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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 14/12/2003

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

Retour Index Film

.:: Critique du Retour du Roi pour le magazine Empire ::.



EN RESUME

La saga continue. Frodon et Sam se rapprochent de la Montagne du Destin, mais le maléfique Gollum prévoit de les emmener dans un piège et de prendre l’anneau pour lui. Pendant ce temps, les armées du Mordor marchent vers la cité Gondorienne de Minas Tirith, où Gandalf trouve Denethor, le père de Boromir et Faramir, en train de perdre la raison…

CRITIQUE COMPLETE

Et ainsi les bonnes choses touchent à leurs fins. Pendant trois ans, Peter Jackson a banni nos blues hivernaux grâce aux épisodes individuels de sa trilogie Tolkien, et il a efficacement focalisé notre excitation cinématographique depuis cet été jusqu’à la fin de l’année. Mais maintenant que cette aventure épique a été dévoilée dans son intégralité, quels seront les effets à long terme de cet accomplissement ?

Et bien, la création de film de fantasy à grande échelle est de retour au menu, faisant oublier George Lucas et Star Wars Episode III. Jackson a aussi prouvé que les notions de risque et d’ambition n’ont pas besoin d’être confinées à un petit budget, et que la Californie n’a pas une domination exclusive sur les superbes effets spéciaux. Et puis il y a le facteur DVD. Alors que Le Seigneur des Anneaux faisait un tabac dans les cinémas, les sorties en DVD de ces films définissaient également ce qui pourrait (et devrait) être fait en vidéo pour la majorité des films. En particulier, la version longue sur quatre DVD semble avoir eu une influence sur la façon de penser du réalisateur, par rapport à ce qu’il peut supprimer dans le montage final pour le cinéma. Par conséquent le public rouspète à cause de l’absence de Saroumane dans le dernier épisode. Alors que cela aurait été juste de permettre à Lee de faire une dernière apparition, Jackson constate assez justement que c’est Sauron, pas Saroumane, dont l’œil enflammé créé toutes les menaces narratives de l’apogée.

Le Retour du Roi montre pour la première fois Jackson comme un créateur de films d’horreur. Alors que les orcs catapultent de nombreuses têtes Gondoriennes par-dessus les murs de Minas Tirith, que des fantômes à la chair pourrie sortent leurs épées avec Aragorn et que l’araignée géante Arachné fonce sur Frodon dans le noir, dans des tunnels enveloppés de toiles d’araignée, le film pousse la limite d’âge à 12 ans. Et cela doit être ainsi, parce que la forme et le ton doivent nécessairement devenir plus sombres alors que les Hobbits sont près de la Montagne du destin et que la main diabolique du Mordor serre toujours plus fort la Terre du Milieu.

Vus individuellement, les films ont des erreurs mineures qu’il ne vaut pas la peine de mentionner (les points de vue de Frodon et Sam à propos de Gollum sont maintenant devenus répétitifs). Si on les prend ensemble, cependant, le génie visionnaire de Jackson est aussi apparent dans les séquences de bataille que dans les tendres moments d’amour et d’amitié. En fait, ce sont les interprétations émotionnellement honnêtes de toute la distribution qui fournissent une base solide pour les esprits et les cœurs du public, au milieu de toute cette fantasy imaginaire et de ces splendides effets spéciaux. Les personnages ont évolué pendant une narration cinématographique sans précédent de plus de dix heures : depuis Grands-Pas guettant dans un coin sombre à Aragorn ralliant des troupes ; de Merry et Pippin en gaffeurs idiots, vers des guerriers miniatures et au grand cœur. Seuls Legolas et Gimli semblent avoir régressé (au niveau du temps à l’écran en tout cas) respectivement en archer barbare et en guignol. Au moins, Andy Serkis est récompensé pour son travail sur la voix de Gollum avec un flash-back qui montre son visage à l’écran, aussi pour nous avertir que, sous le pouvoir de l’anneau, Smeagol peut être aussi meurtrier que Gollum.

Jackson a conservé l’énergie de la série à travers la traditionnellement ‘difficile’ partie du milieu et la ‘faible’ finale, procurant une apogée à l’histoire qui est plus efficace et plus touchante que ce que Tolkien a fait sur une page imprimée. Certains spectateurs pourraient avoir l’impression que le réalisateur en fait trop, en ajoutant au moins une fausse fin en trop (même s’il ignore le passage du livre concernant Le Nettoyage de la Comté). Mais ceux qui ont suivi ces héros pas à pas à travers une si longue quête, méritent la récompense émotionnelle autant que les ‘pics’ d’action, et ils seront authentiquement touchés lorsque les crédits de fins apparaîtront. Oui, l’Anneau est mort. Longue vie à King Kong.

LE FIN MOT ?

L’apogée décisive qui marque l’histoire du cinéma. Mais maintenant le Roi est revenu, l’histoire est finie et les bateaux quittent la Terre du Milieu. Mesdames et messieurs, les Elfes sont partis.