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.:: Critique
du Retour du Roi par Variety ::.
Un « Roi » qui mérite
sa couronne, le dernier épisode de Peter
Jackson dans son monumental « Le Seigneur
des Anneaux » représente cette rareté
dans la création de film - - une troisième
partie de la trilogie qui est certainement la
meilleure. Avec un conflit épique, des
batailles ahurissantes, des paysages et des effets
saisissants, et des personnages déterminés
menant tous vers une conclusion dramatique à
plus de neuf heures dune excellente narration,
« Le Retour du Roi » est un film de
200 minutes sans une once de gras - - jusquà
des fins multiples regrettables et sans fin, comme
si Jackson narrivait pas à sarrêter.
Une nouvelle fois, à la différence
dautres finales de trilogie, celui-ci va
se classer avec ses prédécesseurs
au box office, dans lequel les deux premiers ont
engendré 1.786 billions de dollars dans
le monde. Des bénéfices supplémentaires
de différentes versions et de coffrets
seront faits pendant très longtemps.
Dans le monde raréfié
des trilogies cinématographiques à
grande échelle, il y en a trois dans lère
moderne qui me viennent à lesprit
qui, initialement au moins, combinent des prouesses
cinématiques ahurissantes avec un énorme
enthousiasme du public : « The Godfather
», « Star Wars » et «
The Matrix ». Dans les deux premiers cas,
le deuxième film était de lavis
général le meilleur et le plus aventureux,
alors que le troisième était de
loin le plus faible.
Ce que Jackson et New Line ont
fait si courageusement, cest davoir
tourner les trois films dun coup plutôt
que de recommencer le tournage après chaque
film.
De toutes les surprises associées
avec ce trio de films - - le scénario,
généralement bien structuré,
la perfection des lieux de Nouvelle-Zélande,
les magnifiques designs visionnaires, les effets
spéciaux exceptionnels, les costumes, les
cheveux et les armures, et lexcellente distribution
- - peut-être que lexploit le plus
impressionnant de tous a été la
capacité de Jackson pour tout conserver
dans sa tête à travers les années
et fournir un travail organisé avec un
sens particulier de léquilibre et
de la proportion.
A la différence de ses
prédécesseurs dans le business des
trilogies, bien sûr, Jackson avait un texte
en trois parties tout fait sur lequel travailler,
dont un pour atteindre son apogée. Et il
latteint, de manière garantie pour
satisfaire le grand nombre de personnes dans le
monde qui ont adopté les deux premiers
films, et même pour impressionner les non-membres
du culte massif Tolkien-Jackson.
Cependant, quiconque na
pas vu les deux premiers films ne comprendra pas
ce qui se passe au début du « Retour
du Roi ». Avec beaucoup de combats derrière
lui et le pire à venir, Frodon (Elijah
Wood) sent de plus en plus le poids de lAnneau
alors que lui et son ami dévoué
Sam (Sean Astin) font leur chemin vers la Montagne
du Destin, lendroit où lAnneau
fut créé et le seul endroit où
il peut être détruit, faisant ainsi
obstacle à la tentative de Sauron pour
détruire lhumanité.
« Les jours deviennent plus
sombres, » observe Frodon dans les distantes
éruptions volcaniques , alors que lui et
Sam continuent dêtre guidés
par le terrible Gollum (Andy Serkis), le précédent
et déformé porteur de lAnneau,
dont la future trahison est superbement révélée
dans un monologue schizophrénique fournit
par son reflet dans leau.
Pendant ce temps, au Rohan, la
grande victoire sur les forces de Saroumane dans
la Bataille du Gouffre de Helm à la fin
des « Deux Tours » ne dure pas longtemps
(vaincu et piégé dans le dernier
film, le personnage merveilleusement réalisé
de Christopher Lee napparaît malheureusement
pas ici).
Un faux pas de Pippin (Billy Boyd)
oblige Gandalf (Ian McKellen) à lemmener
à Minas Tirith, la magnifique Cité
Blanche et capitale du Gondor construite au pied
de la montagne. Là-bas, ils trouvent un
royaume en déclin sous les ordres dun
intendant, Denethor (John Noble), si éperdu
par la mort de son fils aîné que
ses décisions irréfléchies
ne sont pas dignes de confiance.
En concluant que, « Nous
y sommes enfin - - la grande bataille de notre
temps, » Gandalf remarque que, « Léchiquier
est en place et les pièces se déplacent.
» En effet, il est clair que pour combattre
le rassemblement de forces renouvelées
de monstrueux Orcs se dirigeant vers Minas Tirith,
tous ceux qui font partie de la Terre du Milieu
devront se réunir pour que lhumanité
ait une chance.
Dans ce but, Le Roi Theoden du
Rohan (Bernard Hill) rassemble tous les hommes
quil peut pour avancer vers Minas Tirith,
et il est accompagné par les guerriers
Aragorn (Viggo Mortensen), Legolas (Orlando Bloom)
et Gimli (John Rhys-Davies), et finalement suivi
par sa nièce Eowyn (Miranda Otto) et linséparable
ami de Pippin, Merry (Dominic Monaghan). A Rivendell,
lelfe Arwen (Liv Tyler), refuse limmortalité
par égard pour son grand amour, Aragorn,
bien que son père Elrond (Hugo Weaving)
désespère quelle ne survive
pas assez longtemps pour justifier cette décision.
Dune nouvelle manière
dans la trilogie, les moments émotionnels
augmentent avec laction physique. Après
une première ambivalence envers ses responsabilités
pour lAnneau, Frodon prend de plus en plus
conscience de sa tâche ; après avoir
longtemps ignorer son héritage royal, Aragorn
saisit finalement loccasion ; Sam, spécialement,
apparaît comme un personnage en trois dimensions
fait dune intense dévotion pour Frodon
même après quil ait été
dupé par Gollum et banni par son ami le
plus proche ; et les inefficaces hobbits Merry
et Pippin prennent de lenvergure, au propre
comme au figuré.
Le sens de la terreur qui se construit
est palpable. Avec la Montagne du Destin et son
il tout puissant qui voit tout, lhumanité
tout comme les Orcs traversent un paysage déjà
ravagé qui va bientôt devenir écorché.
De terrifiants dragons géants et hurlants,
nommés Féroces Ailées, plongent
en piqué sur les cavaliers pour les faire
tomber de leurs montures. Et les Orcs sont maintenant
assistés par plus de monstres, comprenant
des Trolls qui ressemblent à Hulk, et des
énormes mastodontes aux longues défenses,
connus sous le nom de Mumakil, qui répandent
la terreur et font que la résistance semble
futile.
Avec ces forces se massant pour
décider du destin de la civilisation, Gandalf
essaie de gagner du temps pour que Frodon puisse
jeter lAnneau dans la lave de la Montagne
du Destin. Avec les meilleurs effets des trois
films, Jackson passe dun événement
à un autre, le plus spectaculaire étant
la bataille et le plus intense émotionnellement
étant la douloureuse et longue quête
de Frodon.
Le voyage, qui requiert une escalade
périlleuse sur des escaliers glissants
et tortueux, marqué par les fréquentes
tentatives de Gollum pour avoir lAnneau,
et par lépisode le plus effrayant
de toute la trilogie - - Laffrontement de
Frodon et, plus tard, de Sam avec une énorme
araignée nommé Arachné. Laraignée
incroyablement détaillée et vivante
parvient à piquer Frodon, et lemballe
rapidement comme une momie. Lépée
à la main, Sam engage le combat contre
la bête, et les angles pris pour le combat
sont hallucinants et inhabituels pour des prises
qui impliquent tant deffets spéciaux
et digitaux. Il y en peu qui regarderont cette
scène sans tomber de leur siège.
Larrivée finale de
Frodon aux entrailles de la Montagne du Destin
est chargée dune sorte dangoisse
physique mais aussi spirituelle qui déclenche
une hésitation aux conséquences
presque fatales.
Le siège de Minas Tirith est peut-être
bien la mère de toutes les batailles cinématographiques
; certainement aucun film de guerre fait deffets
spéciaux navait introduit une scène
impliquant jusquà 200'000 soldats.
Mais cest ainsi que de nombreux Orcs pillent
la cité, et les détails sont extraordinaires
: les énormes pierres catapultées
sur les fortifications depuis des tours mobiles
; le bélier Grond qui détruit les
portes principales ; les Mumakil faisant trembler
la terre et rasant tout sur leur passage avec
leurs défenses et portant des douzaines
dhommes ; le mouvement graduel de la bataille
depuis le sol jusquaux niveaux supérieurs
de la citadelle conçue avec perfection.
Tout du « Seigneur des Anneaux » a
été construit ainsi, et on le sent
très bien.
Il y a quelques défauts
à citer. Avec les forces de lhumanité
en grande infériorité numérique,
Aragorn est forcé de chercher laide
dinnombrables « morts » mais
toujours loyaux soldats pour assister contre les
Orcs. Même dans un contexte de fantasy et
de mythe, ce système ne passe simplement
pas, une circonstance qui nest pas aidée
par le fait que les effets peu convaincants utilisés
pour les représenter sur le champ de bataille
les font ressembler à un groupe de fantômes
verts se fracassant sur le champ.
Laspect Arwen/Elrond na
jamais semblé être bien intégré
dans le reste de laction, et cela ne lest
toujours pas. Mais le plus désagréable
cest la succession de fins, certaines dentre
elles semblent si idéales que les gens
quitteront sans doute leurs sièges pour
sen aller, seulement pour ne pas avoir eu
plus de détails sur le destin de certains
personnages. Il aurait été préférable
que certaines soient conservées pour linévitable
version longue sur DVD du « Retour du Roi
», plutôt que de disperser le pouvoir
de la trilogie dans ses moments de déclin.
Tous les accomplissements techniques
frappants et astucieux qui ont été
dûment honorés dans les épisodes
précédents sont au moins égalés
et quelques fois fractionnés, spécialement
en voyant à quel point les créatures
sont impliquées cette fois. Il ny
a pas eu de laisser-aller dans la créativité,
seulement de lintensification.
De manière similaire, certains
membres de la distribution profitent des fraîches
opportunités dramatiques pour approfondir
la description de leur personnage. Ceci est certain
pour Wood, qui donne à Frodon des nouveaux
aspects de terreur, de responsabilité et
de douleur que nous ressentons ardemment. (A certains
moments « féminisés »
et sous des angles particuliers, il ressemble
étrangement à une minuscule Uma
Thurman). Semblant souvent être un personnage
maladroit jusquà présent,
Astin incarne à sa façon Sam dune
manière forte, investissant le jeune homme
avec des émotions matures et un lien incassable
pour les amis. Serkis développe Gollum
avec une complexité inattendue. Et Hill
atteint la splendeur, alors quil transforme
son Roi du Rohan initialement déprimé
en un personnage proche de la stature Shakespearienne.
Donc Jackson la fait. Après sept
ans de travail, le jeune Néo-zélandais
a réussi un des projets de rêve les
plus ambitieux et couronnés du succès
le plus phénoménal de tous les temps,
un rendu visuel complet dun classique littéraire
de 1000 pages aimé par un nombre incalculable
de lecteurs dans le monde, un ensemble de films
qui satisfait les puristes de Tolkien et, une
fois que tout est dit et fait, produira bien plus
de 3 billions de dollars dans tous les marchés.
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