséquences presque fatales.

Le siège de Minas Tirith est peut-être bien la mère de toutes les batailles cinématographiques ; certainement aucun film de guerre fait d’effets spéciaux n’avait introduit une scène impliquant jusqu’à 200'000 soldats. Mais c’est ainsi que de nombreux Orcs pillent la cité, et les détails sont extraordinaires : les énormes pierres catapultées sur les fortifications depuis des tours mobiles ; le bélier Grond qui détruit les portes principales ; les Mumakil faisant trembler la terre et rasant tout sur leur passage avec leurs défenses et portant des douzaines d’hommes ; le mouvement graduel de la bataille depuis le sol jusqu’aux niveaux supérieurs de la citadelle conçue avec perfection. Tout du « Seigneur des Anneaux » a été construit ainsi, et on le sent très bien.

Il y a quelques défauts à citer. Avec les forces de l’humanité en grande infériorité numérique, Aragorn est forcé de chercher l’aide d’innombrables « morts » mais toujours loyaux soldats pour assister contre les Orcs. Même dans un contexte de fantasy et de mythe, ce système ne passe simplement pas, une circonstance qui n’est pas aidée par le fait que les effets peu convaincants utilisés pour les représenter sur le champ de bataille les font ressembler à un groupe de fantômes verts se fracassant sur le champ.

L’aspect Arwen/Elrond n’a jamais semblé être bien intégré dans le reste de l’action, et cela ne l’est toujours pas. Mais le plus désagréable c’est la succession de fins, certaines d’entre elles semblent si idéales que les gens quitteront sans doute leurs sièges pour s’en aller, seulement pour ne pas avoir eu plus de détails sur le destin de certains personnages. Il aurait été préférable que certaines soient conservées pour l’inévitable version longue sur DVD du « Retour du Roi », plutôt que de disperser le pouvoir de la trilogie dans ses moments de déclin.

Tous les accomplissements techniques frappants et astucieux qui ont été dûment honorés dans les épisodes précédents sont au moins égalés et quelques fois fractionnés, spécialement en voyant à quel point les créatures sont impliquées cette fois. Il n’y a pas eu de laisser-aller dans la créativité, seulement de l’intensification.

De manière similaire, certains membres de la distribution profitent des fraîches opportunités dramatiques pour approfondir la description de leur personnage. Ceci est certain pour Wood, qui donne à Frodon des nouveaux aspects de terreur, de responsabilité et de douleur que nous ressentons ardemment. (A certains moments « féminisés » et sous des angles particuliers, il ressemble étrangement à une minuscule Uma Thurman). Semblant souvent être un personnage maladroit jusqu’à présent, Astin incarne à sa façon Sam d’une manière forte, investissant le jeune homme avec des émotions matures et un lien incassable pour les amis. Serkis développe Gollum avec une complexité inattendue. Et Hill atteint la splendeur, alors qu’il transforme son Roi du Rohan initialement déprimé en un personnage proche de la stature Shakespearienne.


Donc Jackson l’a fait. Après sept ans de travail, le jeune Néo-zélandais a réussi un des projets de rêve les plus ambitieux et couronnés du succès le plus phénoménal de tous les temps, un rendu visuel complet d’un classique littéraire de 1000 pages aimé par un nombre incalculable de lecteurs dans le monde, un ensemble de films qui satisfait les puristes de Tolkien et, une fois que tout est dit et fait, produira bien plus de 3 billions de dollars dans tous les marchés.

 


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