Retour au SeuilLes Webmestres, etc...Page PrécédentePage SuivanteMettez ce site dans vos favorisLes Forums concernant le film, Tolkien, la Fantasy, etc...Venez chatter !Venez signer ou lire le livre d' orCe site vous plait ? Conseillez le à un ami !Section achat d' Elbakin.net
 

Auteurs, E-mail : Thys
Dernière Mise à jour : 19/12/2002

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

Retour Index Film

.:: Le plus grand spectacle de la Terre du Milieu ::.

Le déroulement de l'histoire est assez fragmenté dans Les Deux Tours, d'après Cosmo Landesman, mais vous allez être frappé par le spectacle.

Oui, c'est bon…mais à quel point ? Aussi bon, ou peut-être encore meilleur, que La Communauté de l'Anneau ? Il y a eu une tendance des critiques à dire, ce qui est rassurant, que les suites - L'attaque des clones, Harry Potter et la chambre des secrets, Meurt un autre jour - sont bien meilleures que les premiers que nous avons subit avant. Et je suppose que beaucoup de gens vont penser que Les Deux Tours est bien meilleur que La Communauté de l'Anneau. A côté d'un petit groupe de mécontents et de public inadapté au film, devrai-je dire : ils ont tord et nous avons raison. Tous les trois.
Nous avons raison en disant que Les Deux Tours ressemble un peu trop à un blockbuster conventionnel. C'est de l'action - plutôt qu'être un film basé sur les acteurs, il se repose largement sur certaines grosses scènes et sur des effets spéciaux pour nous convaincre (il n'y a pas de doute sur le fait que, aux meilleurs moments, cela nous convainc merveilleusement.). Ca fonctionne avec une gamme visuelle qui est bien meilleure que dans le premier. Le réalisateur, Peter Jackson, et sa caméra ont l'air de descendre en piqué, de tourbillonner avec des prises comme s'ils surfaient dans le ciel. Il aime les gros travellings arrières et les zooms depuis le ciel pour révéler la majesté de la nature ou la malveillance des hommes en guerre. En ce qui concerne ses scènes de foule, oubliez Cecil B DeMille, et dites ça à Leni Riefenstahl : personne ne fait mieux que Jackson. Mais les Deux Tours est un spectacle triomphal au-delà de l'histoire.
A la place du sentiment de bien être rayonnant de la communauté dans le premier épisode, ici nous avons quelque chose d'un peu plus tendu, un peu plus obscur et plus évidemment dramatique. Mais il y a quelque chose de calculé dans la manière dont Jackson capture votre regard, avec l'envie de savoir ce qui va se passer quand Gandalf et le monstrueux Balrog tombent dans le ravin dans le premier film. Et ça a l'air truqué, si évidemment crée par ordinateur, que ça mine tout le réalisme du monde de la terre du Milieu. Ca nous rappelle ce que nous avons le plus envie d'oublier : que ce n'est qu'un film.
OK, c'est un début fracassant, mais Jackson a tout le temps de tisser son discours. Le vrai problème avec Les Deux Tours c'est la structure. Ensemble, hobbits, nains, hommes et elfes forment une équipe formidable. Mais comme avec un grand groupe de rock qui se sépare pour faire des albums solo, le produit fini n'est jamais aussi bon que celui du groupe d'origine. Ici, la communauté a été séparée en trois différentes histoires, dont les résultats sont liés.
Le meilleur implique Frodon (Elijah Wood), Sam Gamegie (Sean Astin) et Gollum (basé sur Andy Serkis) pendant leur voyage vers le Mordor. C'est une subtil, superbe tranche de drame. L'obscurité de ce film ne vient pas seulement de la collection de créatures hideuses - orcs, Ourouk-hai, wargs et Liv Tyler - mais aussi du spectacle du déclin mental et moral de Frodon. Jackson nous présente un garçon qui est vraiment dépendant de l'anneau, et, comme tous les drogués, il nie avoir un problème (invisibilité, omnipotence, vie éternelle ? Hey, je peux gérer !). Mais Sam s'inquiète " Vous mangez peu, et vous dormez peu. ". Les Deux Tours nous amène à un point important de l'œuvre de Tolkien : la question de la tentation et ce qu'un homme peut perdre pour combler le plus grand de tous les désirs - le pouvoir.
Nous pouvons voir Frodon ruiner son futur sur le visage hideux de son nouvel ami Gollum, qui a le comportement cadavérique, dépendant, de quelqu'un qui vit dans le seul but de porter l'anneau. Les yeux bleus globuleux de Gollum - qui font écho à l'innocence de Frodon - ont l'air de vouloir sortir de leurs orbites. Pour moi, Gollum remporte le spectacle. C'est la première fois qu'un personnage artificiel surpasse les acteurs. Il y a une scène très émouvante quand Frodon se rappelle Gollum avant qu'il ait l'anneau, en tant que Sméagol le hobbit. Mais le meilleur de tout est le monologue frénétique, Shakespearien, de Gollum quand le bien et le mal se disputent son âme.
La seule autre personnalité importante est Gandalf (Ian McKellen). Naturellement, il n'y a rien de mieux qu'un combat à mort avec un monstre qui respire le feu pour redonner de l'énergie à un vieux magicien. Gandalf le Gris, qui semblait parfois être un vieillard fatigué près de la retraite, est de retour en tant que Gandalf le Blanc, et cette fois il trace son chemin comme un jeune homme.
Les nouveaux personnages et le déroulement de l'histoire sont une déception. La plupart de l'histoire se passe avec les humains du Rohan, et cela a pour conséquence que les Deux Tours semble du Shakespeare de seconde classe. Bernard Hill fait de son mieux avec le rôle du roi Théoden, l'homme qui dirige le Rohan avec une lourde couronne et un cœur encore plus lourd. Son visage a le merveilleux rayonnement perdu et blessé d'un roi Lear, mais il est tiré vers le bas par des dialogues grinçants sans aucune éloquence. Le manipulateur Langue de Serpent (Brad Dourif), qui tient Théoden sous son influence, vise une malveillance insidieuse, mais il a simplement l'air rampant. Nous avons une nouvelle beauté en la personne de la nièce du roi, Éowyn (Miranda Otto), mais elle est sous-exploitée.
Dans ce monde arrivent Aragorn (Viggo Mortensen), l'archer elfe Legolas (Orlando Bloom) et la réponse de la Terre du Milieu à Brian Blessed, le nain Gimli (John Rhys-Davies) - et ils finissent assombris par l'histoire du roi essayant de sauver son peuple. Mais le passage le plus faible de tous est l'histoire des deux hobbits disparus, Merry (Dominic Monaghan) et Pippin (Billy Boyd). Ils ont pénétré dans la forêt magique de Fangorn, et son transportés par un arbre géant qui marche et qui parle appelé Sylvebarbe (vous parlez d'une performance sylvestre !). Sylvebarbe a l'air aussi réel que le géant vert.
Jackson devrait perdre quelques fans au milieu du film, mais je pense qu'ils changeront tous d'avis en voyant la bataille du gouffre de Helm, qui implique les 10 000 Ourouk-hai de Sarouman faisant l'assaut de la forteresse du Rohan. C'est l'une des meilleures scènes de bataille jamais filmées, assez sanglante et gore. Ces derniers temps, tous les films où l'on voit plus qu'une claque sur le poignet sont soit disant reliés aux événements du 11 septembre, ou traitent de la guerre en Irak, mais il est difficile d'ignorer la similitude entre le fait que ce film parle de combattre le " mal " et les propos George W Bush. C'est surprenant de voir que la "love generation" des années 60 a pris Tolkien à cœur : il n'était clairement pas un hippie pacifiste.
Ce qui est si intéressant à propos des deux films de l'Anneau c'est qu'ils délivrent un vieux message qu'on n'a plus l'habitude d'entendre dans la culture populaire : c'est dans la lutte contre l'adversité et le sacrifice à une grande cause, et non dans une vie de confort et de consommation, que nous révélons le meilleur de nous-même.