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.:: Critique
du Retour du Roi pour Elbakin.net ::.
Le Retour du Roi
Le point culminant du Seigneur des Anneaux. Ou
comment concilier les destinées de chacun
dans une conclusion au parfum d'adieu...
Je préfère ne pas parler de critique
concernant ce film, mais plutôt d'expérience.
Cela fait maintenant plusieurs années que
je suis l'actualité de cette adaptation
cinématographique. Je pense toujours avoir
conservé suffisamment de recul pour ne
pas tomber dans le piège du soutien sans
retenue à PJ et son équipe, ou,
au contraire, de la comparaison constante (et
dénigrante) au roman de Tolkien. Ceci dit
non pas pour passer pour un modèle d'objectivité,
je ne prétends pas l'être, mais simplement
présenter brièvement quel type d'admirateur
de ces uvres je suis.
Le Retour du Roi surpasse l'émerveillement
de la découverte de la Communauté
de l'Anneau et la plongée au cur
des conflits des Deux Tours. La vision
de Minas Tirith, de la Crevasse, des Havres Gris
Les batailles gigantesques et les faits d'armes
qui les émaillent
Jamais plus de
3 heures au cinéma ne sont passées
aussi rapidement. Le film nous emporte d'une scène
à l'autre en virevoltant, sans pour autant
délaisser quelques instants de répit.
Parfois un simple regard, parfois quelques mots
comme cet échange entre Gandalf et Pippin
alors que tout semble perdu à Minas Tirith
Mais au-delà de ça, c'est bien l'urgence
qui domine le film. Un sentiment partagé
par l'ensemble des personnages, du plus humble
au plus important. Les émotions sont souvent
exacerbées, à fleur de peau. Mais
Peter Jackson ne verse pas dans le trop-plein
d'un sentimentalisme à outrance. Si vous
aviez ainsi trouvé qu'il en faisait un
peu trop au Gouffre de Helm dans les Deux Tours
avec moult gros plans sur les réfugiés
désespérés, rassurez-vous.
La mécanique du scénario quant à
elle est mieux structurée que précédemment,
sans fausse note pour ce qui est du déroulement
et de l'enchaînement des scènes.
Il faut dire que les différents fils de
l'intrigue tendent à s'unir. Sur le plan
du rythme, on ne rencontre donc pas de baisse
intempestive, PJ étant aidé en cela
par le fait que le voyage de Frodon et Sam entre
dans sa partie la plus périlleuse et donc
la plus " intéressante ". Plus
de tension faussement entretenue comme à
la Porte Noire. Cette fois, le danger vient d'Arachné,
(repoussante à souhait) des Orques
ou de Gollum.
Et s'il faut alors parler des changements par
rapport au roman en évoquant le scénario,
notons qu'il s'agit plus cette fois de coupes
que l'on retrouvera dans la Version Longue, que
de véritables transformations en profondeur.
Il est assez difficile d'attaquer les scénaristes
sur ce point, du moment où on leur accorde
quelques modifications inhérentes à
une adaptation. (L'usage de l'Armée des
Morts par exemple) Peut-être pourra-t-on
toutefois regretter la fin " précipitée
" de Denethor, (désolé pour
le jeu de mots, vous comprendrez une fois en salle)
qui, si elle renforce la dimension tragique du
personnage, diminue sa complexité. Tout
comme l'attitude de Gandalf à son égard,
lorsque celui-ci " s'impose " par la
force. Une sensation bizarre.
Cela dit, les " fautes de goût "
de PJ - parfois assez incompréhensibles
- ont quasiment disparu dans ce troisième
volet, et c'est tant mieux. Si Gimli par exemple
nous gratifie toujours de quelques répliques
comiques, le tout est plus sobre. Il faut dire
que l'ambiance crépusculaire d'une bonne
partie du métrage, le sort de certains
personnages, n'incitent pas à se laisser
aller à de tels écarts. Nos héros
ne sont en tous cas soumis à aucune injustice,
et on appréciera de voir Merry et Pippin
acquérir une certaine étoffe, Frodon
et Sam à la hauteur des espérances,
Théoden enfin royal
Bien sûr,
on aimerait avoir un peu plus d'Eomer, un Beregond
vraiment actif et non pas simple figurant jamais
nommé
Mais on ne peut pas accuser
PJ d'avoir " gaspillé " du temps
pour d'autres personnages le méritant moins.
On songera au rôle d'Arwen, dont il y a
très peu à redire de son implication,
tout comme Elrond, campé par un Hugo Weaving
moins rigide que précédemment.
Il y aurait tant à raconter encore
Insister sur ces visions tour à tour merveilleuses
et terrifiantes, sur le siège de Minas
Tirith, l'arrivée du Rohan, sur l'ultime
confrontation avec Gollum et le pouvoir de l'Anneau
? Des moments grisants, frisant la perfection,
des scènes à vous laisser sans voix,
à vous faire vivre cette trilogie comme
jamais auparavant. Mais ajoutons plutôt
un mot sur un sentiment de regret concernant la
seconde moitié du film, où il arrive
que tout semble justement aller trop vite.
Notamment entre la fin de la bataille des Champs
du Pelennor et celle du Morannon : il est ardu
de prendre la pleine mesure de tout ce qui vient
de se dérouler avec si peu de recul. Avant
cela déjà, une séquence comme
le duel entre le Roi-Sorcier et Dernhelm en pâtît
quelque peu, une poignée de secondes en
plus n'aurait pas été de refus,
d'autant que jusqu'alors, le plus puissant des
Nazgûl avait droit à une mise en
valeur particulièrement alléchante,
voir iconique.
Quant à la conclusion " à tiroirs
", " à rallonge ", comme
certains l'ont qualifiée
Oui, elle
pourra déplaire, même à ceux
qui connaissent les livres, et non pas parce qu'il
manque le nettoyage de la Comté. Le plus
gênant n'est pas d'avoir multiplié
les points de vue, mais plutôt pour chacun
d'entre eux nous donner l'impression qu'il constituerait
le point final absolu, pour finalement rebondir.
Et notre cur prêt à dire au-revoir
de sursauter à nouveau. Une seule aurait
été supprimée, (Sam et Rosie
?) et le tout en aurait été plus
fluide.
Pour autant, voilà qui est loin de gâcher
10h de film, 10h d'une histoire parvenue finalement
à son terme, et dont les dernières
pages sont pour Sam, qui le mérite bien,
et son interprète tout autant.
Oui, Peter Jackson livre là un film monumental,
souvent magique, parfois fébrile. Mais
le réalisateur a mené à bien
son rêve, et on peut lui en être reconnaissant,
qu'on adhère ou non à tous ses choix.
Difficile de résister au Retour du Roi
!
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