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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 16/12/2003

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

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.:: Entretien avec PJ, Sir Ian McKellen et Orlando Bloom ::.



 

Aujourd’hui, nous discutons avec le co-auteur/producteur/réalisateur du film, Peter Jackson lui-même, Sir Ian McKellen alias Gandalf et la jeune star montante du film, Orlando Bloom qui, bien entendu, incarne Legolas. Le premier, cependant, est Jackson.

La première chose dont nous avons parlé avec Jackson était simplement le nombre de personnes qui se sont montrées à sa première – 100'000 personnes. « Ils ne pouvaient malheureusement pas tous entrer dans le cinéma », plaisante Jackson. « C’est dommage, mais c’était un accueil merveilleux. C’était genre, comme je leur disais, nous avons fait le film mais la ville entière nous a fait la fête, vous voyez ? Et ils sont tous venus. » Combien y a-t-il de personnes en tout à Wellington ? « Je pense environ 300'000, donc un tiers de la population de la ville. Ouais, c’était hallucinant. »

On a demandé à Jackson – qui a fait le même rude voyage depuis Nouvelle-Zélande le jour avant – comment il se sentait en ce moment. « Je me sens juste fatigué, je me sens épuisé parce que cela a été dur, » admet-il. « Cela a été vraiment dur. C’est une de ces choses où votre corps vous soutient jusqu’à ce que le travail soit fait, et une fois que le travail est fini, ce qui était le cas il y a quelques semaines, tout vous submerge, l’épuisement, la fatigue. Donc je me sens vraiment essoré en quelque sorte. »

Puis est venue la question concernant le montage du massif Retour du Roi pour une version de trois heures plus facilement visionnée. « Et bien, nous avions toujours l’impression que ce film devrait être aussi long que nécessaire, » réplique Jackson. « Nous nous étions imposé une limite de trois heures pour les deux premiers parce qu’on sentait qu’il y avait un véritable risque évidemment parce que si La Communauté n’avait pas fonctionné au Box Office, alors le pari de New Line se serait terminé en désastre. Donc tout le monde se sentait sous pression avec La Communauté, pour que le film commence bien et marche bien et devait évidemment répondre aux attentes et nous avons toujours senti que tout ce qui dépasserait trois heures aurait tendance à effrayer les gens, parce qu’il y en aurait qui ne voudrait simplement pas venir le voir. Et ainsi nous l’avons travaillé jusqu’à ce qu’il fasse deux heures et 58 minutes, passant ainsi à moins de trois heures. »

Donc le succès massif de La Communauté a donné de la flexibilité aux deux films suivants ? « Ouais, avec Les Deux Tours on ressentait la même chose, » dit Jackson. « Nous avions l’impression de ne pas vraiment vouloir justifier Les Deux Tours comme étant particulièrement plus long que La Communauté. Je veux dire que c’était un peu plus long, mais seulement pour quelques minutes, et une fois encore, c’était un chapitre intermédiaire, cela n’avait pas de fin, c’était toujours un film problématique, donc on ne voulait pas faire un film considérablement long. Mais avec Le Retour du Roi on avait l’impression qu’on avait un peu de marge, que les gens étaient impatients de le voir, qu’ils ont vu les deux premiers et que maintenant, on pouvait aller plus loin. Mais nous avons remarqué, parce qu’on a regardé différents montages du Retour du Roi, je veux dire que j’en ai vu un qui faisait quatre heures et 15 minutes au début de cette année, et il y a un certain moment où on arrête d’être impliqué émotionnellement dans le film parce qu’on commence à être un peu fatigué du tout, et qu’on veut rentrer à la maison et sortir du cinéma. Pour nous, la plus grande crainte concernant Le Retour du Roi, c’était que les gens soient en quelque sorte fatigué du film avant les 20 dernières minutes, que nous souhaitions être plutôt émotionnelles avec la destruction de l’anneau et la conclusion du film. Donc nous avions toujours peur que, si c’était trop long, cela gâcherait en fait l’impact émotionnel de ces dernières scènes. »

Ensuite, nous lui avons demandé à quel point le montage était plus facile en sachant que les fans demandaient les versions longues sur DVD, qui contiendraient – même plus tard – le montage complet. « Et bien, on est conscient de cela maintenant et évidemment c’était une partie de l’expérience avec La Communauté, mais maintenant c’est quelque chose que les fans ont certainement adopté, » suggère Jackson. « J’ai toujours vu les versions longues comme des versions pour les fans. Les gens me demandent, « Sont-elles vos versions définitives ? » Et je ne pense pas vraiment comme ça, je n’ai pas d’idées grandioses concernant cela. C’est comme, vous savez, pour la version cinéma on peut facilement faire des coupures au montage. Et quand on regarde ces scènes que nous avons abandonnées, nous avons choisi quelques-unes des meilleures, pas tout d’un coup, mais nous avons choisi les choses intéressantes pour l’histoire ou des informations additionnelles ou des développements de personnages que les fans aimeraient voir, donc nous les avons mises sur le DVD. Et je suis toujours conscient que lorsque je mets quelque chose sur la version longue en DVD, j’ai l’impression de créer des problèmes par rapport au rythme. En quelque sorte, je reviens en arrière ; tout ce que j’ai essayé de faire avec le rythme sur les versions cinéma, je le « casse » et en quelque sorte le fait de remettre certaines choses en place donne un rythme plus divertissant. Je suppose qu’avec un environnement home cinéma ou dans une salle de séjour, on peut le regarder en deux nuits, on peut arrêter, prendre une tasse de thé, faire ce qu’on veut – les attentes et le sentiment sont juste différents. Et maintenant les gens les regardent parce qu’ils aiment voir des choses supplémentaires et en savoir plus sur les personnages. C’est très contestable de savoir ce que cela aurait donné si les versions longues avaient été diffusées depuis le début au cinéma. On ne le saura jamais. »

*** SPOILERS POSSIBLES (Lisez à vos risques et périls) ***

Ensuite, nous lui avons posé des questions à propos des critiques qui ont déjà été faites concernant le fait que le film se termine en plusieurs fois - de manière semblable aux livres – même si plus était prévu pour le DVD. « Exact – on savait qu’on allait devoir aller aux Havres Gris, depuis toujours » explique Jackson. « Il n’y avait aucune raison pour ne pas avoir les Havres Gris dans le film, pour la scène finale. Mais ensuite il y avait le problème de savoir quelles autres parties et morceaux il y aurait ? A la fin de la journée, j’avais l’impression que nous avions bouclé un film de neuf heures, je voulais que cela soit une fin pour les trois films et pas seulement une fin pour ce film en particulier. Je voulais aussi saisir quelque chose de l’esprit mélancolique du livre, ce dont nous avions juste un peu besoin. Nous avions besoin de le laisser en quelque sorte flotter pour sentir que cela se termine et créer cette atmosphère. Tout a un effet de domino quand on monte les scènes et je pense que les Havres Gris fonctionnent bien, je pense que c’est plutôt fort et je ne sais pas si cela aurait été aussi fort si nous nous étions dépêché de le faire, le fait est que nous nous sommes autorisé à donner un rythme plus lent, et cela se rapproche de vous. Je n’ai vraiment pas d’excuses à faire à propos de la fin et je sais qu’elle plutôt longue, c’est 23 minutes après que l’anneau soit détruit, avant que le film se finisse, j’avais simplement l’impression que nous l’avions justifiée après neuf ou dix heures – peu importe – de film. »

On a ensuite demandé à Jackson où il se cachait dans ce film, ce qu’il ne nous a pas dit, en blaguant. « Oh, vous allez devoir le revoir, » rigole Jackson. « Vous m’avez loupé. Je ne vous dirai pas, vous allez devoir y aller et payer cette fois pour le voir. Il y a un petit plan de moi, mais j’avais en fait un plus grand « rôle », et je me suis coupé moi-même au montage. »

Le sujet du Hobbit est arrivé et nous lui avons posé la question à propos d’une note dans laquelle il disait qu’il ne voulait pas que « n’importe qui d’autre » le réalise si cela allait être fait. « Et bien, cela serait un peu embarrassant si c’était quelqu’un d’autre, » suggère Jackson. « Je veux dire, cela m’amuserait, j’aurais toujours l’impression que j’aurais dû le faire si finalement quelqu’un d’autre le faisait. » Donc, y a-t-il des projets ? « Non, » continue Jackson. « Et bien, de mon point de vue, je n’ai jamais eu de discussions avec le studio concernant cela. Je pense que la raison pour laquelle je n’ai pas eu de discussion, c’est parce qu’ils n’ont pas vraiment eu les droits de le faire, parce les droits pour Le Hobbit sont un peu complexes. United Artists, pour quelque raison – je ne la connais pas – a les droits de distribution du Hobbit, je crois. Je n’en suis pas sûr à 100%, mais ils ont des droits de distribution qui datent des années 70 ou 80. Ils ont fait ce dessin animé Le Hobbit. En fait, je ne connais pas l’histoire mais d’une manière ou d’une autre United Artists a certains droits et New Line a certains droits, et pour que cela arrive les deux doivent en fait se réunir, leurs avocats doivent avoir une discussion et trouver une sorte d’arrangement. »

Avec tout l’argent que New Line a reçu avec Le Seigneur des Anneaux, sûrement… « Et bien, si j’étais New Line, j’admets que je serais plutôt motivé pour parler à United Artists, mais honnêtement je n’ai entendu aucune conversation et ils m’en parleraient s’ils avaient les droits, je suis sûr que cela fonctionnerait de cette manière, » explique Jackson. « Mais je suis d’accord avec vous, je veux dire pour New Line, en voyant le box office de ces films, je pense qu’ils seraient plutôt motivés pour avoir envie d’essayer de faire Le Hobbit parce que ça prolonge en quelque sorte la trilogie, mais je ne crois pas que quelque chose soit en train de se passer. »

*** SPOILERS PRINCIPAUX (Lisez à vos risques et périls) ***

Puis nous avons demandé à Jackson de quelle manière il avait décidé de tourner la fin -il y a un léger changement par rapport au livre. « Et bien, on a tourné une version qui était identique au livre ; lorsque Gollum prend l’anneau à Frodon, il explose de joie, commence une sorte de danse au bord du précipice et tombe accidentellement dans la lave et Frodon reste là en regardant ce qui se passe, » remarque Jackson. « Nous avons tourné ces versions le même jour, ce n’était pas comme si on avait tourné la première et qu’ensuite on était revenu en arrière et qu’on la tournait à nouveau, on a en fait tourné cette version, donc on l’avait sur pellicule, c’était Andy Serkis, vraiment, c’était juste Andy en train de danser et puis Andy tombant sur ce matelas. Mais j’ai toujours eu l’impression qu’on ne le ferait pas vraiment comme ça, parce qu’on ne pouvait pas arriver au bout des trois films et puis voir Gollum tomber accidentellement avec l’anneau, j’ai pensé que les gens diraient ‘Hein ?’ Et donc j’ai pensé que c’était le moment pour Frodon de participer, ainsi la version qui est dans le film est celle où Frodon le charge et se bat avec lui, et les deux tombent, ce qui est en quelque sorte similaire au livre. » Donc, est-ce que Frodon veut l’anneau pour lui-même ??? « Vous allez devoir demander à Elijah, » réplique Jackson. « Je lui ai dit, ce que nous avons à faire est ambigu. Tu dois aller vers Gollum, tu dois chercher l’anneau, et pour les gens qui ne connaissent pas, es-tu en train d’essayer de le récupérer pour toi, ou veux-tu finalement accomplir la mission, et le détruire ? Elijah s’est tourné vers moi et m’a dit, ‘Je pense que je veux le garder.’ »

Nous avons parlé de la « polémique » concernant Saroumane absent et de ce que Jackson en pensait. « J’ai entendu à un moment, j’ai entendu qu’il y avait une pétition pour remettre Saroumane mais c’était trop tard. Je veux dire que les pétitions sont seulement utiles à un moment où on peut changer les choses si les gens le veulent tellement, mais cette pétition est arrivée alors que tout était bouclé et on ne pouvait pas revenir en arrière, » explique Jackson. « Quoiqu’il en soit, je pense que nous avons pris la bonne décision, je veux dire que ceci était juste une décision de réalisateur, à la fin de la journée on doit prendre un million de décisions comme ça. Je veux dire que j’ai vu le film et vous pourrez tout voir finalement sur le DVD, parce que nous mettrons la scène sur le DVD, donc vous pourrez juger par vous-même. J’avais juste l’impression que les gens qui viennent pour Le Retour du Roi, après avoir attendu le film pendant une année, il faut les asseoir et commencer Le Retour du Roi et il faut entrer dans la tension de l’histoire. Saroumane n’avait rien à faire dans Le Retour du Roi. La scène qui a été tournée n’était en fait jamais supposé être dans Le Retour du Roi, elle a été tournée pour Les Deux Tours, elle a été écrite pour Les Deux Tours, c’était dans le script. Nous ne l’avons pas mise dans le film Les Deux Tours parce que c’était « anti-émotionnel » ; une fois que nous avons vu ce montage l’année passée nous avions l’impression qu’il fallait finir le film aussi vite que possible après le Gouffre de Helm. Et donc nous avions un choix à faire, soit le mettre sur le DVD des Deux Tours comme une scène à la fin – rétrospectivement, c’est probablement ce que nous aurions dû faire – mais nous avons pensé pendant un moment que ce serait un moyen de commencer Le Retour du Roi, en ayant la scène de la voix de Saroumane, mais c’était quand on l’a regardé, il y a un moment. Je veux dire, on l’avait pendant un certain temps, et on voyait certainement Le Retour du Roi avec la scène de Saroumane à cet instant, parce qu’on avait une version du film de 4h15 à un certain moment. On avait l’impression de boucler le film de l’année passée avant de commencer celui de cette année et cela semblait faux. Je suppose, évidemment les fans sont une chose, mais je suppose simplement que les mordus de cinéma en général n’y penseront même pas, parce que dans l’esprit de la plupart des gens, ils ont vu Isengard attaqué par les Ents, ils ont vu l’inondation d’Isengard, tout le monde supposera naturellement que Saroumane est maintenant sous contrôle et emprisonné, effectivement, dans la tour. Et maintenant dans ce film, le méchant est Sauron ; ils se confrontent désormais à Sauron. Je pense que c’était la bonne décision, j’ai fait le jugement en voyant le film. »

Ensuite on lui a demandé si, quand il faisait le film après le succès des deux premiers, est-ce que ‘ce que les fans pensent’ lui est venu à l’esprit. « On essaie simplement d’imaginer quel serait le meilleur film, » dit Jackson. « On n’a jamais fait les films pour les fans, parce que c’est ouvrir une porte vers la création de film en comité, et on ne le fait pas avec un simple comité, on le fait avec des centaines et des milliers de fans en train de discuter. On pourrait à ce moment-là ouvrir un site web et obtenir des votes sur ce qui serait ou non dans le film, vous voyez ce que je veux dire ? On pourrait aussi inviter tout le monde à participer, et ceci est impossible. La création de film c’est un truc de réalisateur, à la fin de la journée il doit y avoir quelqu’un qui dit, je pense qu’on devrait faire comme ça. Je compte évidemment sur mes proches collaborateurs comme Philippa et Fran pour faire rebondir des idées et donner leurs avis, mais faire en fonction des fans, c’est impossible. Ces films sont différents des livres. Si on regarde le livre et qu’on tourne les pages pendant que le DVD diffuse les films, tout est différent. En adaptant les livres, on créé en quelque sorte l’illusion d’être fidèle, mais que signifie être fidèle ? Je ne connais même pas la définition de ce terme parce que même les scènes qui sont dans le film et dans le livre sont très différentes en terme de dialogues, de longueur, et de ce qui s’y passe. Même quand on prend une scène du livre, on l’adapte elle-même pour qu’elle soit très différente de ce qui est en fait dans le livre. Donc c’est complètement différent. Je ne sais pas où sont les limites à la fin de la journée. Parce qu’il n’y a pas de limites, il faut faire confiance à ses propres instincts, vraiment. »

Finalement, nous lui avons demandé ce qu’il pensait – à long terme – de ses chances pour les Oscars. « Et bien, je pense que c’est un film de fantasy, tout le monde a des doutes en pensant qu’un film de fantasy puisse gagner des Oscars et j’ai tendance à ressentir la même chose, » dit Jackson. « Je pense que c’est un peu complexe de comparer un film de fantasy avec un prétendu drame, bien qu’évidemment je dirais que ce film est aussi dramatique que n’importe quel autre. Je n’ai personnellement pas l’impression que la fantasy devrait être stigmatisée d’une quelconque manière mais je ne retiens certainement pas ma respiration. »

C’était Peter Jackson, on a maintenant le charisme de Sir Ian McKellen. Nous avons déjà eu plusieurs échanges ici avec Sir Ian, car il est extrêmement aimable avec ses fans et fait toujours des excellentes remarques.

Dans Le Retour du Roi, Gandalf a quelques véritables « moments sombres » où il croit que cela pourrait être « la fin » pour tous, donc nous avons demandé à McKellen comment il jouait ces passages dans le film. « Et bien, je suppose que n’importe quel commandant a d’horribles, d’horribles journées, pendant lesquelles on a l’impression que ça ne va pas fonctionner, » explique McKellen. « Bien sûr il ne sortirait pas et ne le dirait pas à la presse. En lisant derrière les lignes, au moins en ce moment, on se demande ce qui se passe dans la Maison Blanche. »

Nous lui avons demandé comment il se sentait à propos de la première massive dans les rues de Wellington la nuit passée, un endroit pour lequel McKellen a exprimé son amour plusieurs fois. « Trois pour-cent de la population entière de Nouvelle-Zélande était dans les rues de Wellington l’autre nuit, » s’enthousiasme McKellen. « Ainsi, cela montre comment nous étions tous impliqués. Je veux dire que nous sommes tous tombés amoureux les uns des autres et nous sommes aimés en retour. Maintenant c’est hors du travail, qui était en lui-même extrêmement satisfaisant et c’était fascinant d’être proche de ce projet puissant. Je suis généralement modeste à propos de ma contribution. C’était une contribution sur mille. Le travail lui-même était gratifiant, l’expérience était gratifiante. Et puis, par-dessus tout, l’ahurissante réaction dans le cinéma, la popularité. Je l’ai un peu ressenti avec X-Men, je suppose, mais, c’est grossier de dire, ‘Oh, je suis célèbre maintenant.’ Mais je suis célèbre en tant qu’acteur incarnant Gandalf. Et c’est ça la bonne manière, n’est-ce pas. Les gens ne viennent pas en tapant à ma porte, en attendant de savoir des choses sur ma vie privée. S’ils me rencontrent, ils veulent parler de Gandalf.

On a demandé à McKellen, un acteur de longue date avec beaucoup de rôles derrière lui, s’il était dérangé d’être autant associé avec ce rôle que tant de gens aiment. « Et bien, cela dépend à qui vous parlez, » admet McKellen. « Certaines personnes, comme ma sœur, ne peut pas supporter Le Seigneur des Anneaux. Elle se souvient de moi en Macbeth. Mais oui, je vois ce que vous voulez dire. Il n’y a rien qui ressemble au fait d’incarner Gandalf. Je veux dire, c’est un des plus grands, des plus grands personnages de ma vie. Et Magnéto aussi, est une figure iconique. Et je suis toujours conscient que je joue un rôle, vous savez. Ce n’est pas moi. C’est le personnage. Et c’est bien, c’est pourquoi j’aime le fait de jouer la comédie, c’est de présenter des personnages au monde. »

Ensuite, on lui a posé des questions concernant les deux Gandalf différents dans les films. « J’ai toujours pensé que j’étais chanceux de jouer deux rôles, » dit McKellen. « Gimli et Sylvebarbe sont deux rôles. Et Gollum joue deux rôles. Les deux Gandalf ont le même esprit, mais ce sont des aspects différents de l’esprit qui sont montrés. Il n’y a pas de doute que vous aimeriez passer la soirée avec Gandalf le Gris, n’est-ce pas ? Mais si on est dans une mauvaise passe, on préférerait être avec Gandalf le Blanc. »

Comme McKellen connaît bien Tolkien nous lui avons demandé s’il aurait changé quelque chose dans les films, par rapport aux livres. « Oh ! La la !, » réplique McKellen. « Je n’ai aucun regret, parce que j’ai fait la connaissance des livres à travers le script. Donc je suis entré dans les livres pour comparer avec le script. Alors ce qu’on découvre c’est que Gandalf n’arrête jamais de parler dans les livres. Il parle pendant des pages et des pages. Et on va vers Peter et on dit, « Hé, regarde là… » (rires). Donc j’aurais voulu plus de dialogues, parce que je pense que c’est une caractéristique de Gandalf, le fait de parler. C’est un professeur. Il sermonne les gens, leur fait répéter et connaît le passé. Mais je suppose que pour Peter, cet aspect devait être écourté en quelque sorte. Ce serait mon seul regret, mais je pense qu’il y a de la place pour cela… et peut-être que cela changera sur le DVD. Parce qu’il y a des scènes de dialogues qui durent plus longtemps. Et j’aime plutôt bien les discussions. Je pense qu’elles sont une amélioration dans la science fiction. »

Nous avons demandé à quel point « Sir Ian » était dans Gandalf, ce que McKellen admettait grandement. « Je ne pense pas qu’on puisse vraiment jouer de manière convaincante sans que cela soit vrai, » dit McKellen. « C’est un double processus dans le sens où le personnage nous habite et puis on habite dans le personnage. On doit trouver où se rencontrer. Mais l’imagination est impliquée et je peux m’imaginer faisant certaines choses, mais je ne peux que m’imaginer le faisant comme Gandalf, je n’imagine pas Ian McKellen faisant cela. C’est la nature du jeu d’acteur, c’est le fait d’utiliser son imagination. Je pense que ce pourquoi j’aime le plus Gandalf, peut-être où j’ai la plus forte connexion, c’est son sens de l’humour et le fait que, en tant que Gandalf le Gris, il n’aime pas travailler. Il aime fumer, boire et discuter. Et il connaît quelques trucs pour faire la fête, vous savez. »

Nous lui avons demandé s’il était quelques fois nostalgique de son personnage maintenant que c’était terminé. « Je ne pense pas qu’on soit nostalgique d’un personnage, mais on est nostalgique des circonstances dans lesquelles on travaillait, » admet McKellen. « Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à la Nouvelle-Zélande, mais il y a des jours où je ne pense pas à Gandalf. Les projets que j’ai vraiment aimé faire, c’était en 1976 au Stratford-on-Avon, quand je faisais Macbeth et Roméo et Juliette et l’Alchimiste. C’était un été en or. Mais en fait les personnages ne me manquent pas. »

Finalement, nous lui avons demandé s’il était surpris de l’incroyable succès de X2 plus tôt cette année. « Ouais – je pensais qu’il n’était pas aussi bien que le premier, sur papier, » admet McKellen. « Mais quand je l’ai vu, bien plus récemment que je devrais avouer, sur DVD – je ne l’ai pas vu au cinéma, parce que je ne l’attendais pas avec impatience – j’ai pensé que c’était un film merveilleux. Un autre journaliste m’a dit qu’il pensait que c’était un des meilleurs films de l’année dernière. Je veux dire, je peux imaginer que quelqu’un pense ça. Cela va au cœur du problème des mutants. J’adore la scène où le garçon se montre à ses parents en tant que mutant. « As-tu toujours su que tu étais un mutant ? » (rires) C’est pourquoi Marvel pense que X-Men est le plus important, socialement, de ses livres. Jeune gays, jeunes noirs, jeunes juifs. C’est la démographie. Donc, j’ai immédiatement appelé Bryan Singer et lui ai dit, « Que puis-je faire pour être sûr d’être dans le troisième film et que tu le réaliseras ? » Il m’a dit, « Trouve-moi un billet pour la première du Seigneur des Anneaux. » Donc je le verrai ce soir ! »

Et c’est tout pour Sir Ian McKellen. Finalement pour aujourd’hui, nous avons le plus grand voleur de cœurs, Orlando Bloom, qui a passé beaucoup de temps – à cause de Pirates des Caraïbes – avec sa future femme dans le film, Keira Knightley. Mais… je ne lui en veux pas.

La première chose que nous lui avons demandée, c’était s’il pensait que sa carrière allait changer grâce aux films auxquels il a participé jusqu’à maintenant. « Non, on ne peut pas – qui peut dire que ça va tout casser, vous voyez ce que je veux dire ? » s’enthousiasme Bloom. « Mais je suis très reconnaissant de travailler et de faire toutes ces choses, ces excellentes choses. Je pense qu’en ayant eu la chance de travailler sur Le Seigneur des Anneaux, cela m’a amené directement dans cet environnement, ce super environnement qui, si j’était arrivé dans ce business avec un autre film, aurait été très différent. J’aurais dû travailler pour arriver au niveau que j’ai maintenant. Mais je pense que Le Seigneur des Anneaux était un énorme succès de plein de manières différentes. Je pense que cela m’a en quelque sorte fais sauter quelques étapes. Cela m’a donné un départ lancé. Et je pense que cela a été super. »

Quant à ce qu’il pense être une « sensation soudaine » qui s’est brisée à cause des films, contrairement à Astin ou un autre, Bloom hésite. « Je n’ai pas l’impression que cela ait été soudain, mais c’est juste à cause de la perruque et d’autres choses. » plaisante Bloom. « C’est juste un tout, j’ai l’impression que la star de ce film, c’est le film et ce que Peter Jackson a fait en le créant. Vous voyez, Peter Jackson est la star de ce film. Je pense que le talent et la distribution étaient juste des acteurs qui ont aidé à amener cette histoire vers une conclusion. Mais cela m’a définitivement aidé et j’en suis reconnaissant. Mais c’est comme, en terme de chose soudaine, c’est comme, vous savez j’avais cette perruque blonde pour me déguiser et, vous voyez, ça fait partie d’un tout. Cela m’a définitivement lancé dans des grandes ligues, au lieu de devoir rencontrer les bonnes personnes et faire des auditions et espérer avoir les bons rôles. Et j’en suis heureux. En quelque sorte, cela a placé la barre plus haut, pour dire simplement. »

Alors que Legolas est celui qui a été instantanément le favori des garçons et des filles, nous lui avons demandé pourquoi selon lui « Legy » avait ce charme. « Je pense que, grâce au film, cela nous met tous dans cette catégorie, » suggère Bloom. « Legolas est un peu le garçon du groupe. Je veux dire, Frodon est le porteur de l’anneau et tout. Mais Legy est en quelque sorte, un endroit sûr, vous voyez ? Il est blond et il fait, vous voyez, des exploits. Et les elfes sont des esprits angéliques et il a cette qualité éternelle de neutralité en lui. Et je suis très reconnaissant envers les fans. Je suis vraiment content qu’ils aiment Legolas, vous voyez ce que je veux dire ? Si ce n’était pas pour eux, je ne ferais pas ce que je suis en train de faire, parce que je pense vraiment que le fait qu’ils aillent voir le film, c’est super. »

Nous lui avons ensuite demandé si, en revoyant la trilogie, il y avait des moments où Bloom voulait juste revenir en arrière et refaire certaines choses qu’il avait l’impression d’avoir merdé. « Oh putain, ouais, » s’exclame Bloom. « Définitivement, oui. Je veux dire, c’est pourquoi je suis si reconnaissant également envers Peter, parce que je pense à certaines choses que nous avons tournées qui n’étaient pas bonnes, et au lieu de penser, ‘Oh mec, j’aurais voulu que ça le fasse, » je pense, « Et bien, je suis sûr que je l’ai probablement loupé. » Je veux dire, Pete a vraiment compris qui était Legy, vous voyez ce que je veux dire ? Je pense qu’il a saisi qui sont tous les personnages. Et Legolas, dans le livre, est très présent. Il a juste un rôle très présent dans la communauté, et sa précision avec un arc lui donne cette qualité d’assassin et de protecteur. Ce genre de protecteur - il ne dort jamais ; c’est celui qui est toujours réveillé pour voir si tout le monde est en sécurité. Pete a compris ça, et me l’a transmis, et le personnage est ainsi. Et j’en suis vraiment reconnaissant. »

Dans Le Retour du Roi, Legolas a des moments plutôt spectaculaires dans la Bataille des Champs du Pelennor, où il tue lui-même une créature plutôt grosse, un passage qui a été tourné pendant les reshoots. Nous avons demandé à Bloom si cela était dû à la réaction des fans par rapport au surf sur le bouclier dans Les Deux Tours. « Et bien, Pete adorait la réaction par rapport à cette cascade, il adorait le saut sur le cheval et, dans le premier film, l’attaque sur le troll des cavernes, » admet Bloom. « Il adorait la façon dont le public réagissait à ça, à ces passages. Et ainsi, on voulait en faire plus. C’est tout Pete, mec – cet amour enfantin pour la vie. Il en a un sacré appétit et il voulait simplement que cela soit plus grand, et mieux. Quelle meilleure manière que de tuer un éléphant avec beaucoup de style ? Je veux dire, c’est certainement une touche de dextérité. J’ai tout d’abord passé trois jours sur trois mille sacs de sable qu’ils avaient empilés de manière créative pour faire le derrière d’un éléphant, et puis il y avait une plate-forme au sommet avec le cascadeur, et je devais me battre avec lui. Il y avait des cordes et j’étais attaché et je passais d’une corde à l’autre et, vous voyez, j’escaladais selon les indicateurs. Et ensuite j’ai eu une conversation très sérieuse avec mon double digital pour être sûr qu’il savait exactement quelles étaient ses motivations (rires) Pete créé. Les choses viennent de son imagination. »

Ensuite, on a demandé à Bloom s’il avait un moment favori concernant Legolas dans les films. « Vous voyez quand la Communauté arrive au sommet de la colline, dans le premier film ? » demande Bloom. « Ils arrivent un à un. J’ai simplement adoré le fait de voir la Communauté arriver sur la montagne. Et j’ai adoré que Legy fasse partie de la Communauté. Vous savez, on arrive entre deux rochers, et on finit avec Aragorn, et Sean Bean est là en tant que Boromir et tout le monde – toute la communauté arrive en haut de la colline un à un, et on voit Legy parmi la Communauté, il en fait partie – j’ai adoré ce moment. J’ai simplement pensé, « Wouah, ceci est la communauté. » Vous voyez ce que je veux dire ? On les voit individuellement, et ensuite tous ensemble. J’ai adoré cela. »

Finalement, on a demandé à Bloom si toutes les différentes caractéristiques de Legolas étaient des choses tirées du livre, ou comme certains acteurs et leur personnages qui avaient déjà des similitudes. « Non, mais tout est en moi, » plaisante Bloom. « Non, c’était plutôt un choc pour moi. Mais j’ai découvert que les hobbits rigolaient sur le plateau et passaient du bon temps, riant, en plaisantant et en jouant, et j’étais genre, en train d’essayer de me retenir et de me concentrer. Parce qu’en tout temps, je voulais être engagé et c’est plutôt difficile de maintenir ce style de présence, quand on ne fait ou ne dit pas grand chose. Mais je voulais conserver la sensation de sa présence, parce que c’est également comme ça dans le livre. Donc il est très différent de moi et pourtant, je pense avoir trouvé certaines parties de lui, en moi. J’ai pensé à l’immortalité et ce que ça signifierait de vivre pour toujours et comment cela serait, vous voyez, de créer une sorte d’état méditatif dans lequel on pourrait être. J’ai pensé aux samouraïs pour les mouvements, parce que je pensais que leurs mouvements physiques était si gracieux. C’était un personnage super à incarner pendant tout ce temps, et on espère que les personnages vous marquent. Et je pense que Legy a définitivement changé ma façon de vivre. L’expérience d’être en Nouvelle-Zélande a changé ma façon de vivre. J’ai grandi en quelque sorte. J’ai pris de la maturité avec le projet. J’ai une compréhension totalement nouvelle de ce que la nature et l’environnement signifient pour moi. J’étais soudainement reconnecté, parce que je viens de la campagne, hors de Londres. J’ai vécu à Londres dans un environnement très urbain, pendant six ans, ce qui est plutôt intense. Et je me suis simplement reconnecté avec la nature. […]

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