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Auteurs, E-mail : Gillossen
Dernière Mise à jour : 12/12/2003

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

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.:: Critique du Retour du Roi pour Elbakin.net ::.



Le Retour du Roi… Le point culminant du Seigneur des Anneaux. Ou comment concilier les destinées de chacun dans une conclusion au parfum d'adieu...
Je préfère ne pas parler de critique concernant ce film, mais plutôt d'expérience. Cela fait maintenant plusieurs années que je suis l'actualité de cette adaptation cinématographique. Je pense toujours avoir conservé suffisamment de recul pour ne pas tomber dans le piège du soutien sans retenue à PJ et son équipe, ou, au contraire, de la comparaison constante (et dénigrante) au roman de Tolkien. Ceci dit non pas pour passer pour un modèle d'objectivité, je ne prétends pas l'être, mais simplement présenter brièvement quel type d'admirateur de ces œuvres je suis.
Le Retour du Roi surpasse l'émerveillement de la découverte de la Communauté de l'Anneau et la plongée au cœur des conflits des Deux Tours. La vision de Minas Tirith, de la Crevasse, des Havres Gris… Les batailles gigantesques et les faits d'armes qui les émaillent… Jamais plus de 3 heures au cinéma ne sont passées aussi rapidement. Le film nous emporte d'une scène à l'autre en virevoltant, sans pour autant délaisser quelques instants de répit. Parfois un simple regard, parfois quelques mots comme cet échange entre Gandalf et Pippin alors que tout semble perdu à Minas Tirith… Mais au-delà de ça, c'est bien l'urgence qui domine le film. Un sentiment partagé par l'ensemble des personnages, du plus humble au plus important. Les émotions sont souvent exacerbées, à fleur de peau. Mais Peter Jackson ne verse pas dans le trop-plein d'un sentimentalisme à outrance. Si vous aviez ainsi trouvé qu'il en faisait un peu trop au Gouffre de Helm dans les Deux Tours avec moult gros plans sur les réfugiés désespérés, rassurez-vous.
La mécanique du scénario quant à elle est mieux structurée que précédemment, sans fausse note pour ce qui est du déroulement et de l'enchaînement des scènes. Il faut dire que les différents fils de l'intrigue tendent à s'unir. Sur le plan du rythme, on ne rencontre donc pas de baisse intempestive, PJ étant aidé en cela par le fait que le voyage de Frodon et Sam entre dans sa partie la plus périlleuse et donc la plus " intéressante ". Plus de tension faussement entretenue comme à la Porte Noire. Cette fois, le danger vient d'Arachné, (repoussante à souhait) des Orques… ou de Gollum.
Et s'il faut alors parler des changements par rapport au roman en évoquant le scénario, notons qu'il s'agit plus cette fois de coupes que l'on retrouvera dans la Version Longue, que de véritables transformations en profondeur. Il est assez difficile d'attaquer les scénaristes sur ce point, du moment où on leur accorde quelques modifications inhérentes à une adaptation. (L'usage de l'Armée des Morts par exemple) Peut-être pourra-t-on toutefois regretter la fin " précipitée " de Denethor, (désolé pour le jeu de mots, vous comprendrez une fois en salle) qui, si elle renforce la dimension tragique du personnage, diminue sa complexité. Tout comme l'attitude de Gandalf à son égard, lorsque celui-ci " s'impose " par la force. Une sensation bizarre.
Cela dit, les " fautes de goût " de PJ - parfois assez incompréhensibles - ont quasiment disparu dans ce troisième volet, et c'est tant mieux. Si Gimli par exemple nous gratifie toujours de quelques répliques comiques, le tout est plus sobre. Il faut dire que l'ambiance crépusculaire d'une bonne partie du métrage, le sort de certains personnages, n'incitent pas à se laisser aller à de tels écarts. Nos héros ne sont en tous cas soumis à aucune injustice, et on appréciera de voir Merry et Pippin acquérir une certaine étoffe, Frodon et Sam à la hauteur des espérances, Théoden enfin royal… Bien sûr, on aimerait avoir un peu plus d'Eomer, un Beregond vraiment actif et non pas simple figurant jamais nommé… Mais on ne peut pas accuser PJ d'avoir " gaspillé " du temps pour d'autres personnages le méritant moins. On songera au rôle d'Arwen, dont il y a très peu à redire de son implication, tout comme Elrond, campé par un Hugo Weaving moins rigide que précédemment.
Il y aurait tant à raconter encore… Insister sur ces visions tour à tour merveilleuses et terrifiantes, sur le siège de Minas Tirith, l'arrivée du Rohan, sur l'ultime confrontation avec Gollum et le pouvoir de l'Anneau ? Des moments grisants, frisant la perfection, des scènes à vous laisser sans voix, à vous faire vivre cette trilogie comme jamais auparavant. Mais ajoutons plutôt un mot sur un sentiment de regret concernant la seconde moitié du film, où il arrive que tout semble justement aller trop vite. Notamment entre la fin de la bataille des Champs du Pelennor et celle du Morannon : il est ardu de prendre la pleine mesure de tout ce qui vient de se dérouler avec si peu de recul. Avant cela déjà, une séquence comme le duel entre le Roi-Sorcier et Dernhelm en pâtît quelque peu, une poignée de secondes en plus n'aurait pas été de refus, d'autant que jusqu'alors, le plus puissant des Nazgûl avait droit à une mise en valeur particulièrement alléchante, voir iconique.
Quant à la conclusion " à tiroirs ", " à rallonge ", comme certains l'ont qualifiée… Oui, elle pourra déplaire, même à ceux qui connaissent les livres, et non pas parce qu'il manque le nettoyage de la Comté. Le plus gênant n'est pas d'avoir multiplié les points de vue, mais plutôt pour chacun d'entre eux nous donner l'impression qu'il constituerait le point final absolu, pour finalement rebondir. Et notre cœur prêt à dire au-revoir de sursauter à nouveau. Une seule aurait été supprimée, (Sam et Rosie ?) et le tout en aurait été plus fluide.
Pour autant, voilà qui est loin de gâcher 10h de film, 10h d'une histoire parvenue finalement à son terme, et dont les dernières pages sont pour Sam, qui le mérite bien, et son interprète tout autant.
Oui, Peter Jackson livre là un film monumental, souvent magique, parfois fébrile. Mais le réalisateur a mené à bien son rêve, et on peut lui en être reconnaissant, qu'on adhère ou non à tous ses choix. Difficile de résister au Retour du Roi !