|
.:: Critique
du Retour du Roi pour le magazine Empire
::.
EN
RESUME
La saga continue. Frodon et Sam
se rapprochent de la Montagne du Destin, mais
le maléfique Gollum prévoit de les
emmener dans un piège et de prendre lanneau
pour lui. Pendant ce temps, les armées
du Mordor marchent vers la cité Gondorienne
de Minas Tirith, où Gandalf trouve Denethor,
le père de Boromir et Faramir, en train
de perdre la raison
CRITIQUE COMPLETE
Et ainsi les bonnes choses touchent
à leurs fins. Pendant trois ans, Peter
Jackson a banni nos blues hivernaux grâce
aux épisodes individuels de sa trilogie
Tolkien, et il a efficacement focalisé
notre excitation cinématographique depuis
cet été jusquà la fin
de lannée. Mais maintenant que cette
aventure épique a été dévoilée
dans son intégralité, quels seront
les effets à long terme de cet accomplissement
?
Et bien, la création de
film de fantasy à grande échelle
est de retour au menu, faisant oublier George
Lucas et Star Wars Episode III. Jackson a aussi
prouvé que les notions de risque et dambition
nont pas besoin dêtre confinées
à un petit budget, et que la Californie
na pas une domination exclusive sur les
superbes effets spéciaux. Et puis il y
a le facteur DVD. Alors que Le Seigneur des Anneaux
faisait un tabac dans les cinémas, les
sorties en DVD de ces films définissaient
également ce qui pourrait (et devrait)
être fait en vidéo pour la majorité
des films. En particulier, la version longue sur
quatre DVD semble avoir eu une influence sur la
façon de penser du réalisateur,
par rapport à ce quil peut supprimer
dans le montage final pour le cinéma. Par
conséquent le public rouspète à
cause de labsence de Saroumane dans le dernier
épisode. Alors que cela aurait été
juste de permettre à Lee de faire une dernière
apparition, Jackson constate assez justement que
cest Sauron, pas Saroumane, dont lil
enflammé créé toutes les
menaces narratives de lapogée.
Le Retour du Roi montre pour la
première fois Jackson comme un créateur
de films dhorreur. Alors que les orcs catapultent
de nombreuses têtes Gondoriennes par-dessus
les murs de Minas Tirith, que des fantômes
à la chair pourrie sortent leurs épées
avec Aragorn et que laraignée géante
Arachné fonce sur Frodon dans le noir,
dans des tunnels enveloppés de toiles daraignée,
le film pousse la limite dâge à
12 ans. Et cela doit être ainsi, parce que
la forme et le ton doivent nécessairement
devenir plus sombres alors que les Hobbits sont
près de la Montagne du destin et que la
main diabolique du Mordor serre toujours plus
fort la Terre du Milieu.
Vus individuellement, les films
ont des erreurs mineures quil ne vaut pas
la peine de mentionner (les points de vue de Frodon
et Sam à propos de Gollum sont maintenant
devenus répétitifs). Si on les prend
ensemble, cependant, le génie visionnaire
de Jackson est aussi apparent dans les séquences
de bataille que dans les tendres moments damour
et damitié. En fait, ce sont les
interprétations émotionnellement
honnêtes de toute la distribution qui fournissent
une base solide pour les esprits et les curs
du public, au milieu de toute cette fantasy imaginaire
et de ces splendides effets spéciaux. Les
personnages ont évolué pendant une
narration cinématographique sans précédent
de plus de dix heures : depuis Grands-Pas guettant
dans un coin sombre à Aragorn ralliant
des troupes ; de Merry et Pippin en gaffeurs idiots,
vers des guerriers miniatures et au grand cur.
Seuls Legolas et Gimli semblent avoir régressé
(au niveau du temps à lécran
en tout cas) respectivement en archer barbare
et en guignol. Au moins, Andy Serkis est récompensé
pour son travail sur la voix de Gollum avec un
flash-back qui montre son visage à lécran,
aussi pour nous avertir que, sous le pouvoir de
lanneau, Smeagol peut être aussi meurtrier
que Gollum.
Jackson a conservé lénergie
de la série à travers la traditionnellement
difficile partie du milieu et la faible
finale, procurant une apogée à lhistoire
qui est plus efficace et plus touchante que ce
que Tolkien a fait sur une page imprimée.
Certains spectateurs pourraient avoir limpression
que le réalisateur en fait trop, en ajoutant
au moins une fausse fin en trop (même sil
ignore le passage du livre concernant Le Nettoyage
de la Comté). Mais ceux qui ont suivi ces
héros pas à pas à travers
une si longue quête, méritent la
récompense émotionnelle autant que
les pics daction, et ils seront
authentiquement touchés lorsque les crédits
de fins apparaîtront. Oui, lAnneau
est mort. Longue vie à King Kong.
LE FIN MOT ?
Lapogée décisive
qui marque lhistoire du cinéma. Mais
maintenant le Roi est revenu, lhistoire
est finie et les bateaux quittent la Terre du
Milieu. Mesdames et messieurs, les Elfes sont
partis.
|